Aller en bas
Sable
Agni
Agni
Sable
Messages : 201
Inscrit.e le : 04/07/2018
Aussi léger qu'un grain de sable Mer 4 Juil - 22:41
Sable
Généralités
• Nom: Aucun, elle en a été dépouillée à l'âge de 11 ans
• Prénom: Sable
• Age: 23 ans, née le 12ème jour d'Eira de l'année 977
• Genre: Féminin
• Origines: Dans une petite oasis à l'ouest d'Agni
• Lieu de vie: Au Palais de Rubis à Agni
• Métier: Esclave. Perle du harem de Nár
• Avatar: Zenobia par l'artiste Wildweasel339 sur DeviantArt
• Règlement:
• Chemin:  Aussi léger qu'un grain de sable 871576418
• Commentaire:  Aussi léger qu'un grain de sable 605601109
Physique
Le soleil est levé depuis longtemps, comme tous les jours à Agni. Certains de ses rayons tombent dans le puits de lumière au centre du harem et du grand bain. Malgré tout, il est encore tôt et les lieux sont encore plongés dans le silence. Sable aime ce moment. Cet instant où elle peut avoir la sensation d’être seule. Elle s’approche du bassin et laisse glisser sur ses épaules son vêtement de nuit en lin blanc. Elle l’enjambe, le laissant sur le sol, et entre dans l’eau avec hésitation. Elle n’aime pas l’eau mais elle est obligée de s’y plonger chaque jour pour laver son corps de la sécheresse du désert. Quelques secondes, le temps de faire partir les derniers vestiges de la veille et de la nuit. Sa peau dorée se doit d’être impeccable, sans aucune imperfection. C’est important que les Perles de Nár soient parfaites. Une fois propre, Sable sort de l’eau pour se passer des huiles sur le corps, souvent à l’odeur de vanille ou de fleur d’oranger.  C’est à ce moment que le harem s’éveille doucement au son de la voix du Maître qui vient faire son inspection matinale. L’ambiance est plutôt amicale mais chaque esclave présente ici sait qu’elle n’a pas le droit à l’erreur.

D’autres serviteurs arrivent pour aider aux préparations des Perles. Une jeune femme s’approche de Sable et la salue poliment avant qu’elles n’aillent se poser près d’un des nombreux miroirs se trouvant accrochés aux murs. L’esclave s’occupe de coiffer la longue chevelure ondulée et épaisse de la Perle, y déposant délicatement des huiles parfumées. Aujourd’hui, elle les lui tresse avant de les déposer doucement sur son épaule. Quelques mèches rebelles s’en échappent, souvent impossible à dompter. Dans le miroir, Sable croise rapidement son regard gris vert, dont la clarté contraste avec le noir de ses cheveux. Mais elle ne s’y attarde pas. Se contempler est signe d’orgueil. Ses yeux sont légèrement maquillés, tout comme sa bouche, avant qu’une jolie robe de soie soit amenée afin que Sable en soit drapée. Un tissu fin laissant facilement deviner les courbes gracieuses de son corps. Sable n’est pas très grande, faisant à peine 1m63, et possède quelques formes au niveau des hanches. Sa poitrine n’est pas excessivement importante et elle ne s’en plaint pas.

L’esclave termine de l’habiller avant de venir lui remettre, autour du bras gauche, le bracelet d’or à la marque du feu qui la présente comme faisant partie des Perles de Nár. Sur chacun des poignets de Sable se trouve également un bracelet d’or. Ces derniers sont la marque des esclaves, au même titre que le tatouage qu’elle porte sur l’omoplate droite, lui rappelant d’où elle vient, des haras du Seigneur des Chevaux : un seau représentant la tête d’un cheval. Car peu importe que Sable soit habillée de soie et d’or, parfumée et coiffée par d’autres, elle n’en reste pas moins une esclave.
Caractère
Sable a été bien dressée. Durant sept années, des hommes ont entrepris de briser l’enfant et la jeune femme qu’elle était. Docile, obéissante, jamais elle n’élèvera la voix face à ses Maîtres, préférant plutôt s’agenouiller face à eux pour demander pardon pour avoir osé vivre. Sable a appris à être une esclave, c'est-à-dire qu’elle sait parfaitement se faire oublier et apparaître lorsque l’on a besoin d’elle. Digne de confiance, elle ne révélera jamais les secrets dont elle a pu être témoin ou qu’on a pu lui confier. Elle est aussi discrète et invisible qu'un grain de sable sur le pas d'une porte. De ce fait, elle est très observatrice et attentive à ce qui l’entoure pour répondre aux demandes qui lui sont faites. Sable parle d’elle à la troisième personne, sauf en la seule présence d’autres esclaves où il lui arrive de dire « je » par imitation des autres qui se l’autorisent. Par tous ces éléments, nous pourrions croire que Sable n’a aucune personnalité, aucun caractère. Ce serait se tromper.

