Aap
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Astrid

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le Dim 20 Mai - 1:55
Réminiscence
Llyn
992~

Il faisait chaud. Très chaud. Astrid était en nage. Cela faisait maintenant trois saisons que la demoiselle avait quitté le domicile familial. Les premiers mois avait été rude, très rude. La jeune fille ne voulait pas se souvenir de cette période. En baissant la tête, elle croisa son reflet dans l’une des fenêtres. Vêtue de haillons, la jeune adolescente avait des bleus aux jambes et des ecchymoses cachés près des côtes. Ses cheveux blonds commençaient à prendre une teinte cendrée, comme son père d’après les propos de sa mère. « Tes cheveux se terniront comme mon amour pour lui » lui avait-elle dit. Astrid ferma les yeux pour faire taire la voix de cette chose. Son ventre la ramena vite à la réalité : elle avait faim. Durant ces quelques mois, la blonde avait dû apprendre à mentir, tricher et voler. Pour se nourrir, elle ne pouvait compter que sur elle-même. Un vent frais lui fit parvenir une douce odeur de pains et d’autres victuailles. Un gargouillement sonore produit par son ventre lui fit comprendre qu’elle devait en savoir plus sur cette odeur. L’estomac dans les talons, Astrid quitta la ruelle dans laquelle elle vivait plus ou moins pour se diriger vers le marché ouvert.

En effet c’était ici que venait la délicieuse odeur. Le marché ouvert regorgeait d’étalages en tout genre. Des poissons frits, des brochettes d’un côté, des sacs en cuir tanné et des livres de l’autre. La jeune femme ne savait pas où donner de la tête. Des musiciens de rue jouaient de la musique monnayant quelques pécules. Cette ambiance rendait presque ivre de joie Astrid. Elle ne pensait plus à sa mère, à son homosexualité, à…
GRRWLLL ~

Ah oui. Sa faim. Astrid lançait des regards circulaires pour dénicher un endroit de pillage. De prime abord, elle choisit un endroit bondé de monde afin de facilement se dissimuler et facilement prendre la fuite en cas de besoin. Le problème c’est que ces temps-ci, les marchands se montraient bien plus méfiant. De nombreux vols avaient eu lieu durant ces quelques mois. Des tempêtes terribles avaient empêchés les bateaux de quitter le port. Toutes les petites gens qui gagnaient leur vie sur des petits boulots sur le port, ou les brigands qui sillonnaient les mers se retrouvaient sans rien sous la dent. Par conséquent les vols à l’étalage étaient à la hausse. Une chose attira le regard d’Astrid : une bourse et une miche de pain mise à l’écart. Le marchand leurs tournait le dos, trop occupé à négocier. Qu’est-ce qu’il fallait être imprudent… Astrid hésita tout de même. Voler n’était clairement pas l’un de ses principes, ce marchand avait autant besoin de cet argent qu’elle. Mais…La faim justifie les moyens ? Modifier l’adage n’est pas un blasphème. D’un geste habile, elle réussit à s’emparer de la bourse et du pain. Avant même que le marchand ait pu se retourner, Astrid était déjà loin dans la foule. Le cœur battant, elle repérait tous les gardes autour d’elle. Dans sa tête un chronomètre était lancé. Dans moins de 20 secondes, le marchand allait remarquer que quelque chose manquait sur son étal. 10 secondes plus tard il allait deviner et alerter la garde. Et ces derniers allaient boucler la place. Astrid avait donc 30 secondes pour fuir, sans paraître de fuir. Jouant des coudes pour se frayer un chemin à travers la foule. La demoiselle nageait presque à contre-courant, le stresse montait de plus en plus en elle. Et si elle faisait attraper ? Allait-elle finir la main coupée ? Enfermée pour la décennie à venir ? Heureusement pour elle, Astrid finit in extremis par s’échapper de la zone. Déjà derrière elle, les soldats commençaient à brailler des ordres. La demoiselle continua d’évoluer dans les artères de la ville, jusqu’à trouver un endroit calme. Assise sur un banc en marbre froid, Astrid croqua dans son bout de pain avant de prendre son visage dans ses mains. Allait-elle vivre toute sa vie ainsi ? À fuir et à voler ? La jeune adolescente se ressaisit rapidement, et continua de manger sans se morfondre. Elle avait choisis sa vie et devait l’assumer pleinement.
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Llyn

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le Dim 27 Mai - 14:33


Réminiscence
ft. Astrid


22ème jour de Liekki – année 992

« Arrêtez de me suivre ! »
« Le Seigneur Desde nous a demandé de vous protéger. »
« Je suis capable de me défendre. Laissez-moi. »
« Je suis désolée Dame Llyn, mais je ne reçois pas encore mes ordres de vous. »
« Rien ne vous fera changer d’avis, n’est-ce pas ? »
« Non, en effet. »

Les yeux verts de Ménélia observent Llyn avec sa détermination habituelle. La jeune femme, de tout juste vingt ans, tente de la faire partir d’un simple regard, même si elle sait pertinemment que ça fonctionnera pas. Un soupire lui échappe alors qu’elle baisse les bras.

« Vous êtes agaçante. J’espère que vous le savez. »
« Vous me l’avez déjà dit, en effet. »
« Bien. Dans ce cas, j’espère pour vous que vous arriverez à me suivre. »

Un sourire narquois étire ses lèvres et la future Gardienne tourne les talons pour descendre les marches du Palais en courant. Si Desde veut absolument qu’elle reste sous bonne surveillance quand elle sort se promener dans la cité, qu’il se débrouille à trouver des gardes capables de la suivre. Derrière elle, elle peut entendre les pas de Ménélia, mais elle les ignore et fonce vers les rues de la ville dans l’objectif évident de la semer. Elle monte dans la première barque qu’elle voit et fait signe à l’homme de partir. La garde reste plantée sur le ponton et Llyn lui lance un petit sourire satisfait. Bien fait. Elle se doute déjà qu’elle parviendra à la suivre, mais ça reste tout de même une petite satisfaction personnelle.

La barque entame son avancée sur l’un des nombreux canaux qui serpentent la Cité de Saphir et Llyn se glisse sous la petite tonnelle installée dessus pour se protéger de la chaleur étouffante de Liekki. La saison chaude n’est pas là depuis longtemps, mais cela suffit à rendre les températures élevées. La jeune femme observe la ville qui semble briller sous les rayons du soleil qui se reflètent dans les multiples petites chutes d’eau. Elle a toujours adoré la cité de Saphir et cela ne change pas avec le temps.  La jeune femme est conduite jusque dans les quartiers plus marchands et quitte la barque après avoir donné quelques pièces à l’homme qui l’y a emmené. Non loin derrière, encore sur le canal, Ménélia la suit toujours. Un nouveau sourire et elle s’éloigne sans l’attendre dans les ruelles, parmi les nombreux habitants. Certains la reconnaissent et la saluent, mais globalement elle parvient à se mêler à la population sans problème. Ses pas l’amènent jusqu’à une grande place où s’étend un marché. Le brouhaha ambiant et les musiques jouer par les musiciens de rue créent une atmosphère qu’elle aime particulièrement et elle se faufile pour observer les différents étals. Ce n’est qu’une petite quinzaine de minutes plus tard qu’elle la voit.

A quelques mètres d’elle, un marchand est occupé avec un petit garçon qui semble être son fils. Sur le bord de son étal, une bourse et une miche de pain sont un appel au vol et effectivement, une voleuse s’apprête à passer à l’action. Une jeune fille pas beaucoup plus jeune qu’elle. Tout se passe très rapidement. L’adolescente attrape son butin et quitte la place du marché en courant. Tu t’en iras pas comme ça ! Llyn s’élance au moment même où la victime du vol crie au voleur. Les quelques gardes s’occupant de la surveillance des lieux entrent alors en action et la jeune gardienne est arrêtée avant de pouvoir quitter la place.

« Hop-là. Où tu comptes aller comme ça ma jolie ? »

Llyn lève les yeux vers le soldat, un type a l’air pas vraiment aimable. Elle lui lance un regard noir.

« Laissez-moi passer. »
« Un vol vient d’avoir lieu. Vide tes poches. »
« J’ai l’air d’une voleuse peut-être ? »
« Je m’en fiche de ce que tu as l’air. Fais ce que je te dis. »
« Est-ce que vous savez qui je suis au moins ? »
« J’ai l’air d’en avoir quelque chose à foutre ? »
« Je suis ta future gardienne triple imbécile ! Laisse-moi passer ! »
« Ouais c’est ça, et moi je suis Endor. »

S’impatientant, Llyn s’impatiente réellement. Si cet idiot ne la laisse pas passer, la vraie voleuse va s’en tirer. Néanmoins, elle ne souhaite pas lui dire pour pouvoir l’attraper elle-même et prouver qu’elle est capable de se débrouiller seule. La jeune femme avise un seau d’eau non loin d’eux. Elle va le chercher sous le regard suspicieux du jeune garde et revient vers lui pour lui faire une petite démonstration de ses pouvoirs. Ils sont encore très basiques mais ça suffit pour que le garde en soit suffisamment estomaqué. Elle lui lance un regard signifiant clairement « tu vois je te l’avais dit abruti ! » et lui vide le seau à la figure avant de partir en courant.

Les rues sont soudain moins fréquentées et Llyn cherche du regard la jeune fille qu’elle a vu tout à l’heure. Elle finit par l’apercevoir, assise sur un banc, deux rues plus loin. Elle sourit et s’avance vers elle, la main sur la garde de son épée.

« Eh toi ! Il me semble que tu manges quelque chose qui ne t’appartient pas. Je vais te demander de me suivre. »
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Aap
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Astrid

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le Dim 27 Mai - 21:01
Réminiscence
Llyn
992~

Astrid finissait son « repas » le bout de pain n’étant pas assez conséquent pour que l’on puisse réellement l’appeler ainsi. Mais la blonde ne s’en plaignait guère, loin de là ! De l’or et du pain, que pouvait-elle rêver de plus ? Des bruits de pas alertèrent la jeune adolescente, sans pour autant lui faire peur. Généralement dans ces cas de figures, il fallait agir comme si de rien n’était. De nombreuses fois elle avait échappé aux gardes ou à des marchands en colère, juste en agissant normalement. Cette fois-ci cependant cela semblait être différent. La blonde entendit le cliquetis caractéristique d’une arme dans son fourreau. Ne laissant rien au hasard, elle dégaina sa dague pour faire face au potentiel ennemi. En réalité, Astrid détestait sans servir, craignant à chaque fois d’ôter la vie par mégarde, à son adversaire. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir la future gardienne ! Un bref coup d’œil circulaire lui permit de savoir qu’elle n’était pas accompagnée de garde. Sa réputation la précédait : il était connu que Llyn était une « rebelle ». De nombreuse fois, Astrid avait vu des gardes partir à sa recherche dans la ville. Quand elle était gamine, Astrid l’admirait, à présent elle la méprisait. La demoiselle lui demandait de la suivre et avait la main sur son épée, prête à dégainer.

- Oh mais bien sûr que je vais te suivre ! Avec une petite révérence en prime !

Astrid cracha sur le sol et regarda la jeune femme avec mépris. Son regard bleu-acier ne laissait transparaître que de la haine et une once de jalousie. Non mais pour qui elle se prenait ? Alors que des gens comme Astrid devaient voler pour se nourrir, Llyn faisait partie de ceux qui n’avaient qu’à bouger le petit doigt. En prime, elle se permettait de faire des fugues auprès des gens qui la protégeaient. Tss. Elle avait un avenir tout tracé et sans le moindre ombrage devant elle. Comment pourrait-elle comprendre quelqu’un qui vit loin de la lumière ? C’était deux mondes qui se confrontaient. Il suffisait de voir les vêtements des deux jeunes femmes pour le comprendre…Rapidement, la blonde analysa la situation. Llyn semblait toute fraîche, prête à en découdre si besoin. Elle de son côté était exténuée, avait encore mal à certains endroits à cause de bagarres précédente ET avant l’estomac dans les talons. De plus, la demoiselle qui lui faisait face devait savoir se battre un minimum. C’était censé devenir la nouvelle gardienne après tout. Elle aurait bien aimé lui mettre une bonne raclée, mais trop d’éléments jouaient contre elle. La fuite restait la seule option.

- Je ne vole pas par envie idiote. Maintenant si vous voulez bien m’excuser…

Sans attendre la moindre réaction de la part de son opposant, Astrid détala dans les artères de Saphir, non sans crier un « L’Héritière ! Prévenez-la garde ! L’Héritière se fait attaquer ! »  Histoire que les gens s’occupent de l’occuper. Courir, courir à en perdre haleine ! La jeune femme passait près canaux, dans des ruelles, tout pour semer la menace derrière elle. Ce ne fut qu’au bout d’un long sprint qu’Astrid s’autorisa à souffler. Ses jambes lui faisaient un mal de chien, mais c’était surtout les ecchymoses sur son ventre qui la faisaient souffrir. Se laissant glisser contre un mur, la blonde ouvrit la bourse pour voir combien d’argent celle-ci contenait. Il y avait de quoi manger pour la semaine ! Elle avait eu chaud, mais le jeu en avait valu la chandelle. Doucement, la jeune femme essayait de reprendre son souffle, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. « Le jeu en valait la chandelle, le jeu en valait la chandelle... » répétait-elle, comme pour s’en persuader.

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Llyn

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le Mar 19 Juin - 11:44


Réminiscence
ft. Astrid

Il n’y a que dans les histoires que le malfaiteur se décide à abandonner la partie dès qu’il se retrouve face au héros. Llyn n’est donc pas spécialement surprise de voir la fille répondre avec sarcasme avant de cracher au sol devant elle. Ce manque de respect pourrait lui valoir les cachots pendant plusieurs jours si elle avait été entourée de gardes ou de témoins. Néanmoins, la rue n’est pas très fréquentée et personne ne fait attention à ce qu’il se passe à quelques mètres d’eux. Ou alors ils n’ont tout simplement pas réalisé que c’était une des héritières. Peu importe, elle est loin d’avoir besoin d’aide et peut se débrouiller seule. La main toujours sur la garde de son épée, elle reste prête à attaquer si besoin est.

La voleuse finit par lui envoyer à la figure une raison de son vol avant de prendre congé. Llyn est déjà en train d’entamer le mouvement pour la suivre en courant quand les appels à l’aide qu’elle lance la figent brièvement sur place. Pardon ? Elle les ignore et se met à courir derrière elle. Toutefois, ses cris ont probablement eu l’effet escompté car les gens autour d’elles se sont retournés pour la regarder, la reconnaître et appeler la garde. Garde qui ne tarde pas à arriver, comme s’ils étaient déjà en embuscade au coin d’une rue. En quelques secondes à peine, Llyn se retrouve entourée de badauds et de types en armures prêts à la protéger d’une menace qui n’existe pas.

« Mais lâchez-moi ! Je vous dis que je n’ai rien ! »
« Dame Llyn, vous devriez rentrer au Palais, les rues ne sont pas sûres. »
« S’il vous plait, une petite pièce pour manger… »
« Aaah ! Mais foutez-moi la paix ! »

Sauf qu’ils ne l’entendent pas de cette oreille. Un des trois gardes venus à sa « rescousse » se met à repousser les deux mendiants qui tentent de réclamer un peu d’attention tandis qu’un autre l’attrape par le bras dans le but de l’emmener plus loin, voir au Palais. Hors de question ! Elle refuse de laisser s’échapper cette peste qui a depuis longtemps disparu. Furieuse et frustrée, la jeune fille écrase le pied du garde, récupère son bras et parvient à s’extraire de la foule qui s’est formée pour partir en courant dans la même direction que la voleuse. Elle a perdu du temps, l’autre doit avoir déjà de l’avance, mais elle la retrouvera. Déterminée, Llyn parcourt les rues, traverse les ponts au-dessus des canaux et cherche la fille avec attention. Il lui faut moins de temps que prévu pour parvenir à la localiser, assise le long d’un mur entre un des canaux de la ville et un bâtiment.

La future gardienne s’empresse de descendre à son niveau pour courir le long de la petite rue vers elle, prête à l’attraper. Ses bruits de pas doivent l’alerter car elle relève les yeux vers elle et fait mine de se lever pour partir. Llyn est plus rapide – sûrement moins fatiguée – et finit par se jeter sur elle. Les deux jeunes filles roulent sur le sol jusqu’à ce que Llyn parvienne à la maintenir, à califourchon sur elle.

« Je t’ai eu ! Ta petite tentative de fuite était complètement stupide si tu croyais vraiment pouvoir m’échapper. Maintenant tu vas me suivre pour aller rendre cette bourse à son propriétaire si tu ne veux pas que je te traîne jusqu’au poste de garde le plus proche. »
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