Gardien
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Le Gardien

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le Mar 15 Mai - 17:32
La Fête du Lac
L'homme s'avançait sur le chemin de terre, bâton en main, baluchon sur le dos. Le visage caché par un capuchon, son corps dissimulé par une longue cape sombre, il détonnait dans ce paysage coloré. Les champs d'Akasha s'étendaient devant lui,  les moulins accompagnaient son voyage tandis qu'au loin il pouvait apercevoir l'imposante colline surplombant le lac. Enfin, son voyage s'achevait. Un sourire éclaira son visage dissimulé et il pressa le pas, le soleil dardant ses chauds rayons sur sa route. La journée était radieuse. La matinée arrivait à terme et les préparatifs devaient à présent être presque finis. Il lui tardait d'apercevoir le joyau d'Akasha.

Bientôt, son chemin devint moins solitaire tandis que des badauds le rejoignaient sur la route. Paysans, villageois, marchands, chevaux, calèches. Démunis et aisés. Gens d'ici ou d'ailleurs. En cette journée, qu'importaient les différences. Des personnes aux cheveux clairs, aux peaux foncées, jeunes, âgées, seules ou accompagnées. La diversité était maîtresse tandis que tous se dirigeaient vers une même destination. Les conversations allaient bon train, des exclamations enthousiastes s'élevaient et parfois on pouvait même entendre de la musique et des chants.

Car La Fête du Lac avait été annoncée. Des messagers avaient parcouru le Royaume plusieurs semaines auparavant, annonçant que la célébration prendrait place dans les derniers jours de Liekki. Depuis lors, Akasha avait été en proie aux préparatifs. Des commandes avaient été passées, des négociations avaient été entamées et la cinquième contrée s'était animée d'une effervescence nouvelle, plus que bienvenue. Car la Fête du Lac, seule célébration encore autorisée par le précédent Souverain, avait souffert des privations et de la désertion de beaucoup d'habitants de la contrée. Les inquiétudes avaient surgi au changement de pouvoir. Serait-elle toujours autorisée ? Elle l'avait été. Tradition renouvelée par le Souverain à présent en place, il avait fallu du temps pour que la méfiance se taise et que les craintes concernant la Fête se dissipent.

Enfin, l'homme pouvait apercevoir la surface scintillante du Lac d'Akasha, coeur de Seele, endroit où la cinquième gemme était tombée lors d'une nuit étoilée. Lieu de pèlerinage pour beaucoup, endroit empli de mystère et berceau de légendes pour d'autres, le Lac était sacré pour tous. Le cinquième élément n'avait pas de Dieu, n'avait pas de saison. Mais il avait cette tradition ancestrale, qui remontait aux premiers jours de Seele et qui avait été scrupuleusement respectée par tous les Souverains de la Contrée, sans aucune exception.

Cette après-midi, les festivités iront bon train. Les chants retentiront, la boisson coulera à flot et les mets venant des cinq contrées seront dégustés. Toutes les régions seront représentées, autant par leurs spécialités que par leurs dirigeants. Et ce soir, lorsque la nuit tombera, les lumières s'élèveront dans la nuit, au-dessus du Lac, leur lueur scintillant sur la surface paisible du lac endormi jusqu'à ce qu'elles rejoignent les étoiles. La Fête laissera place à cet instant solennel où les prières seront adressées et où les souhaits seront murmurés aux cieux. Puis, une fois les lumières disparues, la Fête reprendra son cours, jusqu'à ce que les premières lueurs de l'aube viennent annoncer la fin des célébrations.

L'homme se hâtait. Déjà il pouvait apercevoir les nombreuses silhouettes des premiers arrivés. D'immenses chapiteaux s'élevaient sur les rives du Lac, accueillant de longues tables commençant déjà à crouler sous les mets et des estrades destinées à accueillir les diverses animations des cinq contrées avaient été montées. La foule s'éparpillait autour du lac scintillant et tous avaient en main leurs lanternes, destinées à s'envoler lorsque la nuit tomberait.

L'après-midi s'entamait. Bientôt, les premiers divertissements feraient leur apparition. Et l'homme rejoignit la foule, se fondant parmi elle, s'imprégnant de l'atmosphère qui régnait en cette journée. Que les festivités commencent...


Règles
✗ La fête du Lac se déroule lors du 75ème jour de Liekki de l'année 1000.

✗ Ce sujet est ouvert à tous ! N'hésitez pas à venir poster avec votre/vos personnage(s) pour prendre part aux festivités !

✗ Il n'y a pas d'ordre de passage, postez quand vous le désirez !

✗ Merci de ne pas écrire d'énormes pavés de cinq pages afin que le sujet avance et ne traîne pas trop en longueur.

✗ Ce sujet est un sujet commun mais si vous désirez ouvrir des sujets avec certains personnages en particulier à côté, libre à vous ! Nous vous demandons juste d'ajouter la balise [EVENT] devant le titre de votre sujet afin que ce soit plus clair pour tout le monde.

✗ Vous êtes libres de faire ce que vous désirez, si vous souhaitez lancer des festivités ou animations propres à vos contrées, alors amusez-vous ! Le seul événement dirigé par le Gardien dans ce sujet sera le lancer des lanternes, tout le reste est libre et votre imagination est la seule limite ! Les célébrations commencent dès à présent et se termineront au lever du jour in rp.

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Agni
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Ishüen

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le Mer 16 Mai - 9:37
 
La fête du Lac


« Père ! Mère ! Regardez, nous sommes arrivés ! »
« Je veux voir ! Je veux voir ! »
« C’est vrai qu’il y aura des lumières à la fin ? »
« Pousse-toi ! Pousse-toiiiii ! »
« Calme-toi, Azhan. Et ne crie pas sur tes sœurs. »


Prenant son fils sur ses genoux, Ishüen l’aide à atteindre la fenêtre de la calèche, où Tylim et Shensheïla lui font une place, et à s’y pencher pour admirer l’immense lac d’Ebène, scintillant comme un voile de cristal sous le soleil de l’après-midi. Il n’en veut pas à ses enfants d’être surexcités. Ils ont quitté Agni pour la première fois quinze jours plus tôt lors d’un voyage mouvementée, ont retrouvé leur mère après un long mois d’absence, visitent un pays inconnu et vont participer pour la première fois à sa plus grande fête. La distance n’est guère longue depuis la ville, mais le nombre de pèlerins qui se pressent sur les routes rend la progression beaucoup trop lente pour eux. Aussi, personne n’est fâché d’arriver enfin à proximité des berges, chamarrées de tentes colorées et du brouhaha joyeux de la foule. L’atmosphère de liesse est d’autant plus grande que l’incertitude dans laquelle est plongé le pays perdure depuis la prise de pouvoir de Ren mais pour le Seigneur des Chevaux et sa famille, ça n’est pas autre chose que la norme. Vivre à Agni, c’est comme préparer une fête en permanence.

La calèche s’immobilise et les serviteurs ouvrent la porte, réceptionnant les enfants pour les remettre à leurs deux gouvernantes qui se mettent aussitôt en devoir de canaliser leur ébullition. Ishüen a été parfaitement clair avec elle : ne jamais les perdre de vue. Même si les quatre bambins étaient déçus à l’idée de ne pas pouvoir aller et venir à leur guise, leur père a été intraitable. Akasha n’est pas Raasfalim, où il les laisse gambader dans toute la ville sans crainte ou presque. Ce pays ne lui inspire aucune confiance, à présent. S’extirpant de la calèche, il se retourne pour tendre la main à sa femme, l’aidant à descendre avec une fierté perceptible uniquement dans son demi-sourire et dans le regard qu’ils échangent. Leurs retrouvailles n’ont pu se dérouler autrement que sous le spectre de son défunt amant akashan et de nombreux non-dits couvent encore entre eux, comme le tonnerre sous la peau des nuages. Mais il connait son épouse. Il sait qu’il peut se fier à elle. Ce soir, le Seigneur et la Dame des Chevaux sont un tout, un couple solide et uni, un emblème de. Leur présence est d’autant plus signifiante que les relations entre Agni et Akasha sont toujours tendues. Il importe de faire honneur à tout ce qu’ils sont. Inutile de préciser que, pour l’occasion, la pourpre et l’or de sa maison les revêtent de tout leur faste mais toujours avec élégance et retenue. Trop étaler sa richesse, c’est le comble de la vulgarité. Avec délicatesse, Ishüen porte les phalanges de sa femme à ses lèvres, qu’il effleure sans la quitter des yeux.

« Allons, ma Dame. Voyons voir ce que l’on appelle une fête dans ce pays… »

Dit-il avec un brin de malice dans le dialecte d’Agni, rien que pour elle, avant de l’entraîner vers les premières tentes.

Codage par Libella sur Graphiorum


HRP:
J'suis avec ma femme, mais n'hesitez pas hein !
Akasha
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Ren

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le Mer 16 Mai - 18:55
La Fête du Lac

La matinée touchait à sa fin. Le soleil était déjà haut dans le ciel et chauffait les terres d’Akasha de ses doux rayons. La région avait semblé revivre ces dernières semaines et le changement était encore surprenant. Les villages s’étaient éveillés, les rues s’étaient animées et l’effervescence avait redonné vie à la Contrée. Partout, les conversations ne tournaient plus qu’autour de la Fête du Lac. Les habitants avaient longtemps craint que cette célébration ne disparaisse complètement. Du temps de Seren, il ne restait de cette Fête qu’une vaine tentative de regrouper la population, bien trop effrayée pour oser venir prendre part aux festivités. Puis, avec le changement de Souverain, plus rien n’avait été sûr. Allait-elle disparaître ? Accepterait-il de laisser à Akasha le peu de choses qui restait de son ancienne identité ou est-ce que cela aussi disparaîtrait ? La réponse leur était parvenue après les six premiers mois de règne lorsque des missives avaient été envoyées dans tous les villages, placardés aux murs, annonçant la prochaine Fête du Lac. Une Fête qui s’était déroulée dans la méfiance et la crainte du passé mais aussi de l’avenir incertain. Une Fête qui avait montré la volonté de rendre à Akasha sa véritable identité. Un commencement.

Cette année, les craintes s’étaient en partie dissipées. Les habitants d’Akasha osaient à nouveau sortir de chez eux. Leurs terres leurs avaient été rendues et les greniers recommençaient à se remplir des récoltes. La vie reprenait peu à peu dans l’ancienne Contrée des Astres. Tout n’était pas rose, tout n’était pas parfait. L’ombre était toujours là, guettant son heure, sachant le nouvel équilibre encore si fragile qu’il pourrait s’écrouler à tout instant.

Et c’était bien pour cela que, comme l’année précédente, Ren avait longuement hésité à autoriser cette célébration. Le Royaume entier ne lui inspirait toujours que de la méfiance, son fonctionnement le rendait réticent. Les tensions étaient toujours là, bien présentes, qu’elles viennent de l’intérieur de leurs frontières ou de l’extérieur. Carrefour de Seele, Akasha était une proie facile et il ne pouvait jouer la carte de l’hypocrisie, agissant comme si rien de tout cela n’existait et comme si tout était revenu à la normale. Rien ne serait jamais comme avant. Et il doutait que tous acceptent cette idée.

Soupirant, il ajusta la manche de sa longue veste, guettant dans son reflet le moindre signe trahissant ses émotions conflictuelles. Il avait été réticent mais il avait encore une fois acceptée que la Fête du Lac ait lieu. Peu à peu, il commençait à se rendre compte qu’il ne s’occupait plus d’Akasha seulement à cause de la promesse qu’il avait faite à Isil. Peu à peu, il apprenait à aimer la Contrée qui l’avait vu naître et à réellement désirer lui rendre sa prestance d’antan. Le chemin était long et semé d'embûches. Il le savait. Mais aujourd’hui était jour de fête. Aujourd’hui, une trêve était instaurée.

“Vous êtes bien élégant Sire, ainsi paré de vos atours.”

Haussant un sourcil, le Souverain observa la moue amusée de sa soeur dans le reflet du miroir. Se retournant, il lui fit face et écarta légèrement les bras de son corps, se soumettant au jugement de la demoiselle. Il avait troqué ses habituelles tenues sombres et sobres pour quelque chose de plus élégant. Bien entendu, il n’avait pas eu le choix, Auriane lui ayant imposé sans aucune forme de pitié son costume. Si chemise et pantalon ne différait de l’ordinaire que par la qualité du tissu, la veste en revanche relevait du travail d’artiste. Tons anthracites et argentés, aux broderies fines et élégantes dont les teintes bleutés rappelaient le regard de Ren, le vêtement, long et de qualité, semblait épouser à la perfection la silhouette du Souverain. Auriane était habillée des mêmes teintes, rendant honneur à son frère en portant une tenue faite de la même matière, des mêmes tissus. Tous deux restèrent silencieux quelques instants, se perdant dans la contemplation de l’autre et dans les souvenirs. Un regard échangé, un sourire osé puis:

“Allons-y.”