Contrairement aux apparences, la jeune femme peut être sacrément têtue. C’est ce trait de caractère qui lui a permis de tenir tête à Ishüen durant un peu plus d'une saison et demi avant de ployer le genou. Néanmoins, cela peut également obscurcir son jugement au point qu’elle peut ne pas remarquer faire du tort à ceux qui n’ont rien demandé. Quand elle s’en rend compte, il est parfois trop tard. Vipère en a fait les frais. De plus, Sable a un tempérament fort, ce qui lui permet d’avoir un mental d’acier pour parvenir à se donner à des hommes sans rechigner et en faisant semblant d’aimer cela. La simulation n’a plus de secret pour elle.  Même si elle sait qu’elle n’est pas à plaindre de sa condition de Perle de Nár, elle la déteste. Peu importe qu’une Perle soit au-dessus d’une simple esclave de cuisine, Sable sait qu’elle n’est rien d’autre qu’un objet dont on peut se débarrasser à tout moment. Elle haït sa condition, mais elle haït davantage les personnes qui l’ont amenée là.

En effet, Sable a la fâcheuse tendance à vivre dans le passé. Prisonnière de sa rancœur, cette dernière est toute dirigée vers ses parents et l’homme qui l’a détruite, qu’elle hait sans commune mesure. Ainsi, elle est capable de passion et dévouement envers les rares personnes qui peuvent l’atteindre, que ce soit dans la haine ou dans des émotions plus douces. Toutefois, cette rancœur, comme tous les sentiments qu’elle peut avoir ne se voient jamais. Douée de dissimulation, elle a pris l’habitude de cacher ce qu’elle ressent pour survivre. Cela l’a amené à devenir très vulnérable lorsqu’elle en vient à être sincère avec autrui, même si cela reste rare. Il est parfois difficile pour elle-même de savoir ce qu’elle ressent réellement et elle se trouve souvent en équilibre sur la frontière entre le mensonge et la sincérité.

Dans l’intimité du harem, Sable est toute autre. Douce et gentille avec les autres esclaves, elle est une personne envers qui il est facile de se confier. Lorsqu’elle était encore dans les haras de Raasfalim, il lui arrivait de chanter et fredonner pour les enfants. En effet, en plus d’avoir une jolie voix et d’aimer cela, la jeune femme a très vite développé un côté protecteur et maternel envers les plus petits. Paisible et solitaire, elle aime pourtant se retrouver seule afin de se donner la brève illusion d’être libre de penser ce qu’elle souhaite. S’il lui arrive de s’imaginer vivre des aventures extraordinaires, elle sait que jamais cela n’arrivera. Effrayée par l’inconnu, Sable ne connait rien d’autre que les murs et les cages qui l’ont vu grandir durant ces douze dernières années. La simple condition du Royaume de Seele lui est une chose totalement abstraite.
Histoire
Ah, je te déteste. Je te hais pour ce que tu m’as fait devenir. Je te hais pour ce que tu m’as fait. J’ignore où tu es aujourd’hui. J’ignore ce que tu fais, ni avec qui tu es, mais j’espère que tu souffres comme moi j’ai pu souffrir au fil des années. Encore aujourd’hui, cette douleur qui enserre mon cœur me rappelle à quel point je te hais du plus profond de mon être. J’aimerai te frapper encore et encore, te demander pourquoi, et continuer de te frapper. Je voudrais que tu me demandes pardon, que tu me supplies d’arrêter, que tu t’inclines jusqu’à ce que tes os te fassent mal au point de préférer la mort à la douleur que cela t’infligerait. Je crois que c’est la seule raison qui me fait rester en vie aujourd’hui. L’espoir incertain de te revoir pour te faire du mal autant que tu m’en as fait. Te souviens-tu de moi ? Te souviens-tu de mon visage ? Des larmes sur mes joues et de mes yeux suppliants alors qu’ils m’emmenaient loin de toi ? Te souviens-tu de ma voix qui t’appelait, te demandait pourquoi, te suppliait de le faire revenir sur sa décision, de faire élever ta propre voix ? J’espère  que cet instant te hante comme moi il me hante depuis des années, gravé au fer rouge dans ma mémoire. Parce que moi, je me souviens du moindre détail. Du soleil qui tapait particulièrement fort, du sable qui volait autour de moi alors que je me débattais, de vos silhouettes qui s’éloignaient, de ses yeux qui me regardaient alors qu’il gardait la tête haute, des tiens qui refusaient de me regarder, de la robe bleue que tu portais, de tes mèches noirs qui s’échappaient de ton foulard, chaque détail est là, aussi précieux que les sentiments de haine que j’éprouve. Je me souviens de tout ça.

