Agni
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Ishüen

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le Ven 20 Avr - 20:24
 
Là où le vent porte l'écume


Le soleil d’Agni frappe le désert de son zénith implacable. L’horizon danse et titube, incapable de séparer plus longtemps la terre et le ciel aussi cuisants l’un que l’autre. Raasfalim lutte vaillamment, écrasée de chaleur, ses pierres blanches tremblant dans l’air surchauffé. Tapi dans les profondeurs de sa demeure, seulement vêtu d’un long boubou blanc, Ishüen pince les lèvres derrière sa table de travail, tournant et retournant dans sa tête le problème qui se présente à lui. Le messager reste silencieux, épiant les émotions invisibles sur son visage jusqu’à ce qu’un signe de son maître le congédie. Le Seigneur des Chevaux fait lentement tourner le thé à la menthe dans le délicat verre peint qu’il tient à la main. Deux attaques en deux semaines. Ce n’est plus seulement pénible. C’est alarmant.

Dans un territoire aussi hostile qu’Agni, les ressources sont rares et la vie difficile. Le simple fait de survivre demande un effort considérable de tous les instants et nombreux sont ceux qui ne veulent pas s’épuiser à toute une vie de labeur quand il suffit d’une épée, de beaucoup d’audace et de peu à perdre pour s’emparer du fruit du travail d’autrui. Dans les faits, les bandits des sables sont loin de rouler sur l’or eux aussi et passent plus de temps à se terrer piteusement là où ils le peuvent, incapable de menacer autre chose que les petits colporteurs solitaires. Les lions des montagnes ne sont pas de ceux-là. Ils sont nombreux et organisés. Ils surgissent, encerclent, frappent, pillent et repartent comme ils sont venus se cacher dans les Dents du Lion, dont ils tirent leur nom. Ils les connaissent trop bien pour que les soldats de Nàr parviennent à les débusquer, sans paraître s’affoler des rumeurs de djinns et de fantômes qui planent sur certains de ses pics. Et ils viennent de s’en prendre à une autre de ses caravanes en route vers le sud, lui faisant perdre bétail, hommes, esclaves et chevaux de prix, sans même parler de l’argent. Il pose son verre vide d’un geste sec. Cela ne va pas. On ne peut pas s’en prendre à ses biens et ses gens sans représailles. Cela ternirait trop le prestige de la Guilde et tous les Princes Marchands ont besoin du prestige de la Guilde pour continuer d’asseoir leur puissance sur la contrée. Il prend donc sa décision en même temps que plusieurs feuilles de papier, un pot d’encre et un calame pour rédiger des missives aux autres Seigneurs…

~~~

« Vous reviendrez bientôt, Père ? »
« Oui, Shani. »
« Mais quand ? »
« Quand tu auras appris à faire preuve de patience ? »

L’enfant tique et se redresse de toute sa hauteur, piquée au vif.

« Vous n’êtes pas drôle ! Vous aussi vous allez partir longtemps, comme Mère ! Et vous ne voulez même pas qu’on vienne avec vous ! »

Ishüen sourit au-dessus des derniers préparatifs de son départ, attendri par la véhémence de sa fille. Sans compter le fait que ses quatre enfants n’aiment pas se retrouver séparés de leurs deux parents en même temps, il est vrai que Seylim est absente depuis plusieurs semaines et leur manque à tous. Il a du faire face à l’incompréhension, les pleurs et la colère lorsqu’il leur a expliqué qu’ils étaient encore trop jeunes pour un tel voyage, ce à quoi Tylim n’a pas manqué de s’offusquer du haut de ses onze ans. Mais il s’est montré inflexible malgré les bouderies qui s’en sont suivies (qui durent encore pour son aînée et son benjamin). Emmener ses héritiers en dehors des frontières de Raasfalim ou d’Agni ne lui pose pas de souci. Au contraire, cela fait partie de leur éducation et il se fait fort de bientôt les emmener visiter toutes les contrées du pays. Mais Akasha est à part. Akasha et son petit Souverain fallacieux lui ont pris des choses trop précieuses pour qu’il consente à mettre à leur portée la chair de sa chair… Alors qu’il s’apprêtait à consoler l’irritation de Shensheïla en voyant celle-ci se muer en pleurs, quelques coups frappés à sa porte l’interrompent.

