Aap
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Asmolphégé

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le Ven 20 Avr - 12:29
Sous le ciel chargé d'une nuée de nuage sombre, déchiré par l'eau d'une pluie battante avance un homme en arme, il semble prendre son temps, le visage levé vers le ciel. Les bâtiments autour de lui ruisselaient dans un bruit fort agréable à l'oreille. Il n'y avait pas grand monde dans les rues et pourtant, il avançait avec prudence, comme si une foule complète se tenait autour de lui. Ses pensées étaient égarée du côté de son enfance, et de l'orage qui avait vu la disparition de ses parents. S'il n'avait pas été cherché sa sœur dans les marais, il y serait sans doute passé, lui aussi, dans cette rafle d'esclave. Il avait passé un long moment à leur recherche, à son entrée dans le mercenariat. Mais cela s'était avéré vain, et l'histoire était trop lointaine pour que certaines personnes puissent s'en souvenir.

Sous ses pieds le sol se mit à monter et il revint au présent, regardant autour de lui les alentours, essayant d'apercevoir un endroit où il pourrait maintenant s'abriter. Pas loin de là il entendait le martellement d'un forgeron occupé à une quelconque besogne. Le son était clair dans l'espace pourtant saturé par l'orage et cela fit sourire le mercenaire qui releva sa capuche sur son crâne, dissimulant son visage aux rare badaud le croisant. Le voici donc dans la cité d'Ébène, il trouverait peut être du travail ici, quelque chose qui lui ferait gagner de l'argent dans son retour à Aap ? Il haussa les épaules, s'ébrouant avant de reprendre son chemin.

Qu'est-ce qu'il entendait là ? Était-ce le brouhaha d'une taverne ou d'une auberge ? On endroit où il pourrait entrer et se reposer ? Et au sec surtout. Il resserra sa main sur le manche de son marteau de combat, et tourna légèrement son visage sur le côté. Il y avait du bruit là, derrière lui, depuis un petit moment. Et vu sa vitesse, la personne aurait dût le dépasser. Est-ce qu'il était en train de se faire encercler ? Il avait souvent utilisé cette technique quand il était jeune. Pour l'instant, le danger viendrait d'un contact direct en face. La cible était sa bourse, mais c'était un art dangereux, surtout sous une pluie pareille. La cape dissimulait bien, ce serait donc autre chose. Une rapine peut être... Avec des armes. Dans ce cas il allait être dirigé vers une rue moins fréquentée, et la personne derrière lui allait être celle qui s'occuperait de ça.

Il n'avait pas son armure avec lui, elle était restée dans ses paquets à l'écurie, avec son cheval, il grogna sourdement dans sa barbe et se délia les épaules, il faudrait agir rapidement. Sa main tira une partie du manche de son marteau et il accéléra imperceptiblement le pas, la porte était son objectif, s'il pouvait s'y adosser, il aurait l'avantage sur son adversaire, celui de ne pas se prendre un coup de lame dans les reins par exemple. Il atteignit finalement la porte, et se retourna vivement sur la personne qui le suivait. Marteau à la main, menaçant.
Akasha
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Àliya

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le Dim 22 Avr - 14:27

Depuis plusieurs jours, la pluie n’avait cessé de s’abattre sur la ville, faisant ruisseler les pavages, dégorger la terre qui avait bu plus que son saoule, jaillissant des bouches de tout à l’égout, cascadant de toutes les failles que la pierre dissimulait. L’atmosphère était chargé d’une fragrance azoté, de pierre détrempant sentant la vase et le champignon. Les rues dans l’ensemble, étaient désertes et les rares badauds s’empressaient de rejoindre des abris secs. Je n’avais presque pas quitté les sous-sols de la bibliothèque et j’aspirais à un peu d’air frais ainsi qu’à de l’espace. La moiteur extérieur m’avait saisi, aussi avais-je rabattue la capuche de ma cape courte sur mon visage, qui était presque dissimulé. Faite de lin, il apparaissait évident que je n’allais pas tarder à prendre l’eau, mais peu m’importait, j’avais besoin de déambuler et de m’étirer.

