Akasha
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Samir

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le Sam 12 Mai - 20:58
jour de marchéTrouver la chance au bazar
Il fait un temps magnifique sur la cité d’Ebène, et malgré le soleil écrasant qui a brillé toute la matinée, la place du marché est remplie de monde. Je me fraie un passage au milieu de la foule, de stands en étals, d’étals en boutiques. Aujourd’hui j’ai laissé tomber mon habituelle livrée de garde, je ne suis pas en service. Je dois bien avouer que j’en suis bien soulagé, car la chaleur qui règne dans la ville me rappelle mon village natal aux portes du désert d’Agni. Je suis content de ne pas en avoir perdu l’habitude car je vois beaucoup de gens assomés par la chaleur sous les arcades et dans les tavernes. Je remercie aussi mes ancêtres d’avoir emprunté les traditionnels turbans d’Agni pour leur garde-robe, le mien me protégeant agréablement des rayons brûlants.

Cependant, je ne suis pas ici uniquement pour profiter d’un magnifique après-midi ensoleillé en faisant le lézard. Aussi agréable que ce soit, il se trouve que j’ai une mission, et de la plus haute importance : l’anniversaire d’Aaisha approche à grand pas. Si je ne suis pas encore sûr de pouvoir lui rendre visite en personne, pour rien au monde je ne raterais l’occasion de lui faire passer un cadeau, que je m’évertue chaque année à rendre plus beau que l’année précédente. C’est un défi plus difficile à remporter à chaque fois mais j’ai confiance : jamais le célèbre marché de la cité d’Ebène ne m’a laissé tomber.

Je passe et repasse à travers les allées, émerveillé comme à chaque fois devant les centaines d’objets de toute forme et de toute fonction, multicolores qui occupent les devantures. J’ai fait une fois le tour, à peu près complet, du marché pour tenter de trouver une inspiration. Jusque là ça n’a pas été très concluant : il y a tellement de choses qui lui plairaient plus que certainement que j’ai l’embarras du choix. Je pourrais aisément repartir avec l’entièreté des marchandises ou presque, mais rien ne m’a sauté aux yeux comme étant le présent parfait pour cette année.

Dans le doute, et pour me laisser un moment de réflexion, j’achète un gâteau de miel et de semoule à un pâtissier venu tout droit de la cité de Rubis, et m’installe sur la margelle d’une fontaine pour le déguster tout en profitant de la fraîcheur bienvenue des jets d’eau. Je laisse divaguer mes pensées en observant les allées et venues des badauds autour de moi. Une jeune femme est absorbée dans la contemplation d’une série de cartes du continent enluminées, une mère soulève son fils pour lui permettre de mieux voir les poupées exposées sur un stand. Trois garçons d’une dizaine d’année s’extasient devant une collections de roches polies soigneusement rangées dans des cadres de bois.
Je me perds dans le flot de ces personnes, incapable de mesurer le temps passé.
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Vaata
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Mila

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le Mar 15 Mai - 17:56

Jour de marché

Akasha. Enfin, elle avait pu s’y rendre. Après des mois de harcèlement, d’argumentation et de pitoyables tentatives de corruption, le Grand Prêtre avait enfin donné son accord. Mila n’était pas dupe. Il ne faisait aucun doute qu’il l’avait autorisé à franchir la frontière afin d’avoir la paix et peut-être espérait-il qu’elle tomberait entre les mains d’on-ne-savait-quelle-force-obscure et qu’il aurait alors plusieurs mois de tranquillité devant lui avant de possiblement devoir s’inquiéter du sort de sa prêtresse. Bah, la belle affaire. Mila se moquait pas mal de la politique et des conflits. Qui gouvernait, qui tuait qui, qui achetait qui, tout cela n’avait pas la moindre importance aux yeux de la jeune femme. Elle aimait sa Souveraine et son Gardien. Le reste de la caste dirigeante ne l’intéressait pas, encore moins dans cette Contrée oú le Souverain avait longtemps été considéré comme Dieu. Une honte. Mais, malgré cette hérésie, elle aimait cette Contrée. Si pleine de couleurs, si riche et si diversifiée. Et pourtant on lui avait assuré que ce n’était rien comparé à ce qu’elle avait été dans le passé. Mais la jeune femme n’avait toujours demeuré qu’à la Capitale lors de ses voyages. Le reste de la Contrée était donc un mystère pour elle.