« Seigneur ? Les mercenaires aapiens sont arrivés. »
« Ouvrez-leur les portes du caravansérail et conduisez le meneur dans le salon bleu. »

La chaleur y sera plus supportable. Se levant de son siège, il tend la main pour caresser les cheveux de sa fille mais cette dernière se dérobe avec une moue boudeuse et quitte son bureau sans un regard en arrière, essuyant ses yeux dans sa manche. Sa colère lui arrache un bref soupir. Elle comprendra avec le temps. En attendant, il repasse par ses appartements le temps d’enfiler une ample tunique pourpre brodée d’or et de perles par-dessus son boubou et de faire apporter quelques rafraîchissements à son hôte. Il est important de bien recevoir, avec faste mais sans excès, s’il veut donner une idée de l’employeur qu’il peut être à cet homme avant même de se montrer. Sa garde personnelle étant mobilisée auprès de sa femme, de son domaine et nouvellement aux trousses de ces maudits bandits des montagnes, il n’a pas eu d’autres choix que de faire appel à des mercenaires pour l’escorter jusqu’en Akasha. Il était surpris que des aapiens soient les premiers à répondre mais après quelques recherches, il pourrait ne pas avoir à le regretter. La compagnie de l’Écume argentée n’est pas une bande d’amateurs…
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Aap
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Asmolphégé

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le Lun 23 Avr - 14:34
La chaleur était accablante alors que le petit groupe chevauché en direction du point de rendez vous.Le danger est omniprésent en cet endroit et le visage des soldats le montrent clairement alors qu'ils chevauchent sur les chemins. Autour d'eux il n'y a que du sable et de la chaleur et sans leurs guide ils se seraient sûrement perdu en chemin et ils avaient hâte d'arrivé pour pouvoir se mettre au frais. Une chaleur pareille n'était sûrement pas naturelle et le vent soulevé par la chevauchée n'était pas très rafraîchissant. Leurs armures étant plus un poids mort gardant la chaleur qu'autre chose ils avaient finit par les retirer pour les fixer à leurs montures équines, se contentant de rester en sous armure mais cela n'avait pas eu de gros effet sur leur confort, si ce n'est que maintenant ils étaient encore plus en danger en cas d’agression. Mais ils ne craignaient pas ce genre d'attaque de toute manière, mercenaire opérant ensemble depuis un certains temps, le groupe avait acquis une connaissance quasi encyclopédique des actions des autres et, même sans dialogue, ils savaient exactement comment opérer pour ne pas se gêner l'un autre, chacun appuyant ses faiblesses sur les forces de l'autre pour parvenir à une complémentarité exemplaire.

Asmolphégé était le meneur de l'expédition, en temps que second du commandant, il avait la tâche de s'occuper des affaires d'escortes avec son petit groupe d'une dizaine de mercenaire.Surtout que actuellement, la compagnie de l'Écume argentée avait le vent en poupe, grâce au bouche à oreille qui commençait à faire effet. En résultait que certains avaient même entendu parler d'eux en Agni et qu'ils avaient été convoqué pour cela. Minagée avait bondit sur l’occasion en répondant de manière rapide à la lettre. Mais s'il avaient su, ils se seraient plus renseigné sur l'endroit où ils allaient, ainsi que la manière d'habillement sur place. Histoire qu'ils ne rôtissent pas comme ça dans leurs armures. Le cavalier espérait qu'il aurait le temps de se rafraîchir avant de paraître devant leur employeur, ils allaient opérer sur un nouveau territoire, pour la toute première fois, et il souhaitait faire bonne impression.

Avec la poussière du voyage il ne devait pas avoir une très bonne tête, mais bon, il pourrait faire avec. Un léger cri à l'avant lui fit lever les yeux, une structure commençait à paraître au loin, ils étaient bientôt arriver. L'information circula de manière quasi instantanée auprès du groupe, et des soupirs de soulagement s'élevèrent de toute les bouches. La chevauchée était presque finit. Quelle joie, quel soulagement. Ils avaient tous déjà hâte de quitter les sables d'Agni pour rejoindre la chaleur tempérée d'Akasha. Mais pour l'instant, ils n'avaient pas encore fait la rencontre de leur employeur, et il était rester succin dans sa lettre, sans doute pour ne pas prendre de risque en divulguant trop de détail.