Les préparatifs étaient terminés. Les tentes immenses accueillaient déjà de nombreux venus et les exclamations résonnaient sur la berge. Un regard échangé avec Fearghas, un hochement de tête discret. Les soldats étaient en place, se fondant parmi la foule, à l’affût de la moindre anomalie, du moindre problème. Auriane se tenait à ses côtés, comme le voulait son rôle officiel de pupille. Des murmures, des regards. Le Souverain ne se montrait que rarement et son apparition annonçait le commencement officiel des festivités. Puis, les premières notes d’un orchestre non loin et les premières danses. Le regard de Ren se promena sur la foule, scrutant et observant. Bientôt il serait rejoint par le reste des dirigeants de Seele. Et cette pensée ne lui procurait aucune véritable joie.
lumos maxima


HRP:
PROMIS c'est le seul post long que je fais de tout le sujet ! *offre des cookies pour se faire pardonner*

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Aap
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Llyn

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le Jeu 17 Mai - 22:24


La Fête du Lac
ft. Le Royaume de Seele


[ An 1000  – Saison de Liekki – 75ème jour ]

Debout près de la fenêtre, Llyn observe le lac qui s’étend au loin. La beauté des lieux n’est plus à prouver c’est une évidence. Le soleil de Liekki se reflète sur la surface, illuminant la contrée d’Akasha de ses plus beaux rayons. La jeune femme peut apercevoir les berges du lac et la foule qui s’y presse déjà, impatiente de faire la fête. Difficile de se dire que, cette année, la Fête du Lac pourra ressembler à un véritable événement. Les trente dernières années n’ayant pas montré le meilleur côté de la contrée à ses voisines. Les nombreuses fois où elle s’y est rendue, les dernières fois, l’ont marquées par le côté austère et peu festive.

La porte de la chambre s’ouvre après deux légers coups donnés dessus. La Gardienne tourne la tête pour regarder Ama entrer. La Souveraine de l’Eau est magnifique dans sa robe bleu pastel et argent. Le premier jupon gris argenté est brodé de fleurs tandis que le second, de la couleur de l’eau, semble flotter au-dessus. Des bijoux ceinturent le tout et remonte juste au-dessus de son décolleté où est déposé un magnifique saphir. Une chaîne en argent en part pour rejoindre des bijoux d’épaules qui capturent la lumière avec élégance. Ses cheveux roux, tressés sur le dessus de la tête, retombent délicatement sur ses épaules.

« Tu es magnifique. »
« Et tu l’es tout autant. »
« Je fais pâle figure tu veux dire. »

Sa robe couleur crème, tirant légèrement sur le rosé, parait bien simple à côté. Les voilages qui tombent le long de son corps épousent parfaitement ce dernier, et une légère dentelle rehausse son léger décolleté avant de laisser place à de manches larges. Ses longs cheveux bruns ont été soigneusement coiffés et tressés avant d’être posés sur son épaule. Son bijou repose délicatement au-dessus de sa poitrine.

« Je t’assure que tu es superbe Llyn. »

Cette dernière n’ajoute rien. Elle n’est pas très à l’aise vêtue ainsi. S’il devait y avoir un problème lors de la fête, se battre pourrait s’avérer compliqué. Ama l’a convaincue de laisser la surveillance et la protection à sa garde rapprochée. Quatre membres de cette dernière les ont accompagnées à la Cité d’Ebène. Quatre femmes dûment entrainées à protéger leur Souveraine et leur Gardienne au péril de leur vie. Néanmoins, Llyn s’est tout de même sentie obligée de glisser un poignard le long d’une sangle nouée autour de sa cuisse. Ca la rassure.

Les deux jeunes femmes quittent la chambre pour rejoindre le hall du Palais d’Ebène, suivies de près par leurs gardes et les deux dames de compagnie d’Ama. Un sourire apparaît sur le visage de Llyn quand elle aperçoit son frère discuter avec son épouse. Leur fille se trouve là également et accourt pour saluer Ama et sa tante avec élégance et politesse. La Gardienne salue son frère également avant de quitter le Palais. Cela fait deux jours que la délégation de Saphir est arrivée à la cité d’Ebène et Llyn se rend compte qu’elle n’a pas encore eu l’occasion de croiser l’hôte des lieux, soi-disant trop occupé aux préparatifs de la fête. Il ne leur faut pas longtemps pour atteindre le début des festivités où la foule est déjà bien présente et se tourne vers elles pour les regarder avancer. Quelques révérences sont faites sur leur passage et Llyn se sent soudain très mal à l’aise. Faites que ça passe vite… Du coin de l’œil, la jeune femme aperçoit les gardes de Saphir s’éloigner un peu, tout en restant à portée de vue de leur Souveraine, comme elle le leur a ordonné. Même si la journée est placée sous le signe de la paix et la fête, la prudence reste de mise.

« Voilà Ren. »

Llyn suit du regard le mouvement de tête de son amie et, inconsciemment, elle sent les battements de son cœur s’accélérer en apercevant le Souverain du Vide, sans savoir ce qui en est la cause. L’envie de le tuer sur place ou autre chose ?

Hrp:
Comme Ren, je ferai pas aussi long après, promis
Et comme je suis nulle en description, voici les robes d'Ama et Llyn, parce que je les trouve belles. Voilà.
Ama (faut l'imaginer en bleu à la place du rouge, of course:
Llyn (couleur champagne quoi... en gros du crème tirant sur le rose):
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Agni
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Seylim

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le Jeu 17 Mai - 23:06

Déformation professionnelle ~

[event de la Fête du Lac]

[feat. Tout le monde ♥️]



"Une larme en dit plus que tu n'en pourrais dire ; une larme a son prix, c'est la sœur d'un sourire."
Alfred de Musset

=> 75ème jour de Liekki de l'année 1000 à Akasha.
Une calèche abritant une famille, un couple et leur quatre enfants. Lui a le regard qui vacille entre chaque membre de sa progéniture, elle a le regard entrouvert alors qu'elle laisse son compagnon régler les légers différents de la fratrie. L'un des fillettes, la plus jeune, les cheveux détachés et le regard doux, restait contre sa mère sans un mot, immobile. Le tableau est parfait, serein, tendre. Et lorsque l'on prenait en compte la situation tendue entre ce que représentait le couple et l'endroit où ils étaient... La situation changeait presque du tout au tout. Ce qui allait être une simple fête de retrouvaille, un moment tendre et familial pour beaucoup, devenait une réunion diplomatique et commercial pour notre couple.

La Dame du désert tourna son regard vers sa cadette. Imrani semblait tempérer l'ardeur de ses soeurs en compensant avec un calme presque parfait. Shensheïla et Tylim, quant à elles, étaient toutes deux extatiques, incapables de tenir en place. Là était le premier soucis de la Dame des Chevaux. D'habitude, elle aurait laissé ses filles courir et crier, se défouler tant qu'elles le désiraient mais en l'instant, il était compliqué de les laisser s'agiter alors que l'espace entre eux tous était limité.

Son époux finit par surélever son fils, laissant le calme revenir faiblement. Il ne durerait pas. L'ambassadrice le savait. Bientôt pourtant, les portes s'ouvrirent, libérant les enfants prisonniers que leur nourrice réceptionnent avec le sourire. Parmi elles, Najat. Seylim n'avait pas concerté Ishüen, elle n'en voulait pas l'utilité. Il avait dû donner des ordres similaires à ceux qu'elle avait énoncé la veille à sa dame de compagnie. "Veille sur eux quatre". La dame s'était inclinée et avait juré de sa vie. Seylim ne doutait pas que tout se passerait bien. Mais une part d'elle ne s'empêchait de trop couver ses roses du désert. Si quelque chose devait arriver à ses enfants... Nul doute que personne n'aimerait voir sa réaction.

Cependant elle attrapa la main de son compagnon et descendit de la calèche, retirant lentement son manteau de mère pour ne laisser que ce que les gens verraient. La Dame des Chevaux. L'ambassadrice. Il n'y avait pas de place pour la mère ou la femme.

(Ishüen) ▬  Allons, ma Dame. Voyons voir ce que l’on appelle une fête dans ce pays…

Les mots agniens la firent sourire du regard alors qu'elle s'inclina en laissant sa main sous ses lèvres.

(Seylim) ▬  " Rien ne sera plus beau qu'un mariage agnien qui commence au soleil couchant et termine lorsque le soleil se lève ~ " susurra la douce femme dans le même dialecte. Elle revisualisait silencieusement leur propre mariage, inspirant longuement alors que ses enfants s'éloignaient, accompagnés de leurs responsables. Le corps de la Dame du désert était scintillant, assez pour la voir, pas assez pour paraître "trop". Contrairement aux fêtes d'Agni, elle avait troqué son ensemble composé de sarwel et d'un haut transparent, d'un soutien-gorgé orné, brodé, elle avait donc troqué cet ensemble pour une robe plus classique. Elle avait une ceinture qui resserrait sa taille, un collier qui attirait l'oeil sur son cou presque vide. La coupe donnait envie de porter vos yeux sur ses formes, sur ses épaules dénudées, bronzées, la peau brillante de la dame du désert semblant parsemée de faibles étoiles.

Elle passa son bras autour de celui de son partenaire, rapprochant son corps d'un demi pas avant que leur corps se s'avancent d'un accord commun vers les premières tentes qui leur faisaient face. Elle se laissa emporter par les sons qui semblaient l'envahir. Les tenues distinguaient les gens et pourtant, elle pouvait reconnaître certaines tenues mais en ignorer d'autres. Son oreille entendait, à droite, deux hommes négocier le prix d'une poterie prithvienne. Un peu plus loin, les tonalités de tambour, de djembé, des sons de pas sautillants démontraient que les Agniens se trouvaient toujours lorsqu'il y avait des fêtes. Plus loin quelques voix se laisser entendre, sans instrument, juste par la beauté de la voix. Seylim se laissait porter par cette ambiance joyeuse et son bras se desserra lentement, glissant contre la peau nue du bras de son aimé, laissant uniquement ses doigts se lier à ceux de son époux. Elle se retenait de le lâcher et de profiter du lieu, se rappelant plusieurs fois à l'ordre avant que l'adolescente ne se taise en elle. Elle dirigea son compagnon vers la première échoppe qu'elle croisa, observant les tissus de différentes couleurs, caressant faiblement le tissu du bout de ses doigts. Et elle s'inclinait sans un mot avant de se détourner de l'étal pour reprendre la marche avec sa moitié.

(Seylim) ▬  Approchons-nous de la musique mon tendre ami. Écoutons la nouvelle Akasha avant de redevenir des êtres adultes et convenables, voulez-vous~ ?

#iwhae pour epicode
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Astrid

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le Ven 18 Mai - 23:18
Fête du Lac
Tout le monde ^-^
Astrid laissait son regard plonger dans le lac. Sa surface lisse contrastait tant avec les tempêtes qui avait agités la mer durant Nagar. Chaque année c’était la même chose, et pourtant chaque année Astrid était impressionnée par la force des flots. Ses pensées florissaient, inspirées par les eaux paisibles du lac. La jeune femme avait entendu parler de la Fête du Lac sur le port, entre deux pauses. Depuis quelques années, les Fêtes du Lac n’avaient eu de fête que le nom. Astrid n’était pas une pointe en matière de politique, mais elle savait qu’Akasha avait connu mieux que Seren. Après avoir longuement hésité, elle avait finis par partir en direction d’Akasha. La blonde n’y avait pas mis les pieds depuis sa plus tendre enfance. Elle ne se souvenait que de très peu de chose, des bribes de mémoires. Le lac évidemment, la musique, l’abondance de nourriture, sa mère et ses jeux d’enfant...C’est donc en quête d’un étrange pèlerinage nostalgique qu’Astrid se mit en route. Un sac à dos, une tenue simple mais masculine. Un long manteau noir recouvrait son corps et masquait ses formes. Il devait avoir appartenue à un pirate mais il était de bonne facture. La demoiselle l’avait gagné aux dés il y a de ça quelques jours. Entre le pantalon et la robe, le choix était vite fait pour la blonde aux cheveux cendrée. Et puis elle n’avait pas les moyens de s’offrir ce genre de chose. Astrid n’aimait pas vraiment quitter Saphir, elle avait toujours vécu près de la mer et s’en séparer la mettait mal à l’aise. Une sorte de mal de terre ? La jeune femme avait laissé son épée chez elle, mais par précaution sa dague n’avait pas quitté sa ceinture. C’était donc ainsi équipée qu’Astrid se dirigea vers le centre du pays. Une grande partie du trajet fut fait à pied, parfois en charrette quand elle avait de la chance.