A la sortie de la bibliothèque, je partageais mon chemin de balade avec de nombreux autres inconnus, m’avançant sur les axes les plus fréquentés. Puis au hasard, sans vraiment de nécessité, je me perdais dans des ruelles que je connaissais pas encore. Petit à petit, la foule se fit moins dense, se clairsemant au point de n’être plus que quelques têtes.  Puis quelque chose changea, l’atmosphère se fit plus électrique, plus intense. Comme chargé de particules actives, qui s’énerveraient au contact les unes avec les autres. L’air autour de moi devenait pour ainsi dire, palpable. Texturé. Deux hommes s’étaient séparés, échangeant un bref signe de tête, sous mon regard attentif, tandis qu’un troisième les devançait. Guidé par une forme d’instinct, un besoin abstrait, je suivis leur manège assez longtemps pour réalisé que le troisième individu était potentiellement une victime en devenir.

Accélérant le pas, je vins bousculer l’individu, m’excusant dans un grognement avant de poursuivre ma route jusqu’à l’inconnu menacé. S’il avait senti qu’on lui suivait, mon approche était risqué, mais moins que ce qu’il pouvait surement encourir. Le bruit d’une taverne se faisait entendre malgré le martellement d’une pluie intense et des grondements lointain d’un orage menaçant. Je sentais l’eau commençait à s’infiltrer le long de ma nuque, s’insinuant à l’instar d’un serpent, le long de ma peau pour me priver de ma chaleur. Sans en tenir compte, j’avisais l’individu qui se tenait devant moi. Je pouvais deviner une épaule plus en avant que l’autre, signe qu’il tenait prêt à dégainer une arme. Aussi décidais je venir du côté opposé, posant une main simultanément sur son épaule et son coude, empêchant le coup de partir.


« - S’il vous plaît… »

Mais le temps que je ne commence ma phrase, il s’était retourné vivement, se dégageant de ma prise l’air plus virulent qu’il ne le laissait présumer de dos. Je secouais la tête, tournant vivement la tête pour aviser l’individu qui nous talonnait, se rapprocher rapidement.

« - Désolée, mais le véritable danger ne viens pas de moi,murmurais je dans un souffle, posant ma main sur celle qui tenait son marteau, le visage toujours dissimulé par ma capuche. Ils sont deux, je présume que le second ne va pas tarder à débouler d’une contre rue. Celui qui arrive ne semble pas posséder d’armes lourdes, quand je l’ai volontairement bousculer, je n’ai rien entendu, aucun tintement ni choc. Mais cela n’empêche pas de dissimuler un couteau. »

Brisant le lien physique que je venais d’avoir avec lui, je fis volteface pour me retrouver apte à anticiper le moindre mouvement hostile. L’individu avait manifestement compris que je n’avais pas l’intention de partir, et fondit sur moi, rapide et vif comme une lame. J’eu le temps d’appeler un coup, avant de me dérober en ouvrant simplement la jambe arrière, pivotant sur mes pieds, le laissant continuer sa course en parfait déséquilibre, envers celui que je voulais aider, mais sans savoir si j’allais m’en faire un allié ou un adversaire. Le second individu qui venait d’arriver me saisi par les épaules et je n’eu pas le temps de m’ancrer en terre, qu’il m’envoya valdinguer contre une poutre en  bois. La douleur irradia du milieu de mon dos jusqu’au bout de mes orteils et je retombais mollement sur le sol humide et boueux. J’eu à peine le temps de rouler sur le flanc pour éviter son pied, lui fauchant les deux jambes, le projetant à terre.


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Aap
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Asmolphégé

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le Lun 23 Avr - 14:53
Effectivement il y avait bien quelqu'un qui suivait Asmolphégé, mais c'était pour le prévenir d'un danger qu'il avait pressentit. Les choses étaient en train de se compliquer, la main sur son bras, et la voix, étaient indubitablement féminin, mais il avait longtemps évoluer en ville pour savoir qu'un coup de couteau venant d'une femme avait le même effet que celui d'un homme. Il était méfiant et elle dût le sentir, car elle posa sa main sur la sienne, celle qui tenait le marteau, l’empêchant ainsi de prendre de l'amplitude pour développer toute la force de frappe de son armement contondant. Le mercenaire était entièrement contracté, dans l'attente d'un coup qui ne semblait pas venir, la femme chuchotait, et, entre la taverne et le bruit de la pluie il n'entendait que des brides de ce qu'elle racontait. D'après ce qu'elle disait il n'y avait pas d'arme lourde en face... Ce qui était plutôt normal, ils devaient opérer dans des petites ruelles, où le corps à corps proche était la seule issue, les murs proches empêchant ceux armées d'épée où d'armes d'hast de prendre l'avantage sur le nombre de voleurs, qui n'avaient juste à sortir des armes de poing, dague, couteau ou même coup de poing, pour abréger la vie de leurs cibles.

