Seigneur des Chevaux
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Ishüen

Seigneur des Chevaux
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le Ven 6 Juil - 9:03
 
La fête du Lac


C’est une chose étrange pour lui de ne pas voir la journée passer sans que cela ne soit à cause de son travail. Il s’en rend compte après coup, mais force lui est d’admettre qu’il s’est amusé pendant cette fête. Rencontrer et parler à des têtes connues comme à de parfaits étrangers, goûter, danser et admirer toutes ces choses lointaines qui étalent leur bourdonnement de couleurs, de parfums et de mélodies aux quatre coins du lieu, faire découvrir les merveilles de sa propre contrée… Tout cela était dépaysant et fort agréable. Après sa rencontre avec Mila, la Gardienne d’Aap est venue lui rendre ses petites diablesses de filles aînées et Seylim en a profité pour lui présenter ses hommages et ses remerciements pour leur avoir sauvé la vie au début de la saison. Il est heureux d’avoir eu un peu de temps pour lui voir et lui parler, tant il sait que cette fête n’est pas qu’une simple distraction pour elle et porte de nombreux enjeux politiques dont il ne tarde bientôt pas à sentir le poids. Lorsque la lumière du jour cède le ciel à celle des flambeaux, la famille au grand complet s’empresse d’aller acheter des lanternes et de se joindre à la foule qui se masse sur les rives du lac. Dans un geste de bienveillance paternelle, Ishüen prend Imrani et Azhan dans ses bras pour les jucher sur ses épaules afin qu’elle puisse mieux voir. Il regrette de ne pouvoir faire de même pour ses autres filles, mais elles sont trop grandes à présent. Bientôt, le Souverain du Vide s’avance. En compagnie d’une jeune femme. Un murmure de stupeur parcourt toute la foule et le Seigneur des Chevaux se penche vers son épouse :

« Qui est-elle, ma dame ? La pupille dont vous m’avez parlée ? »


Vraisemblablement. Le Prince Marchand plisse imperceptiblement les yeux en voyant s’élever la lanterne solitaire, sans qu’aucun discours n’ait été prononcé. Pas que ce dernier lui manque spécialement, lui-même le trouvait passablement risible tant il est contradictoire de prêcher l’unité en massacrant son propre peuple. Mais il n’en demeure pas moins que c’est un message fort que Ren a choisi d’envoyer. Un message qui en ébranle certainement plus d’un, à commencer à ses pairs. Malgré tout, il ne fait pas de commentaires. Il réfléchira à tout ceci plus tard. Reposant ses enfants à terre, il les aide à allumer leurs lanternes en compagnie de sa femme pendant que les autres souverains lancent les leurs. Puis vient le tour du peuple. La surface de papier réchauffe ses paumes alors qu’il la tient dans ses mains, contemple quelques instant son éclat. Ses enfants sont émerveillés, et impatients, et un peu angoissés à l’idée de faire une bêtise. Ishüen sourit à sa fille aînée qui le regarde intensément, comme chaque fois qu’elle cherche son approbation.

« Lance-la. »


Par réflexe, Tylim s’exécute. Sa lanterne est la première à s’élever dans le ciel, suivie de près par toutes les autres. Et c’est bientôt un tapis de lumière qui part à l’assaut de la nuit, constellant les ténèbres d’une multitude d’éclats mouvants, dansants qui chatoient dans les yeux et les cœurs. Ishüen sent ses enfants lui saisir les mains, muets et souriants devant ce spectacle, et lui-même adresse un sourire à sa femme. Un sourire tendre et un triste, qui interroge l’avenir.
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Agni
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Seylim

Agni
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le Mer 11 Juil - 3:11

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[event de la Fête du Lac]

[feat. Tout le monde ♥️]



Le récit de la fête est la moitié de la fête.
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=> 75ème jour de Liekki de l'année 1000 à Akasha.
Épuisée. Seylim venait de retrouver ses filles, lesquelles – surexitées – lui raconter leur journée. Elles lui parlèrent de la Gardienne d'Aap, de son amie, des bêtises faites et autres joyeusetés enfantines qu'elle se laissait jalouser en silence. Bien évidemment, fidèle à son rôle et à son éducation, la Dame aux Chevaux avait remercier la Gardienne de lui ramener ses filles, de s'être occupée d'elles et – cela paraissait évident – de leur avoir sauvé la vie. Les leurs et celle de son compagnon. Elle s'était laissé profité quelque peu des attractions en compagnie de son fils qui l'avait emmené visité divers stands. Elle avait goûté des plats anodins, vu de superbes danses et avait parfaitement contribué au bonheur de son fils... Tout en restant aussi ambassadrice que possible. Seylim avait salué et discuté assez longuement de contrat, de politique et autres sujets qui l'avait empêché d'être une simple mère de famille. Et, lorsqu'ils s'étaient dirigés vers les autres membres de leur famille, Seylim se sentait éreintée. Tout autant qu'une journée à Akasha en compagnie d'autres ambassadeurs. Ses deux aînées les dirigeaient vers les lanternes qu'ils achetèrent et, dans l'instant suivant, rejoignirent les rives du lac. Un coup d'oeil vers son époux et elle sourit faiblement de le voir porter leur deux plus petits. Et les murmures se levèrent lorsque le Souverain du Vide s'avança. Seylim eut une légère inclinaison, réflexe des heures passées à accueillir les grands de Seele. Il ne la verrait sûrement pas. Mais elle, elle se savait respectueuse. Sous le chuchotement de son compagnon, elle répondit faiblement.

(Seylim) ▬  Effectivement, c'est elle.