Elle déambulait sur la Place du Marché, émerveillée. La dernière fois qu’elle était venue, il y avait de cela quelques années, les stands étaient moins fournis, plus épars, les mines plus lugubres. Aujourd’hui, il semblait qu’une plus grande diversité s’offrait à ses yeux. Elle découvrait des produits venant des quatre coins du Royaume, de nombreuses et alléchantes saveurs accompagnant ses pas tandis qu’elle se promenait, se frayant un chemin parmi la foule, sa petite taille lui permettant de se faufiler au premier rang dès qu’il semblait y avoir un semblant d’animation. Elle assistait à des échanges, à des disputes, à du marchandage et elle aimait cette vie qui animait la grande place, cette vibration d’énergie qui semblait résonner en elle.

Alors qu’elle marchait, un étal attira son regard. Elle s’approcha et caressa doucement, respectueusement, un tissu dont la douceur l’émerveillait. Les couleurs étaient chatoyantes, la matière légère et un instant, elle se demanda quelle allure elle aurait, parée d’un tel tissu, lors de ses hommages au Dieu de l’Air.

“Hé là, on ne touche pas à moins d’acheter !”

Retirant sa main, Mila releva le regard et rencontra l’expression réprobatrice du marchand. Elle haussa les épaules et lui sourit.

“- Désolée, c’était tentant ! Je n’ai jamais vu un tissu pareil…
- C’est de la soie. La plus belle soie d’Agni que vous puissiez trouver dans tout le Royaume !
- Rien que ça… De la soie donc. Vous en avez de toutes les couleurs ! Combien est-ce que vous la vendez ?
- Dix pièces d’or le rouleau.”

Mila marqua un temps d’arrêt et fixa le marchand, tentant de savoir s’il plaisantait ou s’il était sérieux. Puis, baissant le regard, elle regarda les nombreux rouleaux face à elle et un vertige la saisit lorsqu’elle tenta de compter à combien s’élevait la totalité du stock du marchand d’Agni. A nouveau, elle le regarda et tenta vaillamment de sourire.

“ - Vous avez le sens de l’humour dans le sud. Dix pièces d’or… mais vous avez des gens qui viennent acheter votre soie pour ce prix-là ?
- Bien entendu… Que croyez-vous ? Ma clientèle est composée des plus riches habitants de Seele. Je ne vends pas ma marchandise à n’importe qui. Et je doute que vous ayez les moyens de m’acheter quoi que ce soit…”


Un sourire moqueur vint s’afficher sur le visage arrogant du marchand et son regard glissa sur Mila, détaillant sa tenue. La jeune femme se sentit rougir de colère et ses mains vinrent automatiquement lisser le tissu immaculé de sa longue tunique. Le marchand hocha la tête, satisfait.

“C’est bien ce qu’il me semblait… Maintenant déguerpissez, j’ai mieux à faire que de perdre mon temps avec vous.”

Humiliée, la jeune femme ne trouva rien à redire sur le moment. Plus rouge que jamais, le teint de sa peau jurant étrangement avec ses cheveux, elle se détourna et s’éloigna quelque peu de la foule, trouvant refuge sur le bord d’une fontaine où elle s’assit. Bras croisés sur sa poitrine, le regard mauvais, la prêtresse regardait le marchand se pavaner avec sa soie. Bien entendu qu’elle avait les moyens. Elle était issue d’une des plus vieilles et plus riches familles de Vaata. Mais là n’était pas la question. Les manières de l’individu laissaient grandement à désirer et pendant un instant, elle regrettait de ne pas pouvoir contrôler le feu comme les dirigeants d’Agni. Cela aurait été tellement dommage que son précieux tissu s’enflamme...

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Akasha
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Samir

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le Mer 23 Mai - 18:18
jour de marchéTrouver la chance au bazar
Machinalement, mon regard s’attarde sur l’interaction entre un vendeur de soie d’Agni et une jeune femme qui visiblement n’avait pas conscience du prix de telles marchandises. La réaction de l’homme est particulièrement désagréable, mais son étal commence à me donner des idées. Je connais un bon tailleur à quelques rues d’ici. J’ai entendu dire qu’il était à l’origine des toilettes de nombre de nobles dames de la cité, mais qu’il restait parfaitement abordable. Il était assez rare qu’un artiste de sa renommée continue à s’occuper des demandes du peuple, mais c’était sa réputation. Si j’achète un tissu d’excellente qualité comme celui-ci, il pourra certainement en faire quelque chose de magnifique. Si j’ai de la chance la tenue pourra même être terminée pour la Fête du lac, ce qui me permettrait de la lui offrir en mains propres. Oui, ce serait une excellente idée si elle n’impliquait pas de faire affaire avec un personnage aussi désagréable que ce marchand de tissu. Si je ne trouve rien de mieux d’ici la fin de l’après-midi, je la mettrais en application.