Les silhouettes s'approchaient et la femme fît brusquement demi tour pour se retrouvée face à la première menace, un homme qui approchait avec rapidité, quel idiot, avec une pluie pareille, les pavés devaient être glissant comme jamais, et il se précipitait, s'il chutait il était finit, et au lieu de prendre son temps, cet idiot se précipitait comme s'il avait la mort aux trousses, sauf que là, c'était au devant d'elle qu'il prenait son envol. La femme effectua alors un mouvement qui fit comprendre au blond qu'il avait affaire à une personne qui connaissait son sujet, elle dévia simplement la course du voleur, assassin, ou quoi que ce soit d'autre, directement dans l'axe de l'Aapien, qui plus est en déséquilibre. Asmo ne réfléchit pas plus avant à la situation, ni à qui était cet homme, c'est avec la face de son marteau qu'il accueillit le visage de l'homme, achevant sa vie dans un craquement qui résonna de manière sinistre dans l'air qui semblait comme suspendu, dans l'attente d'un dénouement.

Quand à la femme et à l'autre assaillant ils étaient tout les deux au sol, l'ancien voleur ne perdit pas de temps et s'approcha de celui qui aurait pût être une représentation de son futur et acheva sa vie d'un coup dans la nuque, créant un nouveau craquement sinistre annonçant la fin de la brève escarmouche. Il s'approcha alors de la jeune femme, rengainant son arme à sa ceinture et s'accroupit auprès d'elle.

-Vous allez bien, vous pouvez vous relevée ou vous souhaitez mon aide ?

Dit il en lui tendant la main, un sourire se voulant avenant sur le visage.
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Àliya

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le Lun 23 Avr - 17:25

Ce goût de fer qui emplissait ma bouche, remontant de mon estomac avec un mélange acide de bile et de salive. Je pouvais sentir le froid de la boue pénétrer par-delà mes tissus. Et en même temps, mon corps me semblait en feu. La douleur vive de mon dos m’élançait comme le crépitement de braises au contact du vent. Je pouvais sentir sur mon visage, un liquide chaud couler le long de ma tempe gauche, le même que celui qui tapissait ma bouche, se mélanger à la froide caresse de la boue qui s’amoncelait sur mon visage. Et l’eau qui continuait de couler sur moi, comme pour effacer toute trace de méfaits, d’exactions qui noirciraient mon corps et mon âme. Tournant la tête, je pouvais voir un mince filet d’eau dégouliner, rougi par mon sang, et je portais la main à mon arcade, comme dépossédée de mon corps, dans un mouvement fébrile. La douleur me sorti immédiatement de toute forme de torpeur quel qu’elle soit, avisant le liquide sur mes doigts. La tête saignait toujours beaucoup, j’avais appris ça il y a longtemps, aussi ne paniquais je pas sur l’instant.

Je tentais de me relever, mais rien n’y faisait. Toute force en moi semblait s’être évaporée, au point d’avoir douté de son existence première. Je cherchais des yeux nos agresseurs, me sachant particulièrement vulnérable, et mon cœur manqua un battement à la vision du crâne qui se fit broyer sous mes yeux. Son sang gicla jusqu’à moi, éclaboussant mes vêtements et ma gorge à découvert. Je pouvais entendre le son des os qui se brisèrent, raisonner en moi en échos démentiel. Comme si mon propre visage se décomposait de concert. Je revoyais cette forme ronde et vivante, se fendre comme un fruit trop mûr, broyé et brisé, se mélangeant au pavé. Je revoyais son sang couler sous forme de rigole parmi les dalles irrégulières, sillonnant la rue sous la pluie battante, pour ne redevenir plus loin, qu’un vague souvenir teinté. Cette cruauté…Une forme de panique s’empara de moi, alors que je tentais de me relever, glissant maladroitement sur le sol détrempée. Puis sa voix me parvint, comme l’appel doucereux du maître des limbes.


« - Je…,bégayais je maladroitement, je ne….n’arrive pas à me….plus me lever. »

Je voyais son visage, se fendre d’un sourire simple et réconfortant, en rien traumatisé par ce qu’il venait de se passer. J’avais presque du mal à croire que l’homme qui me souriait avait pu être celui qui avait abattu son marteau lourd et vengeur. Avec puissance et simplicité, il me releva du caniveau, m’arrachant au passage un râle douloureux. Mes yeux se voilèrent un instant et, passant une main autour de sa nuque, je me laissais porter par lui, mon pas emboitant le sien plus par soucis de survie que par intuition. Mes yeux captèrent un autre corps effondré sur le sol, lui aussi baignant dans son sang dilué. Je fermais les yeux. Un seul crâne brisé pour la soirée allait amplement me suffire pour en cauchemarder des mois durant.