Elle observait la lanterne sans la voir. Pas de discours. Cela ressemblait assez à Ren... La Dame du désert eut une pensée sur le fait qu'elle appréciait l'humilité de la pupille. Elle aurait pû en profiter pour passer devant les Souverains, lancer sa lanterne bien avant toute autre personne après Ren... Le fait qu'elle s'en soit retenu était appréciable. Seylim n'aurait voulu en rien devoir se battre sur un nouveau propos avec son Sire. Il était déjà bien assez compliqué pour elle de prôner la paix et la diplomacie avec ce dernier... Alors une telle bourde aurait été fâcheux. Elle se laissa secouer la tête lentement. Elle n'était pas là pour y réfléchir. En fait... Si.

Son visage s'adoucit devant le regard insistant de Tylim, le calme de Shani, Imrani qui observait les alentours avec douceur, de leur frère, se tenant droit comme un prince, sur l'épaule de son père. Par Liekki qu'elle les aimait... Tous. Sans exception. Même lui, cet homme qui faisait chavirer demoiselles et bons hommes... Même lui, qui lui avait tant assombrit le passé et pourtant éclairer son avenir... Même Ishüen et ses manipulations, ses frasques et son comportement. Elle l'aimait.

(Ishüen) ▬   Lance-la.

Elle observa doucement sa fille élever la lanterne, son corps s'abaissant vers la cadette, lui offrant la sienne. Shani ne demandait pas et semblait juste attendre... La Dame aux Chevaux la savait très proche de son père, de part leur caractère à tous deux. Entre fierté et appréhension, elle la lui tendit, se rapprochant pour lui murmurer quelques mots tendres.

(Seylim) ▬  Essaie de faire un voeu. Un voeu qui se réalisera cette année.

Seylim s'amusa de voir sa fille fixer la lumière avec application. Elle se retenait de ricaner, les mains de l'enfant poussant la lanterne dans le ciel. Et elle lui prit la main, observant elle aussi le ciel se couvrir de fausses étoiles.

Je souhaite que la paix dure un an de plus.

Elle tourna son regard vers son époux, les deux plus jeunes ayant le regard rivé vers le haut. Son visage semblait n'exprimer que la douceur d'une femme envers son époux. Pourtant, sous le dernier sourire qu'il lui offrit, elle cligna du regard. Ses traits changèrent faiblement. Elle ferait ce qu'il faudra pour que l'avenir ne soit pas une question au sein de sa famille. Son visage se tourna vers son Sire, se durcissant sous les années d'ambassade, sous son manque d'empathie envers lui.

(Tylim) ▬  Mère t'a dit quoi?
(Shani) ▬  De faire un vœu pour cette année. Un vœu qui se réalisera!
(Tylim) ▬  Oh! Je savais pas qu'il fallait faire ça!! Et t'as souhaité quoi?
(Shani) ▬  Il se réalisera pas. Mais j'ai prié Liekki pour que Père et Mère soient plus souvent à la maison.

Seylim frissonna de l'entendre formuler son vœu. Plus souvent là? Tous les deux? N'était-ce pas trop demander?

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Le Gardien

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le Lun 30 Juil - 21:29
Une nuit de fête
Le ciel, pourtant si sombre, s'illuminait sous le magnifique ballet des lanternes qui montaient aux cieux. Les lumières se reflétaient sur la surface calme du lac et en cet instant, il semblait que tout Akasha scintillait de lumières enchanteresses. Le spectacle était indescriptible. Tous les regards étaient levés vers le ciel, aucun bruit, aucun mouvement. Même les plus jeunes semblaient captiver par ce qu'ils voyaient. Des yeux se fermèrent tandis que des prières et des souhaits s'échappaient par murmures entre des lèvres entrouvertes. L'âme de Seele s'élevait et tous pouvaient être témoins de cet instant magique.

Peu à peu, les lumières se firent moins fortes tandis qu'elles s'élevaient toujours plus hauts. Le ciel perdit de son soudain éclat et le scintillement du lac diminua. Doucement, les esprits revinrent à l'instant présent, sur les berges du lac, tandis que le spectacle des lanternes touchait à sa fin. Des chuchotements s'élevèrent, timides, comme s'ils craignaient de briser la quiétude qui régnait autour du lac. Des silhouettes commencèrent à se mouvoir tandis qu'on guettait l'annonce prochaine de la suite des festivités. Puis, du mouvement provenant de la grande tente attira les regards. Quelques secondes après, des instruments à corde commencèrent à retentirent, jouant une mélodie akashane bien connue et des vivats s'élevèrent de la foule. La suite des festivités avait été annoncée.

Des flambeaux éclairaient le terrain des festivités et des serviteurs se succédaient, portant de larges plateaux sur lesquels reposaient diverses victuailles. Les tables de buffets furent garnies, les tonneaux furent remplis et les orchestres prirent la suite des premières notes commandées par le Souverain du Vide. Divers serviteurs et nourrices commencèrent à emmener les plus jeunes vers leurs lits tandis que la nuit commençait à avancer. La musique se ferait à présent plus forte, les danses plus endiablées.

La nuit de fête avait commencé. Et seul l'aurore viendrait chasser tous ceux bien décidés à faire de cette soirée un souvenir mémorable.



Règles
✗ La fête du Lac se déroule lors du 75ème jour de Liekki de l'année 1000.

✗ Les règles sont les mêmes que pour le début de l'event !

✗ Petit rappel qu'il n'y a aucun ordre de passage !

✗ Merci de ne pas écrire d'énormes pavés de cinq pages afin que le sujet avance et ne traîne pas trop en longueur.

✗ Il s'agit à présent de la dernière partie des festivités ! Mon dernier post sera pour annoncer la fin de la Fête du Lac.

✗ Si vous n'avez pas encore pris part à l'event et souhaitez le faire même pour un seul post, faites ! Tout le monde est libre de venir et de partir.

✗ Il est à présent temps de FAIRE LA FÊTE !

