Akasha
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Samir

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le Ven 30 Mar - 15:38
Rechercher le passé pour comprendre le présentLe vrai danger de la connaissance est de rendre l'esprit plus grand que sa cage.

An 1000, Bibliothèque d'Akasha

Il ne me semble pas vraiment être connu pour ma propension à la procrastination,  pourtant cela fait un temps fou que je repousse une certaine tâche au lendemain. Depuis qu’Isil – paix sur lui – nous a appris le double visage des Astres et l’existence d'un héritier du Vide, je repense à toutes les histoires et légendes que l'on m'a apprises dans mon enfance. J'ai beau me creuser les méninges et retourner chaque conte dans ma tête jusqu'à m'en donner le tournis, je n'en retrouve aucun indice. Je dois me tromper, j'en suis presque sûr. Il est impossible que nul dans le royaume ne soit au courant. Plus le temps avance, et plus je me persuade que je trouverai réponse à cela dans la bibliothèque si célèbre d’Akasha. Malgré cela, j'ai eu bien du mal à me résoudre d'y entrer. Je me répète avec mauvaise foi que des raisons pratiques m'ont empêché de le faire – le chaos de la première année, mes obligations personnelles et professionnelles, tout cela m'a bien gardé occupé. Au fond de moi, je sais cependant que je me mens. J'ai plutôt peur de la réponse que je risque de trouver, quelle qu'elle soit.

Aujourd'hui est mon jour de repos, il pleut, je n'ai rien de mieux à faire que de feuilleter de vieux livres. J'ai donc pris mon courage à deux mains pour me donner de l'élan, et me voilà sur le chemin de l'imposant bâtiment qui contient toutes les archives du royaume. Il pleut à torrent, les rues sont désertes sauf pour quelques domestiques qui n'ont pas pu couper à leurs tâches et les gardes de la villes qui cherchent abri sous les porches. Je les salue en passant, reconnaissant un certain nombre de visages qui n'ont pas changé depuis que j'ai quitté leurs rangs. Je ne m'arrête cependant pas pour parler. Cela fait déjà un an ou presque, mais quelque part j'ai toujours un peu peur des questions qu'on  pourrait me poser. La plupart de mes anciens camarades sont assez futés pour se douter qu'il y a anguille sous roche quelque part et je ne veux pas me retrouver dans une situation où je serais obligé de leur mentir – je leur dois bien cela.

J'arrive sur le parvis de la bibliothèque, et en pousse la grande porte. Dans le sas je vois les quelques vêtements laissés par ceux qui comme moi ont bravé la météo pour venir mener des recherches. J'y laisse mon manteau et mon turban avant qu'ils ne détrempent toutes les couches de tissu que je porte, et j'entre dans la bibliothèque elle-même. Ce n'est pas la première fois que jy viens, j'avais déjà visité cet imposant édifice peu après mon arrivée à la capitale. L'immensité de la pièce principale m'avait alors coupé bras et jambes, moi qui n'étais jamais sorti de mon village natal avant. Aujourd'hui encore j'en ai le souffle coupé, et prends quelques minutes pour tourner sans but et m'habituer à l'endroit.
Une fois mon premier tour fait, je commence à chercher ce qui m'intéresse aujourd'hui. Après avoir fait une deuxième fois le tour du lieu, je me rends à l'évidence: je n'ai pas la.moindre idée de comment trouver quelque chose ici.
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Àliya

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le Dim 1 Avr - 0:22


Les jours précédant avaient été chauds, lourds. Etouffants presque. Une moiteur patente s’était installé dans les rues de la ville et une tension électrique nous liait les uns les autres, à l’instar d’une chaîne composée d’arcs hachés et bondissant. Et si je bénissais chaque jour ma position et mon lieu de travail pour son incroyable fraîcheur, je fus tout autant soulagé, sinon plus, quand un bruit sourd déchira le ciel. Les gouttes avaient commencé à tomber, épaisses et lourdes, avant de se transformer en torrent, jaillissant de toute part, incapable de se frayer un chemin dans le sol trop sec. C’était comme si la terre elle-même refusait ce divin présent. Ou qu’elle fut alors offensée, tant elle avait fait preuve d’ingéniosité pour survivre sans eau. Quoi qu’il en soit, la pluie avait fait ressortir un parfum d’ozone, de géosmine et surtout, de petrichor. Cette odeur si caractéristique m’était plaisante et je prenais plaisir à ouvrir les fenêtre pour m’en délecter. La moindre goutte qui tombait exhalait plus que la précédente. C’était comme si les rues étaient épaisses, texturés d’une senteur puissante et aromatique.

