Souverain du Vide
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Ren

Souverain du Vide
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le Jeu 16 Aoû - 13:09
La fin des festivités

« - Les villageois sont incontrôlables, Sire. Ils ont déjà mis le feu au grenier et ont détruit presque toutes leurs réserves pour Eira.
- Etait-ce volontaire ?
- Non… un accident… Ils n’ont pas l’air décidé à arrêter les festivités…
- Ces idiots vont avoir une drôle de surprise lorsqu’ils auront décuvé… Y-a-t’il quoique ce soit que l’on puisse sauver ? Si nos réserves nous permettent de tenir Eira bien mieux que l’année dernière, nous n’en sommes pas pour autant au point de pouvoir nous permettre de gaspiller des ressources précieuses…
- Souhaitiez-vous que nous intervenions ?
- Oui… Nous ne pouvons pas les laisser continuer. Bien que je sois heureux qu’ils se sentent libres de prolonger les festivités, je doute qu’ils aient quoique ce soit à célébrer dans un avenir proche s’ils n’ont même plus de grains pour se nourrir… Prenez quelques hommes avec vous et ramenez-les ici. Essayez de ne pas trop les effrayer… Ce ne sont pas de mauvais bougres. Ils n’ont rien célébrer depuis longtemps… Mais ils doivent prendre conscience de la gravité de leurs actes.
- Très bien Sire, je me mets en route sur le champ. »


Fearghas s’inclina et prit congé de son Souverain, sortant du bureau dans lequel s’était tenu leur entretien. Sitôt le soldat sorti, Ren soupira. Debout, penché sur le bureau, ses mains à plat sur le bois en acajou massif, il observait la carte d’Akasha qu’il avait sous les yeux. Les festivités étaient terminées depuis déjà deux jours et pourtant des incidents ne cessaient d’apparaître dans la Contrée. Des feux qui s’embrasaient, des idiots imbibés qui tentaient d’aller chercher des trésors soudainement apparus au fond du lac, des rixtes de taverne qui tournaient mal, Akasha était victime de son succès après la Fête du Lac. Et depuis la fin des célébrations, Ren passait le plus clair de son temps dans son bureau, à tenter d’endiguer le flot d’imbéciles qui peu à peu mettait le chaos dans sa Contrée. Heureusement, aucun accident grave n’était à déplorer. Mais les geôles de la Capitale commençaient à cruellement souffrir du manque d’espace. Et malheureusement, certains mettaient bien du temps à décuver.

Se redressant, frottant ses tempes douloureuses, Ren espérait que tout ceci prendrait bientôt fin. Les représentants des différentes contrées seraient bientôt sur le départ et cela n’était pas pour lui déplaire. Outre le nombre croissant de la population en Akasha de ces derniers jours, force était de constater qu’il souhaitait que ses invités de marque partent au plus vite. Il n’aimait pas les savoir si proche. Il n’aimait pas qu’une telle concentration de puissance soit présente chez lui. La Fête du Lac était terminée, bientôt les choses reprendraient leur cours et il n’aurait plus besoin de subir ni Souverains ni Gardiens avant la fête de l’Emeraude. Malgré son affection pour Ama et également pour Vilya, les étiquettes, les usages et les coutumes le fatiguaient plus que de raison. Il était temps que toutes ces absurdités cessent.

lumos maxima

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Gardienne de l'Eau
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Llyn

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le Jeu 6 Sep - 19:26


La fin des festivités
ft. Ren


77ème jour de Liekki – année 1000

Après la Fête du Lac terminée il y a deux jours – enfin, hier matin serait plus exact – Llyn tente de se remettre de la migraine affreuse qu’elle a récoltée après les festivités. Entraînée par Endor, entre autres, si on lui annonçait qu’elle était la cause de la disparition d’au moins une dizaine de tonneaux de vin, elle n’en serait même pas étonnée. Debout derrière Ama, la jeune femme observe distraitement les dames de compagnie de cette dernière ranger ses affaires dans le reflet du miroir pendant qu’elle coiffe les cheveux de la Souveraine. C’est un geste qu’il lui arrive de faire de temps en temps, la rendant nostalgique de leur enfance et adolescence, ainsi que des moments qu’elles passaient ensemble, encore insouciantes.