Mais toi, Mère, te souviens-tu de moi ?

Il m’arrive de me poser la question lorsque le sommeil ne vient pas. Mais ce que je me demande encore plus, c’est si tu imagines ce que j’ai pu endurer après que Père et toi m’ayez vendue comme vous l’auriez fait d’un simple tapis. Sur le moment, je n’ai pas compris pourquoi vous faisiez cela, pourquoi vous laissiez ces hommes m’emmener sans bouger ne serait-ce que le petit doigt. Puis je me suis souvenue des conversations qu’il m’arrivait de surprendre. Celles qui mentionnaient vos dettes et vos difficultés à nourrir vos gens. Comment en êtes-vous venus à penser que vendre votre fille serait la solution idéale ? Evidemment, vous n’alliez pas vous débarrasser de vos deux aînés, ceux qui devaient vous succéder. Ces deux garçons beaux, forts et courageux, promis à un grand avenir. Mais moi, moi je n’étais rien de plus qu’une bouche à nourrir, une fille qu’il allait falloir marier à quelqu’un au plus vite, un parasite dont vous ne vouliez plus. Alors vous m’avez vendue à cet homme. Cet esclavagiste. Ishüen ben Iphraïm, Seigneur des Chevaux de la Guilde des Princes Marchands.

Rien ne me fera jamais oublier ce nom ou le visage de l’homme qui le porte. Il m’a dépossédé de mon identité au même titre que ma dignité. Il a fait de moi un objet avec moins de valeur qu’un animal. A mon arrivée, je suis devenue du sable, destinée à devenir une esclave de la terre. Mais il n’a suffit que d’un mot venant de lui pour que je sois vouée au bien être d'autrui. Une esclave de plaisir, pour la simple raison qu’à l’âge de onze années seulement, j’étais jolie. Condamnée à n’exister que pour les autres, pour le simple plaisir, pour répondre à la moindre de leur demande, au moindre de leur désir. Pourtant, j’ai tenu bon. Pendant trois saisons entières. J’ai refusé de me plier aux règles du haras. Père aurait sûrement été fier de voir que sa fille ne se laissait pas faire. J’ai subi les punitions que l’on m’infligeait. Néanmoins, jamais je n’ai reçu de châtiments qui auraient pu me laisser des cicatrices. Jamais mon corps n’a été abîmé car c’était, et ça reste, un outil bien trop précieux. La seule marque que j’ai dû recevoir a été celle au fer rouge, sur l’épaule, me marquant comme un objet. Mais le supplice que je recevais le plus a créé en moi un traumatisme.

Bien des gens du désert voient l’eau comme une ressource rare et précieuse. De l’or liquide qu’il ne faut pas gâcher. Ce n’est pas pour rien que le peuple d’Agni s’est installé autour des oasis que l’on trouve sur ces terres arides. Moi aussi j’aimais l’eau. Après tout, j’ai grandi sur les bords du Tanwen, dans une toute petite oasis qui accueillait peu de gens à l’année, mais où beaucoup de caravanes s’arrêtaient occasionnellement pour profiter des bienfaits de l’eau. Je l’aimais moi aussi. Ce sont mes grands frères qui m’ont appris à nager et je passais une grande partie de mes journées à jouer au bord de la rivière avec les autres enfants. La fraîcheur qu’elle nous apportait était salvatrice lors des jours les plus chauds. Néanmoins, aujourd’hui, je déteste l’eau. Je la hais du plus profond de mon être. Connais-tu la sensation de noyade Mère ? Sais-tu ce que cela fait de sentir ses poumons brûler alors que l’on tente de garder notre souffle ? De les sentir se remplir d’eau alors que l’air nous quitte pour de bon ? Non, probablement pas. Moi, j’ai appris à connaître ça. A chaque fois que je n’obéissais pas, que je protestais, que je faisais quelque chose de travers, je me retrouvais la tête plongée dans l’abreuvoir des chevaux. Je pense pouvoir dire sans me tromper que j’ai bien failli y rester plusieurs fois. Mais jamais je n’ai abandonné, jamais je n’ai baissé les bras. Je hurlais mon prénom au monde, refusant celui que l’on m’avait donné. Je refusais ma condition. Et je t’appelais en pleurant la nuit. Car encore à cette époque, j’avais l’espoir de vous voir, Père et toi, revenir me chercher. En vain.