Mon allié, puisqu’il s’y apparentait maintenant, malgré des méthodes condamnables, ouvrit la porte de la taverne la plus proche non sans quelques difficultés et nous fûmes accueilli par une chaleur douce, irradiant d’un âtre au fond de la pièce. Le brouhaha lui aussi m’apparaissait comme doux, incarnant la vie et la tranquillité, bien qu’il se fut plus discret à notre arrivée détrempée et pour le moins, ensanglanté.  On nous conduisit au fond de la pièce, prêt de la cheminée, et quand la porte se referma, c’est comme si l’extérieur avait cessé d’exister et je pus enfin commencer à réfléchir. Une fois assise, une jeune femme me couvrit de serviette et de couverture, je crois pouvoir dire qu’elle en proposa aussi à l’inconnu qui se trouvait à mes côtés. Et sans avoir besoin de demander, on nous apporta des assiettes de ragout fumant et des choppes de ce que je supposais, à l’odeur, être de l’hydromel.

Retirant ma cape, j’offris à la lumière rougeoyante des flammes, un étrange spectacle, de boue et de sang. De sauvagerie contrastant avec le blond presque blanc de ma chevelure. Mes mains tremblait encore un peu, et je pus alors, contempler l’homme qui se tenait en face de moi. Son visage m’était familier, non que je l’eu déjà vu auparavant, mais plutôt qu’il me rappelait quelqu’un. Quelqu’un que je côtoyais au quotidien. Ces traits et sa chevelure faisaient échos aux miens.  Ses traits étaient atypiques, son visage dénotait d’un mode de vie singulier. Sa puissance de combat, son implacabilité…Tout ça m’en disait long sur lui, assez long pour que je puisse savoir que se tenait en face de moi, un individu peu scrupuleux et habitué aux combats. Mais qui avait sauvé ma vie. En ça, il m’était difficile de porter le moindre jugement.


« - Je me prénomme Àliya. Je vous dois la vie, même si je m’interroge encore sur la…nécessité d’une sentence aussi brutale que définitive…Mais…merci. »


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Aap
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Asmolphégé

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le Mar 24 Avr - 16:35
La femme sur le sol n'avait pas l'air d'être au plus haut de sa forme, elle semblait paniquée et n'avait pas conscience de son environnement, elle se sentait encore en danger alors que les agresseurs n'étaient plus une menace. Après tout, ils étaient mort. Asmo n'avait pas souhaiter prendre de risque qu'ils reviennent plus nombreux et avait utilisé une technique des plus brutales, mais il commençait à regretter maintenant, devant le triste spectacle que lui offrait la personne qu'il avait sauvée. Il fit une légère grimace alors qu'elle exprimait le fait qu'elle n'arrivait plus à se redressée, pourvut qu'elle ne soit pas blessée gravement, dans ce cas il serait dans une merde plutôt sombre. Il soupira brièvement et se pencha pour la prendre sous les épaules, la redressant avec douceur, mais ce qui ne l'empêcha pas de gémir de douleur. Elle était plus mal en point que ce qu'il n'avait imaginé.

Le Mercenaire se dirigea vers l'entrée de la taverne et ouvrit la porte avec difficulté, il répugnait à lâcher la jeune femme, de crainte qu'elle ne chute sur le sol et soit incapable de se redressée, la sensation de chaleur qui l'assaillit lui fit tourner un instant la tête et il observa les gens qui se turent sur le passage du couple étrange qu'ils formaient. Une femme à moitié appuyée sur un homme, trempée de boue et ensanglantée et lui, toujours debout, presque propre si ce n'était le sang. Il pourrait peut être tiré partit de l'état de faiblesse de sa compagne. Il poussa un grognement de réflexion et salua la femme qui les guida vers l'arrière de l'auberge, les invitants à s'asseoir autour d'une table.

Ils furent rapidement entouré d'une couverture et Asmolphégé commença à manger, observant la femme en face de lui. Elle ressemblait pas mal à Mina... C'était étrange, bien entendu ce n'était que des cheveux, et un visage. Mais ils avaient un petit air de ressemblance... Il haussa les épaules en entendant la jeune femme lui parler et porta son attention sur elle.