« Ça va faire du bien de rentrer à Saphir. Je n’en peux plus d’être ici. L’air marin me manque. »
« Oui, moi aussi. Même si Akasha est magnifique en cette période de l’année. »
« Mmh… »

Ama n’a pas tort, les terres verdoyantes d’Akasha méritent qu’on s’intéresse à elles. Néanmoins, sans réellement savoir pourquoi, Llyn ne s’y sent pas des plus à l’aise, trop habituée aux embruns et à l’odeur de l’océan qu’elle peut percevoir chez elle. Même si ce n’est pas la seule chose qui l’embête ici. La présence proche de Ren ne l’aide pas à se sentir détendue entre les murs du Palais et le regard itnrigué d’Ama dans le miroir lui indique que cela doit se voir sur son visage. Toutefois, elle n’a pas le temps de se voir interrogée par son amie que quelqu’un frappe à la porte. D’un signe de tête, Llyn demande à une des dames de compagnie d’aller ouvrir, pendant qu’elle repose la brosse sur la coiffeuse pour aller accueillir la nouvelle venue. C’est Ménélia, la chef de la garde d’Ama qui se présente à elles.

« Il y a un problème ? »
« Dame Llyn, le départ est compromis.  »
« Pour quelles raisons ? »
« Une partie des vivres prévues pour le voyages ont disparu des cuisines. »
« C’est pas vrai… »

Un soupir lui échappe, agacé. Ama se lève à son tour pour venir poser sa main sur son bras.

« Ce n’est rien de grave Llyn. Va voir Ren pour savoir ce qu’il en est, et je m’occupe de terminer les préparatifs avec Ménélia en attendant. »

La jeune femme acquiesce et quitte les appartements. La perpective de devoir faire face au Souverain du Vide ne l’enchante pas vraiment, mais elle sait bien qu’elle ne pourra pas l’éviter éternellement. Après avoir demandé à une domestique dans quelle direction trouver le bureau de Ren, la jeune femme s’y dirige d’un pas qui se veut assuré. Arrivée dans le couloir, elle croise l’homme qui semble être le chef de la garde de Ren, facilement reconnaissable à sa cicatrice. Elle lui fait un signe de tête poli pour le saluer, il le lui rend et elle va frapper à la porte. Une fois qu’elle reçoit l’autorisation d’entrer, Llyn ouvre cette dernière et se présente face au Souverain.

« Veuillez me pardonner pour ce dérangement, mais je viens de la part d’Ama. Il semblerait qu’une partie des vivres prévues pour notre voyage jusqu’à Saphir ait disparu des cuisines. »

Formelle. C’est ainsi qu’elle a décidé de la jouer pour le moment, même si elle sait qu’elle ne parviendra pas à le rester bien longtemps.
© Daemon
Souverain du Vide
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Ren

Souverain du Vide
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le Ven 14 Sep - 12:23
La fin des festivités

La journée venait seulement de commencer et déjà, Ren sentait la migraine arriver, sournoise, doucereuse. La tension des derniers jours commençait à avoir raison de lui et il souhaitait retrouver le calme habituel qui régnait dans ce palais. Un instant, ses pensées allèrent à sa cadette, sûrement levée et déjà au pied du saule au fond des jardins. L’envie de la rejoindre l’effleura. Il ne l’avait que très peu vue depuis la fin des festivités. Mais il la savait fatiguée, affaiblie. Que faisait-il au milieu des parchemins, enfermé, alors qu’elle était dehors, assurément plongée en pleine lecture ? Il jeta la pile de papiers qu’il tenait dans la main, plus brusquement qu’il ne l’avait voulu, et les feuilles s’éparpillèrent sur le bureau. Certaines tombèrent, virevoltant doucement jusqu’à finir leur lente course sur la pierre froide du sol. Se laissant tomber dans son fauteuil, le Souverain tenta de retrouver son calme, fermant les yeux afin d’oublier où il se trouvait et surtout, avec qui. La proximité des autres Souverains et de leurs Gardiens avait le don de le tendre à l’extrême. La délégation agnienne serait la première à repartir, dès le lendemain et il avait pris soin de ne pas avoir besoin de recroiser leur chemin avant leur départ. Tout ce qu’il avait à leur dire, il l’avait déjà fait, convoquant Seylim afin de s’entretenir avec l’ambassadrice. Il avait confiance en la jeune femme. Sa langue acérée et son entêtement n’étaient plus à prouver. Il avait été plus que clair. Si Nár se permettait à nouveau de ramener son harem chez lui, il ne répondrait plus de rien. Il s’attendait à beaucoup de bassesse de la part du Souverain d’Agni, mais pas à ce qu’il se montre insultant à ce point. La colère de Ren était toujours présente mais plus sourde, plus contenue. Il avait écouté Seylim, avait cru en ses paroles lorsqu’elle lui avait promis que cela n’arriverait plus. Alors il se contentait d’attendre à présent que Nár et Méira partent. Et le plus tôt serait le mieux.