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Seigneur des Chevaux
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Ishüen

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le Jeu 9 Aoû - 8:39
 
La fête du Lac


« C’était fantastique ! »
« Mère, je vois plus ma lanterne ! »
« C’est normal, elle est montée trop haut à présent. Fais-lui confiance, elle trouvera son chemin. »
« Quel chemin ? Où vont-elles ? »
« Je ne sais pas. Où voudrais-tu qu’elles aillent ? »
« Jusqu’à la maison ! Ou jusqu’à Aap ! »
« Ou de l’autre côté du désert ! »
« On reviendra à la prochaine Fête, Père ? »
« Oui, mes enfants. »


Les quatre bambins explosent en cris de joie à cette idée et Ishüen les regarde avec attendrissement alors qu’ils babillent entre eux, les yeux encore plein de la magie à laquelle ils vienne d’assister. Autour d’eux, la foule s’est mise en marche vers les table et la grande tente, alléchée par la musique et l’odeur des victuailles qui invitent tout un chacun à se réjouir et faire bombance. À l’évidence, la fête durera jusqu’à l’aube et nombre de gens s’y préparent joyeusement, envoyant les enfants au lit et saluant avec approbation la mise en perce des tonneaux de bière et de vin. De leur côté, Azhan et Imrani, plus jeunes et fatigués par cette longue journée, partent en direction du carrosse avec l’une de leurs gouvernantes pour rejoindre leurs lits après quelques protestations sans conviction et un baiser à leurs parents. Tylim et Shensheïla sont autorisées à rester un peu plus longtemps, au moins pour voir la première partie de la fête, mais iront se coucher elles aussi d’ici une heure ou deux. Après avoir confiées leur surveillance (autant que possible) à Najat, le Seigneur des Chevaux se tournent vers son épouse avec un sourire, lui embrassant de nouveau les mains avec grâce.

« Nous pouvons aller nous restaurer si vous le souhaitez. Mais pour ma part, ma Dame, la seule chose pour laquelle j’ai présentement de l’appétit est de pouvoir vous admirer lorsque vous dansez. »

Ses yeux se chargent d’une étincelle de malice et même, pour qui sait en reconnaître l’ombre, de désir alors qu’il désigne à sa femme le large cercle de terre battue au centre de la ronde des tables du buffet.

« M’accorderez-vous cet honneur ? »
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Endor

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le Jeu 9 Aoû - 9:31
La fête du Lac
Je n’ai pas eu souvent l’occasion d’assister à la Fête du Lac. La dernière de cette ampleur a eu lieu quand j’avais six ans et j’en conserve moins de souvenirs qu’une impression rémanente d’émerveillement doublé d’une vague crainte. Par la suite, la folie de Seren a peu à peu étranglé la joie et le symbole de renouveau de cette célébration. Aussi, les quelques lumières timides que je voyais s’élever ces dernières années n’ont rien à voir avec la forêt de lueurs que je vois partir à la conquête du ciel, éclipsant l’éclat des étoiles dans leur danse. Grave et humble devant ce beau spectacle, je ressens à nouveau les tiraillements de l’éternel combat qui se mène entre ce qui est et ce qui devrait être. L’avènement de Ren a redonné un nouveau souffle à cette contrée exsangue. Il y a, en apparence, tout lieu de s’en réjouir et, si j’étais un simple paysan labourant tout le jour la terre d’Akasha, je louerais chaque jour les dieux de lui avoir permis de chasser le tyran. Mais je ne suis pas un homme du peuple, à mon grand regret parfois. Cette vie retrouvée, cette allégresse neuve et candide qui anime la foule alors qu’elle répond à l’appel des premières notes de musique, je ne peux m’empêcher de m’en demander le prix et de craindre qu’il soit bien plus élevé que tout ce que nous pouvons redouter… S’amusant de mon air préoccupé, Lori finit par me donner un coup de coude.

« Bon et bien… Puisque le sort en est jeté, nous n’avons plus qu’à manifester notre profonde désapprobation en ratiboisant ces tables et en vidant un tonneau ou deux. »
« Ne dis pas de sottises. Je t’ai prévenu que je ne boirai pas et que tu devais... »
« T’en empêcher oui, afin que tu sois libre d’être le seul bougre à tirer une tête de six pieds de long dans cette fête. Allons, Eny, une coupe ou deux ne vont pas te tuer. »
« Non. Mais tu sais très bien ce que... »
« Ai-je bien entendu ? Tu refuses de boire ? »


Nàr apparaît soudain à mes côtés, hilare face à cette déclaration. Mon traître de Gardien se réjouit aussitôt de ce renfort impromptu et je lève les yeux au ciel. Comme si ce n’était pas assez difficile…

« Un prithvien qui n’aime pas l’alcool ? C’est aussi réaliste qu’un agnien qui craindrait le soleil ! »
« Tu fais erreur. J’apprécie le bon alcool. Mais en tant que souverain, nous nous devons de rester un minimum solennel. »
« Exact ! Et pour ma part, j’ai bien l’intention de montrer toute ma solennité demain, avec l’aide de ma gueule de bois. »
« Nàr... »
« Endor, c’est la fête du Lac, pas un sommet politique. Détends-toi donc un peu et prends au moins un verre. »
« Tu sais très bien comment cela finit... »
« Alors voici ce que nous allons faire : te trouver une coupe du meilleur vin que cette bonne Akasha a à offrir et te laisser la déguster. Juste celle-ci. Ainsi, tu seras toujours aussi solennel mais personne ne pourra t’accuser d’avoir manqué de respect à l’hospitalité locale. Qu’en dis-tu ? »
« … Bon. Mais juste une coupe. »
« Les dieux nous en soient témoins ! »


Il va de soi que les dieux sont des témoins bien dépités moins d’une heure plus tard, alors que le souverain de la terre saisit sa quatrième coupe, à la plus grande joie que ses deux comparses, assis avec lui à la table d’honneur avec les autres souverains, gardiens et leurs familles. Repoussant sa chaise, il se lève  de toute sa taille et, brandissant son verre, clame de sa voix de stentor aux tables et badauds alentours :

« En vérité, je vous le dis : pour qu’une fête soit réussie, il faut un musicien agnien, un marin aapien, un mineur prithvien, un danseur vaatan et beaucoup, beaucoup de vin d’Akasha ! »

Un tonnerre d’approbation salue cette affirmation et Endor l’appuie en vidant d’une traite sa coupe avant de retomber dans un grand éclat de rire.