Il y avait, malgré tout, une petite étincelle de bonheur dans cet enfer dans lequel je vivais. Elle m’est apparue peu de temps après mon arrivée en la personne de Vipère. C’était un garçon un peu plus âgé que moi, à la peau chocolat et au sourire doux. Quand je pleurais le soir, dans le box des femmes, il venait me parler à travers le petit trou dans le mur qui nous séparait. Sa voix m’apaisait. Parfois, il chantait ou me racontait des histoires qu’il inventait de toutes pièces. Il est né dans ce haras, il n’a jamais rien connu d’autre, mais il avait une imagination débordante et cela me permettait de m’échapper de ces murs, de retrouver ma liberté l’espace de quelques instants et d’oublier l’enfer qu’était devenu ma vie par ta faute. Lorsqu’il m’arrivait de me blesser volontairement, après que j’ai réalisé que mon corps était trop précieux pour les esclavagistes, il venait essayer de me soulager, même contre mon gré. Mais ce qu’il aimait faire par-dessus tout, c’était me fabriquer des petits bracelets à partir de fétus de paille qu’il trouvait. J’avais l’impression qu’ils me donnaient de la force et du courage. Pourtant, malgré toutes ces gentillesses que Vipère pouvait avoir envers moi, toutes ces attentions qui ont fait naître en moi un profond attachement pour lui, il a également été celui qui a causé ma perte.

Non content d’être un de ceux qui a détruit ma vie, Ishüen a pris la décision de s’occuper de moi personnellement suite à un coup d’éclat que j’avais provoqué dans le haras. La colère fait parfois des ravages et en l’occurrence j’ai rapidement regretté mon geste. Dès qu’il avait le temps dans son emploi du temps de ministre, c’était donc lui qui ordonnait les supplices que je pouvais subir et m’en a lui-même infligé quelques uns. Jusqu’au jour où il a remarqué une manie que j’avais développée sans m’en rendre compte. Celle de venir toucher et triturer les bracelets que me faisait Vipère. J’ignore comment il a su que cela venait de lui, mais sa colère s’est retournée contre mon ami et les menaces ont changé. Si je n’obéissais pas, ce serait lui qui subirait les punitions que je ne pouvais subir. Après tout, c’était un garçon destiné aux combats, peu importe qu’il récolte des cicatrices. Peu importe qu’il souffre. Si la première fois, j’ai laissé faire la tête haute, j’ai malheureusement très vite déchanté. Parce que, vois-tu Mère, je ne suis pas un monstre comme toi.

Tenir une saison et demi avant de plier le genou face à Ishüen et ses esclavagistes, voilà qui peut sembler un exploit pour l'enfant que j'étais. Mais je suis certaine que j'aurai pu me battre plus longtemps si la menace qui pesait sur Vipère par ma faute n'avait pas été là. Cela reste rassurant de savoir que je n’ai pas hérité de votre cœur de glace à Père et toi. Que malgré ma nouvelle condition d’esclave, je restais plus humaine que vous deux réunis. Pourtant, mon cœur s’est éteint au fil des saisons et des années. Je ne suis devenue que l’ombre de moi-même. Si au début, j’ai voulu protester, je revenais très vite dans le droit chemin par peur des représailles. Et puis, j’étais épuisée, mentalement parlant. Je me demande si tu as déjà dû faire preuve d’une telle force psychologique dans ta vie Mère. Toi dont la vie a été toute tracée dès ta naissance. Mariée à un petit noble d’Agni, épouse docile, mère de trois enfants. Il m’arrive parfois de me demander si tu en as eu d’autres après moi. Si vous avez eu l’audace de me remplacer après avoir pu payer vos dettes. Je ne le saurai probablement jamais et je crois que ça m’est égal.