Ils finirent par arrivée au devant des portes de l'enceinte close, forteresse solitaire au milieu du désert, lieu de repos et de protection en même temps, il devait offrir une fraîcheur à l'ombre de ses bâtiments bien salvatrice comparée à la chaleur intense de l'extérieur. Les portes s'ouvrirent et les cavaliers pénétrèrent l'enceinte au pas, observant les alentours avec attention. Semblerait qu'ils étaient arrivé à bon port. Ou plutôt à bon caravansérail, puisque, d'après leur guide, ce semblait être le nom de ce genre de construction.

Asmo mit enfin pied à terre, grimaçant en se craquant le dos quand il entendit une personne en approche. Le meneur était demandé auprès du seigneur des lieu. Sa grimace s’agrandit pour disparaître alors qu'il se désignait auprès du demandeur.

-Pourrais-je faire une petite toilette avant de paraître ?
Agni
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Ishüen

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le Mar 24 Avr - 9:16
 
Là où le vent porte l'écume


Le salon bleu est une longue pièce rectangulaire, orientée au nord tout comme les jardins. Si les coussins de soie et les tapis brodés sont relégués tout contre les murs, c’est pour laisser l’espace à un bassin carrelé de mosaïque bleue dont les carreaux forment de délicates scènes sous-marines. La petite fontaine en son centre donne à entendre son murmure apaisant, rafraîchit toute la pièce de son clapotis et de son eau parfumée aux pétales de roses et de jasmin. À une heure aussi chaude, les volets de bois peints sont clos, empêchant la chaleur de fourneau du dehors de gâter la fraîcheur. C’est là qu’Ishüen retrouve son hôte après avoir enfilé sa tunique et une riche ceinture soutenant sa badine d’or. Des bijoux raffinés reposent sur son torse et ses poignets, parsèment sa chevelure tressée. Une petite table au plateau métallique l’attend à une extrémité de la pièce, chargée d’une théière et de deux verres. Le chef des mercenaires l’y attend déjà, introduit par des serviteurs après que ces derniers aient mis à sa disposition une bassine d’eau clair et un linge afin qu’il puisse se débarrasser succinctement de la poussière de la route. Le Seigneur des Chevaux lui adresse un sourire et un signe courtois de la main.

« Bienvenue à Raasfalim et dans mon humble demeure, Messire. Ishüen ben Iphraïm, onzième Seigneur des Chevaux au sein de la Guilde des Princes Marchands. J’ose espérer que le voyage n’a pas été trop éprouvant pour vous et les vôtres. Je sais combien Aap est douce et clémente comparée au désert. Joignez-vous à moi, je vous prie… »

Désignant les coussins qui jouxtent la table, il s’y assoit en tailleur d’un mouvement souple et enjoint son invité à le rejoigne. Obéissant à un geste à peine esquissé, l’un des serviteurs s’approchent promptement pour servir le thé dans les verres, soulevant au fur et à mesure la théière sans qu’une seule goutte ne vienne se perdre sur le plateau. Ishüen saisit le petit récipient entre ses doigts, l’or de ses bagues teintant contre la surface polie, et boit soigneusement une première gorgée du liquide encore brûlant, parfumée de menthe. Pendant quelques secondes, seul le silence et le clapotis de l’eau règnent dans la pièce alors qu’il examine le mercenaire. Grand, massif, taillé par le maniement d’armes lourdes et pour la ligne de front, il ne s’en tient pas moins droit face à lui. Malgré le hâle qui teinte son visage, ses cheveux et  sa peau ont la carnation claire des gens du nord, habitués à un soleil bien plus avare que celui d’Agni. Mais le plus intriguant demeure son visage. Étroit et anguleux, tout entier défini par la ligne aquiline du nez, la minceur sinueuse de la bouche ou le regard perçant de ses yeux pâles, il évoque la lame courbe d’un sabre au Seigneur des Chevaux. Une association étrange avec son physique d’enclume, mais ce n’est pas à sa couverture que l’on doit juger le livre. Le Prince Marchand se met donc en devoir d’en feuilleter les premières pages…