La bibliothéque avait beaucoup servi de refuge contre la chaleur ces derniers jours, mais avec la pluie, la plus part des habitants eurent à cœur de rester chez eux, pour profiter de ce salut temporaire. Et si l’endroit offrait un confort certain face à une canicule, ce n’était en revanche, pas l’endroit le plus réconfortant après une rincée. Aussi avais-je décidé de venir en aide à mes bibliothécaire, laissant de côté quelques heures durant, les contraintes administratives et harassante qu’incombait à ma nouvelle fonction. J’aimais beaucoup me balader dans la bibliothèque. L’odeur de parchemin, de cuir relié, de poussière aussi parfois, de résine et d’encre était une délectation de chaque instant. Il faisait souvent sombre, c’était rendu flagrant par l’orage d’aujourd’hui et la noirceur du ciel, et l’éclat des lampes sur les tables s’apparentaient à petits feux de joie. Cette ambiance était propice pour mes réflexions, qu’elles concernent mes doutes, mes remises en questions ou mes choix.

J’avais une haute pile de livre dans les bras, que je vins déposer avec douceur sur le comptoir de la secrétaire de l’établissement. Il s’agissait de livres d’histoires, denses et renseignés, que l’on laissait en consultation libre, à condition qu’ils demeurent entre ses murs. Aussi, de temps à  autres, il fallait faire un tour pour les ranger. Et même si j’apprenais vite, l’endroit était immense, je n’étais pas encore familière de tous les rayonnages, et j’avais besoin de quelques renseignements. Je m’entendais somme toute, assez bien avec l’ensemble de mes collègues. Polie et courtois, nos échanges pouvaient également se montrer assez chaleureux. Ma position concernant Ren était forcément connue de l’ensemble du personnel, aussi essayé-je de détacher cet aspect de ma qualité d’archiviste et de mes compétences. Je fouinais dans les papiers du bureau pour trouver l’allée et les rayonnages adéquates quand j’entendis ma collègue s’éclaircir la gorge pour interpeller quelqu’un.


«  - Excusez-moi…Cela fait plusieurs fois que vous passez par ici…Désirez-vous un renseignement ou une indication ? »

Levant les yeux, je pus constater qui était l’individu légèrement égaré, et au vue de son allure, de sa démarche, je compris aisément que cet endroit ne devait pas être son lieu de prédilection. Je me redressais, ayant trouvé l’information que je cherchais, la griffonnant sur un morceau de papier, avant de poser ma main sur l’épaule de ma secrétaire.

« - Laissez, je vais m’en occuper. Je fis le tour de comptoir pour récupérer ma pile de livre avant de m’approcher de l’inconnu. Si vous souhaitez m’expliquer ce qui vous amène en ces lieux, chemin devisant, je me ferais un plaisir de vous apporter mon aide. J’ai à faire dans les rayonnages, et même si je suis nouvelle en ces lieux, je crois pouvoir dire que deux esprits avisés feront toujours d’avantage qu’un seul. »

Je lui offris un sourire franc et poli, avant de l’enjoindre à me suivre d’un signe de tête.


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Akasha
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Samir

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le Mar 3 Avr - 19:59
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Je me lance dans une recherche aléatoire, puisque je n'ai pas d'autre idée de comment m'y prendre. Je me doute que je n'ai que peu de chance de trouver ce que je veux dans ce labyrinthe de livres en m'y prenant de cette manière. Déjà, si j'avais une idée précise d'un livre qui répondrait à mes questions, je pense que cela serait plus facile, mais malheureusement je n'ai pas encore ce luxe. Ce que j'espère, de manière à mon avis plus réaliste, c'est qu'en tournant au hasard dans les rayonnages j'arrive à me rendre compte du système de classement utilisé: il y en a forcément un, aucune personne saine d'esprit ne pourrait travailler ici sans cela, et j'ai déjà repéré plusieurs personnes qui me semblent être des bibliothécaires.