Avec le temps, je suis donc devenue une esclave docile et obéissante. On m’a appris à servir au sein d’une maison, à me faire aussi discrète que possible, jusqu’à faire oublier ma présence. Même quand Vipère a quitté le haras et qu’il n’y avait plus de moyen de pression sur moi, je ne me suis pas rebellée. J’étais épuisée de me battre. Alors j’ai appris à répondre à tous les ordres que l’on me donnait, quels qu’ils soient. J’ai appris à dire « Oui Seigneur », « Pardon Messire », « Vos désirs sont des ordres », « Cette esclave est là pour vous servir ». En effet, j’ai également appris à parler de moi à la troisième personne, à ne jamais dire « je », « moi » ou à éprouver le moindre sentiment, à demander pardon pour le simple fait de vivre. Je suis devenue un objet, rien de plus, rien de moins. Perdre son identité, sa dignité, son statut d’être humain, devenir le grain de sable sur lequel les gens marchent sans se soucier de ce qu’il peut ressentir. Le sable ne respire pas, n’éprouve rien. Pourquoi devrait-on s’en soucier ?

Et puis on m’a appris ce pour quoi j’étais faite : faire plaisir. Ah Mère, je me souviens des histoires d’amour que tu me racontais lorsque j’étais enfant. Celles qui mettaient en avant le beau prince du désert et la belle jeune fille aapienne. Je me souviens que tu me parlais d’amour entre les hommes et les femmes, sans jamais entrer dans les détails car j’étais encore trop jeune, tu m’expliquais ce que c’était de partager tout ce que l’on possédait avec la personne que l’on aimait. C’était beau. C’était humble. C’était magique. Je n’y ai vu que du dégoût. Si je m’y suis habituée avec le temps, mes débuts ont été difficiles. Je refusais de m’approcher des hommes qu’on me demandait de toucher. Ces mêmes hommes qui m’avaient giflée, humiliée et traitée comme une moins que rien. Mais j’ai dû m’y plier, comme pour tout le reste. Au final, je suis même devenue plutôt douée dans ce que je faisais. J’ignore comment, mais je suis parvenue à totalement me détacher des gestes que mon corps entreprenait.

Sans que je ne m’en rende compte, sept années ont passé. Sept années durant lesquelles j’ai appris à être celle que je suis devenue. Sept années, vingt-huit saisons, durant lesquelles j’ai longtemps espéré que tout s’arrête avant de voir mon esprit se briser face à la dure réalité des choses. L’espoir a fini par s’envoler Mère, de la même façon que ces grands oiseaux qui venaient parfois se poser près de l’oasis où j’ai grandi. Lorsque j’ai compris que jamais vous ne viendriez me chercher, que jamais je ne pourrai retirer les chaines ornant mes poignets ou la marque gravée dans la peau de mon épaule. J’ai perdu l’espoir et l’envie même d’avoir de l’espoir. Mon cœur s’est éteint en même temps que mon envie de vivre. Mais même m’ôter la vie, je n’en ai jamais eu l’audace. Après tout, elle ne m’appartient plus depuis longtemps. Comment pourrais-je prendre une telle décision de moi-même ? Encore aujourd’hui, c’est une idée qui ne peut me traverser l’esprit. Vois-tu où j’en suis rendue Mère ? A ne plus avoir le choix concernant ma propre vie.

C’est pour un but bien précis que j’ai été dressée. Oui, j’ai volontairement usé de ce verbe, car ce n’est pas de l’éducation que j’ai pu recevoir à Raasfalim. Père et toi, vous m’en avez donné une à l’époque. J’ai appris à lire, à écrire, à compter, à me comporter en société… Mais toutes ces choses, j’ai dû les oublier pour apprendre d’autres choses bien plus importantes aux yeux de ceux qui s’occupaient de moi. Ce n’est pas pour passer ma vie dans les haras du Seigneur des Chevaux que l’on m’a enseigné à être une parfaite esclave de plaisir. J’avais dix-huit ans depuis un peu plus d’une saison lorsque j’ai été offerte à Nár pour faire partie de son harem et devenir l'une de ses Perles, comme il aime les appeler. Après sept années passées sans rien voir d’autre que les cages de Raasfalim, je suis donc partie pour vivre entre les murs du palais de Rubis. Si le temps passe, je ne le vois pas. Les habitudes et la routine ont pris place dans ma vie. Au final, ce n’est pas si horrible que cela. La plupart du temps, on me laisse même tranquille. J’ai, évidemment, déjà visité la couche du Souverain du Feu, mais je ne suis pas là pour dire si ça a été plaisant ou non. Mon rôle est d’obéir et de répondre aux attentes des Maîtres.