« Sans vouloir vous offenser, je suis surpris que le vent porte l’écume aussi loin. Le travail ne doit pourtant pas manquer dans votre contrée, pour des mercenaires au renom grandissant… Qu’est-ce qui vous a poussé à répondre à mon offre ? »
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Aap
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Asmolphégé

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le Jeu 26 Avr - 14:38
Le mercenaire avait été guidé dans une pièce rectangulaire, au milieu de laquelle loge une sorte de fontaine, prodiguant un bruit et une humidité bienvenue en ses terres brûlées par le soleil. Laisser seul quelques instant, le blond en profite pour faire une toilette sommaire avec la bassine désignée par les serviteurs. Aurait-il été chez lui qu'il se serait mis le torse nu pour pouvoir être plus à l'aise, mais, devant un futur employeur, il n'y songeait même pas une seconde. L'homme qui pénètre alors dans la pièce ne pourrait pas être plus différent de lui, la carnation sombre, les cheveux noirs, couvert de bijoux. Sans aucun doute une personne influente de ce territoire. Mais il semblait amical... Peut être quelqu'un du peuple qui s'était élevé par le mérite à ce poste-ci ? Au signe courtois de la main que fait son hôte, Asmolphégé fait réponse par une inclinaison légère et martiale du buste.

-Je vous en remercie noble seigneur, mais je ne suis le sire de personne, vous pouvez me nommer simplement Asmolphégé, je vous en serais d’ailleurs gré. Je suis un des capitaine de la Compagnie de mercenaires de l'Écume argentée. Quand au voyage, cela serait mentir que de dire qu'il a été agréable, mais nous n'avons eu à souffrir que de la chaleur et en cela nous en sommes plutôt ravis.

Asmolphégé emboîta le pas à l'homme et observa sa manière de s'asseoir avant d'essayer de la reproduire, mais sans grand succès, adoptant une poste plutôt ridicule dans un premier temps il finit par s'agenouiller tout simplement, dans une position qu'il sait pouvoir tenir plus longtemps et qu'il sait aussi plus réactive en cas de soucis. On ne sait jamais, après tout, ils commencent à avoir des rivaux, dans la compagnie. Ishüen, puisque tel semble être son nom semble l'observer tout en buvant un liquide chaud qui a été servis par un des personnels encore présent dans la pièce... Boire chaud, par cette chaleur ? Mais quelle idée... M'enfin, à Agni, fait comme les Agnien... C'était comme ça qu'on les nommaits non ? Il n'en avait pas vraiment cure... Mais il était quand même rassuré, il ne semblait pas y avoir de poison, sinon son hôte n'aurait pas bu comme cela devant lui. Il tendit la main pour attraper le petit récipient, veillant à ne pas en renverser une goutte et le porta à ses lèvres, avant d'en boire une petite gorgée. Diantre ! Que c'était chaud. Et le goût... qu'est-ce donc que cette boisson ? Il ne peut retenir une grimace en reposant le récipient sur la petite table. Non, il n'en boirait pas plus. Hors de question. La grimace se transforma pourtant en sourire alors que le Seigneur des chevaux s'étonnait de trouver une compagnie venu d'une aussi lointaine contrée ici.

-Hé bien, la raison est très simple. Nous avons besoin d'encore plus de renom. Et si nous pouvons en obtenir en dehors de Aap, c'est toujours quelque chose de bon à prendre. D'autant plus que si nos informations sont exactes, vous possédez des chevaux n'est-ce pas ? C'est un domaine qui nous intéresse aussi énormément, car nous n'utilisons presque exclusivement que de la cavalerie pour nos missions.