A vrai dire, il serait pleinement satisfait lorsque tous seraient partis. Il avait beau passer la plupart de son temps ici, à endiguer les problèmes causés par le trop plein de boisson dans les villages, ici, au palais, la situation n’était pas meilleure que dans les terres. Les nouvelles allaient très vite par ici, il fallait s’attendre à ce que la présence de toute la caste dirigeante soit l’objet d’enthousiasme débordant et des rumeurs les plus folles. Les domestiques parlaient, les informations se relayaient et finissaient tôt ou tard par arriver aux oreilles du Souverain et du reste des habitants du Palais. La fin de la Fête avait apparemment été célébrée comme il se devait ce qui aurait dû rassurer le Souverain. Que le vin de Seren coule à flot, cela avait été prémédité. Que le Souverain de Prithvi finisse les festivités dans les bras de la femme de chambre de sa sœur, non. Vilya lui avait dit qu’Endor devenait presque un autre homme lorsque l’alcool s’en mêlait. Il ne s’était juste pas attendu à ce genre de dénouement. Mais il avait bien plus important à penser qu’aux ébats du Souverain de la Terre au sein de son palais, qui arrivaient en bas de sa liste d’inquiétudes.

Ses émotions se bousculaient, contradictoires, extrêmes, brouillonnes, sans limites définies. La fatigue commençait à avoir raison de lui, la tension également. Alors il se leva, délaissant le bureau et toute la paperasse qui l’attendait sans plus un regard et se dirigea vers la porte, bien décidé à laisser tout cela dans cette pièce. Il allait retrouver sa jeune sœur et passer du temps à ses côtés. Le reste attendrait. Mais alors qu’il approchait de la porte close, des coups contre le panneau de bois le firent s’arrêter dans son élan. Un instant, il pensa qu’Auriane était venue d’elle-même le trouver, mais il en doutait. La jeune femme aimait ce palais autant que lui. Le moins de temps elle passait entre ses murs, le mieux elle se portait. De plus, elle refusait toujours de venir le voir lorsqu’il était dans son bureau. Elle attendait simplement qu’il sorte de lui-même et le retrouvait le plus souvent dans la bibliothèque ou dans les jardins. Si ce n’était pas Auriane, Ren savait déjà qu’il n’aurait aucun plaisir à rencontrer la personne qui attendait derrière la porte. Il était loin de se douter à quel point, cependant.

Prenant le temps de contenir toutes les émotions qui s’étaient accumulées en lui ces derniers temps, se composant un masque à la neutralité parfaite, il s’assit sur le rebord du bureau et invita l’indésirable à entrer. Il marqua un temps d’arrêt en reconnaissant la lourde chevelure d’ébène et le regard pailleté d’améthyste. Un instant, la surprise put se lire sur son visage et dans son regard tandis que Llyn apparaissait devant lui. Mais la stupeur fut rapidement remplacée par un sentiment bien plus sombre. Que faisait-elle ici ? Et surtout, pourquoi maintenant ? Alors qu’il se sentait au bord de la rupture, il fallait que la personne qu’il désirait très certainement le moins voir vienne à lui. Après l’avoir ignoré pratiquement tout son séjour sur les terres d’Akasha, elle se décidait à venir, quelques jours à peine avant son départ. Aurait-il cru en quelque divinité, Ren aurait très certainement pensé être la victime d’une plaisanterie de mauvais goût. Il reprit rapidement son masque de neutralité et attendit que la Gardienne lui explique ce qu’elle venait faire ici.

Ce qu’elle fit. Et Ren crut pendant un instant qu’il allait perdre toute contenance et lui claquer la porte au nez. Cette pensée le démangeait tandis qu’il considérait la jeune femme, laissant un silence pesant s’installer entre eux après qu’elle ait fini de parler. A quoi jouait-elle ? Depuis quand le vouvoyait-elle ? Et depuis quand avait-elle besoin de son aide pour retrouver quelques miches de pain disparues ? Il avait des villageois qui brûlaient leurs greniers, contenant leurs vivres pour survivre à Eira et elle venait le voir pour quelques provisions disparues ? Il fut tenter de lui dire que les provisions avaient été redistribuées à la population, et pendant un court instant, il fut navré que ce ne fusse pas le cas. Car il ne doutait pas un instant que la délégation aapienne était suffisamment riche pour se fournir elle-même en nourriture et autres provisions jusqu’à Saphir. Mais il ne dit rien de tout cela. Il n’avait aucune envie de lui parler, ni de la confronter. Il se contenta simplement de prendre la parole, d’une voix marquée par une profonde indifférence.

« Adresse-toi à l’intendant ou directement aux cuisines. Ils seront plus aptes à t’aider. »

Il refusa de rentrer dans son jeu, quel qu’il soit. Se redressant, il fit le tour du bureau et ramassa les parchemins éparpillés, indiquant ainsi à la jeune femme que leur entrevue était terminée. Il n’avait plus rien à lui dire et ne souhaitait rien entendre venant d’elle. Cependant, elle ne semblait pas décidée à quitter la pièce. Retenant un soupir, Ren releva le regard dans sa direction, haussant un sourcil.

« Autre chose ? »
lumos maxima

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