Après ce qui me semble avoir été des heures et des heures – mais qui réalistement ne pouvait être plus d'une quinzaine de minutes, j'entends quelqu'un s'éclaircir la gorge derrière moi. Absorbé dans mon analyse laborieuse de la logique du lieu, je m’écarte d'un pas, pensant que je gêne une personne qui elle sait ce qu'elle cherche et où cela se trouve. Cependant je l'entends interpeller quelqu'un, et sa description me correspond bien: c'est effectivement au moins la troisième fois que je passe devant L’Histoire de la Fondation du Royaume d’Aap, dont je n'arrive pas à me défaire puisqu'il me semble si proche en thème de ce que je recherche. Il me semblerait tellement logique que l'équivalent concernant Akasha ou l'ensemble des royaumes se trouve à proximité…

Je me retourne vers elle, un sourire contrit aux lèvres. Je crois qu'il est temps d'abandonner ma fierté clairement déplacée qui me pousse à me débrouiller seul. Cependant, je n'ai pas le temps de lui expliquer mon problème que ma sauveuse providentielle est interrompue par l'une de ses collègues. Celle-ci se propose même de m'accompagner. Finalement, peut-être les Astres sont-ils bien avec moi aujourd'hui. Je m'incline légèrement en guise de salut.

Si cela ne vous ennuie pas. Je crains effectivement d'avoir besoin de votre aide. Je suis à la recherche d'un ouvrage concernant l’apparition des gemmes et des premiers souverains. J’avais la sensation que je pourrais trouver cela par ici mais force est de constater que je me suis trompé.

Je jauge d'un coup d'oeil la pile de livres qu'elle tient dans ses bras, et la juge un peu trop volumineuse et lourde pour un être humain normalement constitué. Et comme je n’ai pas l’impression d’avoir affaire à une bûcheronne, je me propose de la décharger un peu.

Si nous devons explorer l’endroit ensemble, laissez-moi au moins vous aider à transporter ces livres, que je me rende utile.
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Àliya

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le Mer 18 Avr - 11:19

La voix du soldat, car il ne faisait plus de doute à présent que c'était là sa vocation, m'apparut comme agréable, avec une pointe de lassitude. De la fatigue ? De la peine ? J'étais incapable de le dire. Et tandis que je l'écoutais formuler sa demande, mon subconscient se mit en branle pour moi, retraçant les allées, les contres allées et les classements de la bibliothèque, jusqu'à cibler les quelques endroits les plus adaptés. Je marqua un temps d'arrêt, me retournant en remerciant d'un sourire poli mon interlocuteur, laissant glisser quelques uns des grimoires dans ses bras, avant de reprendre ma marche.


" - Vous n'avez pas à vous rendre utile ici, vous savez. C'est mon travail ça. Mais j'apprécie votre sollicitude. L'apparition des gemmes donc. Nous l'avons classés avec tout ce qui touche de prêt ou de loin à nos mythologies et nos spiritualités. Les légendes sont des leçons, en elles raisonnent la vérité. Il est toujours délicat, à mon sens, de dissocier mythes, religions et histoire. Ils sont tous intrinsèquement lié, évoluant de concert sur une toile encore plus vaste, permettant des ponts, d'établir des connexions."

L'endroit était plus serein, comme à l'accoutumé et levant les yeux sur notre immense verrière, je pouvais apercevoir les gouttes qui s'éclataient invariablement sur le verre, ruisselant de toute part, torrent d'énergie, le ciel déversant sur le monde, un trop plein de tristesse. Un léger frisson me parcourut et je secouais la tête, reprenant mon chemin. De temps à autres je fis quelques crochets et détours pour déposer mes livres, débarrassant  l'imposant jeune homme qui m'accompagnait. Je profitais de ces instants pour mieux détailler Samir, qui m'apparaissait comme quelqu'un de tempéré à qui l'on devait aisément accordé sa confiance. Je ne m'étais pas attendu à voir des gardes en ces lieux, compte tenu de tous les troubles qui nimbait encore Akasha d'une aura grisâtre, lourde.