La voici donc à Akasha, près du fameux lac de ses souvenirs. Ren était le nouveau souverain de cette contrée, et visiblement les choses semblaient mieux se dérouler que sous son prédécesseur. Toute la ville était en fête, un orchestre qu’Astrid ne pouvait voir, jouait de la musique. L’ambiance était festive et loin d’être déplaisante. Alors dans une grande inspiration, la jeune femme s’autorisa à profiter de la fête. En déambulant dans les rues, elle reconnut sans trop d’effort des gardes de Saphir. Son premier réflexe fut de tourner les talons, puis sa conscience réfléchie lui rappela qu’elle n’avait plus rien à craindre. Est-ce que la présence de ces derniers signifiait que sa souveraine participait à la fête ? En les regardant se frayer un chemin parmi la foule, Astrid se demanda si chaque gardien et souverain de toutes les Contrées allaient venir à la fête. Rapidement ses réflexions politiques se dissipèrent. Qu’importe après tout ? La demoiselle accéléra le pas, laissant les gardes derrière elle : aujourd’hui, elle allait s’amuser. Et rien n’y personne ne pourrait s’opposer à cela. Parfois, être une femme du peuple avait du bon, au Diable les protocoles et les conventions ! Boire et manger. C’était trivial, mais satisfaisant.
Akasha
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Samir

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le Mar 22 Mai - 20:49
La fête du lacQue la fête commence !
Je me prépare pour la fête. Je suis plutôt content de ne pas faire partie du service d’ordre, cette année encore. Il y a des années que cela ne m’est pas arrivé, c’était avant que je sois transféré au palais sous les ordres d’Isil. Et je dois dire que ça ne m’a pas manqué ! Gérer les poivrots qui se disputent n’est généralement ni drôle ni gratifiant. Je n’aurais pas forcément été mécontent de faire la sécurité de Ren. Mais je préfère largement ne pas être privé des festivités. C’est un des événements que je ne veux plus rater pour rien au monde.
Je laisse donc de côté cuirasse et cimeterre. Aujourd’hui, la vie est belle, et surtout elle est calme. Ce qui ne m’empêche pas pour autant de garder une dague à la ceinture, celle qui ne me quitte jamais. J’ai eu tellement de mauvaises expériences les quelques fois où je m’en suis séparée que je ne m’y risque plus. On ne se refait pas.

Je parcoure un moment les différentes allées qui composent la fête. On se croirait presque un jour de marché, mais tellement plus grand et varié que j’en ai presque le tournis. Je ne sais pas si les habitants et dirigeants des autres contrées sont enthousiastes à propos de l’événement, mais en tout cas les marchands de tout bord ont de la motivation à revendre. Je flâne en examinant les différents produits plus ou moins exotiques exposés sur tous les étals. Je tombe en admiration devant une fabricante de jouets en provenance d’Agni. La femme est assise derrière le stand, occupée à sculpter un superbe pantin articulé. Je la regarde quelques minutes, émerveillé par son savoir-faire. Une jeune fille, probablement membre de sa famille s'occupe de la vente de se œuvres. Lorsque vient mon tour, je ne rechigne pas à me séparer de quelques pièces pour faire l'acquisition d'un magnifique cheval de bois peint, et lui aussi finement articulé. La dernière lettre de ma sœur m'expliquait que mon neveu avait à présent comme projet de devenir un grand cavalier, du haut de ses cinq ans. Comme je compte bien les voir aujourd'hui, cela lui fera un beau cadeau.

Samiiiiiir !

À peine ai-je l'objet emballé dans les mains que j'entends mon nom crié derrière moi, et une masse excitée me heurte la jambe. J'attrape l'enfant et le prend dans mes bras, cherchant Aaisha des yeux. Je la vois qui fend la foule à la suite de son fils.

Alors, ce que tu as vu de beau, jeune homme ?
Pleiiin de trucs, un marchand avec des tas d'animaux, même des chevaux ! C’était TROP bien ! Et toi, qu'est-ce que tu as acheté là ?

Le filou n'a pas perdu le Nord et a bien compris devant quel étal il m'a trouvé. Je ris et l'emmène un peu à l'écart, où sa mère nous rejoint rapidement. Je l'embrasse comme la présence de l'enfant dans mes bras m'autorise à me faire, ravi de la voir. Elle est radieuse et a bonne mine. Elle réajuste les vêtements du petit pendant qu'il lui raconte nos rencontre.

Maman, maman ! Samir a un cadeau pour moi !

Je fais mine d'être pris en flagrant délit et elle d'être surprise. Je le laisse glisser à terre et lui tend le paquet qui n'aura pas fait long feu. Il s'assied en tailleur sur la terre battue pour le déballer. J'ai droit à un éclat de rire extatique et à un bisou légèrement mouillé lorsqu'il découvre l'objet. Nous restons là quelques temps pendant qu'il commence à jouer, et j'en profite pour rattraper toutes les nouvelles portées par ma sœur. Finalement, devant l’impatience de mon neveu, nous décidons de retourner faire un tour dans la fête proprement dite.

Alors que nous arrivons sur les berges du lac, un murmure me fait me retourner. Ren et Auriane viennent d’arriver, resplendissants dans leurs tenues assorties. Déjà la musique commence, et les gens se dirigent immédiatement vers les pistes de danse. Djibril à nouveau dans mes bras, je regarde mon Souverain sans bouger. La réalité a pris une teinte étrange autour de moi. L’enfant porte une tenue sans manches qui révèle la tache qui marque son bras et qui a failli lui coûter la vie quelques mois à peine après sa naissance. Il n’en a aucune idée mais c’est lui qui a changé le cours de ma vie, je l’espère pour le meilleur. Mais voir Ren tout en portant contre moi un des enfants qui étaient destinés à mourir à sa place me fait un effet particulier. J’ai l’impression qu’il a croisé mon regard mais la distance m’interdit d’en être certain. Je n’ai pas le temps de m’attarder, déjà Djibril attire mon attention sur un marchand de pâtisseries en provenance d’Agni. Je le pose à terre et le laisse me guider par la main. Lorsque je relève les yeux vers Ren, l’instant a passé et je vois que deux jeunes femmes l’ont rejoint. À leur tenue, j’en conclus qu’il s’agit que la Souveraine d’Aap et de sa Gardienne. Je n’envie pas sa situation mais je ne peux rien y faire. Je retourne donc à ma famille. Mon neveu tiraille sur mon pantalon de sa main libre, pour attirer mon attention sur un gâteau au miel décoré. Je soupire. Ma soeur va probablement encore me dire que je le gâte, mais ses grands yeux de chiot battu auront ma peau, et je cède à sa demande.
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Agni
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Ishüen

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le Mer 23 Mai - 9:25
 
La fête du Lac



Ishüen sourit en approuvant les paroles de sa femme. Sans doute se souvient-elle de leur propre mariage, dont les festivités ont duré quatre jours pleins. Elle était bien plus jeune à l’époque et devait se faire violence pour réprimer en elle l’envie de danser et de s’amuser autant que le faisaient les autres jeunes filles parmi les invités (celles-là même qui se pâmaient d’admiration devant sa robe et sa beauté). Elle y avait finalement réussi, pendant des années, jusqu’à ce que tout vole en éclats dans ce pays même… Les époux s’avancent parmi les tentes et les étals, observant du coin de l’œil leurs enfants dont les deux aînées s’éloignent déjà. Ishüen offre sa main à son épouse sans un mot même si ce geste n’est pas dans leurs habitudes, plus solennelles lorsqu’ils sont en public. Leurs doigts mêlés ainsi, ils ressemblent à un jeune couple que le temps aurait assagi. Il tenait parfois la main d’Aymeric de la sorte, dans la complicité de la nuit.

« Père ! Il y a des gens qui dansent ! »

Ishüen porte son regard dans la direction que lui indique Imrani, restée auprès d’eux avec Azhan comme la petite fille sage qu’elle est encore. Elle a raison. Dans un cercle d’herbe piétinée entre les tentes, des musiciens de Vaata mettent les instruments à vent à l’honneur. Flûtes et hautbois résonnent à plein, accompagnés de tambours, de claves et de grelots, et ont déjà entraînés plusieurs personnes dans leur mélodie, pleine d’une énergie sauvage qui leur rappellerait presque certains rythmes agniens. Le Seigneur des Chevaux tend la main à sa fille.

« Veux-tu danser ? »