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Ishüen

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le Ven 27 Avr - 9:29
 
Là où le vent porte l'écume


Ishüen dissimule savamment le petit sourire qui s’élargit sur ses lèvres en voyant son hôte tordre le bec et reposer dignement son verre sur le plateau métallique de la table. Certains prendraient cela pour un affront. Lui a mieux à faire. Et puis lorsque l’on n’est pas né à Agni, on ignore plus facilement qu’une boisson chaude désaltère mieux que le froid. Ou l’on a tout simplement moins d’inclinaison naturelle pour le thé brûlant. D’un claquement de doigt, il fait signe au serviteur d’apporter un pichet d’eau fraîche et une coupe ciselée, tout en inclinant la tête aux raisons qui ont poussé les aapiens jusqu’à ses portes.

« Ma foi, je ne peux qu’approuver. Tout commerce doit passer un jour ses frontières d’origine s’il veut devenir florissant. Je ne vous cache pas que j’aurais préféré faire appel à des concitoyens plus habitués aux méandres et aux dangers du désert, mais vous avez étés les premiers à répondre à mon offre et je ne souhaite pas différer les affaires qui me préoccupent. »

Il marque un temps d’arrêt à la mention de la cavalerie de l’Écume et de l’intérêt de son capitaine pour son domaine d’activité. Cette fois, il ne peut se retenir de rire. Il est vrai que tous dans les contrées voisines ne connaissent pas forcément l’étendue de son influence, mais c’est amusant d’entendre une vérité aussi loin de la réalité.

« Oui. Je possède des chevaux, comme mon titre peut vous l’indiquer. Mais il serait plus exact de dire que je possède les meilleurs chevaux du pays, en plus de la moitié du bétail d’Agni. Les Sabots Dorés et les Crins de Tempête voient le jour dans mes haras. »

Si Asmolphégé est un cavalier émérite, et il doit forcément l’être si sa compagnie y est spécialisée, il aura forcément entendu parler de ces deux races de pur-sang, parmi les plus réputées de Seele pour leurs qualités physiques. Monter l’un des deux, c’est chevaucher le vent. Pouvoir se l’offrir est un signe de richesse et de puissance indéniable. Voilà qui devrait suffire à asseoir son autorité sur la question, du moins Ishüen n’en doute pas en reposant son verre pour aborder les détails du futur contrat :

« Parlons affaire : étant pour le moment contraint d’affecter ma garde personnelle à d’autres usages, j’ai besoin de renforcer mon escorte pour rejoindre Ébène, ce qui représente à peu près quatre jours de marche dans le désert et deux de plus une fois que nous aurons passés la Porte. J’ai l’intention de partir au plus vite, vraisemblablement demain ou au plus tard après-demain. Je voyagerai seul avec une petite suite. Si loin des Dents du Lion, nous ne devrions pas avoir de problème de banditisme mais mieux vaut ne pas se fier à la courtoisie des brigands. Du reste, je suis disposé à payer un bon prix si vous me donnez satisfaction. Estimez-vous que cela puisse être le cas ? »
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Asmolphégé

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le Mer 23 Mai - 12:42
Le mercenaire fut surpris de la réaction de l'homme, il ne sembla pas s'émouvoir plus que ça de sa réaction, qu'il avait pourtant essayé de cacher sa surprise devant ce breuvage étrange. Cela faisait montre soit d'un esprit pragmatique, soit de quelqu'un de tolérant, qui était pourtant assez rare dans les hautes sphères des fonctions comme celle qu'il occupait. Le blond cendré accepta le verre du serviteur en inclinant légèrement la tête, un peu cul pincé devant l'utilisation aussi visible d'esclave, mais a Agni fait comme les Agniens. Et il reporta finalement son regard sur le commanditaire de l'expédition qu'ils allaient escortée. Buvant son eau fraiche le mercenaire écouta presque religieusement les informations que divulguait l'homme du désert en face de lui. Puis il finit par rire, faisant se questionner le mercenaire sur ce qu'il avait dit, mais il obtient bien vite la réponse et ses yeux s'allumèrent d'un nouvel éclat. Es noms qu'ils venaient de citer étaient des chevaux quasiment légendaire pour tout cavalier qui se méritait, leurs lignage, leurs courbes, leurs capacités et leurs performances, les Sabots Dorés et les Crins de Tempête... Ouais. Il faudrait que Mina prenne contact avec lui et qu'ils obtiennent des chevaux. Cela pourrait donner un sacré coup de fouet à la carrière de la Compagnie de l'Écume argentée. Surtout s'ils pouvaient avoir des prix au contentement du client. Il faudrait qu'il en parle à ses gars, histoire qu'ils redoublent d'attention et de vigilance. Cette mission devait se passé comme sur des roulettes. Pas le droit à l'erreur, il n'était plus uniquement question de réputation, mais maintenant, il était question de prestige et d’impressionner un potentiel futur fournisseur de chevaux. Il allait devoir faire preuve de toute sa diplomatie pour cela, mais il n'était pas doué dans ce domaine... C'était sa sœur qui gérait tout ça en temps normal. Pourquoi ne l'avait-il pas prise avec lui ?