Perdu dans cette réflexion, je perds le fil de la dispute mais j’en ai saisi le sujet principal, qui n’est pas difficile à deviner. Ce commerçant est un habitué du marché, si bien que j’ai déjà été témoin de sa propension à jeter de son étal quiconque ne lui semble pas assez riche pour pouvoir s’offrir ses étoffes. À mon avis cette stratégie lui permet simplement d’éloigner de potentiels acheteurs, mais après tout il ne m’a pas demandé mon avis. La jeune femme réapparaît à côté de moi, attirée elle aussi par la fraîcheur de la fontaine j’imagine. Sa peau pâle a viré au rouge pivoine et elle fixe d’un air mauvais le négociant qui l’a éconduite, assez brutalement si j’en juge par mon expérience.
Avec une mine compatissante, je m’adresse à elle doucement, sans m’approcher pour ne pas l’inquiéter.

Ne le prenez pas pour vous, il est désagréable avec la plupart des gens. Il se croit tout permis parce que sa soie est la plus belle du marché. Cela finira forcément par lui jouer des tours.

C’est ce qui me fait hésiter à lui acheter quoi que ce soit. Outre le prix exorbitant qu’il demande, son attitude supérieure m’exaspère. Le mieux serait qu’il ait une concurrence sérieuse qui s’installe, mais pour le moment cela ne semble pas être le cas. Si je ne voulais pas uniquement le meilleur pour Aaisha, je serais allé voir ailleurs directement. Je souris à ma voisine comme pour m’excuser de l’avoir accostée ainsi sans raison.
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Mila

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le Lun 4 Juin - 20:05

Jour de marché

Assise, le regard fixé sur les gestes amples et exagérés du marchand dont le sourire sonnait aussi faux que son attitude affable, Mila compta mentalement le nombre de pièces qu’elle avait avec elle. Peu, elle en avait peu. Elle ne se promenait pas avec des sommes importantes sur elle et de plus, l’argent ne lui servait à rien si ce n’était à se rendre sur le marché d’Azura quand soit le temple soit l’hôpital manquaient de provisions. Elle connaissait tout le monde sur ce marché et l’ambiance était agréable. Ici, c’était immense, elle ne connaissait personne et elle était étrangère bien qu’elle résidait proche de la frontière. Elle aurait aimé pouvoir faire disparaître cette attitude hautaine mais elle n’avait aucun moyen de lui enlever son sourire goguenard.

Soupirant, elle décida de chasser cette pensée et de se focaliser sur son véritable but ; profiter des lieux. Elle refusait qu’une seule personne lui gâche sa journée, plus belle soie d’Agni ou pas. Que ferait-elle de cette soie de toute façon ? Elle espérait simplement que cette attitude n’était pas propre à la majorité des commerçants ici et qu’il s’agissait d’un cas unique. Sinon, elle sentait que son intérêt pour Akasha et son marché en prendrait un sacré coup.

Toute perdue dans ses pensées, Mila n’avait pas remarqué qu’elle n’était pas seule à avoir choisi la fontaine comme refuge. Elle sursauta presque en entendant une voix masculine près d’elle et elle tourna la tête vers sa source, se retrouvant face à un homme qui lui souriait. C’était donc bien à elle qu’il s’adressait. Mila lui rendit son sourire, quelque peu gênée de savoir qu’on l’avait vu se faire humilier par le marchand. Rien dans l’attitude de son interlocuteur ne laissait présager de la moquerie cependant et elle lui fut reconnaissante de prendre son parti même s’ils ne s’étaient jamais rencontrés.

“Je ne pensais vraiment pas qu’un tissu pouvait être aussi cher… D’accord c’est beau et agréable au toucher mais tout de même… Ca m’apprendra à être ignorante du cours de la soie !”

Le naturel revenant au triple galop, le moral de Mila commençait déjà à remonter. Son ton, espiègle, indiquait qu’elle commençait déjà à oublier l’offense. Il fallait dire que les propos de l’individu y étaient pour beaucoup. Il était toujours réconfortant de savoir que l’on était pas en faute et que ce genre d’attitude n’était pas réservé uniquement à sa propre personne. Elle reporta un regard curieux sur son voisin et prit quelques secondes pour l’observer. D’après sa tenue, son turban et son teint foncé, Mila aurait pu penser qu’il venait de la contrée du feu. Mais il semblait être un habitué des lieux, connaissant le marchand, apparemment célèbre pour son sale caractère.