-Je me nomme Asmolphégé, enchanté de vous avoir rencontrée. Quand à la brutalité de mon action, c'est que je pratique un métier très dangereux, ma vie est sans arrêt mise en danger, et ma mort signifierais la fin de mes engagements auprès des personnes qui me sont chère. De plus, vous étiez en danger, et je ne tolère pas qu'une femme se retrouve menacée de mort pour m'avoir prévenu d'un traquenard. Ils n'auraient pas fait de cadeau, je n'en ai pas fait non plus. Nécessité fait loi, Ma dame.

Il se redressa et lui adressa un sourire, inclinant le buste.

-Profitez de votre repas, je vais voir avec l'aubergiste qu'est-ce que je peux faire pour les corps devant la porte.

Akasha
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Àliya

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le Mer 9 Mai - 11:15


Les mots d’Asmolphégé retentissaient en moi avec la lourdeur d’une cloche de cuivre ou de plomb. Longuement. Bruyamment. Ou était ce le bourdonnement à l’intérieur de mon crâne, qui n’avait cessé depuis le coup que j’avais reçu au visage. A mesure que les minutes s’égrainaient et que mon corps refroidissait, je prenais conscience de la douleur qui m’envahissait et de la difficulté que mâcher pouvait engendrer. J’avais le sentiment que mon esprit brûlait l’intérieur de mon encéphale et je n’étais plus à même d’avoir une réflexion logique et structurée. Ne pouvant manger, et mon compagnon d’un soir n’étant pas à ma table, je décidais tant bien que mal de me lever, dans l’espoir de trouver un endroit pour me rincer. Titubant dans ma tentative, la serveuse vint à ma rencontre, m’aidant à tenir debout, essayant de me faire rassoir.

« - Je souhaiterai trouver un endroit où je puis…me débarbouiller quelque peu, si cela est possible bien sur.
- Nous vous avions fais préparer un bain, mais je pensais que vous voudriez manger un peu avant…
- J’aimerais avoir les idées claires avant, si ça ne vous ennuie pas. »

La serveuse m’offrit un sourire simple et sincère, avant de m’accompagner à l’étage, étant d’un soutien indéfectible pour monter les escaliers, jusqu’à la salle de bain. C’était une pièce sombre, chaude, et simple. Un bac en bois cintré de lames de métal, comme si on s’était contenté de couper un foudre en deux, en guise de baignoire. Un paravent et une chaise faisait office de dressing. La jeune femme m’aida à me dévêtir et aussi à m’installer dans le bac. Elle ne put guère retenir une onomatopée d’exaspération en constatant la taille de l’ecchymose que je sentais poindre sur mes côtes. Avec un sourire triste, n’ayant aucun miroir pour constater l’étendu des dégâts, je ne pouvais que lui faire confiance.

« - C’est si moche que ça ?
- Vous devriez peut être consulter quelqu’un, Madame…
- Je n’y manquerai pas »

Sans être moi-même médecin, je connaissais assez de simples et de façon de les préparer pour pouvoir voir venir. Si vraiment cela souffrait d’une consultation, il est évident que je m’y plierai. Avec maintes précautions, la jeune serveuse m’aida à me laver, devenant mes yeux et mes bras. Une fois propre et délasser, je pus sortir avec plus d’aisance que je n’étais entré et me glissai dans des vêtements trop grands, pour homme surement, mais qui avaient le mérite d’être propre et sec. La jeune femme mis mes affaires dans un sac de toile qu’elle me fit promettre d’apporter chez moi, aussi lui griffonnais je mon adresse et redescendit à ma table, rejoindre Asmolphégé.

Ce dernier semblait en avoir fini avec l’aubergiste et était de retour à table. M’essayant à nouveau, je pus constater qu’on avait remplacé mon assiette par une nouvelle, tout juste fumant et remplit ma chope. Maintenant que corps et esprit avaient écartés tout danger, je sentais la faim gronder dans mon estomac et appréciais chaque bouchée. Copieux et simple mais rudement efficace, je fus rassasiée en moins de temps que je ne l’aurais cru.  Remontant les manches de ma chemise blanche, trop longue pour moi, je portai la choppe à mes lèvres, goûtant avec plaisir au doux feux que procurait l’hydromel dans ma bouche.

« - Vous avez pu trouver ce que vous cherchiez ? Même si votre action était légitime, un meurtre reste un meurtre en Akasha et ici, en l’occurrence, il s'agt de deux …Cela ne va pas passer inaperçu éternellement..Comment compter vous gérer ça ? »



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