Il écouta la suite, la tête légèrement penchée sur le côté. Et son sourire s'élargit. Bien entendu qu'il offrirait satisfaction à son client.

-Bien sur, même s'il faut traquer chaque brigand un par un ! Nous ferons de notre mieux pour vous offrir un voyage sans trop de remous, bien qu'hélas, nous ne pouvons pas prévoir si des brigands décident de s'en prendre à nous. Avez vous aussi des ennemis qui pourraient s'en prendre à vous d'une manière détournée ? Contre les lames et les flèches nous pouvons faire quelque chose, mais si la menace vient de l'intérieur...

Il haussa les épaules, l'air fataliste.

-Nous ferons de notre mieux. Nous vous en faisons la promesse.

Il laissa passer un petit silence puis...

-Excusez moi de vous en faire la demande, mais, avez vous des chevaux ici ? Sabots Dorés ou Crins de Tempête ? J'aimerais en montrer à mes gars...

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Ishüen

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le Sam 26 Mai - 8:54
 
Là où le vent porte l'écume


Ishüen sourit en retour à Asmolphégé en entendant son enthousiasme. Bien sûr, il espère qu’il ne sera pas nécessaire de gaspiller du temps et de la main d’œuvre à une telle chasse mais il est toujours satisfaisant de savoir qu’une telle éventualité ne fait pas peur à celui qu’il s’apprête à employer. Finissant son verre de thé, il se redresse souplement en prenant appui sur ses cuisses, signifiant bientôt la fin de l’entretien.

«Vous me dites là ce que j’aime entendre. Et je peux au moins vous rassurer sur ce point : ceux qui pourraient souhaiter ma perte useraient d’armes que vous ne pourrez de toute façon pas dévier, et certainement pas durant le laps de temps où vous serez sous contrat. Pour le reste, je ne doute pas que vous aurez à cœur de tenir votre promesse. Hélas, en ce qui concerne mes chevaux, je me vois contraint de vous refuser l’accès à mes haras. Ce n’est pas de gaité de cœur, mais j’ai subi une tentative de vol qui a bien failli me coûter très cher au début de la saison. Je préfère faire preuve de prudence depuis. »

Préférant ne pas repenser à ce jour qui, sans la présence providentielle de la gardienne de l’eau en ses murs, aurait été plus que funeste, il invite d’une main le mercenaire à le suivre hors de la pièce tout en commençant à discuter du prix de la mission. Bientôt, les deux hommes se séparent et Ishüen confie Asmolphégé aux bons soins de Farouq, le chef de sa garde personnelle, afin qu’ils mettent au point les détails tels que l’itinéraire, la formation, l’eau, les vivres et le commandement. Après quoi, les mercenaires sont invités à se reposer dans le caravansérail où chambres et écuries sont mises à leur disposition. Les cuisines leur servent le même repas qu’aux serviteurs de la maisonnée, avec lesquels ils sont conviés à manger de façon tout à naturelle, dans l’hospitalité agnienne. La journée se termine dans les chants et la musique, comme toujours lorsque des invités sont présents, et dans l’effervescence du départ imminent…

~~~

« Père ? »
« Qu’y a-t-il, Tylim ? »
« Pourquoi ne pouvons-nous pas venir avec vous en Akasha ? »
« Nous en avons déjà parlé. Il est encore trop dangereux pour vous quatre de faire un tel voyage. »
« Mais nous sommes déjà allés tous ensemble à Rubis avec vous, et même jusqu’à la Porte une fois, quand Azhan était bébé. »
« Tu te souviens de cela ? »
« Oui ! Vous nous aviez montré le grand marché et aviez dit qu’Akasha se trouvait à moins d’une heure de cheval. Qu’est-ce que cela changerait d’aller un peu plus loin ? »