« Par les dieux, mes amis ! J’ai bien fait de vous écouter ! Ne pas boire à une fête, c’est comme ne pas louer la beauté d’une femme ! C’est une insulte à la vie ! N’ai-je pas raison ?! »

Fait-il en adressant un large sourire complice à Ama et Llyn, toutes deux ravissantes dans leurs robes de soirée.
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Agni
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Seylim

Agni
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le Ven 10 Aoû - 2:14

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[event de la Fête du Lac]

[feat. Tout le monde ♥️]



Le récit de la fête est la moitié de la fête.
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=> 75ème jour de Liekki de l'année 1000 à Akasha.
Seylim avait rappelé quelques consignes à sa dame de vie lorsque ses deux plus petits étaient partis dormir. Et elle patientait, attendant le doux moment où toute sa progéniture dormirait, lui laissant le soin de se reposer et de profiter un peu plus calmement de la fête. Seylim, observa, l'oeil pétillant, l'alcool se placer sur les tables, les adultes discuter de la fête et les musiciens sortant leurs instruments. L'ambassadrice se laissait sortir de son rôle lentement, l'ambiance festive l'emportant avec autant d'assurance qu'elle lorsqu'elle négociait un contrat. Ce n'était qu'une question de temps. Cependant, elle devait d'abord attendre que ses bambins sombrent dans un doux sommeil avant de pouvoir être plus libre de ses pensées et ses mouvements. Seulement cela, elle se devait de le taire.

(Shani) ▬  Mère, vous allez danser?
(Tylim) ▬  Oh oui Mère! Dansez avec Père!

Seylim sourit à ses deux filles, tendrement. Elles avaient entendu leur père le lui proposer. Elle avait frissonner de l'entendre lui proposer de lui-même d'onduler pour lui. Elle aimait l'idée qu'il désirait la voir.  Elle retira avec grâce ses doigts de la paume chaude de son compagnon et s'inclina, une lueur amoureuse au fond de ses pupilles. D'un amour profond et sincère, teinté d'une dose d'amour charnel qu'elle ne chercha pas à dissimuler.

(Seylim) ▬  C'est avec joie que je vous offre cet honneur, mon époux. Pour vos yeux et ceux de nos filles ~ Quand à danser avec moi... C'est avec votre père qu'il faut voir cela. Avec lui et une de vos nourrices. Sinon je devrais laisser ma place pour que vous restiez en sécurité mes petites diablesses...
(Tylim) ▬  Je vais chercher Najat!
(Shani) ▬  Moi aussi! Père! Venez avec nous!! Vous désirez voir Mère danser, n'est-ce pas?

Les deux enfants se posèrent chacune près de leur père et l'emmenaient vers les-dites nourrices alors qu'elle se redressait lentement, avec la lenteur de la femme qui se laissait quelque peu désirée. Une partie d'elle se refusait de danser devant tant de personnes, tant de Contrées, devant leurs Souverains à tous. Le sien également était là, à côté du Souverain de la Terre. Et, comme pour évincer ses angoisses, quelques musiciens agniens laissèrent leurs tambours résonner. Seylim frissonna. Ce son la transportait. Son corps aimait la danse comme celui de chaque agnien. Elle savait que les préparatifs n'étaient pas finis et que les musiciens ne faisaient que préparer la fête. Elle le savait. Et pourtant... Loin d'elle l'envie d'oublier les ondulations de son corps sous les instruments de son enfance, ce qui ne l'empêcha pas de baisser le regard sur sa robe, regrettant ses vêtements habituels. Bien que, après une réflexion assez rapide, elle ignorait depuis quand Ishüen ne l'avait pas vu danser. Des danses de leurs Contrées, embrasée, embrassée par la musique. Elle s'inclina brièvement vers ses amours, leur annonçant, la voix pressée:

(Seylim) ▬  Permettez-moi de m'éclipser quelques instants mon cher, je me dois de montrer au Royaume que nos danseuses sont aussi envoûtantes que certaines nymphes... Et les années d'expérience me manquant, je vous avoue préférez avoir quelques instants pour me préparer.

Elle s'inclina une nouvelle fois, en profitant pour embrasser les deux petits fronts qui étaient relevés vers elle. Elle en vint à s'éloigner, se laissant trouver un endroit pour elle seule où elle soupira faiblement. Elle n'avait ni vêtements de rechange, ni le corps adapté. Combien de temps s'était-il écoulé depuis sa dernière danse? Elle ricana faiblement. Pas besoin de compter. Sa dernière session datait de quelques semaines après la naissance d'Imrani. Entre sa fille et son époux, elle avait eut besoin d'une nuit, seule, sans que l'on ne la reconnaisse... Et elle avait dansé. Elle n'avait fait que ça jusqu'à rentrer en pleine nuit, seule, s'écroulant dans une chambre. C'était une période qu'elle détestait et pourtant, elle était là, à s'en souvenir, pour ne jamais oublier ni la douleur, ni le fait que son compagnon ne l'avait jamais choisi en première.

(Seylim) ▬  Seylim Bin Shil! Se gronda-t-elle, maugréant faiblement.