“Je ne suis pas venue depuis plusieurs années au marché. A vrai dire je n’habite même pas à Akasha. Vous, en revanche, vous semblez connaître l’endroit, à moins que ce marchand soit juste connu dans tout Seele pour sa soie et son sale caractère ?”

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Samir

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le Mar 12 Juin - 20:06
jour de marchéTrouver la chance au bazar
Je souris d’un air d’excuse à la jeune femme, que je n’ai pas voulu surprendre mais qui a discrètement sursauté quand j’ai parlé. Elle n’a cependant pas l’air d’en prendre ombrage, heureusement. Le ciel est bleu, la température clémente, la journée est belle et je n’aurais pas voulu l’entacher en fâchant quelqu’un par maladresse. Bien au contraire, son air malicieux indique un tempérament plutôt amène. Me prenant un peu à son jeu, je secoue la tête en soupirant, répondant toujours au second degré.

Hélas, c’est une erreur que font beaucoup trop d'entre nous !

L’espace d’un instant nous nous regardons en silence. Je la vois détailler ma peau et mes vêtements, qui gardent toujours l’inspiration de mon village natal, lui-même grandement influencé par la culture d’Agni, bien qu’il fasse officiellement partie d’Akasha. Je lui rends la pareille. Je ne connais pas forcément la mode des autres contrées mais ce que je peux dire avec certitude, c’est que cette inconnue n’est pas d’ici. La longue tunique qu’elle porte, sans être exotique, n’évoque pas les tenues habituelles akashanes. Elle confirme d’ailleurs rapidement ma première impression.

Ahah, je ne serais pas surpris de découvrir qu’il est connu par monts et par vaux autant pour la bonne qualité de sa soie que pour celle déplorable de son service, mais je ne dirais pas cela. Vous avez en partie raison : je connais bien les lieux. Je n’y viens pas si souvent en tant qu’acheteur, mais j’ai longtemps travaillé autour du marché et c’est le meilleur moyen pour en connaître les dessous.
Je lui tends la main pour la lui serrer, puisque je ne l’ai pas saluée en bonne et due forme avant de l’accoster.
Je ne me suis pas présenté. Samir, enchanté.

Je me rappelle soudain du gâteau que je tiens encore dans mon autre main, auquel j’ai à peine touché depuis que je l’ai acheté, perdu que j’étais dans mes pensées. Le miel qui l’enrobe menace dangereusement de couler sur mes doigts et de coller partout. De toute évidence je n’arriverai pas à le manger avant que se produise une catastrophe. Je le brise rapidement en deux parts grossièrement équivalentes, et en tend une à la jeune femme. Partager de la nourriture fait partie des traditions d’hospitalité ancestrales, et même si elles ne sont plus forcément respectées dans leurs formes archaïques, cela m’a toujours semblé un bon moyen pour lier une conversation. Et puis cela m’évitera probablement de tacher mes vêtements.

Un morceau de gâteau ? Il est délicieux.
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Mila

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le Jeu 21 Juin - 16:05

Jour de marché

Un petit rire s’échappa d’entre ses lèvres tandis que Mila écoutait son voisin répondre avec le même degré d’humour. Déjà elle avait oublié l’humiliation subie et ravie, elle serra la main que lui présentait le dénommé Samir, intriguée par cette forme de présentation dont elle n’avait pas l’usage au temple. Elle lui sourit à nouveau et inclina légèrement la tête tandis qu’à son tour, elle sortait de l’anonymat.

“Et je m’appelle Mila. Ravie de vous rencontrer !”

Elle l’était. Son interlocuteur était plaisant, aimable et était rentré dans son jeu avec une aisance toute naturelle. Sans même le vouloir, il en avait appris plus à Mila sur le marché que quiconque ces dernières années. Satisfaite de savoir que le marchand de soie était aussi désagréable avec tout le monde, elle l’était cependant moins à l’idée qu’il puisse y avoir d’autres énergumènes du même genre. Une seule rencontre désagréable lui avait suffit pour la journée.

Elle réfléchissait aux stands qu’elle avait envie de découvrir tout en s’assurant que leurs détenteurs ne la renverrait pas sur le rebord de sa fontaine lorsque Samir la surprit à nouveau en lui offrant la moitié du gâteau qu’il tenait entre les mains et qui semblait sur le point de perdre tout son enrobage. Elle accepta bien volontiers le présent et n’attendit pas pour mordre dedans, gourmande invétérée qu’elle était. Elle hocha la tête en signe d’assentiment en reconnaissant l’enrobage sucré et doux contre sa langue et son palais. Du miel.