Et il fallait falloir un certain nombres d'années avant que les choses ne changent, cela ne faisait aucun doute à présent. Soupirant, je marqua une halte alors qu'il me fallait emprunter une échelle de bois pour ranger les derniers ouvrages en hauteur. De la haut, je pouvais jeter un regard d'ensemble sur la bibliothèque, et parfois me semblait il, sur le monde. C'était ça, l'exact effet que prodiguait celui qui savait acquérir la connaissance et le savoir. Se tenir au dessus de tous les concepts faussement bien pensant, des préconçus, des idées reçues. De pouvoir visualiser l'ensemble du monde, d'en appréhender les liens et les ponts, tout en acceptant qu'il y a toujours plus derrière l'horizon, que nous ne sommes capables de voir. Je descendis avec légèreté et offrit un sourire sincère au soldat.


"- Alors dites moi, parce que le sujet est vaste n'en doutez pas, les gemmes et leur apparitions....C'est pour une réflexion en particulier ? Peut être que si vous m'en disiez plus sur votre travail de recherche, je pourrais vous aider à cibler un peu plus les ouvrages dont vous avez besoin.  Et ce sujet fait encore plus sens à l'heure actuelle, que l'on ne veut bien l'admettre. Je serais assez curieuse de savoir ce qui amène un soldat sur pareil terrain d'exploration."

En quelques secondes, une ombre passa sur mon visage, et la lumière qui d'habitude, émanait des traits fins de mes expressions, s'altéra. Le savoir était une charge lourde à porter, qui bien souvent, nous enjoignait à la solitude. Une solitude froide, à contempler les abysses jusqu'à ce qu'eux même, finissent par nous contempler. Nous finîmes par déboucher sur une alcôve,  un peu en retrait,  avec une table de travail au centre. Cette partie aurait nécessité un petit coup de neuf, à n'en pas douter.  Je fis glisser ma main sur le bois de la table, tapotant négligemment du bois de mes doigts.

" - Nous y sommes. C'est encore vaste, mais vous êtes au bon endroit. Mais avec tout ceci, j'ai oublié de me présenter. Je me prénomme Àliya. Et vous ?"


Je lui tendis la main avec courtoisie, après m'être incliné poliment, comme de coutume dans ma région natale.



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Samir

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le Jeu 19 Avr - 18:25
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Je souris, amusé. Si elle me connaissait, elle saurait qu'il est futile de penser que je pourrais rester les bras croisés à ne rien faire pendant que quelqu'un travaille à côté de moi. La suite de ses paroles est moins sujette à sourire. Du moins c'est ce que j’imagine. Je n’avais jamais auparavant fait le lien entre Histoire et légendes, et je n’avais jamais réfléchi à la question. Il faut dire que si je connais un certain nombre de légendes, je suis bien moins calé pour ce qui est de l’histoire de Seele, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis ici à la recherche d’informations pour combler les creux. Je n’avais juste jamais pensé que les contes racontés au coin du feu pouvaient contenir des éléments réels. Je les avais toujours simplement considérés comme une sagesse populaire.

Je la suis entre les étagères, me demandant comment elle s'y retrouve. Je lui fais passer les livres qu'elle m'indique, l'un après l'autre, et il ne nous faut pas longtemps pour que toute la pile ait disparu. Toute l'opération n'aura duré que quelques minutes, et je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine admiration pour ce que j'interprète comme un talent d'orientation et d'organisation. En regardant autour de moi, je pense que c'est une qualité indispensable pour son activité. Je vois bien qu’elle est encore obligée de réfléchir pour se repérer dans ce labyrinthe, mais quelque chose me dit qu’elle n’aura plus ce problème très longtemps : en l’écoutant parler et en la regardant évoluer, je me rend compte qu’elle est ici comme un poisson dans l’eau.

D’après ce qu’elle m’a dit un peu plus tôt, elle n’est pas ici depuis longtemps, mais je pense que la bibliothèque a gagné un bon élément avec son arrivée. Ses conseils semblent éclairés, elle a l’air de savoir de quoi elle parle. Ce qui est loin d’être mon cas, je m’en rends compte en l’écoutant. Je n’avais absolument pas idée qu’il y ait autant de livres qui puissent parler de ce sujet en particulier, que j’imaginais plutôt précis. J'hésite avant de répondre, sans toutefois savoir si cela va l'aider à préciser notre champ d'investigation. Je continue à la suivre et me gratte la tête.

Eh bien… si ça peut aider, je recherche une trace ancienne de la duplicité de la pierre des Astres et du Vide. Je n'arrive pas à croire que nul à part les Souverains et leurs Gardiens aient connu l'existence de la gemme du Vide et qu'ils aient réussi à garder le secret mille ans.