Elle inspira longuement avant de retourner vers les tables en cercle. Divers groupes étaient installés. Des musiciens vaatiens, aapiens, akashans... et bien sûr, des agniens. L'ambassadrice se rapprocha des musiciens du désert, leur indiquant qu'elle aimerait danser, ce à quoi, tous sourires, les tambours résonnèrent. Partout, les tables s'étaient remplies et certains continuaient leurs discussions alors que d'autres haussaient un sourcil curieux. Elle observa les chopes vides devant les Souverains de la Terre et du Feu. Déjà trois? Quelle descente!

Seylim s'avança. Elle ferma le regard en se dirigeant vers les Souverains, s'inclinant avec respect.

(Seylim) ▬  Sire Endor, Sire När, Gardien Lori... Dame Ama, Gardienne Maira, Gardienne Llyn... Je vous espère un agréable repas sous quelques pas agniens...

Les notes se levèrent alors que, bien plus naturellement que ce qu'elle imaginait, ses jambes la portèrent au rythme des percussions. Sans la savoir mère ou trentenaire, on aurait pu lui donner cinq voir huit ans de moins. Elle semblait rajeunir alors que ses pas sautillaient, ses doigts claquant pour marquer le tempo lorsque ses mains ne claquaient pas ensemble pour inviter les convives à s'enjailler avec elle. Du coin de l'oeil, elle vit ses filles la joindre, claquant leurs mains en se dandinant. Et la vision apporta un sourire radieux sur son visage. Un visage emplit de joie et de sérénité, de bonheur de retrouver ses rythmes agniens et sa liberté de mouvements. Elle crut reconnaître certaines femmes qu'elle connaissait, amies de ses parents qui chantaient, laissant leur corde vocale l'embraser un peu plus. À Agni il faisait chaud. Il y avait peu d'eau et de nourriture. À Agni, beaucoup pensaient qu'il n'y avait pas grand chose. Mais en cet instant, pour Seylim, Agni possédait le peuple le plus chaleureux qu'il existait. Et rien que se sentir vibrer de la sorte laissait la Dame resplendir alors que ses pas occupaient la piste, finalement rejointe par certaines de ses consœurs du désert.

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Llyn

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le Jeu 16 Aoû - 11:44


La Fête du Lac
ft. Le Royaume de Seele

Le regard perdu dans le ciel, Llyn observe les lanternes de tous les habitants s’élever à la suite de celles des Souverains et Gardiens. C’est un magnifique nuage lumineux qui prend son envol au-dessus du lac d’Akasha, se reflétant dans ce dernier comme dans un miroir. Tandis qu’elles s’éloignent de plus en plus, les gens autour commencent à s’agiter. Les commerçants retournent à leurs échoppes, les tables de buffet sont installées, les divers mets venant des cinq contrées mis en place pour tout le monde pendant que la musique commence à retentir à divers endroits des bords du lac pour donner le ton des festivités à venir.

Un coup d’œil vers l’endroit où se trouvait Ren quelques instants plus tôt indique à Llyn que ce dernier discute avec la jeune fille qui se tenait à ses côtés. La voix d’Ama lui fait tourner la tête alors que sa Souveraine lui indique le groupe de dirigeants en train de parler un peu plus loin. La jeune femme aperçoit également son frère et les deux amies les rejoignent pour aller s’installer avec eux à table alors que l’alcool a déjà commencé à être servi et bu.

Assise entre Ama et le jeune Ulrich, héritier de Celian, Llyn observe en riant Endor donner son avis sur les ingrédients d’une fête réussie. Elle-même a déjà bu deux coupes et commence à avoir les joues rougies par l’alcool. Je devrais savoir que je ne tiens pas le vin d’Akasha… L’adolescent à côté d’elle attrape la cruche de vin pour la resservir. Un sourire apparaît sur ses lèvres et  elle se baisse pour le regarder dans les yeux.

« Dis-moi Ulrich, chercherais-tu par hasard à me rendre ivre ? »
« Bien sûr que non ma Dame, je souhaite juste vous faire découvrir les différents parfums des vins akashan. En tout bien tout honneur. »

La Gardienne l’observe avec attention, lui et son petit sourire charmeur et innocent. Elle finit par éclater de rire et lui taper amicalement sur l’épaule.

« Haha ! Ne change rien Ulrich, surtout ne change rien ! »

Une nouvelle rasade de vin et son regard est attiré par un groupe de jeunes filles un peu plus loin.  L’une d’elles regardent dans leur direction et se met à rougir quand elle remarque que Llyn l’observe. Cette dernière donne un coup de coude à Ulrich.

« Tu devrais plutôt aller voir du côté de ces jolies jeunes filles là-bas plutôt que d’essayer de me rendre totalement ivre. »

Pendant qu’il tourne la tête pour voir de quoi elle parle, Llyn aperçoit un visage déjà aperçu durant la journée. La femme d’Ishüen, Seylim, s’approche pour saluer Souverains et Gardiens avec élégance. Llyn a tout juste le temps de le saluer avant qu’elle n’aille danser au son d’une musique agnienne qui se met à retentir autour d’eux. Bientôt, des voix se plaignent que l’alcool commence à manquer sur la table. La jeune femme se lève et s’approche du Souverain de la Terre pour lui taper dans l’épaule. Ce qui parait presque ridicule vu leur différence de taille.

« Endor ! Viens donc remplir les stocks avec moi, ça te permettra de faire une pause ! »

Il ne lui faut pas longtemps pour accepter et ils s’éloignent tous les deux.
© Daemon
Akasha
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Auriane

Akasha
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le Sam 25 Aoû - 17:35






La Fête du Lac

Auriane soupira devant le spectacle des lanternes qui finissaient leur course vers les astres. Autour d'elle, la foule avait déjà commencé à se disperser tandis que Ren avait relancé les festivités en invitant l'orchestre akashan à prendre la suite du silence solennel qui planait sur le lac et ses alentours. Le spectacle avait été grandiose. La jeune femme s'était attendue à beaucoup de chose mais pas à cela. Elle était ravie d'avoir pu participer à cet événement qui rassemblait le royaume tout entier. Et elle aurait aimé qu'il en soit de même pour tout le monde.