Aussitôt, l’enfant accepte avec une joie rayonnante. Ishüen s’excuse d’un sourire complice auprès de sa femme et emmène la fillette dans le cercle des danseurs pour les y intégrer de leur mieux. On leur fait une place sans façon et personne ne s’offusque de les voir adapter les pas et les mouvements de leur propre contrée à cette musique étrangère. Autour d’eux, le monde va et vient, les visages se succèdent sans qu’il n’y prête encore trop attention, concentré pour faire plaisir à sa fille. À quelques tentes à peine, la foule s’écarte pour laisser place à d’importantes personnes, dont il connait et apprécie certaines, somptueuses dans leurs robes respectives. Et d’autres… d’autres qu’il aurait aimé, peut-être, ne pas croiser si vite.

~~~

« Tylim ! Regarde ! »

La fillette détourne la tête de l’étal de jouets de bois qu’elle était en train de regarder, lorgnant avec envie sur le beau cheval qui vient d’être acheté par un homme à la peau basanée et à la barbe bien taillée, et cherche des yeux ce que Shani lui désigne dans la foule. Elle ne voit tout d’abord que deux femmes en robe de bal qui avancent tranquillement dans la foule en parlant entre elles et s’apprête à rétorquer qu’il n’y a la rien de bien intéressant jusqu’à ce qu’elle reconnaisse soudain le visage de la plus grande.

« La gardienne d’Aap ! »
« Mais l’autre, c’est la Souveraine ça veut dire ? »
« Sûrement ! Regarde comme sa robe est belle, ça doit être pour ça ! »
« Qu’est-ce que vous mijotez encore, toutes les deux ? »


Les deux enfants lèvent les yeux vers l’une de leur gouvernante qui se penche sur elle d’un air suspicieux, se regardent en biais… puis détalent à toutes jambes, chacune dans une direction opposée. La pauvre femme en reste bouche bée, avant de s’élancer vainement à la suite de l’une, les appelant à corps et à cris. Les deux petites diablesses se retrouvent un étal plus loin, riant de leur farce, et s’approchent sans plus de façon de la gardienne pour se planter devant elle et la saluer, tout sourire.

« Bonjour Madame Llyn ! »
« Bonjour Madame Souveraine ! »
« On dit votre Majesté, idiote. »
« N’importe quoi ! Votre Majesté, c’est pour les prêtres dans les temples ! »
« On ne savait pas que vous viendriez à la fête, vous aussi ! Vous allez bien ? »

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Aap
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Asmolphégé

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le Mer 23 Mai - 16:56
-Cavaliers! Parade !

L'ordre claque dans l'air et les chevaux s'alignent de manière parfaite, dans une longue ligne droite à l'approche du lac d’ébène. La Compagnie de l'Écume Argentée arrive en grand pompe à la Grande Fête du Lac. Certaines personnes étaient déjà ici et les notes de musiques d'un orchestre se faisait entendre au loin. Asmolphégé eut un sourire en se tournant vers sa sœur, vêtue de ses plus beaux atour pour cette soirée.

-Et voilà sœurette, je te l'avais promis qu'un jour on viendrait à une foire immense. Et pas pour du mercenariat cette fois-ci !
-Je le constate Asmo... C'est magnifique...

Elle semblait bien loin de son entrain habituel, et même si elle dépareillait un peu au milieu des autre cavalier, avec sa longue robe, elle se tenait quand même droite, comme à la parade, ses yeux attiré par les lumières sur le lac. Oui, ils y seraient très bientôt. Le mercenaire posa son regard sur son cheval, portant une selle au couleur de la compagnie qu'il représentait et du pays d'où il venait et sourit. Ils avaient fait ça exprès. Il n'avait pas dit toute la vérité en disant qu'ils ne venaient pas pour une mission, effectivement, s'ils venaient ici, c'était pour avoir une tribune auprès des personnes présente. Cela leur ferait un peu de publicité, et c'était dans cette optique qu'ils avaient débourser de l'argent dans des tenues sur mesures.

C'était pas très agréable, les mercenaires préférant normalement une tenue plus pratique et plus protectrice, ils avaient du faire de gros efforts pour ne pas partir armé pour la guerre à cette réception, cela avait été difficile, mais ils avaient réussi et finalement, ils étaient sur place. Vêtu d'atour plus luxueux qu'a leur habitude. Ils n'atteignaient pas ceux des nobles, et de loin, mais ils n'en étaient pas mécontent. Ils rendaient plutôt bien après tout. Ils mirent tous pied à terre en même temps, dans un mouvement répété amplement à l’entraînement et Asmo se dirigea vers sa sœur, juste à temps pour la voir sautée à terre d'un mouvement souple, faisant la grimace il la tança gentiment.

-Ce n'est pas le comportement d'une Dame ça, Mina.

Il se recula juste à temps pour éviter un coup de la jeune femme et éclata de rire. Bon, elle semblait vraiment pas être d'humeur à la taquinerie en cette soirée. Qu'est-ce qu'elle dissimulait ? Avait-elle un amant et elle avait rendez-vous avez lui ici ? Ou était-ce l’innocence enfantine qui l'habitait encore de temps en temps qui ressurgissait ? Il le découvrirait bien dans la soirée. Pour l'instant il guettait la foule à la recherche de visage connu. Peut être pourrait-il se faire payer un coup à boire après tout.

Le mercenaire passa la main dans ses cheveux et les dénoua d'un geste expert, laissant les fins fils capillaires se répandre sur ses épaules.

-Allons nous amusez Mina...
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Astrid

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le Mer 23 Mai - 20:06
Fête du Lac
Tout le monde ^-^
Tous ces visages inconnus mettaient mal à l’aise la demoiselle. Astrid était loin d’être paranoïaque, simplement prudente. Les foules de Saphir ne l’indisposait pas car elle connaissait la ville comme sa poche. Au moindre problème, la jeune femme savait où fuir, où se battre. Mais à Akasha… Astrid secoua sa tête pour chasser ces sombres pensées. Comment allait-elle s’amuser ce soir ? Il y a quelques années la réponse aurait été facile : de l’alcool et du sexe. Maintenant qu’elle avait « grandis » ces deux cas de figures ne lui plaisaient guère. Rien que de penser à ce genre de soirée lui donnait mal au crâne. C’est donc sans s’en rendre compte qu’Astrid se dirigea vers les musiciens. Autour d’elle, les gens dansaient et riaient. Alors elle fit de même. La blonde aux cheveux cendrée ondulait au rythme de la musique, changeant de danseur ou danseuse. Cela lui rappelait les ambiances dans certaines tavernes de Saphir. Mais là c’était grandiose ! Comme si la ville était habitée du même état d’esprit.

La tête qui tournait un peu, Astrid aperçu du coin l’œil ce qui semblait être des nobles. Puis elle écarquilla grands des yeux en reconnaissant sa souveraine. La jeune femme se souvenait des passages dans les rues de la Dame. Jamais Astrid n’avait osé croiser son regard. Généralement elle restait agenouillée, comme la plupart des petites gens. Bien sûr, elle était accompagnée de sa gardienne, mademoiselle Llyn. Astrid sourit en coin : visiblement il y avait un véritable rassemblement politique à cette fête ! Soudainement lassée de la danse, la jeune femme décida de chercher des connaissances. Si sa souveraine était venue jusqu’ici, il y avait bien des chances pour que deux-trois de ses amis aussi ! En pouffant intérieurement, Astrid repensa à quelques remarques de ‘Sperenza sur les fêtes en général : « c’est que des nids à cons ! » ; « C’est un zoo à pauvres et les riches lancent les cacahuètes. » C’est sûr, elle aurait détestée être ici…

Le regard bleu-acier de la demoiselle se posa sur une situation pour le moins pittoresque. Minagée accompagnée de son frère et de leur groupe de mercenaires, en robe. Une situation que peu de gens en vie pouvaient témoigner. La blonde connaissait Minagée et par extension son vaguement son frère car ils travaillent sur le port ces temps-ci. Leur groupe de mercenaire s’était déplacé à Saphir. Si Saphir était la maison d’Astrid, le port serait sa chambre. Elle y connaissait presque tout le monde, y travaillait, y buvait et par moment de fin de mois difficile : y dormait. Par conséquent, la jeune femme était l’une des premières averties de leur arrivée. Rapidement, Astrid et Minagée avait fait connaissance et les deux femmes s’entendaient bien. Bien que la blonde ait du mal à comprendre comment une personne aussi gentille pouvait travailler avec des mercenaires, cette dernière y semblait heureuse.

- Hé ! Mina’ !

Astrid essaya de lui faire signe, mais avec la cohue, pas moyens d’attirer son attention. Agacée, Astrid se fraya un chemin à travers la foule. La demoiselle faisait par moment une tête de plus que les autres. Et pour une fois, cela était une bonne chose. Astrid finit par arriver à la hauteur de Minagée, après s’être extraite de la foule.

- Pfiouh…Coucou !

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Llyn

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le Jeu 24 Mai - 0:15


La Fête du Lac
ft. Le Royaume de Seele

Si elle voulait être objective, Llyn dirait que la tenue de Ren lui va à ravir. Les teintes bleutées courant sur le tissu anthracite semblent légèrement briller sous le soleil de Seele. Même si elle ne peut pas encore le voir d’où elle se trouve, la jeune femme est certaine que cela se marie parfaitement avec ce regard qui avait manqué de la tuer sur place la dernière fois qu’ils s’étaient vus dans l’un des jardins de la cité de Saphir. A ses côtés, une demoiselle semble l’accompagner élégamment dans une robe aux mêmes teintes. Son visage lui est inconnu mais elle semble proche du Souverain du Vide. Pendant une seconde, la Gardienne se demande quelle est leur relation avant que deux lignes colorées de pourpre et de rouge ne viennent leur barrer la route.

Hébétée, Llyn observe les deux fillettes plantées devant elle qui la saluent avec bonne humeur tout en se chamaillant légèrement. Il lui faut quelques secondes pour remettre leurs prénoms sur leurs visages.

« Tylim ? Shensheïla ? Que faites-vous ici ? »

Immédiatement, le regard de la jeune femme balaye la foule pour chercher leur père des yeux. Elles ne sont sûrement pas seules et, les connaissant, elles ont probablement dû échapper à la surveillance de leurs parents ou de leurs nourrices.

« Qui sont ces enfants Llyn ? »
« Oh. Je te présente Tylim et Shensheila bin Ishüen. Les filles aînées du Seigneur des Chevaux de la Guilde des Princes Marchands. J’ai eu l’occasion de faire leur connaissance lors de mon dernier séjour à Agni. »
« Et bien enchantée mes Demoiselles. » La Souveraine de l’Eau leur fait une légère révérence. « C’est un plaisir de faire votre connaissance également. Llyn. »

Cette dernière regarde son amie qui lui fait un léger signe de tête vers Ren et elle le lui rend avant que la Souveraine ne s’éloigne vers son homologue. La Gardienne, quant à elle, reste auprès des deux fillettes qu’elle regarde mi-amusée mi-suspicieuse.

« Alors dites-moi, comment avez-vous fait pour vous échapper cette fois ? »

***

De son côté, Ama, suivie de ses deux dames de compagnie, s’approche de Ren. Arrivée près de ce dernier, elle lui fait une légère révérence, respectant le protocole qu’elle a appris depuis le plus jeune âge.

« Ren. Ravie de vous revoir. » Elle se redresse, affichant un léger sourire poli avant de regarder autour d’elle. « Je vois que les longs préparatifs auxquels vous vous êtes adonnés portent leurs fruits. La Fête du Lac est magnifique. Je suis heureuse de voir cette tradition perpétuer. »

Seren mettait un point d’honneur à organiser cette fête tous les ans malgré la discorde qui régnait à Akasha. Si les festivités n’étaient plus aussi joyeuses au fil des années, le lancer de lanternes restait toujours un événement que la jeune femme adorait.

***

Un dernier regard vers Ama et Ren indique à Llyn que la discussion a été entamée. La Gardienne croise brièvement le regard du Souverain à qui elle finit, après un instant d’hésitation, par faire un signe de tête poli avant d’entraîner les deux fillettes dans la foule pour partir à la recherche de leurs parents ou nourrices.
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Àliya

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le Jeu 24 Mai - 15:52


Les festivités autour de la fête du Lac revêtaient une attention toute particulière pour la ville d’Akasha et ses habitants. C’était autant un symbole qu’une tradition que Ren avait bien fait de conserver. Le changement était en marche, mais il n’était guère prudent ou intelligent d’ôter à chacun, ses rêves et ses coutumes. D’autant qu’une source de réjouissance ne pouvait faire de mal à personne. J’étais restée un long moment assise au bord de ma fenêtre, contemplant le jour qui montait dans le ciel, prenant place avec une clarté chaleureuse. Il m’avait fallu un long moment pour décider si oui ou non, j’allais me rendre à cette mondanité. En tant que Vaata, et noble, j’y étais habituée. Mais je n’étais pas chez moi. Une part de moi ne se sentait pas légitime. Pas à sa place. Inspirant profondément, je fini par supposer que Ren serait peut être vexé si son archiviste ne venait pas à se présenter à cette soirée.