Nous arrivons dans une sorte de coin reculé de la bibliothèque, étrangement plus poussiéreux que le reste, comme si personne ne s'était intéressé au sujet depuis des années. J'ai l'impression d'être entré dans un univers parallèle où le coup d'état n'aurait jamais eu lieu et où Seren continuerait de contrôler sévèrement les pensées de ses sujets. Comment tous les intellectuels du royaume ne se sont pas jetés sur ces rayons de livres, je ne peux le comprendre. Ma guide semble presque nostalgique, ici. Elle s'incline devant moi – tiens, est-elle originaire de ???? – et se présente. Oh… J'ignorais que c'était la coutume dans un tel lieu. Embarrassé, je lui retourne en souriant une version plus souple et détendue d'un salut militaire.

Ravi de faire votre connaissance, Àliya. Je m'appelle Samir, et permettez-moi de vous remercier pour votre aide précieuse. Cependant j'ai l'impression que je me suis attelé à une tâche qui me dépasse un peu. Serait-ce abuser que de vous demander encore un peu d'aide ? Je n'imaginais pas que ma curiosité pouvait soulever tant de questions.
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Àliya

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le Dim 22 Avr - 11:41

La pluie n’avait cessé de tomber depuis le début de notre rencontre, tambourinant sur le haut plafond de la bibliothèque, en un bruit sourd, lointain, comme étouffé. La présence à peine audible du monde extérieur dans ce lieu sacré, sur lequel ne semblaient avoir de prise, ni les intempéries, ni le temps qui passe. Pourtant, il m’avait semblé mieux percevoir la pluie, comme si elle s’était intensifié, porteur d’un présage plus vaste encore. Je frissonnais, levant les yeux sur la voute structurale, guettant la moindre anomalie, convaincue que tout ceci était un signe, une manifestation subtile et abstraite des pouvoirs à l’œuvre en ce monde. De l’inéluctable.

Ma réaction l’avait surpris, et je souris, m’extirpant de ma précédente contemplation. Il est vrai, que je ne m’habituais que difficilement au manque de cérémoniel d’Akasha dans son quotidien. Et de partout ailleurs en Seele également. Passant une main dans mes mèches folles, j’inclinais à nouveau la tête.


« - Ne soyez pas surpris, à Vaata nous avons coutumes de toujours faire preuve de respect et de courtoisie au travers de marques et d’attitude. Manifestement, vous êtes un soldat, c’est un rang qu’il convient d’honorer. J’espère ne pas vous avoir mis mal à l’aise. »

Je lui offris à nouveau un franc sourire avant de faire le tour des étagères environnantes. Il avait vu juste dans ses estimations, le travail sur lequel il souhaitait s’investir allait être colossal. Autant que celui qui m’attendait dans les sous-sol de cet endroit. Il était tout aussi curieux de constater que le besoin de réponse de Samir correspondait en tout point à la volonté que nous avions, Ren et moi, d’offrir à tous, la possibilité d’avoir accès à une connaissance trop longtemps oublié. Je ne pouvais, pour l’instant, pas permettre à Samir d’avoir accès à ces informations, mais peut-être que si je l’estimais, je pourrais, verbalement, lui faire part de ce à quoi j’avais eu accès.

Je jaugeais l’homme que j’avais en face de moi, son naturel souriant et affable, son allure souple et maitrisé, la façon qu’il avait de se tenir, l’honnêteté qui se lisait sur son visage. Comment être sûr… ? Comment savoir ? Ren voulait que la connaissance des exactions de Seren soit connu de tous. Mais aussi de tous les savoirs qu’il avait estimé dangereux ou interdits. J’étais plus partagée. Je ne croyais pas que, malgré l’accès plus vaste à la connaissance, les individus s’en empareraient pour mieux saisir les tenants et aboutissants du monde. A mon sens, ils n’attendaient que d’être guidé dans la bonne direction, sans avoir eu même la responsabilité ou la réflexion de ce qui devait être bon pour eux.  Mais j’avais en face de moi quelqu’un qui semblait ne pas correspondre à cette définition à la fois cynique et sincère du monde.