Elle observa son frère qui parlait avec Fearghas et savait très bien ce qu'il préparait. Il n'avait pas l'intention de s'attarder et s'assurait que tout serait sous contrôle jusqu'au lever du soleil. Elle s'approcha doucement et rejoignit les deux hommes qui parlaient. Ils s'interrompirent lorsqu'elle arriva et elle sourit.

"Vous m'avez l'air bien trop sérieux pour une telle fête. J'espère que vous n'étiez pas encore en train de parler politique ou commerce, ce serait malvenu vous ne pensez pas ?"

Fearghas sourit et Ren secoua la tête en riant. Voilà qui était mieux.

"- Fearghas s'inquiétait simplement de voir les réserves descendre... trop vite.
- Sire, Akasha n'a pas encore de quoi produire une quantité suffisante de bon vin pour un tel rassemblement... Nous allons vite être à cours.
- Eh bien voilà qui est fâcheux... Heureusement pour nous, Seren a eu la brillante idée de garder pour sa propre réserve personnelle les meilleurs crus de tout le Royaume.
- Attendez... Vous voulez que...
- Je ne sais pas ce qu'il comptait faire d'une telle quantité de vin pour son propre usage... Mais oui, voilà la clé. Je vous laisse vous en charger."

Le regard brillant de malice, Ren donna une clé au capitaine de sa garde qui le regarda un instant, se demandant s'il s'agissait d'une plaisanterie ou s'il était sérieux. Auriane retint un sourire devant l'air perplexe du soldat qui préféra finalement ne rien dire et prit la clé avant de s'incliner et de les laisser.

"- C'est un bien beau cadeau que tu offres aux habitants de Seele... Qu'est-ce que tu mijotes ?
- Absolument rien. Cette fête est une réussite, autant en profiter jusqu'au bout, tu ne crois pas ?
- Mais en profiteras-tu seulement ?"

A nouveau, il lui sourit. Elle savait ce qu'il pensait. Il avait fait son temps à cette fête. Il s'était montré, avait accueilli les invités, avait perpétué la tradition du lancer de lanterne une année de plus. Cela suffisait. Il ne pouvait pas profiter de cette fête. Pas encore.

"- Vilya et Celian comptent se retirer. Je vais les accompagner. Amuse-toi. Garde Eilean à tes côtés et profite de cette nuit de fête. Je te verrai plus tard dans la journée.
- Je suppose que rien ne pourra te faire changer d'avis...
- Non... Et crois-moi, tu t'amuseras bien plus si je ne suis pas à tes côtés."

Il rit à nouveau devant son regard réprobateur. Puis, il s'inclina devant sa pupille et elle fit de même avant de lui souhaiter une bonne nuit. Elle savait pertinemment que rien n'aurait pu le convaincre de rester. Il ne souhaitait ni rester ni festoyer en compagnie du reste de la classe dirigeante. Elle ne pouvait pas l'en blâmer. Mais elle aurait aimé que, pendant quelques heures, il redevienne le garçon plein de vie et malicieux qu'il avait été autrefois. Qu'il ne s'occupe pas des autres et qu'il profite de ce que cette fête avait à offrir. Qu'il profite des premiers résultats de son travail acharné. Elle le regarda s'éloigner en compagnie des dirigeants de Vaata et elle resta ainsi pendant plusieurs minutes, perdue dans ses propres réflexions. Jusqu'à ce que la voix de son amie et dame de compagnie retentisse. Eilean lui agrippa le bras, les joues rougies par l'excitation et elle trépignait presque sur place.

"- Auriane ! J'ai vu des cracheurs de feu ! Des vrais ! Tu dois voir ça !
- Vraiment ? Où ça ?
- Par là-bas, près de la grande tente ! Et il parait aussi que les Souverains et Gardiens vont se lancer dans un concours de boisson !
- .... Attends... Quoi ?
- Oui enfin je ne sais pas, il parait en tout cas ! Ils ont déjà commencé à descendre plusieurs tonneaux. Le Souverain de Prithvi est déjà bien bruyant ! Allez viens !"

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Thème musical ~ The Willow Tree
Seigneur des Chevaux
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Ishüen

Seigneur des Chevaux
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le Mer 12 Sep - 0:44
 
La fête du Lac


En vérité, Ishüen demande rarement à sa femme de lui offrir le spectacle de ses talents de danseuse. Durant les premières années de leur mariage, il n’en avait pas besoin. Il lui suffisait de prendre son oud et de la regarder en souriant et dès les premiers accords elle était devant lui, déhanchant déjà son corps voluptueux pour le seul plaisir de ses yeux. Évidemment, tout a changé après la naissance d’Imrani et les évènements qui l’ont précédée. Même si la venue au monde d’Azhan a apaisé les tensions entre eux, il n’a pas encore osé le lui demander de nouveau, comme à présent. Mais il joue toujours de l’oud pour elle lorsque le soir est particulièrement doux, la demeure silencieuse, et qu’une longue absence de l’un ou de l’autre attendrissent leurs retrouvailles. Ce sont des moments intimes et précieux, aussi se surprend-t-il lui-même à désirer l’admirer danser aujourd’hui, alors que tant d’yeux peuvent lui voler ce privilège. Malgré tout, il est heureux de la voir accepter. Et de distinguer cette lueur dans son regard…

Il se laisse entraîner par ses filles vers Najat, puis regarde son épouse qui s’avance sur le cercle de terre battue, se laissant peu à peu envahir par les rythmes familiers de l’oud, la zokra, la darbouka. Avec l’audace altière qui est la sienne, elle salue directement l’assemblée des souverains et des gardiens avant de commencer et Ishüen ne peut se retenir de rire discrètement. Cette femme serait impératrice d’un trou d’eau dans la montagne... Les mélodies festives et chaleureuses de leur contrée délient bientôt son corps, chacun de ses membres semblant se dénouer comme après un long sommeil et, avec une émotion issue de ses souvenirs, il la voit quitter sa retenue élégante de noble de la cour. Sous ses yeux, elle devient une voile sous le vent, un serpent blessé qui virevolte de droite et de gauche, une flamme brune et noire qui hypnotise toute l’assemblée. Curieusement, cela lui déplaît. Seylim est belle et envoûtante. Même entourée d’autres femmes qui viennent bientôt joindre leurs mouvements fougueux et leur « youyou » aux siens, elle étincelle au milieu d’elle comme un phare dans la nuit. Et bien qu’Ishüen puisse se sentir flatté du regard que posent sur son épouse les hommes de l’assemblée qui applaudissent et encouragent les danseuses, ce n’est pas tout à fait le cas. Il n’a que peu le droit d’être jaloux, mais rarement la raison gouverne ce genre de passion. Aussi finit-il par quitter le bord de la piste et se frayer un chemin parmi les femmes pour rejoindre la sienne.

« Danse avec moi. »

Dit-il en se penchant à son oreille, calant ses mouvements et son rythme sur les siens.
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Agni
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Seylim

Agni
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le Mer 12 Sep - 4:16

Déformation professionnelle ~

[event de la Fête du Lac]

[feat. Tout le monde ♥️]



"Une larme en dit plus que tu n'en pourrais dire ; une larme a son prix, c'est la sœur d'un sourire."
Alfred de Musset

=> 75ème jour de Liekki de l'année 1000 à Akasha.
Les regards sur elle, les chants, les pas qui trépignent en réponse aux siens, cela enjaillait l'ambassadrice. Elle sentait son esprit s'éteindre pour se laisser simplement marquer le rythme qui emportait son cerveau. Elle ne pensait ni à l'assemblée ni aux jugements – après tout elle avait bien trop le temps d'y penser après cette fête. C'était censé être festif. Et elle aimait cela. Cette sensation de s'abandonner à la musique. Elle n'aurait pas été fille de noble, Seylim aurait sûrement aimer se noyer dans les notes déferlantes qui lui parlaient intimement. Elle se surprenait à rajeunir et, lui sembla-t-il en quelques secondes, ses filles et leur domestique n'étaient plus là. Elle faisait tout confiance à Najat, aussi l'inquiétude ne parut pas une seconde dans son esprit. Au contraire... Le son de l'oud sembla s'intensifier. Assez pour que l'agnienne se déhanche un peu plus, pour marquer chaque temps d'un coup de bassin d'un côté ou de l'autre. Son corps répondait à la musique et à elle seule. Chaque agnien naissait avec une partition dans le cœur. Aujourd'hui, Seylim semblait retrouver la sienne.

Ses mains ondulaient, accéléraient sans s'essoufler. Combien d'heures avait-elle dansé étant enfant, à ne dormir qu'au petit matin tant les tambours l'emportaient bien plus loin que son lit? Combien de nuit avait-elle passé, sur le rebord de sa fenêtre, bercée par les mélodies et cris de joie qu'elle entendait? Trop. Ou pas assez, cela dépendait.

(Danseuse) ▬  Vous avez du succès ma Dame ~ lança une danseuse venue la rejoindre.

Et Seylim entrouvrit le regard sur le public. Était-elle prétentieuse de penser qu'ils la regardaient? Sûrement pas. Certains voyaient une agnienne se défouler sensuellement, d'autre admiraient l'ambassadrice. Et pour les autres, elle n'était qu'une femme, fort belle, jeune et audacieuse. Qui avait raison? Qui avait tord? Tout le monde et personne. Seule une personne la connaissait assez pour la juger. Et, que Liekki la prenne en pitié, c'était la seule personne qui pourrait lui demander sa vie et à qui elle la lui donnerait.

La Dame du désert eut un regard doucement entendu à l'un des musiciens qui accéléra le rythme, qui changea doucement de tempo, qui la laissait sautiller et se cambrer, paraissant aux yeux des vaatiens, sûrement possédée. Mais elle aimait ça. Son souffle qui se coupait sous ses gestes. Elle aimait cette libération que lui apportait la danse. Elle aimait cette facette de sa patrie. Elle s'embrasait tant qu'elle ne vit pas son époux se rapprocher et sentit son souffle, entendit ses paroles qui la sortirent qu'à moitié de sa transe, avant de le voir. Naturellement, comme aux premiers jours de leur rencontre, elle lui sourit, attrapant son collier pour nouer sa chevelure. Ses pas ralentirent pour le laisser prendre son rythme alors qu'elle négligeait sa coupe. Elle ne noua qu'une partie de sa tignasse, laissant ci et là quelques mèches virevolter, quelques unes collées à son front.

Lors d'un mouvement faussement ample, elle se lova contre lui, collant son dos à son torse, ses mains attrapant les siennes. Son visage se releva vers le ciel et elle dû se laisser une seconde pour expirer et reprendre son souffle avant de répondre, chuchotant en sentant sa voix rire.

(Seylim) ▬  N'est-ce pas ainsi que j'ai toujours fais?

Elle força une cambrure qui la laissa embrasser son menton, caché par cette barbe qu'elle appréciait tant. Elle s'éloigna d'un pas joueur, gardant une de ses mains dans la sienne, se rapprochant sans s'arrêter d'onduler. La différence se faisait dans le regard. Elle qui dansait pour les autres, ne dansait à présent que pour lui. Que le public appréciait ou non, ce n'était plus son intérêt.

(Seylim) ▬  Aimes-tu me voir ainsi, Ishüen?