Aussi, l'après midi était déjà bien entamée quand je fis mon apparition à la soirée au bord du lac. La foule s’y pressait déjà et chacun vaquait à ses occupations, en famille. Mon cœur se serra, tandis que je pensais à mes parents. Leur état de santé, même s’il s’améliorait de jour en jour, ne leur permettait pas de se rendre à pareille mondanité. Je me sentais seule, à la fois comme représentante de ma famille, mais également comme quelqu’un qui n’était pas natif. La soirée attirait beaucoup de monde, de part et d’autre de Seele, mais j’étais venue seule. Je n’avais guère eu l’occasion de sortir, et de fait, de créer des liens. Mais il était de mon devoir, en tant qu’Hildegard mais également en tant qu’archiviste, de faire montre de bien plus d’enthousiasme que cela.

J’étais vêtue élégamment, d’une longue robe d’un blanc nacré, drapé sur mes épaules nues, avec des manches ajourées, maintenu par des sangles de tissu gris perle. L’échancrure du dos et des épaules laissait apparaître les nombreux traits de tatouage, estampe végétale qui couraient sur ma peau blanche. Je sentais le tissu de ma robe foulé l’herbe et un fin sourire se dessina sur mon visage. J’étais dans mon élément. Je contemplais les visages alentours, les sourires, les éclats de rires. Les conversations, les regards sérieux, les chants, les danses. La musique. Ce brouhaha incessant et incohérent de vie. Ce panachage impétueux et superbe. De loin, j’avais pu repérer Ren, vêtu pour l’occasion d’atours particulièrement somptueux et élégant. Je fronçais les sourcils, reconnaissant la jeune femme qui s’était enfouie à l’étage de la bibliothèque, un jour où je travaillais avec le souverain du Vide.  Décidant de remettre à plus tard mon questionnement sur son identité, je continuais mon inspection, essayant de voir si certains visages m’étaient familiers. Je passais l’essentiel de mon temps avec Ren, je crois pouvoir dire que lui et moi allions apprécier un moment sans être nécessairement l’un sur l’autre.

Un visage m’interpella de loin. De long cheveux blancs, une allure solide et des épaules larges. Je déglutis, fermant les yeux sur la violence d’une scène dont j’aurais préféré ne pas me rappeler en cet instant de festivité. Asmolphégé. Je n’aurais pas cru qu’un mercenaire de cette nature puisse vouloir venir assister à ce genre de cérémonie. Je ne savais pas tellement comment réagir vis-à-vis de lui, d’autant qu’il semblait en plaisante compagnie. Si nous devions être amené à nous rencontrer ce soir, je ne doutais pas que l’occasion saurai se profiler. Ce fut un autre visage qui me figea sur place, manquant de peu de bousculer un marchand. Je m’excusais vaguement, me concentrant sur ses traits familiers. Mais tout de même. Cela faisait combien d’années ? Etait je seulement sur de moi ? Mais ces longs cheveux noirs jais, cette expression à la fois renfrognée et assurée était un mélange que l’on oubliait peu.

Fendant la foule pour m’approcher, je marquai un temps de pause, constatant que la personne qui prenait congé, n’était autre que la Souveraine d’Aap. Si je n’avais eu le plaisir de lui être présenter, il m’était impossible d’ignorer cette personnalité…Et tout ce qu’elle représentait. Mais ce soir, je décidais d’ignorer la politique ou plutôt, de la laisser à Ren, m’approchant doucement de la jeune femme qui était de trois quart, conversant avec des enfants. Doucement je fis le tour, posant mes mains sur les épaules des enfants, avant de plonger dans une profonde révérence digne de mon rang et de ma nationalité.


«  - Llyn… ? C’est bien toi ? Je ne sais pas si tu te souviens de moi…Cela fait maintenant bien des années… »


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Akasha
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Ren

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le Jeu 24 Mai - 18:21
La Fête du Lac

Ren et Auriane continuaient d’avancer parmi la foule, Fearghas et quelques uns de ses hommes les accompagnant, se tenant légèrement en retrait. Enfin, Ren indiqua d’un discret mouvement de tête à sa soeur une large tente, installée au bord du lac. C’était à cet endroit que les dirigeants de Seele pourraient se rencontrer, échanger, entre eux mais également avec de nombreux invités de marque présents à la fête. La sécurité était plus importante à cet endroit qu’à d’autres mais Ren avait agi de façon à ce que toute la fête soit sous la surveillance de la garde d’Akasha. S’il n’y avait eu que son seul avis à prendre en compte, il aurait porté plus d’attention à son propre peuple qu’à ceux qui se tiendraient sûrement très bientôt à ses côtés et aurait passé la fête parmi la foule. Mais malgré sa rancoeur et sa colère envers la classe dirigeante et leurs actions passées, il n’oubliait pas le véritable objectif de cette fête; rendre hommage au cinquième élément et à la Contrée qui l’abritait. La présence des autres Souverains et Gardiens lors des dernières fêtes de Seren - pourtant guère accueillantes - mais également depuis que Ren était apparu montrait une volonté de continuer à perpétuer l’ancienne tradition et d’accepter la cinquième contrée malgré tout ce qui avait pu s’y passer. Est-ce que cette volonté dissimulait certaines arrières-pensées ? Possible… Ren ne croyait guère à une volonté innocente. Mais aujourd’hui il avait accepté de laisser sa méfiance de côté en recevant les quatre autres contrées. Il n’était pas Seren. Lorsque le moment viendrait d’ébranler les fondations abîmées de Seele, il le ferait et ne s’en cacherait pas. Mais pour le moment, Akasha était sa priorité. Le reste viendrait en son temps.

“Oh Ren, regarde, Samir est là !”

Ren sortit de ses pensées et tourna la tête dans la direction indiquée par sa soeur. Et alors qu’il scrutait la foule, son regard croisa brièvement celui du soldat qui tenait un petit garçon entre ses bras. Ren ne savait s’il pouvait le voir d’aussi loin mais il inclina doucement la tête et lui sourit. Il ne pouvait pas faire mieux pour le moment malgré l’empressement d’Auriane pour aller le saluer.

“ -  Plus tard, je te le promets. Pour le moment il faut accueillir nos invités.
- Dans ce cas… Il va être temps que tu endosses ton rôle d’hôte souriant et sympathique car nous avons de la compagnie.”


Ren ne répondit rien mais son regard en disait long tandis que sa soeur tentait de cacher son début de rire derrière une légère toux parfaitement simulée. Malheureusement pour eux deux, leurs apparitions publiques sonnaient la fin de leur lien de parenté et de la complicité ainsi que de l’affection qui en résultait. Auriane réussissait à tenir son rôle de pupille à la perfection mais ne manquait jamais de rappeler à son frère, toujours avec bienveillance et douceur, qu’elle était avant tout la personne qui le connaissait le mieux au monde.

Ren se retourna donc, devinant l’apparition d’un premier Souverain grâce aux propos de sa soeur et il sentit le soulagement le gagner en voyant qui s’avançait vers eux. La Souveraine d’Aap était éblouissante dans sa tenue de cérémonie, parée de teintes similaires à la sienne. Tandis qu’elle se rapprochait, entourée de deux de ses dames de compagnies, le regard de Ren fut attiré par une autre jeune femme, restée en retrait, penchée en avant, parlant à deux jeunes enfants. Il reporta son attention sur la Souveraine et s’inclina à son tour, acceptant son compliment de bonne volonté. Il appréciait la jeune femme et se régalait toujours de sa compagnie. Son intérêt avait été purement politique dans un premier temps, la neutralité d’Aap pouvant devenir un soutien inestimable et faire pencher la balance en sa faveur lors des réunions au sommet. Mais il avait appris à réellement apprécier la jeune Souveraine dont le calme, la tranquillité et l’intelligence en faisait une compagne de qualité. Il était sincèrement ravi qu’elle soit la première à le rejoindre.

“Le plaisir est partagé Ama. Vous êtes ravissante. J’espère que vous me pardonnerez de ne pas avoir pu vous accueillir en personne lors de votre arrivée. Les préparatifs ont demandé toute mon attention. J’espère néanmoins que vous ne manquez de rien ?”

A nouveau, son regard dériva quelques mètres plus loin et il croisa alors celui de Llyn, cette dernière s’étant redressée et les observant. Elle fut la première à réagir et inclina poliment la tête dans sa direction. Ren dut faire un effort colossal pour retenir le sourire amer qui tentait de se dessiner sur ses lèvres. La formalité tempérée dont faisait preuve la Gardienne semblait si fausse, si hypocrite après leur dernière rencontre que Ren ne put lui rendre son geste, se contentant de l’observer alors qu’elle se détournait d’eux et s’éloignait avec les deux enfants. Ainsi, elle avait choisi de laisser sa Souveraine en sa compagnie plutôt que de la rejoindre. Une réaction pour le moins sensée que le Souverain ne pouvait qu’approuver, bien que ce sentiment n’en demeurait pas assombri par le souvenir de leur dernier échange. Souriant à Ama, il invita Auriane qui se tenait légèrement en retrait, à s’avancer. La jeune femme vint se placer à ses côtés et fit la révérence tandis que son frère la présentait, sentant le mensonge lui brûler la gorge, comme à chaque fois.

“- Ama, permettez-moi de vous présenter ma pupille, Dame Auriane. Son père était un vieil ami du mien et à la mort de ses parents, elle fut placée sous ma tutelle et réside au palais à mes côtés.
- C’est un honneur ma Dame…”

lumos maxima

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Akasha
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Samir

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le Jeu 24 Mai - 18:35
La fête du lacQue la fête commence !
Je vais vous prendre une dizaine de cornes de gazelle, s’il vous plaît.

D’un geste expert, le pâtissier utilise une pince pour me préparer un petit sachet avec les gâteaux demandés. Djibril est surexcité à côté de moi, sautillant presque sur place. Son attention fait des allers et retours entre la nourriture et les danseurs, dont je devine qu’il a très envie d’aller les rejoindre. Malgré la variété des stimulis qui l’entourent, il n’en oublie pas les bonnes manières et lance un “Merci monsieur !” au marchand au moment où je paie. Je lui tends le paquet tant attendu.

Merci Samir !
Va doucement, n’oublie pas de partager…” Je ne peux même pas finir ma phrase qu’il s’est enfui avec son butin. “... avec ta mère…” Cet enfant est parfois fatiguant.

Je le perds un instant de vue dans la foule, puis le retrouve au bras de ma soeur, que je repère aisément grâce à sa robe de soie vert émeraude.. Je les rejoins aussi rapidement que me le permettent toutes les personnes qui ont la même idée que moi. J'ébouriffe avec affection les cheveux bouclés du garnement en arrivant à sa hauteur et fait un clin d’oeil Aaisha. Entre la musique et les conversations animées qui nous entourent, nous sommes obligés de parler haut pour nous entendre, mais cela fait partie du charme de ces célébrations.

Je parie que tu as déjà mangé tous les gâteaux !
Même pas vrai d’abord ! J’en ai mangé qu’un, et j’en ai même donné un à maman !
C’est vrai, heureusement que je te surveille !

Je ris en plongeant moi-même la main dans le sachet de nourriture. Les pâtisseries sont délicieuses, et il ne faut pas longtemps pour que Djibril ait du sucre glace jusque sur la pointe du nez. Il ne tient pas en place et et s’éloigne brusquement en direction d’un petit garçon sensiblement du même âge que lui ou un peu plus jeune, visiblement timide et qui reste proche d’une dame magnifiquement vêtue de pourpre et de rouge que je n’ai jamais vue, mais dont je devine à la tenue qu’elle faire partie des grands d’Agni. Il tend son paquet de gâteaux à l’enfant, son sourire allant d’une oreille à l’autre.

Tu veux un gâteau ? J’en ai plein, c’est Samir qui me les a donnés.

À son âge, il lui est difficile de comprendre que tout le monde ne sait pas de qui il parle lorsqu’il donne juste un nom comme cela. Sa mère et moi-même gardons un oeil sur lui sans pour l’instant intervenir. Nous somme à proximité et il ne nous faudra qu’un instant pour être présents si un problème se présente.
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HRP:
Aaisha, à imaginer vêtue de vert
Agni
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Seylim

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le Mer 30 Mai - 0:07

Déformation professionnelle ~

[event de la Fête du Lac]

[feat. Tout le monde ♥️]



"Une larme en dit plus que tu n'en pourrais dire ; une larme a son prix, c'est la sœur d'un sourire."
Alfred de Musset

=> 75ème jour de Liekki de l'année 1000 à Akasha.
Elle ne dira pas que sa main semble la brûler, que son coeur est lourd ni que son esprit ne voulait pas être là. Elle ne dira pas tout ce qui peut la blesser ou la toucher. Elle se répétait, tel un mantra pour ne pas tout gâcher, qu'elle était Dame des Chevaux en ce jour, qu'elle ne devait pas l'oublier et se comporter comme telle. Son visage s'inclina doucement vers sa servante qui accompagna les deux enfants un peu en avant du couple. Et, finalement, son époux finira par libérer la main endolorie de sa compagne pour proposer une danse à sa benjamine, acceptant instantanément. Elle hocha lentement la tête en les observant s'avancer vers la piste de danse. Azhan, lui, restait en retrait, cherchant du regard ses soeurs, intimidé et ne souhaitant pas vraiment danser. Naturellement, la mère de famille se laissa le questionner doucement:

(Seylim) ▬  Que dirais-tu de les laisser danser et de venir chercher une pâtisserie à manger?

L'enfant hocha de la tête à son tour, le regard beaucoup plus franc que ses gestes. Pendant une seconde, Seylim eut en tête une pique gratuite pour son compagnon de vie. Et elle s'en détourna, le laissant tournoyer avec sa fille alors qu'elle se concentrait sur les échoppes qui semblaient bien plus intéresser son fils.