“C’est délicieux ! Notre spécialité à nous ce sont les tartes aux fruits. J’aime bien en confectionner les jours de cérémonie. Je crois que la prochaine fois je proposerais quelque chose de semblable à ce gâteau aux gens qui s’arrêteront au temple.”

Elle parlait plus pour elle-même que pour Samir tandis qu’elle réfléchissait à ce qu’elle pourrait bien rapporter comme ingrédients qu’elle ne trouvait pas forcément à Vaata et qui pourraient plaire aux fidèles et surtout aux patients de l’hôpital. Une fois sa faim gourmande apaisée, elle sauta sur ses pieds et se tourna vers Samir avant de lui tendre une main.

“Vous connaissez bien les lieux alors je risque de devoir encore abuser de votre temps. Je cherche des produits assez basiques mais de bonne qualité comme des tissus, des linges mais aussi des herbes pouvant servir à fabriquer des onguents ou des aliments nourrissant dont la durée de vie n’est pas de trois jours. Est-ce que vous accepteriez de me servir de guide Samir ? Sinon je crois que je n’aurais pas fini avant la saison prochaine !”

Elle lui sourit, espérant qu’il accepterait. Elle n’avait pas grand chose d’autre que sa gratitude à lui offrir en échange mais elle appréciait sa compagnie. Elle ne connaissait personne ici et le marché était immense. Seule, elle se perdrait sûrement, sans compter les autres mauvaises rencontres qu’elle pourrait faire. Ainsi, ils pourraient continuer à faire connaissance tout en vaquant à leurs emplettes.

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Samir

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le Sam 7 Juil - 12:51
jour de marchéTrouver la chance au bazar
Je suis ravi que Mila trouve à son goût une spécialité qui me rappelle tant ma région natale. Sans être d’un chauvinisme enragé, j’aime pouvoir dire autour de moi que même un coin aussi perdu peut être producteur de belles choses. Et ce gâteau peut clairement être considéré comme tel. La moitié que j’ai conservé ne fait pas long feu : il est effectivement excellent et menace à tout moment de se déliter entre mes doigts, ce qui constitue deux très bons arguments pour le manger rapidement. Je ne peux cependant que m’interroger :

Au temple ? Seriez-vous une prêtresse ?

La religion n’a jamais vraiment été mon point fort, j’ai toujours préféré m’occuper de la vie sur le monde matériel, laissant d’autres gérer la spiritualité. Je ne me rends donc pas compte s’il est normal ou non de trouver une prêtresse seule, loin de son temple, sur un marché en train de s’interroger sur le cours de la soie à Agni. Peut-être suis-je en train d’assister à une scène rare et cocasse, finalement, bien que tout m’ait paru plutôt normal jusque là.

J’accepte sa main pour me relever souplement tout en écoutant sa proposition. Je m’incline poliment en répondant.

Bien volontiers, si je peux vous être utile.
Après tout j’étais initialement venu pour faire le marché, et même si je me suis interrompu en cours de route, il me reste encore à trouver ce que je cherche. Ce n’est pas en restant assis à rêvasser sur la margelle de la fontaine que j’atteindrai mon but de la journée, soyons réaliste.
D’ailleurs je suis moi-même à la recherche de quelque chose. Je dois trouver un présent pour ma soeur, mais je n’arrive pas à arrêter mon choix sur un objet en particulier, peut-être pourrez-vous m’épauler.

Je passe rapidement en revue ce que souhaite la demoiselle. Pour ce qui est des tissus simples, elle n’a effectivement pas frappé à la bonne porte avec le vendeur de soie, qui se spécialise clairement dans les produits de luxe. Je pense connaître le tisserand qui l’intéressera le plus, mais il se trouve à l’autre bout du marché, assez loin d’ici. Entre lui et nous se trouvent plusieurs herboristes, desquels je ne connais pas vraiment la marchandise. Celle que je connais le mieux, la vieille Hilda, est un peu à l’écart des autres mais je sais que l’infirmerie de la caserne se fournit chez elle, malgré sa boutique qui ne paie pas de mine, ce que je considère comme un gage de qualité.
Pour la nourriture, aucune idée ne me vient spontanément, je ne sais pas trop ce qu’elle cherche, mais peut-être pourrons-nous trouver quelque chose à son goût.
Je lui fais part de ces quelques éléments.

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