« Plus de choses que tu ne peux le croire. La Porte se trouve encore en Agni. Votre mère et moi sommes plus tranquilles en vous sachant dans une contrée sûre. »
« Pourtant, des brigands ont mis le feu à nos écuries. »
« C’est vrai. C’est arrivé une fois depuis que tu es née. »
« Père, s’il vous plait… Mère me manque. Je ne veux pas que vous partiez vous aussi, je m’ennuie quand vous n’êtes pas là. Je vous promets que je- que nous serons tous très sages ! Laissez-nous venir en Akasha avec vous. »
« Tylim… Je ne me réjouis pas à l’idée de vous laisser, mais essaie de comprendre. Akasha n’est pas encore un endroit sûr, surtout pour des agniens comme nous. J’ai cru vous perdre au début de la saison, Shani et toi. C’est bien assez d’une fois pour toute ma vie. »
« Mais si vous êtes loin, qui pourra s’assurer que nous sommes en sécurité ? »
« Chaque serviteur de cette maison donnerait sa vie pour vous et tu le sais. »
« Oui, mais c’est vous qui êtes venu nous chercher dans l’écurie. »
« … »
« S’il vous plait… »
« *soupir* Tu me fais vieillir, mon petit diable du désert… »
« Merci ! Merci !!! Vous êtes le meilleur père du pays ! »
« Les dieux t’entendent, ma chérie… »


~~~

Après une courte nuit, le soleil s’élève pesamment au-dessus de la ligne d’horizon, de nouveau prêt à régner sans partage dans le ciel. Dans la demeure du Seigneur des Chevaux, les préparatifs touchent à leurs fins. Les bêtes sont sellées, les coffres bouclés, les serviteurs et les esclaves choisis pour accompagner le maître de maison parés à endurer sans se plaindre la longue marche qui les attend dans le désert. Pourtant, malgré l’efficacité et la discipline qui dominent dans l’agitation foisonnante de la cour, un œil avisé ne manquera pas de remarquer la litière tendue de rideaux de soie qui patiente elle aussi non loin, à proximité de deux ânes gris et de quatre enfants surexcités qui observent avec la plus grande curiosité les aapiens et leurs drôles de vêtements. Sitôt qu’il est prêt, Ishüen ne manque pas de venir éclairer le capitaine des mercenaires, peu de temps avant le départ. Vêtu d’une tenue de voyage à base de coton et de cuir et d’un turban blanc à l’aigrette dorée, il salue brièvement Asmolphégé avant de lui désigner sa progéniture.

« Il y a eu un léger changement de programme. Mes quatre enfants m’accompagnent désormais et trois d’entre eux sont trop jeunes pour pouvoir monter longtemps à cheval. La litière risque de rallonger notre voyage d’environ deux jours, peut-être trois si le temps est contre nous, mais mon prix suivra en conséquence. »

Le ton est calme et assuré, comme si cela n’était jamais qu’un contretemps négligeable sans réelle incidence sur le déroulement du trajet. Il faut remarquer l’imperceptible pli soucieux lui barrant le front pour deviner qu’il n’en est rien à ses yeux.

« En ce qui concerne votre mission elle-même, il va de soi que votre priorité absolue est de veiller à leur sécurité avant toute autre… »

Peu de temps après, le signal du départ est donné. Le Seigneur des Chevaux, monté sur Tanâsim, son Crin de Tempête blanc, prend place devant la litière, une Shensheïla aux anges juchée devant lui. Tylim, fière comme jamais, trottine à ses côtés sur son petit hongre gris pommelé. Ses plus jeunes enfants restent dans la litière, à l’abri du soleil. La petite colonne s’ébranle lentement et quitte bientôt la cour, puis la ville, pour pénétrer dans les sables du désert. Devant eux, le nord s’étend comme un piège doré.
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