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Astrid

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le Dim 20 Mai - 1:55
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Llyn
992~

Il faisait chaud. Très chaud. Astrid était en nage. Cela faisait maintenant trois saisons que la demoiselle avait quitté le domicile familial. Les premiers mois avait été rude, très rude. La jeune fille ne voulait pas se souvenir de cette période. En baissant la tête, elle croisa son reflet dans l’une des fenêtres. Vêtue de haillons, la jeune adolescente avait des bleus aux jambes et des ecchymoses cachés près des côtes. Ses cheveux blonds commençaient à prendre une teinte cendrée, comme son père d’après les propos de sa mère. « Tes cheveux se terniront comme mon amour pour lui » lui avait-elle dit. Astrid ferma les yeux pour faire taire la voix de cette chose. Son ventre la ramena vite à la réalité : elle avait faim. Durant ces quelques mois, la blonde avait dû apprendre à mentir, tricher et voler. Pour se nourrir, elle ne pouvait compter que sur elle-même. Un vent frais lui fit parvenir une douce odeur de pains et d’autres victuailles. Un gargouillement sonore produit par son ventre lui fit comprendre qu’elle devait en savoir plus sur cette odeur. L’estomac dans les talons, Astrid quitta la ruelle dans laquelle elle vivait plus ou moins pour se diriger vers le marché ouvert.

En effet c’était ici que venait la délicieuse odeur. Le marché ouvert regorgeait d’étalages en tout genre. Des poissons frits, des brochettes d’un côté, des sacs en cuir tanné et des livres de l’autre. La jeune femme ne savait pas où donner de la tête. Des musiciens de rue jouaient de la musique monnayant quelques pécules. Cette ambiance rendait presque ivre de joie Astrid. Elle ne pensait plus à sa mère, à son homosexualité, à…
GRRWLLL ~

Ah oui. Sa faim. Astrid lançait des regards circulaires pour dénicher un endroit de pillage. De prime abord, elle choisit un endroit bondé de monde afin de facilement se dissimuler et facilement prendre la fuite en cas de besoin. Le problème c’est que ces temps-ci, les marchands se montraient bien plus méfiant. De nombreux vols avaient eu lieu durant ces quelques mois. Des tempêtes terribles avaient empêchés les bateaux de quitter le port. Toutes les petites gens qui gagnaient leur vie sur des petits boulots sur le port, ou les brigands qui sillonnaient les mers se retrouvaient sans rien sous la dent. Par conséquent les vols à l’étalage étaient à la hausse. Une chose attira le regard d’Astrid : une bourse et une miche de pain mise à l’écart. Le marchand leurs tournait le dos, trop occupé à négocier. Qu’est-ce qu’il fallait être imprudent… Astrid hésita tout de même. Voler n’était clairement pas l’un de ses principes, ce marchand avait autant besoin de cet argent qu’elle. Mais…La faim justifie les moyens ? Modifier l’adage n’est pas un blasphème. D’un geste habile, elle réussit à s’emparer de la bourse et du pain. Avant même que le marchand ait pu se retourner, Astrid était déjà loin dans la foule. Le cœur battant, elle repérait tous les gardes autour d’elle. Dans sa tête un chronomètre était lancé. Dans moins de 20 secondes, le marchand allait remarquer que quelque chose manquait sur son étal. 10 secondes plus tard il allait deviner et alerter la garde. Et ces derniers allaient boucler la place. Astrid avait donc 30 secondes pour fuir, sans paraître de fuir. Jouant des coudes pour se frayer un chemin à travers la foule. La demoiselle nageait presque à contre-courant, le stresse montait de plus en plus en elle. Et si elle faisait attraper ? Allait-elle finir la main coupée ? Enfermée pour la décennie à venir ? Heureusement pour elle, Astrid finit in extremis par s’échapper de la zone. Déjà derrière elle, les soldats commençaient à brailler des ordres. La demoiselle continua d’évoluer dans les artères de la ville, jusqu’à trouver un endroit calme. Assise sur un banc en marbre froid, Astrid croqua dans son bout de pain avant de prendre son visage dans ses mains. Allait-elle vivre toute sa vie ainsi ? À fuir et à voler ? La jeune adolescente se ressaisit rapidement, et continua de manger sans se morfondre. Elle avait choisis sa vie et devait l’assumer pleinement.
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Llyn

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le Dim 27 Mai - 14:33


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ft. Astrid


22ème jour de Liekki – année 992

« Arrêtez de me suivre ! »
« Le Seigneur Desde nous a demandé de vous protéger. »
« Je suis capable de me défendre. Laissez-moi. »
« Je suis désolée Dame Llyn, mais je ne reçois pas encore mes ordres de vous. »
« Rien ne vous fera changer d’avis, n’est-ce pas ? »
« Non, en effet. »

Les yeux verts de Ménélia observent Llyn avec sa détermination habituelle. La jeune femme, de tout juste vingt ans, tente de la faire partir d’un simple regard, même si elle sait pertinemment que ça fonctionnera pas. Un soupire lui échappe alors qu’elle baisse les bras.

« Vous êtes agaçante. J’espère que vous le savez. »
« Vous me l’avez déjà dit, en effet. »
« Bien. Dans ce cas, j’espère pour vous que vous arriverez à me suivre. »

Un sourire narquois étire ses lèvres et la future Gardienne tourne les talons pour descendre les marches du Palais en courant. Si Desde veut absolument qu’elle reste sous bonne surveillance quand elle sort se promener dans la cité, qu’il se débrouille à trouver des gardes capables de la suivre. Derrière elle, elle peut entendre les pas de Ménélia, mais elle les ignore et fonce vers les rues de la ville dans l’objectif évident de la semer. Elle monte dans la première barque qu’elle voit et fait signe à l’homme de partir. La garde reste plantée sur le ponton et Llyn lui lance un petit sourire satisfait. Bien fait. Elle se doute déjà qu’elle parviendra à la suivre, mais ça reste tout de même une petite satisfaction personnelle.

La barque entame son avancée sur l’un des nombreux canaux qui serpentent la Cité de Saphir et Llyn se glisse sous la petite tonnelle installée dessus pour se protéger de la chaleur étouffante de Liekki. La saison chaude n’est pas là depuis longtemps, mais cela suffit à rendre les températures élevées. La jeune femme observe la ville qui semble briller sous les rayons du soleil qui se reflètent dans les multiples petites chutes d’eau. Elle a toujours adoré la cité de Saphir et cela ne change pas avec le temps.  La jeune femme est conduite jusque dans les quartiers plus marchands et quitte la barque après avoir donné quelques pièces à l’homme qui l’y a emmené. Non loin derrière, encore sur le canal, Ménélia la suit toujours. Un nouveau sourire et elle s’éloigne sans l’attendre dans les ruelles, parmi les nombreux habitants. Certains la reconnaissent et la saluent, mais globalement elle parvient à se mêler à la population sans problème. Ses pas l’amènent jusqu’à une grande place où s’étend un marché. Le brouhaha ambiant et les musiques jouer par les musiciens de rue créent une atmosphère qu’elle aime particulièrement et elle se faufile pour observer les différents étals. Ce n’est qu’une petite quinzaine de minutes plus tard qu’elle la voit.

A quelques mètres d’elle, un marchand est occupé avec un petit garçon qui semble être son fils. Sur le bord de son étal, une bourse et une miche de pain sont un appel au vol et effectivement, une voleuse s’apprête à passer à l’action. Une jeune fille pas beaucoup plus jeune qu’elle. Tout se passe très rapidement. L’adolescente attrape son butin et quitte la place du marché en courant. Tu t’en iras pas comme ça ! Llyn s’élance au moment même où la victime du vol crie au voleur. Les quelques gardes s’occupant de la surveillance des lieux entrent alors en action et la jeune gardienne est arrêtée avant de pouvoir quitter la place.

« Hop-là. Où tu comptes aller comme ça ma jolie ? »

Llyn lève les yeux vers le soldat, un type a l’air pas vraiment aimable. Elle lui lance un regard noir.

« Laissez-moi passer. »
« Un vol vient d’avoir lieu. Vide tes poches. »
« J’ai l’air d’une voleuse peut-être ? »
« Je m’en fiche de ce que tu as l’air. Fais ce que je te dis. »
« Est-ce que vous savez qui je suis au moins ? »
« J’ai l’air d’en avoir quelque chose à foutre ? »
« Je suis ta future gardienne triple imbécile ! Laisse-moi passer ! »
« Ouais c’est ça, et moi je suis Endor. »

S’impatientant, Llyn s’impatiente réellement. Si cet idiot ne la laisse pas passer, la vraie voleuse va s’en tirer. Néanmoins, elle ne souhaite pas lui dire pour pouvoir l’attraper elle-même et prouver qu’elle est capable de se débrouiller seule. La jeune femme avise un seau d’eau non loin d’eux. Elle va le chercher sous le regard suspicieux du jeune garde et revient vers lui pour lui faire une petite démonstration de ses pouvoirs. Ils sont encore très basiques mais ça suffit pour que le garde en soit suffisamment estomaqué. Elle lui lance un regard signifiant clairement « tu vois je te l’avais dit abruti ! » et lui vide le seau à la figure avant de partir en courant.

Les rues sont soudain moins fréquentées et Llyn cherche du regard la jeune fille qu’elle a vu tout à l’heure. Elle finit par l’apercevoir, assise sur un banc, deux rues plus loin. Elle sourit et s’avance vers elle, la main sur la garde de son épée.

« Eh toi ! Il me semble que tu manges quelque chose qui ne t’appartient pas. Je vais te demander de me suivre. »
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le Dim 27 Mai - 21:01
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Astrid finissait son « repas » le bout de pain n’étant pas assez conséquent pour que l’on puisse réellement l’appeler ainsi. Mais la blonde ne s’en plaignait guère, loin de là ! De l’or et du pain, que pouvait-elle rêver de plus ? Des bruits de pas alertèrent la jeune adolescente, sans pour autant lui faire peur. Généralement dans ces cas de figures, il fallait agir comme si de rien n’était. De nombreuses fois elle avait échappé aux gardes ou à des marchands en colère, juste en agissant normalement. Cette fois-ci cependant cela semblait être différent. La blonde entendit le cliquetis caractéristique d’une arme dans son fourreau. Ne laissant rien au hasard, elle dégaina sa dague pour faire face au potentiel ennemi. En réalité, Astrid détestait sans servir, craignant à chaque fois d’ôter la vie par mégarde, à son adversaire. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir la future gardienne ! Un bref coup d’œil circulaire lui permit de savoir qu’elle n’était pas accompagnée de garde. Sa réputation la précédait : il était connu que Llyn était une « rebelle ». De nombreuse fois, Astrid avait vu des gardes partir à sa recherche dans la ville. Quand elle était gamine, Astrid l’admirait, à présent elle la méprisait. La demoiselle lui demandait de la suivre et avait la main sur son épée, prête à dégainer.

- Oh mais bien sûr que je vais te suivre ! Avec une petite révérence en prime !

Astrid cracha sur le sol et regarda la jeune femme avec mépris. Son regard bleu-acier ne laissait transparaître que de la haine et une once de jalousie. Non mais pour qui elle se prenait ? Alors que des gens comme Astrid devaient voler pour se nourrir, Llyn faisait partie de ceux qui n’avaient qu’à bouger le petit doigt. En prime, elle se permettait de faire des fugues auprès des gens qui la protégeaient. Tss. Elle avait un avenir tout tracé et sans le moindre ombrage devant elle. Comment pourrait-elle comprendre quelqu’un qui vit loin de la lumière ? C’était deux mondes qui se confrontaient. Il suffisait de voir les vêtements des deux jeunes femmes pour le comprendre…Rapidement, la blonde analysa la situation. Llyn semblait toute fraîche, prête à en découdre si besoin. Elle de son côté était exténuée, avait encore mal à certains endroits à cause de bagarres précédente ET avant l’estomac dans les talons. De plus, la demoiselle qui lui faisait face devait savoir se battre un minimum. C’était censé devenir la nouvelle gardienne après tout. Elle aurait bien aimé lui mettre une bonne raclée, mais trop d’éléments jouaient contre elle. La fuite restait la seule option.

- Je ne vole pas par envie idiote. Maintenant si vous voulez bien m’excuser…

Sans attendre la moindre réaction de la part de son opposant, Astrid détala dans les artères de Saphir, non sans crier un « L’Héritière ! Prévenez-la garde ! L’Héritière se fait attaquer ! »  Histoire que les gens s’occupent de l’occuper. Courir, courir à en perdre haleine ! La jeune femme passait près canaux, dans des ruelles, tout pour semer la menace derrière elle. Ce ne fut qu’au bout d’un long sprint qu’Astrid s’autorisa à souffler. Ses jambes lui faisaient un mal de chien, mais c’était surtout les ecchymoses sur son ventre qui la faisaient souffrir. Se laissant glisser contre un mur, la blonde ouvrit la bourse pour voir combien d’argent celle-ci contenait. Il y avait de quoi manger pour la semaine ! Elle avait eu chaud, mais le jeu en avait valu la chandelle. Doucement, la jeune femme essayait de reprendre son souffle, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. « Le jeu en valait la chandelle, le jeu en valait la chandelle... » répétait-elle, comme pour s’en persuader.

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le Mar 19 Juin - 11:44


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Il n’y a que dans les histoires que le malfaiteur se décide à abandonner la partie dès qu’il se retrouve face au héros. Llyn n’est donc pas spécialement surprise de voir la fille répondre avec sarcasme avant de cracher au sol devant elle. Ce manque de respect pourrait lui valoir les cachots pendant plusieurs jours si elle avait été entourée de gardes ou de témoins. Néanmoins, la rue n’est pas très fréquentée et personne ne fait attention à ce qu’il se passe à quelques mètres d’eux. Ou alors ils n’ont tout simplement pas réalisé que c’était une des héritières. Peu importe, elle est loin d’avoir besoin d’aide et peut se débrouiller seule. La main toujours sur la garde de son épée, elle reste prête à attaquer si besoin est.

La voleuse finit par lui envoyer à la figure une raison de son vol avant de prendre congé. Llyn est déjà en train d’entamer le mouvement pour la suivre en courant quand les appels à l’aide qu’elle lance la figent brièvement sur place. Pardon ? Elle les ignore et se met à courir derrière elle. Toutefois, ses cris ont probablement eu l’effet escompté car les gens autour d’elles se sont retournés pour la regarder, la reconnaître et appeler la garde. Garde qui ne tarde pas à arriver, comme s’ils étaient déjà en embuscade au coin d’une rue. En quelques secondes à peine, Llyn se retrouve entourée de badauds et de types en armures prêts à la protéger d’une menace qui n’existe pas.

« Mais lâchez-moi ! Je vous dis que je n’ai rien ! »
« Dame Llyn, vous devriez rentrer au Palais, les rues ne sont pas sûres. »
« S’il vous plait, une petite pièce pour manger… »
« Aaah ! Mais foutez-moi la paix ! »

Sauf qu’ils ne l’entendent pas de cette oreille. Un des trois gardes venus à sa « rescousse » se met à repousser les deux mendiants qui tentent de réclamer un peu d’attention tandis qu’un autre l’attrape par le bras dans le but de l’emmener plus loin, voir au Palais. Hors de question ! Elle refuse de laisser s’échapper cette peste qui a depuis longtemps disparu. Furieuse et frustrée, la jeune fille écrase le pied du garde, récupère son bras et parvient à s’extraire de la foule qui s’est formée pour partir en courant dans la même direction que la voleuse. Elle a perdu du temps, l’autre doit avoir déjà de l’avance, mais elle la retrouvera. Déterminée, Llyn parcourt les rues, traverse les ponts au-dessus des canaux et cherche la fille avec attention. Il lui faut moins de temps que prévu pour parvenir à la localiser, assise le long d’un mur entre un des canaux de la ville et un bâtiment.

La future gardienne s’empresse de descendre à son niveau pour courir le long de la petite rue vers elle, prête à l’attraper. Ses bruits de pas doivent l’alerter car elle relève les yeux vers elle et fait mine de se lever pour partir. Llyn est plus rapide – sûrement moins fatiguée – et finit par se jeter sur elle. Les deux jeunes filles roulent sur le sol jusqu’à ce que Llyn parvienne à la maintenir, à califourchon sur elle.

« Je t’ai eu ! Ta petite tentative de fuite était complètement stupide si tu croyais vraiment pouvoir m’échapper. Maintenant tu vas me suivre pour aller rendre cette bourse à son propriétaire si tu ne veux pas que je te traîne jusqu’au poste de garde le plus proche. »
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le Ven 10 Aoû - 0:10
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Astrid reprenait son souffle. Elle pouvait littéralement sentir l’adrénaline couler dans ses veines. Les jambes de la demoiselle tremblaient légèrement. La blonde eut une sorte de spasme au niveau de l’abdomen, l’une de ses côtes ne semblait pas partagée la joie de son butin. La jeune femme fit une grimace : pas de retraite pour les voleurs hein ? Alors que son esprit sarcastique enchaînait des blagues plus ironiques les unes que les autres, Astrid entendit un bruit de pas. Tout son corps à l’affut, sur le qui-vive, elle ne se laissa pas le bénéfice du doute. Alors que la blonde allait repartir en cavale, une masse indistincte lui sauta dessus.

La jeune femme essaya de se débattre face à son agresseur, les deux individus roulant sur le sol. Néanmoins l’opération ne se solda pas par sa réussite. La tête d’Astrid lors de sa chute avait violemment heurté le sol. Si dans les premières minutes, dans « l’euphorie générale » elle ne s’en était pas rendu compte, lorsque Llyn –car c’était bien elle !- réussit à la maîtriser, le monde se mit à tanguer autour d’elle. Le goût acier typique du sang commençait à se répandre dans sa bouche. Mais les yeux bleu glacial d’Astrid ne trahissaient aucune faiblesse. Elle fixait l’Héritière en serrant bien fort la dague de sa main droite. Celle-ci était bien évidement, fermement tenu par Llyn.

- Essaye ! Autant me trancher la gorge. Mais vous ne vous salissez jamais les mains vous, non ?

Du sang coulait à partir de la commissure des lèvres de l’adolescente. Sa respiration était saccadée, rapide, Astrid ne savait combien de temps elle allait pouvoir rester ainsi sans tomber dans l’inconscience. Mais rester aux mains de cette jeune femme la rendait encore plus malade. Dans un cri de rage où l’on pouvait distinguer que ses dents blanches s’étaient teintées de rouge, Astrid repoussa de toutes ses dernières forces l’Héritière en la déséquilibrant. Elle parvint ensuite à rouler à deux pas de là avant de se redresser très légèrement contre le mur. Le monde ne tanguait plus à présent, il virevoltait ! Mais la fierté de la blonde refusait de l’admettre. Sa dague était pointée en direction de la brune, dans le but certain de la dissuader. Mais la lame tremblait et au vue du regard meurtrier d’Astrid, ce n’était certainement pas de peur. Au cœur de Saphir, se déroulait un spectacle dont nul ne pouvait se douter. Certains cherchaient les potentiels « agresseurs » de l’Héritière, d’autres cherchaient la voleuse du marché. Qui aurait cru que les deux concernées se trouvaient ensemble ?

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le Jeu 6 Sep - 17:48


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Ce n’est que de justesse que Llyn est parvenue à éloigner le bras de la fille qui tient le poignard. Un peu plus et elle s’en recevait un coup. Est-ce qu’elle a tenté de la blesser ? Ou pire de la tuer ? La jeune gardienne observe la voleuse bloquée sous son propre corps avec une certaine perplexité. Sans vouloir se venter, il est assez rare que les gens l’observent avec une telle froideur dans le regard. Habituellement, les héritières sont plutôt vues de la meilleure façon qui soit et même si elles sont toujours entourées de gardes, les seules attaques dont elles peuvent être les cibles sont souvent dans le but de recevoir de l’argent. Mais la haine reste rarement dirigée vers elles.

Fronçant les sourcils, Llyn ne comprend pas tout de suite ce que la fille veut dire. Mais la colère qui s’affiche sur son visage est parfaitement perceptible tout  comme le sang à la commissure de ses lèvres, sa respiration saccadée à cause des derniers efforts physiques faits. Perdue dans ses pensées et légèrement désemparée, la jeune femme ne fait pas attention à ce qui suit. La voleuse hurle de rage et parvient à mettre toutes ses forces dans un dernier geste pour repousser la gardienne qui tombe sur le côté pour se redresser presque immédiatement, prête à lui courir de nouveau après. Néanmoins, la blonde s’est trainée jusqu’au mur, incapable de faire quoique ce soit d’autre, si ce n’est lever sa dague dans sa direction, les mains tremblantes. Son regard furieux et déterminé lui indique clairement que la peur n’est pas la raison de ces tremblements.

« Qu’est-ce que tu insinues en disant que je ne me salie pas les mains ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

C’est évident pourtant. Comme la plupart des gens, elle la prend pour l’un de ces nobles  incapables de se servir de leurs dix doigts.

« Tu penses que parce que je vis dans un palais je ne sers à rien ? Que je passe juste mon temps à me pavaner ? C’est ça ? »

Cette fois, c’est à Llyn de la regarder avec fureur. Elle se remet debout pour la toiser de toute sa hauteur.

« Ne me prends pas pour ce que je ne suis pas, la voleuse. »

Et en même temps, elle n’arrive pas totalement à lui en vouloir. En tant qu’héritière, Llyn se contente simplement d’obéir à Desde et Jylia. Ca ne fait qu’à peine un an, depuis la majorité d’Ama, que les deux jeunes femmes ont commencé à suivre la Souveraine et son Gardien hors de la contrée. Difficile alors de montrer qu’elles ne sont pas là que pour porter des jolies robes et sourire.
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le Dim 16 Sep - 3:34
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De la douleur. C’est ce qu’avait d’abord ressentit Astrid lors de leur petite escarmouche. Du sang coulait le long de sa tempes et ses sens lui jouaient des tours. Maintenant il s’agissait plutôt d’une lente torpeur qui prenait progressivement possession de son corps. La blonde se sentait faible et épuisée, comme si ses forces s’étaient vidées. Elle savait pertinemment que cela était dû au choc contre la chaussée juste avant mais elle en sentait tout de même les effets. L’adolescente entendait néanmoins les mots de sa rivale. Des mots qui ne semblaient pas la calmer bien au contraire. Astrid se laissa tomber au sol, le dos contre le mur, la dague serrée dans sa main au point de lui faire mal et ses yeux plantés dans ceux de Llyn. Elle se voulait forte et digne mais sa voix était affaiblis :

- Si tu ne sers pas à rien, tu sers à quoi ? Courser des gamines ?

Une quinte de toux l’a pris, Coupant son discours. Discours qu’elle repris aussitôt.

- Tu me dis de ne pas te prendre pour ce que tu n’es pas, et juste après tu m’appelles voleuse. Pour toi c’est quoi le vol ? Prendre pour s’enrichir ? J’ai l’air de m’enrichir ?...Ouais t’as raison tu sers à quelque chose. Vous et les gardes, vous nous laissez crever dans la merde et si l’un de nous fait le moindre geste de travers, ça suffit pour justifier tous les vôtres.

Une nouvelle quinte de toux l’a fit taire cette fois-ci, même lâcher sa dague. Ses yeux bleus étaient soudain tétanisées de douleur. Cela faisait un moment qu’Astrid n’avait pas dormis dans un endroit chaud, et elle subissait les conséquences au pire moment. L’adolescente se recroquevilla sur elle-même. C’était cette haine de vivre qui l’avait poussé à survivre. C’était ces questions sans réponses qui lui permettaient d’avancer. A quoi servent les autorités ? Pourquoi protéger ceux qui n’en ont pas besoin ? Pourquoi vivre dans un monde où l’on ne peut pas être ce que l’on veut ? Elle savait que son ennemie possédait toujours son arme. Pour autant elle n’avait pas peur de mourir. Longtemps elle l’avait souhaité, durant ses pires moments : viols, passage à tabac et vols. Non, elle n’avait pas peur de mourir assise là dans cette ruelle, mais elle regrettait de ne pas vivre la vie qui lui restait devant elle.

Même si elle était injuste, la vie lui était étonnement précieuse. Reflexe sans doute purement primaire de refuser la mort. Cependant, même si cela la tuait de l’admettre, Llyn possédait un regard différent des autres gardes. Un je-ne-sais-quoi humain, qui semblait la séparer des autres de son rang. Un bref sourire apparut sur les lèvres d’Astrid : ce qu’elle voyait était vrai où la douleur la faisait délirer ?

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Llyn

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le Dim 23 Sep - 14:27


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S’il y a bien une chose que Llyn refuse d’être, c’est de faire partie de ces nobles qui préfèrent les autres agir à leur place. Ce n’est pas ce qu’elle est. La jeune femme est une Gardienne, elle est là pour se battre, défendre sa Souveraine et la soutenir. Les soirées mondaines ne lui plaisent pas, même si elle a appris à s’y faire et à agir en conséquence lorsqu’elle est obligée de le faire. Elle sait que, par le passé, des gardiens refusaient de se salir les mains, préférant laisser cela aux gardes qui entourent leurs souverains quotidiennement. Chaque génération possède sa façon de faire. Si certains gardiens ne sont que des nobles au même titre que leur souverain, d’autres prennent leur rôle plus à cœur et deviennent de vrais combattants. C’est ce que Desde s’est évertué à apprendre à la jeune femme et qu’elle compte bien mettre en pratique. Le point de croix et les bals, très peu pour elle.

Néanmoins, en observant l’adolescente face à elle, Llyn ne peut que se détendre. Elle est mal en point, elle saigne, tousse et la fatigue est clairement visible sur ses traits, incapable même de tenir encore sa dague après avoir déversé son sel sur la Gardienne. Que dit-elle ? Que les autorités laissent les plus faibles mourir sans réagir ? Non, c’est faux. Elle sait que Jylia et Desde font tout pour que chaque citoyen ait ce dont il ait besoin. Et pourtant, voir l’état de cette jeune fille ne va pas dans ce sens.

Dans un soupir, Llyn se laisse tomber sur le sol, les jambes croisées. En quittant le Palais il y a quelques heures, elle ne pensait pas se retrouver dans cette situation. En faussant compagnie à Ménélia, elle pensait pouvoir profiter d’une journée tranquille. Autant dire que c’est plutôt raté. Elle lève les yeux vers la fille.

« Les gardes ne sont pas là pour faire du mal gratuitement mais pour maintenir la sécurité dans les rues de la ville. »

Du moins c’est censé être leur rôle, même si certains semblent avoir besoin de certains cours comme elle a pu le constater tout à l’heure.

« Il y a des dispensaires pour les plus démunis qui ont été mis en place. Pourquoi tu n’y vas pas ? Tu pourrais au moins avoir un repas chaud plutôt que de t’abaisser à voler. »

Elle sait qu’ils existent pour en avoir déjà visité un aux côtés de ses tuteurs. Llyn garde le regard rivé sur la fille. Elle est loin d’avoir la tête d’une fille volant par plaisir, c’est certain.

« Et puis pourquoi tu cherches pas un travail ? Ça ne doit pas être ce qui manque sur le port. »

Simple supposition d’une jeune fille ayant grandit dans un palais pour le coup. Llyn réalise, en observant la fille, qu’elle ne connait rien à la vie dans la Cité de Saphir, à l’extérieur des murs du Palais. Ou du moins, pas à proprement parler, seulement ce qu’elle a pu voir là où elle s’est autorisée à aller, ou ce dont on lui a parlé.

« Tu t’appelles comment ? »
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Astrid

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le Dim 23 Sep - 23:14
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Astrid se concentrait un maximum pour pouvoir entendre et surtout comprendre les paroles de la demoiselle. Le monde tout autour d'elle dansait une valse à un rythme effréné. Néanmoins un sourire jaune s'esquissa sur son visage lorsque Llyn mentionna les gardes. Oui dans l'idéal ils étaient là pour protéger la population. Oui souvent ils y parvenaient...Mais certains d'entre eux pouvait s'avérer bien pire que la dernière crapule du port de Saphir. La blonde pensait spécifiquement à l'un d'entre eux, lorsqu'elle avait criait à l'aide quand un jeune sanguin avait voulu la toucher. Elle se souvenait parfaitement du garde, tournant les talons, ne voulant pas être mêlé à ça. La deuxième sentence de l'Héritière fit faire la moue à Astrid .

- Je ne pense pas qu'ils m'accepteront là bas...Je suis trop...Différente ? E-Enfin...

La jeune femme s'était braquée vers la fin de sa phrase, comme si elle réalisait qu'elle parlait à l'Héritière. A vrai dire, Astrid n'y avait pas réellement pensé. Les pauvres près du port n'allaient jamais dans ce genre d'endroit, et suivant son instinct, elle s'était dit qu'elle ferait comme eux. Cependant avec le recul, le vol ne semblait pas non plus être la meilleur réponse pour survivre. La blonde était bien trop faible pour répondre à cette question.

- Sur le port... ? Je ne sais pas s'il prendrait une gamine. Si je savais me battre à la rigueur...Cela dit c'est une possibilité. Je tricherai sur mon âge, mais ça vaudra mieux que de voler des gens effectivement.

Astrid grimaça en sentant une douleur vive lui parcourir l'échine. Par réflexe, elle décida de fermer les yeux. Ce qui semblait être une bonne initiative au début s'avéra être tout le contraire : Astrid se sentait progressivement perdre connaissance. Ses membres étaient engourdis, même ses paupières étaient trop lourde pour qu'elle les rouvre. La jeune adolescente avait encore parfaitement conscience du monde qui l'entourait, mais cette conscience se défragmentait comme un rêve à son réveil.

- Astrid Sørensen.

Elle l'avait dit dans un souffle, et cet effort fut son dernier. La tête d'Astrid bascula légèrement en avant et la blonde se retrouva ainsi : les bras en croix, un mince filet de sang coulant sur sa joue et une dague affûtée près de sa main droite. La scène était morbidement pittoresque, et diablement un probable à Saphir. Une Héritière agenouillée près d'une pauvre blessée ? On aurait dit le début d 'une histoire...
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le Dim 14 Oct - 20:32


Réminiscence
ft. Astrid

Trop différente ? Llyn hausse les sourcils, intriguée par cette réponse étrange. Les dispensaires sont des établissements qui accueillent tout le monde sans discrimination, alors pourquoi ne l’accepteraient-ils pas ? Se fait-elle de fausses idées sur la mentalité des gens ? Toutefois, elle est plutôt ravie de l’entendre parler d’aller se rendre sur le port, quitte à mentir sur son âge. Pourquoi mentir ? Elle n’est pas si jeune que ça. La jeune femme lui donne deux ou trois de moins qu’elle, maximum. Et elle a déjà vu des enfants plus jeunes travailler pour être déjà passé sur le port à de rares occasions. Ce n’est pas quelque chose qu’elle était particulièrement ravie de voir, mais elle se souvient que Desde lui a expliqué que tout le monde ne peut pas vivre dans les mêmes conditions et qu’il est parfois compliqué de venir en aide à toute la population. La jeune gardienne a dû l’apprendre, même si voir de jeunes enfants à peine sortis des langes faire des livraisons ou aider au service n’est pas vraiment agréable à regarder.

L’adolescente se présente, prononçant son nom dans un souffle avant de complètement s’évanouir. Llyn regarde sa tête basculer et elle se relève d’un bond pour s’approcher d’elle et vérifier qu’elle respire toujours. C’est le cas. Elle lâche un soupir de soulagement en restant accroupie près d’elle. Astrid est jeune. Elle pourrait faire tant de choses de sa vie plutôt que d’être une simple voleuse. La brune continue de la regarder un moment, allant même jusqu’à repousser une mèche de ses cheveux tombant sur ses yeux. Je ne peux peut-être pas aider tout le monde, mais je peux au moins l’aider elle… La jeune femme se redresse en attrapant le bras de l’adolescente et parvient tant bien que mal à la redresser pour passer son bras en travers de son dos afin de la maintenir contre elle. Elle titube un peu et il lui faut quelques secondes pour trouver son équilibre et elle quitte la rue pour se diriger vers une artère un peu plus fréquentée. Elle stoppe quelqu’un pour demander où trouver le guérisseur le plus proche. L’homme hésite avant de lui répondre mais finit par le faire.

Dix minutes plus tard, Llyn dépose l’adolescente sur un lit. Une femme les a accueillies toutes les deux et aide la jeune femme à installer la plus jeune. Sans entrer dans les détails, elle explique à la guérisseuse qu’Astrid s’est cognée la tête en tombant.

« Prenez soin d’elle s’il vous plait. Gardez-la autant que nécessaire et offrez-lui un repas chaud. Tenez. »

La gardienne sort de sa bourse de quoi payer la guérisseuse et en laisse un peu plus pour Astrid, sur laquelle elle récupère la bourse volée. Un dernier coup d’œil et elle quitte la maison pour aller rendre son argent au marchand et rentrer au Palais en espérant que l’adolescente s’en sortira.
© Daemon

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