~ ~ ~

(Shani) ▬  Oooooh! Elle a fait une révérence! T'as vu! On aurait dit Mère!
(Tylim) ▬  Dis pas n'importe quoi! Mère se serait inclinée plus! Mais elle aurait pas sourit.

Un rire complice et malicieux s'échappa des lèvres des deux fillettes avant que l'aînée ne rigole un peu plus.

(Tylim) ▬  On fait une blague à Najat! C'est la servante de Mère! Aujourd'hui c'est elle qui nous garde!
(Shani) ▬  On dit "Dame de compagnie"! Idiote!
(Tylim) ▬  Idiote toi-même!

La cadette allait poser une question mais elle fut interrompue par une demoiselle, blonde, qui posa ses deux mains chacune sur une épaule d'enfant. Shensheïla sursauta alors que Tylim se tordit pour voir la nouvelle arrivée.

(Tylim & Shani) ▬  Bonjour Madame![/b] Saluent les deux enfants en choeur. Vous la connaissez Madame Llyn? Elle est jolie! [/b]

~ ~ ~

Ashan hésitait à se diriger vers les échoppes, observant de loin les plats. Et Seylim posa son regard sur un enfant, sensiblement aussi vieux que son fils, qui lui tendait un gâteau. Non loin de cet enfant, alors que l'ambassadrice observait les alentours à la recherche de ses parents, deux adultes l'observaient du coin de l'oeil. La Dame des Chevaux s'inclina respectueusement, son fils se cachant derrière sa robe. Se redressant, la mère de famille s'abaissa pour se mettre à hauteur des doux yeux de son fils, sa voix tendre.

(Seylim) ▬  Azhan?

L'enfant s'avança en acceptant le gateau, ne s'éloignant pas de sa génitrice. Et il s'inclina lentement, avec maladresse.

(Azhan) ▬  Azhan bin Ishüen. Et elle, c'est ma mère. Et toi, tu es?
#iwhae pour epicode
Aap
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Llyn

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le Lun 4 Juin - 15:59


La Fête du Lac
ft. Le Royaume de Seele

Ama n’a jamais été dupe quant à l’intérêt poli de Ren envers elle. Souvent mal considérée à cause de son jeune âge et son accession au pouvoir récente, la jeune femme se doute de ce que ses homologues peuvent penser d’elle. Néanmoins, elle a toujours eu à cœur de perpétuer le positionnement d’Aap dans la neutralité, ce qui ne l’empêche pas d’apprécier la compagnie du Souverain du Vide qui s’avère être de très bonne compagnie.

« Vous n’avez pas à vous excuser, je me doute que cela n’a pas été chose aisée de préparer tout cela. Je ne manque de rien, les gens de votre palais savent ce qu’ils font à n’en point douter. »

Tout en lui parlant, la Souveraine ne perd pas une miette de son bref regard vers un point derrière elle. En suivant ce dernier, elle aperçoit Llyn avant que l’homme ne revienne à l’instant présent pour lui présenter la jeune femme à ses côtés comme étant sa pupille. Lui offrant un signe de tête poli, Ama lui rend son salut.

« L’honneur est partagé Dame Auriane. J’ignorai que Ren avait un côté paternel. La vie au Palais vous sied-elle ? J’espère que votre tuteur sait se montrer présent pour vous. »

Prononcée sur le ton léger de la taquinerie, la question n’en est pas moins emplie de curiosité sur le lien qui les unie.

***

Avançant  de quelques pas parmi la foule, Llyn finit par s’arrêter pour écouter les deux enfants répondre à sa question et soupire en apprenant qu’elles ont simplement voulu « faire une blague » à leur gouvernante. La Gardienne lève les yeux au ciel alors qu’elles se chamaillent quand elle entend son prénom. Une jeune femme apparait alors dans son champ de vision, posant ses mains sur les épaules de Tylim et Shensheïla après s’être inclinée dans une profonde révérence. Hébétée par cette soudaine apparition, Llyn observe les cheveux blonds et le regard teinté de vert qui se pose sur elle.

« … Aliya ? »

Rencontrée sur les bancs de l’Académie il y a maintenant plusieurs années, les deux jeunes femmes ne se sont pas revues depuis cette époque. Se revoir ici, dans de telles circonstances, la laisse sans voix.

« Par Ruwa, mais… En effet, cela fait longtemps. Redresse-toi voyons ! »

Hors de question qu’une amie, aussi lointaine soit-elle, ne s’incline face à elle de la sorte. Tout en gardant les deux enfants près d’elle, Llyn s’approche pour lui prendre les mains, un sourire étirant ses lèvres.

« Je suis tellement heureuse de te revoir. Je te présente Tylim et Shensheila bin Ishüen, les filles aînées d’un ami qui sont parvenus à échapper à leur nourrice. Mesdemoiselles, je vous présente Aliya Hildegarde, une amie de longue date. »

Elle leur lance un regard réprobateur en disant cela avant de reporter son attention sur Aliya.

« Que fais-tu ici ? Tu es ici avec ta famille ? Ça me fait tellement plaisir de te revoir ! »
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Agni
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Ishüen

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le Lun 11 Juin - 10:47
 
La fête du Lac


Il doit se pencher un peu pour qu’elle n’ait pas trop à lever les bras et elle a parfois un peu de mal à garder ce rythme inconnu, mais père et fille sourient tout deux en dansant avec entrain. Imrani est une très bonne danseuse pour son jeune âge et c’est l’activité à laquelle elle s’adonne avec le plus de joie. Ses professeurs lui ont de nombreuses fois fait part de ses prédispositions dans ce domaine et Ishüen les a écouté avec attention, se promettant de cultiver ce talent, de faciliter son essor par tous les moyens. Mais il a beau passer un agréable moment en compagnie de sa benjamine, il n’en garde pas moins un œil à l’extérieur du cercle des danseurs, sur sa femme et son fils qui flânent tranquillement. Quand la musique s’achève et qu’il s’incline face à Imrani avant de la prendre dans ses bras, il n’a presque rien perdu du petit échange entre Azhan et l’autre petit garçon. C’est attendrissant. Et ça ne peut pas lui faire de mal, lui qui est si ronchon. Quittant le cercle, il repère ceux qui semblent être les parents du nouveau camarade de son fils auxquels son épouse adresse une révérence polie. Il s’en approche à son tour, souriant avec affabilité.

« Excusez-le, il est encore timide mais pas méchant. Il n’a pas eu beaucoup l’occasion de jouer avec des enfants de son âge depuis que nous sommes arrivés. »

Ça, et l’angoisse qui lui est restée d’un voyage particulièrement... mouvementé entre Agni et Akasha. Déposant sa fille à terre, il la laisse saluer rapidement avant de retourner en sautillant vers sa mère, lui demander si elle l’a vue danser. Pour sa part, il reste encore un peu avec le couple d’inconnus. Un homme d’une trentaine d’années au bouc impeccable, une femme plus jeune et très belle, tout deux pourvus du teint olivâtre, des yeux noirs et des cheveux de jais des agniens, mais avec un petit quelque chose d’akashan dans les vêtements et le style. Cela a le mérite d’attiser son intérêt.

« Pardonnez ma curiosité : êtes-vous des compatriotes ? Je serais tenté de dire que oui, mais je serais presque sûr de faire une erreur… »

Demande-t-il avec courtoisie. Pour sa part, son accent du sud est facilement identifiable si ses habits n’y suffisent pas. Mais quelque chose d’autre persiste à l’intriguer chez cet homme. Une fluidité dans les gestes, une souplesse et une maîtrise dans la démarche, dans la droiture de sa tenue, qui lui fait deviner le guerrier sous le simple badaud. Amusant…
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Prithvi
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Endor

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le Mar 12 Juin - 22:17
La fête du Lac
Ah, viens ma belle, apporte-moi du vin,
Apporte-moi du vin, je meurs de soif ici !
...

« Lori ? »
« Hm ? »
« Quoiqu’il arrive ce soir, empêche-moi de boire. »


En silence, je termine d’ajuster la large fibule d’acier ouvragé qui retient ma cape en peau de loup sur mes épaules, par-dessus ma tunique brodée. Entre les deux, un simple collier mais pas d’or partout pour une fois, de mes poignets à mes cheveux. Ça n’est pas nécessaire, a dit Talas. Même si nous sommes là en tant que représentant de Prithvi, il s’agit de la fête du Lac et pas d’une démonstration de puissance. Je fais confiance à Talas, c’est elle la maîtresse du protocole et de ses différents points d’équilibre. Mais pour moi, rien de tout ceci n’était vraiment nécessaire. Venir jusqu’ici, participer à tout cela, rencontrer à nouveau cet homme, à quoi bon ? Rien ou presque ne sera honnête. Mais puisqu’il le faut… Soupirant face à mon reflet dans le miroir d’argent poli, je finis malgré tout par me faire une raison.

J’arrive un peu plus tard que nombre de gens et mets pied à terre parmi la foule, suivi de quelques gardes du corps que je dépasse tous d’une tête en moyenne. L’effet est assez comique. Je leur fais signe de rester légèrement en arrière. La proximité de la foule m’est déjà pénible, je n’ai pas envie de les voir sous mon nez surveiller toutes les menaces potentielles pouvant surgir de ce grand rassemblement de personnes en fête. Timidement, j’avance sans trop savoir où je vais de prime abord, me laissant guider par mes sens. La musique, les chants, les danses, la nourriture… Tout se bouscule de toute part au même rythme que les gens que je croise. Beaucoup s’écartent, impressionnés par ma taille. Certains me reconnaissent et me saluent timidement. Je ne sais pas ce qui me met le plus mal à l’aise au final. Parcourant la foule du regard, j’essaie de retrouver Lori, Nàr ou Ama. Des visages connus et amicaux, ou à tout le moins non hostiles. Comme toujours, comme souvent, mon vœu n’est qu’à demi exaucé.

J’aperçois la Souveraine de l’Eau, ma petite fée rousse aujourd’hui splendide dans sa robe bleue et ses parures d’argent, uniquement pour me rendre compte qu’elle est avec lui. L’Usurpateur. Je sens mes muscles se tendre. Cela faisait un an que je ne l’avais pas vu, depuis ce face à face honni à Émeraude. Il ne m’avait pas manqué. Je m’épargnerais bien encore un peu de sa proximité mais c’est Ama qui se trouve en sa compagnie, qui lui parle et lui sourit. Je ne peux les laisser seuls, justement à cause de mes griefs envers lui. Même si elle est prudente et sensée, Ama est jeune et ne peut totalement compenser son manque d’expérience par sa seule sagacité. Je refuse de la laisser à sa merci. Ravalant ma répulsion, je m’avance donc, droit et sans doute un peu raide, mais je me moque de paraître austère à ses yeux. À mesure que je m’approche, je remarque une seconde jeune femme que je n’avais pas vue de prime abord. Brune, mince et pâle, toute vêtue de bleu et d’anthracite, elle ressemble à un oiseau marin, ou aux premières fleurs du printemps à lutter contre l’hiver. C’est à cela que me fait songer la coupe de sa robe.

« Bonsoir, Ama. J’espérais te voir… »

Lui dis-je doucement en lui embrassant la main. Nos regards se croisent, nos sourires aussi. Ils sont discrets, pas aussi complices et joyeux que lorsque nous nous retrouvons seuls et que nous laissons éclater l’affection tendre et toute fraternelle que nous avons l’un pour l’autre. Elle comme moi savons que nous devons nous tenir en public, à plus forte raison en cet instant. Me redressant de toute ma hauteur, je finis par poser avec reluctance mon regard sur lui. Le rejeton du Chaos toujours à la tête d’Akasha.

« Ren. Ma Dame. »

Toute la glace de ma contrée résonne dans ma voix.
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Akasha
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Ren

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le Lun 18 Juin - 10:54
La Fête du Lac

Un sourire vint étirer les lèvres du Souverain devant l’air taquin d’Ama. C’était la première fois qu’il présentait Auriane à la classe dirigeante et s’il n’en montrait rien, son coeur était enserré par l’angoisse. La jeune femme lui faisait honneur et se comportait comme elle avait appris à le faire depuis qu’elle était venue vivre avec lui. Mais sa convalescence ainsi que la méfiance de Ren l’avaient jusqu’à présent préservée du monde qui était devenu le sien. Aujourd’hui, cela changeait. Aujourd’hui, sa jeune soeur était introduite au monde politique de Seele, à ses représentants et à ses règles. Une journée qu’ils avaient tous deux redoutée mais qui devait fatalement arriver.

Aussi, qu’Ama soit la première dirigeante à rencontre Auriane - outre Vilya et Celian qui avaient déjà fait sa connaissance lors de précédentes visites à Akasha - rassurait le jeune Souverain. La nature douce et bienveillante de la Souveraine d’Aap était connue de tous et étant presque aussi jeune qu’Auriane, Ren pensait que cela ferait du bien à sa soeur de se retrouver en compagnie d’une jeune femme de son âge lors de sa première véritable apparition à ses côtés. Ils auraient ensuite tout le temps d’aller se promener parmi les étals et d’assouvir la curiosité de sa soeur pour tout ce que Seele avait à offrir. Ils pourraient retrouver Samir et Fearghas, dont elle appréciait autant que lui la compagnie. Àliya également, que Ren espérait présente malgré sa réticence. Mais pour le moment, ils devaient s’acquitter de leurs devoirs d’hôtes et cela impliquait de passer du temps avec des personnes que Ren n’avait aucune envie de voir et encore moins de présenter à sa soeur.

Auriane sourit en retour à Ama, plus franchement que son frère et hocha la tête, son grand regard gris pétillant de malice tandis qu’elle répondait à la Souveraine, sur le ton de la confidence.