Elle ria. D'un rire faible, pour lui seulement, son corps se lova contre le sien, comme si l'agnienne oubliait tout, de l'assemblée aux souverains, de la musique à leurs vêtements. Seylim susurra, tendre, joueuse, presque trop ressemblante à ce qu'elle avait été avant leur union.

(Seylim) ▬  N'ai-je jamais danser avec ton corps? N'est-ce pas l'une des plus belles danses que nous avons faites?

Et, une nouvelle fois, la danse reprit sans que la dame du désert ne s'arrête. Emportée par une nouvelle vague de son, elle se laissa continuer sa séduction pendant que son regard capta faiblement que le changement de musicien ne devrait pas tarder...
#iwhae pour epicode
Souverain de la Terre
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Endor

Souverain de la Terre
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le Mer 12 Sep - 15:24
La fête du Lac



Mordant avec appétit dans une belle pièce de viande, le Souverain de la Terre ne remarque pas immédiatement l’agnienne venue les saluer avant de danser sur le rythme étrange de la contrée du feu, son corps évoluant autour d’un axe fixe tandis qu’ondulent ses hanches et sa poitrine voluptueuses.  Ce spectacle captive aussitôt toute son attention et il applaudit à cœur joie pour l’encourager quand elle est rejointe par d’autres femmes à la peau sombre.

« Ma foi, Nàr, s’il n’y faisait pas si atrocement chaud, je viendrai dans ta contrée pour me délecter de la seule vue de ses femmes ! »
« Mais tu y es le bienvenu, Endor. Mon harem t’es toujours ouvert... »


Il accueille en riant cette affirmation et s’apprête à se désoler que la belle agnienne danse à présent avec un homme chanceux quand Llyn lui tape sur l’épaule. Son invitation le fait se lever de table avec enthousiasme.

« Hahaha ! Tu te prends pour une servante à présent ? Par ma barbe, je vais t’accompagner même si je n’ai aucunement besoin de pause. Je pourrais tenir ainsi toute la nuit et la journée du lendemain ! »

Et voilà les deux compères partis, s’aventurant entre les tables et les autres badauds de la fête jusqu’aux énormes tonneaux qui ont été mis en perce un peu plus loin pour en rapporter plusieurs cruches à la table des souverains, négligeant le fait que des serviteurs sont certainement déjà dévolus à cette tâche. De toute façon, à mi-chemin de leur destination, Endor s’arrête brusquement et tourne la tête vers un second cercle de danse plus modeste entre d’autres tables. La musique qui résonne là-bas est celle de chez lui. Les tambours, la vielle, les grelots et les flûtes s’accordent pour reprendre tous en cœur pour reprendre un air populaire joué lors des bals et des mariages, une chanson particulièrement chère à son cœur sur laquelle ses parents dansent encore pour se rappeler leurs jeunes années. Il tourne aussitôt un sourire resplendissant vers la gardienne qui l’accompagne.

« Ah ! Écoute donc ça, Llyn ! Cette musique ne te dis pas quelque chose ? Que dirais-tu de te rafraîchir un peu la mémoire pour nous assécher le gosier ? »

Et sans même attendre la réponse, il prend la place du meneur de danse sur la piste. Après quelques instants d’étonnement, tous les prithviens sont aussi ravis que fiers de voir leur souverain se joindre à leurs réjouissances et les lignes se forment rapidement de part et d’autre alors que l’appel à la danse se termine et que la musique commence pour de bon. Aussitôt, Endor entame les premiers pas, le pied diablement agile pour un homme de sa stature plus tout à fait sobre, puis tend la main vers Llyn et appelle en chantant de sa belle voix de basse :

Ah ma belle, apporte-moi du vin !
Apporte-moi du vin, je meurs de soif ici !
Ah viens ma belle, apporte-moi du vin,
J'ai soif de vin et de femme


Après plusieurs séjours diplomatiques et soirées de fêtes au palais d’Ambre, Llyn connaît nombre de chansons de Prithvi aussi bien que lui et il sait que celle-ci compte parmi ses préférées. Aussi n’est-il guère étonné de la voir répondre à l’appel, prenant la place de meneuse du côté des femmes et lui répondant la suite des paroles. Un large sourire lui éclaire le visage et ils enchantent pas et chants, accompagnés par les musiciens et les autres convives qui applaudissent et reprennent en chœur avec eux. La terre vibrent des bottes qui la martèlent en rythme, des paumes qui se frappent avec joie, de tous les battements de cœurs joyeux dont la pulsation lui parvient. Et pendant quelques instants, sous l’effet du vin et de la musique, Endor oublie jusqu’à l’existence des soucis qui l’accablaient en venant ici. Le souverain de la terre s’efface. Il n’est plus qu’un prithvien fier de son pays et des siens, un homme heureux de danser et de boire et de se réjouir. Aussi, lorsqu’il aperçoit soudain une jeune femme en riche robe noire et anthracite sur les rebords du cercle, semblant impressionnée et presque effrayée par la scène qui se déroule sous ses yeux, cela est pour lui un affront au bon sens. Une aussi jolie demoiselle ne doit pas être seule et apeurée un soir comme celui-ci. Profitant de ce que le cercle de danse l’amène près d’elle, il attrape dans sa grosse main ses doigts tout fins en souriant. Après tout, il a deux bras. C’est bien assez pour faire danser deux femmes.


« Que vois-je ? Une jolie femme comme vous qui n’a personne avec qui danser ? Par les mamelons d’Eira, il ne sera pas dit que je laisserai passer un tel affront ! Venez donc par ici ! »

Et il l’entraîne avec lui et Llyn dans un grand éclat de rire, escaladant une table toute proche pour les placer face à lui tandis que tout le monde reprend en chœur avec lui.

Oh viens ma belle, monte sur la table,
Monte sur la table, viens nous y danserons !
Oh viens ma belle, monte sur la table,
Que chacun puisse nous voir !

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