Hormis avec les autres esclaves que je côtoie au quotidien, je garde les yeux baissés et ne respire que lorsque l’on m’en donne l’occasion. Je me demande si tu sais ce que je suis devenue Mère. Sais-tu que je suis maintenant une putain au service de Nár ? J’en doute. Il m’arrive parfois d’observer, discrètement, les visages des nobles qui viennent au palais, lorsque j’en ai l’occasion. Peut-être qu’un jour celle de te revoir, toi ou Père, se présentera. Ce jour-là, j’ignore qui je serai : la petite teigne arrivée à Raasfalim ou l’esclave docile arrivée à Rubis ? Quoiqu’il en soit, je garde le faible espoir, malgré tout, tout au fond de moi, qu’un jour, les choses changeront. L’une d’elle ne changera pourtant jamais : je te haïrai du plus profond de mon être jusqu’à mon dernier souffle.
Voir le profil de l'utilisateur
Ishüen
Seigneur des Chevaux
Seigneur des Chevaux
Ishüen
Messages : 417
Inscrit.e le : 01/03/2018
Re: Aussi léger qu'un grain de sable Jeu 5 Juil - 8:21
Aussi léger qu'un grain de sable Raw
Voir le profil de l'utilisateur
Emrys
Prithvi
Prithvi
Emrys
Messages : 70
Inscrit.e le : 13/05/2018
Re: Aussi léger qu'un grain de sable Jeu 5 Juil - 10:21
Bienvenue camarade ! Huhuhu
Voir le profil de l'utilisateur
Seylim
Agni
Agni
Seylim
Messages : 107
Inscrit.e le : 09/05/2018
Re: Aussi léger qu'un grain de sable Jeu 5 Juil - 12:53
Hey! Bienvenue \o/ Aussi léger qu'un grain de sable 2320701080

*réalise doucement* Oh! OHHHHHH Mais! Mais mais!!! OHHHHHHHH!!!! Aussi léger qu'un grain de sable 107911218
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
Anonymous
Re: Aussi léger qu'un grain de sable Sam 7 Juil - 13:48
Bienvenue à toiii ! =D
Ren
Souverain du Vide
Souverain du Vide
Ren
Messages : 731
Inscrit.e le : 27/12/2017
Re: Aussi léger qu'un grain de sable Dim 8 Juil - 12:48
Aussi léger qu'un grain de sable 1598555155 Aussi léger qu'un grain de sable 415384509
Voir le profil de l'utilisateur
Sable
Agni
Agni
Sable
Messages : 201
Inscrit.e le : 04/07/2018
Re: Aussi léger qu'un grain de sable Mer 11 Juil - 16:55
Merci à tous Aussi léger qu'un grain de sable 4157423808

J'ai enfin terminé mon histoire ! Aussi léger qu'un grain de sable 2066688234
Il me reste donc les descriptions: ma bête noire Aussi léger qu'un grain de sable 4211656393
Voir le profil de l'utilisateur
Ren
Souverain du Vide
Souverain du Vide
Ren
Messages : 731
Inscrit.e le : 27/12/2017
Re: Aussi léger qu'un grain de sable Mer 18 Juil - 18:14
J'ai tellement rien à dire à part que cette fiche était incroyable Aussi léger qu'un grain de sable 2528907821 J'aime déjà Sable de tout mon coeur et je lui souhaite bien du courage (entre Ishüen et Nár il en faut... et oui je suis totalement objectif o/)

Je te valide direct bien sûr Aussi léger qu'un grain de sable 2528907821 Je sens qu'il va y avoir de l'ambiance à Rubis Aussi léger qu'un grain de sable 4157423808 Aussi léger qu'un grain de sable 2715026490

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, ta fiche est validée !

Tu peux maintenant aller...
• ... recenser ton avatar.
• ... faire une demande de rp pour démarrer ton aventure dans le Royaume de Seele.
• ... créer ta fiche de liens.
• ... remplir ton profil !

N'hésite pas également à faire de la pub autour de toi et à voter régulièrement sur les tops sites ! ♥️

Amuse-toi bien ♥️
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
Re: Aussi léger qu'un grain de sable
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum