Prithvi
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Emrys

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le Ven 25 Mai - 23:21
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Faim. J’ai faim. Les odeurs de nourriture qui se répandent sur toute la surface de la fête me font ronger mon frein. J’ai faim, et je me demande tous les jours depuis que je l’ai entamé pourquoi j’ai décidé d’entreprendre ce voyage.

Les quelques économies que j’avais réussi à accumuler à Ambre ont fondu comme neige au soleil sur la route. Je ne m’étais pas rendu compte que la Cité était si reculée dans les montagnes lorsque je l’ai rejointe pour la première fois, dans une carriole, gamin perdu et loin de chez lui. Lorsque j’avais fini par arriver à Akasha il ne me restait que quelques pièces, et il m’était difficile de retrouver une source de revenu en étant en vadrouille. Heureusement, en me serrant la ceinture j’avais pu faire durer cet argent suffisamment de temps pour atteindre les berges du lac, au moment des préparatifs pour les festivités. Parfait. En le faisant exprès je n’aurais pas réussi à caler aussi bien ma date d’arrivée.

Ca m’a permis de parcourir un peu les allées avant qu’elles soient remplies de monde et que les commerces ouvrent. J’ai pu choisir un emplacement qui me paraissait stratégique, et attendre mon heure. Je me suis préparé en déambulant dans la ville. Avec ma dégaine de pouilleux, je m’attirais des regards dédaigneux à certains endroits, et fraternels à d’autres. J’appréciai un certain anonymat. Pas que tous les gardes d’Ambre me connaissent, loin de là et heureusement, mais j’ai eu pas mal d’altercations avec eux dans les quelques années que j’ai vécu libre. Il fait chaud, ici, et j’en ai profité pour nettoyer un peu mes vêtements qui avaient bien souffert du voyage. Je me mis à fureter de-ci, de-là, à la recherche de de linge sans surveillance. Je n’avais presque rien dans mon sac, mais il me fallait autre chose que ce que j’ai sur moi si je veux gagner ma croûte. Je trouve mon bonheur en l’objet d’une chemise de lin orange qui mettra parfaitement mes yeux verts en valeur, légèrement trop grande mais que j’arriverai à ajuster avec un peu d’imagination. Je cherche rapidement pour trouver un ou deux bijoux – j’ai été obligé de vendre une partie des miens déjà – mais je n’ai pas autant de chance.

C’est comme ça que je me suis retrouvé à danser dans un coin passant de la fête, non loin de musiciens dont je profite de la musique. Je n’aurais jamais pensé que ça marcherait aussi bien, mais apparemment les gens d’Akasha sont plutôt généreux. Ou alors les visiteurs du festival sont de suffisamment bonne humeur pour faire partager leur bonne fortune. Je danse un après-midi presque entier, malgré la faim qui commence à me tirailler. Je m’arrête avant de perdre l’équilibre et tomber : j’ai encore une dignité, et ça n’a jamais attiré la fortune. Tout au plus un peu de pitié, et j’ai vraiment pas besoin de ça en ce moment. Content que mon bandeau serve au moins à empêcher mes cheveux de coller à mon front en sueur, je m’assieds à côté du sac contenant ma récolte de pièces de la journée – un bon début, mais pas encore de quoi financer le voyage de retour jusqu’à Ambre. J’interpelle une jeune femme, blonde et solide.

Bonjour Mademoiselle ! Vous n’auriez pas une petite pièce dont vous pouvez vous passer ?

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Aap
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Astrid

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le Dim 3 Juin - 21:37
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Tout le monde ^-^
Astrid fronçait les sourcils en marchant dans Akasha. La jeune femme avait profité pleinement de la fête entre danse, boisson et autres victuailles. Heureusement qu’elle avait mis un peu de côté et que sa « patronne » du moment lui avait donné un plus qu’accoutumé. Mais à présent, un problème se présentait à elle. Et ce problème se nommait Ian. Ian était un habitant de Saphir tout comme la blonde, qui vivait non loin du port. Au cours de l’un de ses nombreux petits boulots sur le port, Astrid fut menée à travailler avec ce fameux Ian. Or le bougre tomba fatalement amoureux d’elle, un amour si violent, qu’aussitôt le but même de la vie du jeune homme était de conquérir Astrid. Par maintes fois, sous divers et variés sous-entendu, Astrid avait essayé de lui expliquer que entre eux deux…ça ne marcherait jamais. Mais le jeune ignorait tout simplement les appels de phares d’Astrid. Il s’était mis à trouver un travail, une maison : bref il avait grandement amélioré son niveau de vie. Par conséquent, Astrid de guerre lasse, c’était convaincu que finalement, ce n’était pas si mal ainsi. Le problème était que cet Ian avait fait le déplacement jusqu’Akasha pour la fête. Et par l’un des fruits des plus acides du hasard, il avait trouvé Astrid.