«  - Ce à quoi vous aspirez, ce savoir, n’est pas juste dense…Il est aussi dangereux. Ce qu’il requiert va nécessiter d’avantage que de la volonté… »

Par ce temps, la bibliothèque offrait un refuge, soit de la chaleur et pour aujourd’hui, également de la pluie. Je voyais des individus déambuler, se balader entre les rayonnages. Cet endroit n’était peut être pas le plus adapté. Fronçant les sourcils, je me mis en tête de chercher et de sélectionner plusieurs ouvrages sur le sujet, tout en gardant à l’esprit que les plus pertinents, n’étaient pas encore accessible au grand public. Une fois le choix fais, je fis une pile d’une demie douzaine d’ouvrage épais, de cuir relié, que je tendis à Samir.

« - Si vous voulez bien…. »

Avant de l’enjoindre à me suivre d’un signe de tête. La situation était étrange, et je comptais sur son naturel à obtempérer pour me suivre sans trop poser de question avant que nous arrivions à destination. D’un pas rapide, je le fis passer à nouveau dans l’axe centrale de la bibliothèque, avant d’emprunter un escalier, dissimuler par une lourde porte en bois. Le bruit de nos pas rapide, claquait sèchement dans le colimaçon de pierre. Un large couloir, nimbé d’une douce lumière, s’offrit à nous, que nous traversions avec la même allure jusqu’à ce que le couloir bifurque pour donner sur une seule et unique porte de bois ouvragé. J’ouvris celle-ci à l’aide d’une clé, faisant entrer Samir, avant de refermer en douceur derrière nous.

La pièce était vaste, lumineuse, décoré avec un goût sobre et élégant. Isil, avant moi, avait du beaucoup être influencé et aimer la conception artistique de Vaata, car j’y retrouvais énormément de détail familiers. La pièce comprenait un pan de baie vitré, dont une porte ouverte sur l’intérieur, donnait sur l’extérieur, un balcon qui longeait la dite pièce, donnant sur les verts  parcs de la cité d’Ebène. Une alcôve un peu en retrait, et dissimulé par un rideau de voilage, possédait un lit. Au centre, une table basse, avec en son centre, un brasero grillagé. La table était muni, à un endroit précis, d’un bateau à thé, un ensemble de strié en bambou, parfaitement intégré au reste de la boiserie. Tout autour était disposé tatami et coussins. Un bouquet de fleur fraîche y était également disposé, d’une élégance sobre et travaillée, sans oublié une estampe des contrées de Vaata accroché en face de la table. Et le bureau était un peu en retrait du centre de la pièce, composée de plusieurs fauteuils pour y travailler, de plusieurs lampes, avec de nombreuses étagères comprenant parchemins, encres et livres. Voici ce qu’était l’ancien bureau d’Isil, le mien à présent.

J’invitais Samir à déposer la pile de livre sur mon bureau avant de prendre place sur le tatami, tandis que je sortais d’une étagère, tout un nécessaire à thé et une bouilloire que je m’en allais remplir à la vasque d’eau. Je savais que Samir devait bouillonner en son fort intérieur, et que mon silence, dans cette pièce, laissait planer un mystère total. Ravivant le braséro, je déposais la bouilloire avant de m’assoir en seiza, posant mes mains sur mes genoux. A nouveau, je regardais Samir, plongeant dans ce regard, pour lui communiquer le calme et la sérénité qui étaient mien.


« - J’aime autant nous travaillons ici…Le sujet de vos recherches est….quelque peu épineux en pareilles conjonctures. Tout le monde ne peut pas entendre certaines vérités. Vérités qui ne se trouve par ailleurs, pas toute dans ces livres. Je suis navrée d’avoir fais autant de mystère, j’ai agis au plus vite, pardonnez-moi. Maintenant que nous sommes dans un lieu sur…Je présume que vous avez de nombreuse question à l’esprit, peut être plus précises, et plus nombreuses….Je suis à votre entière disposition. Du thé ? »



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Samir

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Je souris et acquiesce poliment à l’explication d’Àliya. Elle n’a pas besoin de se justifier, surtout lorsque cela donne – involontairement, je n’en doute pas – l’impression que son interlocuteur et tous ses compatriotes sont des rustres. J’ai été régulièrement en contact avec certaines parties de la noblesse, ce n’est donc pas la première fois que j’essuie une insulte ainsi dissimulée, et ça ne sera pas la dernière, j’imagine. Malgré les changements que Ren a apporté, la culture de ces gens-là reste la même, et leur considération pour le peuple également. En l’occurrence je décide de ne pas en prendre ombrage pour l’instant, étant donné que mon interlocutrice semble ne pas l’avoir fait exprès.