“Croyez-moi, je fus la première surprise. Mais il se trouve que Mon Seigneur me fait encore mieux la leçon que mon propre père. J’admets bien me comporter uniquement pour avoir accès à sa bibliothèque, c’est là mon seul et unique dessin. J’ai d’ailleurs pu lire bon nombre d’ouvrages portant sur Aap, Ma Dame. C’était fascinant et...”

Auriane s’interrompit tandis que Ren fronçait légèrement les sourcils. Une ombre s’était avancée sur eux et un vent glacial vint balayer la bonne humeur générale. Endor. Le Souverain de la Terre s’avançait vers eux, sa silhouette imposante dépassant tous les badauds présents. Auriane se recula légèrement tandis que Ren fixait le nouveau venu, le visage fermé de toute expression. Il savait que ce moment arriverait, il aurait souhaité que ce ne soit pas dès maintenant. En posant son regard sur le Souverain, il ressentit toute la rancoeur et l’animosité qui l’avaient animé lors de leur premier et dernier face à face chez Vilya, après la mort de Seren. Endor était pour lui l’illustration même de ce qui l’avait poussé à agir et à tuer Seren. La passivité, l’inactivité, la faiblesse. Auriane avait tenté de le raisonner, de le pousser à voir les choses d’un point de vue plus global et plus objectif, ayant à coeur qu’il soit accepté des autres dirigeants. Il en avait été incapable. Il avait reproché à Llyn son hypocrisie. Il reprochait à Endor sa faiblesse.

Lorsque ce dernier focalisa son attention sur Ama, la saluant chaleureusement, il se tourna légèrement vers Auriane et fut surpris de voir la jeune femme encore plus pâle qu’en temps normal. Elle regardait Endor, livide et lorsqu’il se retourna vers eux, elle baissa subitement le regard. La jeune femme avait peur du Souverain.

“Endor.”

Au timbre glacé du Souverain, il avait répondu avec une profonde indifférence. Le ton neutre, plat, tout autant que son expression, Ren n’exprimait rien en cet instant. Il était habitué à cette hostilité. La seule différence entre Endor et le reste de ses ennemis était que le Souverain couvait une puissance dévastatrice. Il était la Terre. Et c’était un fait que Ren gardait bien à l’esprit. Auriane quant à elle, frémit devant la glace qu’elle sentait transpercer ses vêtements. Toujours sans relever le regard, elle s’inclina doucement, sa voix n’étant qu’un murmure à peine audible tandis qu’elle saluait respectueusement le Souverain.

“Sire…”

Elle aussi savait ce dont le Souverain était capable. Et surtout qu’il était l’opposant de son frère le plus redoutable. Elle dut se retenir de tirer Ren par le bras et de l'entraîner loin, sur l’autre rive du lac. Car face au Seigneur de Prithvi, elle sentait son coeur se serrer sous l’effet de la peur. Elle souhaitait simplement admirer l’envol des lanternes. Mais la fête avait en cet instant pris pour elle un tout autre tournant qu’elle n’était pas sûre d’apprécier.
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Àliya

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le Ven 22 Juin - 12:49

Le son clair de la voie de mon amie d’université me fit sourire de plus belle, alors que je me redressais, mes joues rosissant d’un plaisir courtois. J’inclinais doucement le buste face aux enfants qui se tenait là. Llyn avait toujours eu un don incroyable pour se lier, peu importait l’âge. Elle était franche et entière, ce qui faisait d’elle, une personnalité à part entière.

«  - Je suis ravie de vous rencontrer les enfants ! Vous surement aussi urbain que taquin...! »

Leur offrant un autre sourire, j’acceptais avec plaisir les mains de la jeune femme que je serais, avant de la prendre dans mes bras. Ce n’était certes, pas comme cela que j’avais été éduqué, mais certaine circonstance devait permettre quelques entorses à l’étiquette.

«  - Je suis heureuse également….Cela fait si longtemps ! Si j’avais espérer te croiser ici, j’aurais émis moins de réserve à venir….Mais j’aurais du me douter que tu serais de la partie. Je n’étais pas sure qu’on aurait l’occasion de se voir. »

Même si son statut de gardienne avait été de notoriété commune, je n’accordais finalement, qu’assez peu de crédit à ça. J’avais eu la chance d’être suffisamment en lien avec la haute noblesse de mon pays pour ne pas être si impressionnée par son statut. Aussi ne l’étais je toujours pas, mais je savais quelles étaient….Ses prérogatives et ce que l’on attendait d’elle en un pareil soir. Des yeux, je cherchais Ama, la Souveraine d’Aap, et je la vis en compagnie de Ren et Auriane. Je souris.  Même si je ne la connaissais pas, je savais sa douceur.

« - Et bien…je vis ici à présent. Il y a eu….pas mal de mouvement pour moi en Vaata. Une épidémie à frappé ma ville si bien que mes parents en ont soufferts…Ma famille et mon nom ont connus un certain nombre de tourments suite à leur déclin, j’ai dû….reprendre un peu les affaires de famille. Je savais que les meilleurs médecins se trouvaient ici, de fait, je leur ai trouvé une maison avec du personnel pour veiller sur eux. Leur état s’améliore nettement, et même si cela prendra un peu de temps, j’ai à cœur de les voir se rétablir prestement. Mais j’étais partie avant….avant tout ça. La conjoncture m’a fait revenir et je me suis établie en ville pour veiller sur mes parents. »

Ren et Llyn étaient bon camarades à l’époque et s’il y avait eu tension entre les deux, Ren ne m’en aurait pas parlé. A vrai dire, nous ne nous entretenions pas encore de nos vies privés, je doutais qu’un jour cela puisse arriver. Je jetais un coup de menton en direction de sa Souveraine et du mien.

« - Je travaille en tant qu’archiviste de la bibliothèque. J’ai été surprise de voir Ren faire mon entretien. Je l’ai été plus encore quand j’ai appris qu’il était le souverain d’Akasha. Depuis….je n’ai plus tellement eu l’occasion de sortir. Il y a bon nombres de choses à apprendre et bon nombre de chose à faire éclore auprès de nos concitoyens. Je ne savais pas si je devais venir ou non…Si j’étais encore capable de faire preuve de sociabilité… ! »

Je souris en secouant la tête, plongeant mes yeux dans le regard de Llyn. J’étais vraiment heureuse de la voir.

« - Et toi alors ? Comment ça se passe depuis à Aap ? Le monde à bien changé depuis nos études, avec une vitesse que nous n’aurions pas pu prévoir je pense. »


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Aap
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Llyn

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le Ven 22 Juin - 23:11


La Fête du Lac
ft. Le Royaume de Seele

Ama observe la jeune femme face à elle. Son visage est doux et son sourire est communicatif alors qu’elle parle de Ren d’une façon dont la Souveraine n’aurait jamais soupçonné entendre parler. Quand elle se met à parler des ouvrages traitant d’Aap, la jeune femme tend une oreille attentive, curieuse d’en savoir plus, mais une ombre approche à cet instant, attirant l’attention de tout le monde. Surprise par la tension qui prend possession de l’atmosphère, Ama tourne la tête vers Endor qui s’avance vers eux. Un sourire s’épanouit sur son visage en voyant son ami. Celui-ci attrape délicatement sa main pour y déposer un baiser.

« Bonjour Endor. Je l’espérais également. Je suis ravie de te voir. »

Ce qui ne semble pas être le cas de Ren et réciproquement. Les deux hommes se saluent respectivement de leur simple nom, et Auriane fait poliment de même face au Souverain de la Terre. Ama a bien conscience que la situation n’est pas évidente entre les deux souverains et briser la glace qui s’est installée entre eux risque d’être particulièrement difficile. Heureusement, l’heure n’est pas à la politique.

« Il me tarde de découvrir tous les étals de la fête. J’espère que vous me pardonnerez de prendre congé de vous Ren. Dame Auriane. »

Elle leur fait une brève révérence. Endor prend également congé et ils s’éloignent tous les deux, suivis par leur garde respective pour découvrir la fête.

***

La jeune gardienne a un mouvement de surprise lorsqu’Aliya la prend dans ses bras, mais elle se détend rapidement et lui rend son étreinte. C’est avec plaisir que Llyn constate que la jeune femme n’a pas changé d’attitude envers elle à cause de son statut. Déjà lorsqu’elles étaient à l’Acaddémie, Aliya était l’une des rares à oser s’approcher d’elle, faisant fi de son rang et de ce qu’elle était. Et effectivement, il y avait peu de chance que Llyn ne vienne pas aujourd’hui. L’absence d’Aap à la fête du lac aurait pu être mal vue, surtout après les récents événements, et créer des incidents diplomatiques sur des choses aussi futiles serait parfaitement idiot.

Llyn suit le regard d’Aliya vers Ama et Ren avant de constater qu’une autre silhouette bien connue s’est approchée d’eux entre temps. La Gardienne est soudain rassurée de savoir Ama en compagnie d’Endor. Lori ne doit sûrement pas être loin avec sa femme et sa fille. Elle reporte son attention sur la jeune femme face à elle qui lui raconte les raisons de sa présence à Akasha. Raisons qui l’attristent au plus haut point. Apprendre que les parents d’Aliya ont été les victimes d’une épidémie n’est pas une chose joyeuse et elle serre les mains de la jeune femme dans les siennes en guise de soutien… avant de blêmir en entendant la suite de ses explications.

Archiviste de la bibliothèque ? Le regard de Llyn s’écarquille de surprise en apprenant qu’Aliya travaille au Palais d’Ebène pour Ren. Inconsciemment, la jeune femme prend un air un peu moins amical et récupère ses mains comme si de rien n’était. Jamais elle n’aurait pensé que la vaatienne se mettrait au service de Ren, mais après réflexion, ça ne lui semble pas si incohérent. Aliya a toujours aimé la connaissance et la bibliothèque d’Akasha en est une des premières sources de Seele. De plus, Vaata a soutenu Ren dans sa prise de pouvoir. Lorsqu’une question lui est posée, Llyn revient au moment présent, tentant de mettre ses a priori de côté.

« Oui le monde a bien changé en effet. » Difficilement encore de savoir si ce sont des changements bénéfiques ou non. « Mais quant à moi, ma vie avance comme elle l’a toujours été destinée. Ama et moi avons succédé Jylia et Desde il y a trois ans maintenant. Mais comme tu l’as dit, les choses changent vite et il est difficile de savoir ce que nous promet l’avenir. Tant que je reste aux côtés de ma Souveraine, là où est ma place, c’est tout ce qui importe. »

Llyn sourit et une pointe de tristesse peut être perceptible. Ce destin tracé depuis son plus jeune âge a toujours été un sujet délicat. Encore une fois, elle tourne la tête vers les Souverains, notamment sur Ren, avant qu’elle ne voit Ama et Endor prendre congé. Elle reporte de nouveau son attention sur Aliya.

« Mais dis-moi, comment en es-tu arrivée à devenir l’archiviste du Palais ? »
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Le Gardien

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le Dim 24 Juin - 17:43
Le lancer de lanternes
L’atmosphère était emplie d’allégresse et de joie. Le soleil déclinait, disparaissant peu à peu, assombrissant le ciel et la surface tranquille du lac. Le moment était presque venu. L’homme pouvait sentir autour de lui la fébrilité qui s’emparait de tous les participants. Les étals proposant des lanternes aussi diverses que variées avaient vidé leurs stocks. Les mets de l’après-midi avaient presque disparu et bientôt, les plateaux seraient à nouveau remplis et les tables crouleraient à nouveau sous l’abondance des cinq contrées. Les orchestres s’étaient peu à peu interrompus et ne restaient plus que des sonorités agniennes dans l’air ambiant, la terre du feu étant maîtresse incontestée lorsqu’il s’agissait de faire résonner les dernières notes.

Peu à peu, la foule se dirigea vers la rive du lac. L’homme suivit le mouvement. De là où il se trouvait, il avait une vue imprenable sur la colline depuis laquelle les dominaient Ebène et son palais. Au loin, il aperçut les montagnes de Prithvi dont les pics s’assombrissaient et disparaissaient tandis que la nuit commença à prendre ses droits. Un murmure s’éleva autour de lui. Les torches autour du lac commencèrent à être allumées et l’ombre des flammes s’étirait sur le manteau scintillant du lac. Des enfants sautillaient d’excitation, difficilement contenus par leurs parents. Des familles entières, des voisins, des amis, des amants, les paires et groupes se formaient tandis que les habitants de Seele se préparaient à laisser leurs voeux s’envoler pour rejoindre les astres.

Le soleil disparut. Le silence tomba. Un silence solennel, stupéfiant, brisé par quelques rires d’enfants qui ne comprenaient pas entièrement ce que cet instant signifiait. Les regards se dirigèrent vers le pied de la colline et vers l’immense tente qui y avait été installée. Les Souverains et Gardiens seraient les premiers à laisser leurs lanternes s’envoler. On tendait le cou, on montait sur la pointe des pieds, tentant d’apercevoir une des silhouettes parfaitement reconnaissables des neuf enfants des gemmes.

Des lumières commencèrent à apparaître sur les bords du lac tandis que les premières lanternes commencèrent à s’allumer. Murmures enthousiastes, mouvements d’impatience. Le moment était venu. L’hôte des lieux s’avança et le silence se fit à nouveau. Il serait le premier à lancer sa lanterne comme le voulait la tradition. Puis, Akasha sera rejointe par Aap, Prithvi, Vaata et Agni. Les cinq contrées monteraient aux cieux et Seele tout entier viendrait alors les rejoindre.

Le moment était venu.  



Règles
✗ La fête du Lac se déroule lors du 75ème jour de Liekki de l'année 1000.

✗ Les règles sont les mêmes que pour la première partie de l'event !

✗ Le seul ordre de passage ici concerne la tradition qui veut que les Souverains et Gardiens soient les premiers à lancer leurs lanternes ! Akasha est la première, suivit par les quatre autres contrées, dans n'importe quel ordre ! Une fois que les Souverains et Gardiens ont lancé leurs lanternes, c'est au tour de la population de Seele.

✗ Merci de ne pas écrire d'énormes pavés de cinq pages afin que le sujet avance et ne traîne pas trop en longueur.

✗ Le lancer de lanternes ne devrait pas prendre plus d'un voire deux tours rps. Une fois que tout le monde aura posté, je reviendrais pour annoncer la suite des festivités qui se poursuivront jusqu'au lever du soleil où je posterai une dernière fois pour annoncer la fin des festivités.

✗ Si vous n'avez pas encore pris part à l'event et souhaitez le faire même pour un seul post, faites ! Tout le monde est libre de venir et de partir. Si vous souhaitez juste poster pour le lancer de lanternes c'est totalement possible !

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Ren

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le Mar 26 Juin - 13:19
La Fête du Lac

Il était temps. Le soleil avait disparu, remplacé par l’astre lunaire. Le ciel était clair, déserté de tout nuage et les dernières lueurs du crépuscule laissaient derrière elles cinquante nuances de bleu qui semblaient couler tel de l’encre se renversant sur un parchemin. Un véritable spectacle. La musique s’était tue, les danses s’étaient arrêtées dans une dernière révérence. Ren avait observé la procession qui s’était, d’un même geste, dirigée vers les rives du lac. Le silence régnait et il y avait quelque chose d’angoissant dans cette attente. Les visages, il pouvait le deviner, étaient tous tournés vers l’endroit où lui et les autres dirigeants se tenaient. Il ne savait pas où étaient les autres Souverains et les Gardiens et il ne souhaitait pas le savoir. Non loin de lui, il en était sûr, mais la berge sur laquelle ils se tenaient était suffisamment large pour qu’ils n’aient pas à se tenir côte à côte pendant cet instant intime malgré sa publicité. Il se pencha vers Auriane, toujours à ses côtés, et chuchota quelques mots à son attention.

“ - Avance avec moi.
- Ren… je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.
- Tu es ma pupille, non ? Ta place est à mes côtés. Ce qu’ils en pensent m’importe peu.”


La jeune femme soupira discrètement. Elle n’avait pas pu venir à la dernière Fête du Lac en raison de son état. Elle n’avait aucune idée de comment s’était déroulé cet événement et quel en était le protocole. Connaissant son frère, il n’aurait aucunement prêté attention aux divers conseils donnés afin que tout se déroule comme dans le passé. L’époque de Seren était révolue et il voulait que tout le monde le sache. Elle avait posé la question. On lui avait dit que le Souverain des Astres faisait toujours un discours avant de laisser sa lanterne s’envoler. Un discours sur l’unité, sur les liens sacrés qui unissaient les contrées et sur le futur prospère que leur assurait une telle alliance. Elle avait longuement hésité mais elle avait fini par poser sa deuxième question. La réponse avait fusé. Non. Son frère n’avait fait aucun discours l’année passée.

Et Ren n’en ferait pas cette année non plus. Il ne croyait en aucune des paroles qu’on avait tenté de lui faire prononcer en ce jour. Il acceptait de laisser cette célébration avoir lieu et de faire acte de présence. Il acceptait de respecter la tradition qui voulait que le Souverain d’Akasha soit le premier à lancer sa lanterne. Mais c’était là tout ce qu’on pouvait attendre de lui. Alors, il s’avança, ayant en main la lanterne que Fearghas venait de lui donner. Auriane avançait également, les mains vides. Si la jeune femme ne comptait pas contester l’autorité de son frère en public, elle était cependant déterminée à ne pas donner aux autres contrées une nouvelle occasion de reprocher quoique ce soit au Souverain d’Akasha. Elle frémit en repensant au regard de glace que le Souverain de Prithvi avait posé sur eux deux. C’était mieux ainsi. Elle lancerait sa lanterne parmi les habitants de Seele, après tous les dirigeants.

“- N’oublie pas de faire un voeu.
- Ah… Que pourrait-on souhaiter dans un monde tel que celui-ci ?
- Que les choses changent… pour le mieux ?”


Ils étaient tous deux sur la berge, éloigné de tous, seuls malgré les centaines de regards posés sur eux. Ren sembla réfléchir, sa lanterne brillant doucement entre ses mains tandis qu’il l’allumait. Puis un sourire vint éclairer son visage et il hocha doucement la tête avant de laisser la lumière s’échapper de son étreinte et aller rejoindre les cieux. Ils observèrent tous deux la tâche illuminée devenir de plus en plus petite tandis qu’elle s’éloignait, rejoignant les astres et le vide, présent malgré son immatérialité. Les deux facettes d’un tout.

“Qu’il en soit ainsi.”
lumos maxima

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Prithvi
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Endor

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le Ven 29 Juin - 9:03
La fête du Lac
Lorsque j’ai rencontré Seren pour la première fois, il y a seize ans, j’ai senti dès le premier regard qu’il m’était supérieur. La terre  est vouée à rester sous le ciel à jamais. Je me suis incliné devant lui avec crainte et respect. Oui, il me faisait peur. Pas seulement parce qu’il était déjà fou et capable de faire massacrer son peuple sans raison apparente mais parce qu’il était le réceptacle du pouvoir des Astres et, quoi que nous en disions par ailleurs, le premier des souverains. Je le redoutais comme un vassal redoutait un seigneur injuste et puisque nous ne pouvions pas nous rebeller contre lui, j’ai poursuivi dans la voie d’Ilesh et pris toutes les dispositions pour que Prithvi soit à l’abri de sa fureur. Pourtant, malgré l’horreur de ses actes et la honte qu’il m’arrive d’éprouver pour cette pensée, j’ai compris instantanément une partie de son aliénation lorsque j’ai posé les yeux sur Ren. Dès que j’ai eu connaissance de son existence, dès qu’il a pris corps devant moi, ni stupeur ni tremblements ne se sont emparés de mon esprit comme cela fut le cas avec son prédécesseur. C’était comme si le ciel au-dessus de moi s’était effondré, avait disparu pour laisser place à l’immensité du néant, à un vertige d’épouvante. En le voyant, je n’ai senti monter que l’horreur des temps à venir et de tous les bouleversements qu’il déclencherait. En le voyant, je n’ai senti que la plus profonde abjection que l’on ressent pour son exact contraire. Les choses n’ont que peu changé aujourd’hui, même si ce second face-à-face est moins violent, moins dangereux que le premier. Je ne sais si je dois en remercier l’atmosphère de fête autour de nous, son calme minéral ou la présence des femmes.

Ama et moi finissons par prendre congé. J’incline la tête avec raideur, sans un mot, et je m’éloigne avec elle sans un remord. Marchant tous deux entre les étals, elle me reproche avec sa douceur habituelle le manque d’amabilité dont j’ai fait preuve, ce à quoi je réponds avec tout autant de patience qu’il n’aurait pu en être autrement. Rien au monde ne saurait me convaincre d’accepter cet homme. Je ne suis pas un fou et je vois bien que le peuple d’Akasha revit depuis qu’il est au pouvoir, que certaines de ses décisions sont totalement justifiées et qu’être libéré de l’ombre de Seren est un soulagement. Mais même cela ne change rien. Ren est le Vide. Ren n’a que faire du passé et des traditions séculaires qui sont le socle de Seele. Je ne peux m’enlever de l’esprit la sombre conviction qu’il nous précipitera tous dans l’abîme et, si cela ne compte pas comme une confirmation, j’ai bientôt une nouvelle preuve qu’une partie de mes reproches sont fondés lorsque vient le moment du lancer de lanternes. Lorsqu’il ne s’avance pas seul comme le veut la tradition, mais avec cette jeune femme qu’il prétend sa pupille. Lorsqu’il refuse de prononcer un mot alors que tous attendent sa parole, quelle qu’elle soit. Mon visage se ferme, le ressentiment gronde dans mes entrailles devant un tel mépris pour tous ceux qui l’ont précédé. Qu’il jaillisse de nulle part et n’usurpe le pouvoir par le meurtre est déjà un crime atroce, mais qu’il manifeste aussi peu d’importance pour le monde dans lequel il a mis les pieds, c’est le plus grand des affronts. Près de moi, Lori perçoit ma colère et la partage en partie. Même s’il se trouve dans mon dos, légèrement en retrait, Nàr me connait suffisamment bien pour deviner ma pensée. J’entends son habit de cérémonie cliqueter lorsqu’il se penche vers moi.

« Fait-il sciemment cela pour nous insulter ou n’a-t-il conscience de rien, d’après toi ? »
« L’as-tu déjà entendu parler ? Il est parfaitement conscient de tout ce qu’il fait. »
« Sa pupille… Un joli mot. Je l’utiliserai moi aussi pour parler des esclaves de mon harem. »
« Nàr. Arrête. »


J’ai de l’estime et de la sympathie pour Nàr même si nos tempéraments sont en apparences opposés. Mais même si j’ai connaissance de son inclination à la plaisanterie parfois acide, il y a des limites à ne pas franchir. Qui qu’elle soit réellement, la jeune femme à ses côtés ne mérite pas que nous lui manquions de respect. Elle est, aux dernières nouvelles, pure des crimes dont nous accusons Ren. Le souverain du feu se recule avec un sourire et je m’avance à mon tour vers le lac en compagnie de mon gardien alors que le souverain du Vide s’éloigne du rivage avec sa pupille. Je parviens à l’ignorer malgré ma rancœur et le chasse de mon esprit pour ne penser qu’à la lanterne aux couleurs de Prithvi que je tiens dans mes mains. Lori tient la même et nous échangeons un regard.

« Tu crois qu’ils auraient aimé nous voir ici ? »
« Oui, même s’ils seraient encore plus inquiets que nous de ce qui va suivre… »
« Qu’est-ce qui va suivre ? »
« Tout. »


Mon gardien, mon ami, détourne le regard et nous contemplons un instant la surface moirée du lac avant de lâcher nos propres lanternes avec un soupir. Ainsi soit-il…
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Aap
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Llyn

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le Dim 1 Juil - 18:31


La Fête du Lac
ft. Le Royaume de Seele

Lorsque le soleil commence à se coucher au-dessus du Royaume de Seele, Llyn part rejoindre le reste des Gardiens et Souverains près de la grande tente près de la rive du lac. Petit à petit, les chants, les danses et la musique se sont arrêtés et la population présente à la fête s’est doucement mise en marche vers le lac pour assister au premier spectacle de la soirée. Rejoignant Ama, la jeune femme la salue poliment. Non loin, elle aperçoit les autres dirigeants. Nàr et Meira. Endor et Lori. De l’autre côté, se trouvent Vilya et Celian, ainsi que Ren et la jeune femme qu’elle a déjà pu apercevoir à ses côtés et qui se nomme Auriane, d’après ce que lui a dit la Souveraine de l’eau. Elle serait la pupille de Ren, toujours d’après cette dernière, mais Llyn reste perplexe face à cette information, sans réellement savoir pourquoi.

Une femme la tire de ses pensées alors qu’elle vient donner à Ama et Llyn leurs lanternes aux couleurs de Saphir. Elles s’approchent du lac au moment où Ren fait de même, avec la fameuse Auriane. Les deux femmes se regardent alors que le Souverain du Vide brise la tradition de s’avancer seul pour lancer la première lanterne. Elle n’en tient pas à la main, mais cela reste, d’une certaine façon, un affront, accentué par le fait qu’aucun discours n’est prononcé et les chuchotements que Llyn entend du côté des souverains de la terre et du feu le lui confirment. Llyn regarde la lanterne solitaire s’élever vers le ciel étoilé, se reflétant dans les eaux noires du lac.

« Ce n’est pas ainsi qu’il parviendra à se faire accepter. »
« Je me demande à quoi il joue en agissant de la sorte. »

Ama hausse les épaules avant de se tourner vers Endor et Lori qui s’avancent à leur tour vers la noirceur du lac. Leurs lanternes ont été allumées également. Un fin sourire apparaît sur les traits de la gardienne alors qu’ils échangent quelques mots qu’elle n’entend pas avant de laisser s’élever leurs lanternes, qui partent rejoindre les cieux. C’est Nar et Meira qui les suivent pour faire de même, avant que ne vienne le tour des représentantes d’Aap.

Les deux jeunes femmes s’avancent à leur tour après que leurs lanternes aient été allumées. Se tenant au bord de l’eau, Llyn lève les yeux vers le ciel pour voir les cinq lanternes s’éloigner doucement. La main d’Ama vient se glisser dans la sienne. Elle se tourne vers son amie, qui observe également le ciel, songeuse.

« Quelque chose ne va pas ? »
« Je me demande juste ce que l’avenir nous réserve. »
« Ah… Ça… » Le regard de la jeune femme se tourne vers Ren, toujours posté plus loin. « Je me le demande aussi. »

Puis doucement, elles poussent leurs lanternes vers le ciel et celles-ci s’élèvent pour aller rejoindre leurs consœurs sous les regards de la foule qui s’émerveille face à ce spectacle.
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