- Astriiiiiid ! Toi ici ! Il faut absolument que nous puissions danser ensemble. Quand même que le monde est petit ! Si j’avais su que tu viendrais ici…

La blonde avait cessé d’écouter. Cet homme était un véritable moulin à parole. L’esprit de la jeune femme cherchait désespérément un point de fuite. La première excuse serait la bonne pour sortir de cet enfer ! C’est donc sans vraiment avoir réfléchi que la demoiselle lui dit :

- Oh Ian ! Quelle bonne surprise…Donne-moi cinq minutes, j’ai besoin d’aller aux toilettes.

Astrid quitta les lieux sans crier gare, s’échappant dans la première ruelle. C’était une excuse bateau, et Astrid se demandait si en l’an 1000 on pouvait encore croire pareils sornettes. Dans tous les cas, la jeune femme était bien contente d’avoir fuis Ian. La blonde aux cheveux cendrée marchait dans les rues en (re)découvrant l’architecture Akashienne. Les maisons se succédaient les unes après les autres dans une presque parfaite symétrie. La demoiselle se demandait comment la ville avait réagis fasse aux préparatifs de la fête. Après t-

- Bonjour Mademoiselle ! Vous n’auriez pas une petite pièce dont vous pouvez vous passer ?

Astrid leva un sourcil en se tournant vers le jeune homme. Il était vêtu très simplement, d’une chemise en lin orange et d’un pantalon usé. La jeune femme aurait très bien plus être à sa place il y a quelques années. C’est donc une nouvelle fois sans réfléchir qu’elle lui tendit la main.

- Je peux t’offrir un repas chaud dans l’une des auberges du coin. Quand dis-tu ?

Prithvi
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Emrys

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le Ven 8 Juin - 16:34
Sur le trottoir




J’essaie toujours d’interpeller les personnes qui me paraissent susceptibles de répondre favorablement à ma demande, mais je ne suis pas toujours très bon juge, et il n’en reste pas moins que la plupart du temps on passe sans même m’accorder un regard. Celle-ci est perdue dans ses pensées, et l’espace d’un instant je me dis que je n’aurais pas dû la déranger. Elle a effectivement l’air perplexe lorsqu’elle relève la tête. Elle me détaille de haut en bas, et je dois avouer que je ne suis d’abord pas très confiant quant à mes chances d’augmenter mon pactole grâce à elle.

Je reste abasourdi une seconde lorsqu’elle formule sa proposition. Certes la journée a déjà été propice pour moi, mais je ne me serais jamais attendu à une telle générosité. Un repas complet – même si je reste frugale, je ne suis pas un sale petit profiteur – lui coûtera bien plus que la pièce qu’elle aurait pu se contenter de lancer dans mon sac. Je lui saisis la main sans hésiter pour la serrer, un grand sourire aux lèvres, et je me sers de cette légère impulsion pour me relever souplement. Il était temps d’ailleurs, car mes muscles commencent à refroidir et menacent de se courbaturer. Je m’incline avec un peu trop d’emphase pour paraître réellement sérieux, mais je n’en ressens pas moins une sincère gratitude. Je repasse également à un tutoiement qui m’est plus aisé.

Tu ne sais pas à quel point je t’en serais reconnaissant.

D’ailleurs mon ventre grogne à cet instant, comme pour appuyer mes paroles. Je m’apprête à la suivre sans faire plus de manières, mais un coup d’oeil dans une vitre face à moi me rappelle que je porte toujours la chemise colorée volée un peu plus tôt. Autant j’aime porter des vêtements voyants lorsque je danse – il est toujours bon d’attirer l’oeil lorsqu’on se donne en spectacle – autant je ne suis pas vraiment à l’aise à l’idée d’aller dans une auberge vêtu ainsi. Je m’arrête dans mon geste.

Attends une seconde, que j’ôte ça.

Je farfouille dans mon sac pour y dégoter mon éternelle tunique blanche. En tout cas elle l’est dans mes souvenirs, du moment où j’ai mis mes mains dessus pour la première fois. À présent, cette blancheur tient plus du souvenir lointain que de la réalité présente. Je me tourne légèrement pour me dérober en partie à son regard. Je ne suis pas pudique, loin de là, mais je tiens à dissimuler la cicatrice qui trahit mes origines. C’est un vieux réflexe de survie, qui n’est pas adressé à cette fille en particulier. Une fois changé, je remballe en deux gestes toutes mes affaires et balance mon sac sur mon épaule, prêt à la suivre.

Emrys, au fait. Et toi, c’est quoi ton nom ?

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