Je ne vais pas non plus engager un débat sur le statut de soldat. Je n’ai jamais eu l’impression d’être digne de plus de respect que quelqu’un d’autre, la plupart du temps autant, parfois même moins. Le respect est quelque chose qui se gagne et se mérite, ce n’est pas un dû. Ce type de philosophie est ce qui mène certaines personnes à se penser supérieures à leurs semblables, et je ne peux tout simplement pas me reconnaître là-dedans. Ce n'est cependant pas ma place de protester, et j'accepte avec humilité toutes les marques de courtoisie qui me sont offertes.

Elle reste par là suite immobile et silencieuse un moment, et je me demande si je ne lui ai pas demandé quelque chose de bien trop complexe. Je n'avais pas pensé que ma question soulèverait tant de réflexion. Sans aucune base je m'étais imaginé qu'un livre précisément sur le sujet existait et que je pourrais le trouver dans la plus grande bibliothèque du pays. Sans doute avait-il été censuré du temps de Seren, mais son successeur avait promis de rendre la connaissance accessible à tous, j'aurais donc pu le trouver. Il est bien loin de mon imagination qu'un sous-sol entier était rempli de tels ouvrages et qu'un an n'a pas été suffisant pour tout remettre en ordre. Si lors d'un premier jet, Aliya me met déjà dans les bras une demi-douzaine de livres, je n'ose pas penser au temps que je vais devoir passer ici. C’est un peu effrayant, mais il en faudra plus pour me décourager. Je ne suis pas du genre à abandonner une tâche que je m'étais fixée.

Je la suis donc à travers les couloirs de ce qui m'était apparu au départ comme une sorte de hangar, mais qui se révèle plutôt ressembler à un labyrinthe. J’essaie de me repérer pour être en mesure de revenir d’où je viens seul plus tard. Àliya me conduit jusqu’à une pièce que j’identifie comme étant son bureau. La décoration, sobre et élégante, reprend des codes que je ne connais pas, provenant sans doute de Vaata puisqu’elle semble en être originaire. Je suis plus décontenancé par le lit que je repère dans une alcôve. Habite-t-elle ici, au sein même de la bibliothèque ? Ou bien est-ce une pièce réservée aux travaux de grande ampleur, et s’attend-elle donc à ce que je passe mes nuits ici, penché sur des ouvrages cryptiques à la recherche de réponses ?

Elle me fait signe de m’asseoir et je m’exécute, m’installant en tailleur autour de la table basse après y avoir déposé les tomes qu’elle m’a confié un peu plus tôt. Je la regarde s’affairer autour de la pièce, incertain de la marche à suivre. Elle s’excuse de s’être montrée si mystérieuse, d’accord, mais je n’en comprends toujours pas l’utilité. Elle ne veut peut-être pas évoquer ce sujet devant n’importe qui, ce que je conçois parfaitement, mais dans ce cas pourquoi accepter d’aider un parfait inconnu ?

J’accepte son thé avec gratitude : je sens que cela va être long, et mes vêtements humides me font languir pour une boisson chaude.

Volontiers, si cela ne vous ennuie pas.” Je m’interromps un instant, me laissant le temps d’une dernière réflexion. Je n’ai pas l’habitude d’organiser mes pistes de réflexions, mes questions sortent donc en vrac. “Que savons-nous réellement des pierres et des gemmes, hormis ce que Souverains et Gardiens nous rapportent ? Quelqu’un à part eux a-t-il déjà vu celle du Vide ? Est-elle apparue en même temps que celle des Astres ou bien plus tard ? Comment est-il possible que Ren soit le premier héritier du Vide à apparaître ? Comment ses prédécesseurs ont-ils pu être à ce point oubliés de l’Histoire ? Je peux éventuellement comprendre que l’héritier des Astres n’ait jamais voulu laisser sa place, mais qu’en est-il des autres ? Quel intérêts avaient-ils eux à le cacher ? Connaissaient-ils seulement son existence ? Comment …” Je m’arrêtai brusquement, réalisant soudain que j’avais inondé mon interlocutrice de questions. “Je suis désolé, je me suis un peu laissé emporter.
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