Souverain du Vide
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Ren

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le Jeu 16 Aoû - 13:09
La fin des festivités

« - Les villageois sont incontrôlables, Sire. Ils ont déjà mis le feu au grenier et ont détruit presque toutes leurs réserves pour Eira.
- Etait-ce volontaire ?
- Non… un accident… Ils n’ont pas l’air décidé à arrêter les festivités…
- Ces idiots vont avoir une drôle de surprise lorsqu’ils auront décuvé… Y-a-t’il quoique ce soit que l’on puisse sauver ? Si nos réserves nous permettent de tenir Eira bien mieux que l’année dernière, nous n’en sommes pas pour autant au point de pouvoir nous permettre de gaspiller des ressources précieuses…
- Souhaitiez-vous que nous intervenions ?
- Oui… Nous ne pouvons pas les laisser continuer. Bien que je sois heureux qu’ils se sentent libres de prolonger les festivités, je doute qu’ils aient quoique ce soit à célébrer dans un avenir proche s’ils n’ont même plus de grains pour se nourrir… Prenez quelques hommes avec vous et ramenez-les ici. Essayez de ne pas trop les effrayer… Ce ne sont pas de mauvais bougres. Ils n’ont rien célébrer depuis longtemps… Mais ils doivent prendre conscience de la gravité de leurs actes.
- Très bien Sire, je me mets en route sur le champ. »


Fearghas s’inclina et prit congé de son Souverain, sortant du bureau dans lequel s’était tenu leur entretien. Sitôt le soldat sorti, Ren soupira. Debout, penché sur le bureau, ses mains à plat sur le bois en acajou massif, il observait la carte d’Akasha qu’il avait sous les yeux. Les festivités étaient terminées depuis déjà deux jours et pourtant des incidents ne cessaient d’apparaître dans la Contrée. Des feux qui s’embrasaient, des idiots imbibés qui tentaient d’aller chercher des trésors soudainement apparus au fond du lac, des rixtes de taverne qui tournaient mal, Akasha était victime de son succès après la Fête du Lac. Et depuis la fin des célébrations, Ren passait le plus clair de son temps dans son bureau, à tenter d’endiguer le flot d’imbéciles qui peu à peu mettait le chaos dans sa Contrée. Heureusement, aucun accident grave n’était à déplorer. Mais les geôles de la Capitale commençaient à cruellement souffrir du manque d’espace. Et malheureusement, certains mettaient bien du temps à décuver.

Se redressant, frottant ses tempes douloureuses, Ren espérait que tout ceci prendrait bientôt fin. Les représentants des différentes contrées seraient bientôt sur le départ et cela n’était pas pour lui déplaire. Outre le nombre croissant de la population en Akasha de ces derniers jours, force était de constater qu’il souhaitait que ses invités de marque partent au plus vite. Il n’aimait pas les savoir si proche. Il n’aimait pas qu’une telle concentration de puissance soit présente chez lui. La Fête du Lac était terminée, bientôt les choses reprendraient leur cours et il n’aurait plus besoin de subir ni Souverains ni Gardiens avant la fête de l’Emeraude. Malgré son affection pour Ama et également pour Vilya, les étiquettes, les usages et les coutumes le fatiguaient plus que de raison. Il était temps que toutes ces absurdités cessent.

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Llyn

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le Jeu 6 Sep - 19:26


La fin des festivités
ft. Ren


77ème jour de Liekki – année 1000

Après la Fête du Lac terminée il y a deux jours – enfin, hier matin serait plus exact – Llyn tente de se remettre de la migraine affreuse qu’elle a récoltée après les festivités. Entraînée par Endor, entre autres, si on lui annonçait qu’elle était la cause de la disparition d’au moins une dizaine de tonneaux de vin, elle n’en serait même pas étonnée. Debout derrière Ama, la jeune femme observe distraitement les dames de compagnie de cette dernière ranger ses affaires dans le reflet du miroir pendant qu’elle coiffe les cheveux de la Souveraine. C’est un geste qu’il lui arrive de faire de temps en temps, la rendant nostalgique de leur enfance et adolescence, ainsi que des moments qu’elles passaient ensemble, encore insouciantes.

« Ça va faire du bien de rentrer à Saphir. Je n’en peux plus d’être ici. L’air marin me manque. »
« Oui, moi aussi. Même si Akasha est magnifique en cette période de l’année. »
« Mmh… »

Ama n’a pas tort, les terres verdoyantes d’Akasha méritent qu’on s’intéresse à elles. Néanmoins, sans réellement savoir pourquoi, Llyn ne s’y sent pas des plus à l’aise, trop habituée aux embruns et à l’odeur de l’océan qu’elle peut percevoir chez elle. Même si ce n’est pas la seule chose qui l’embête ici. La présence proche de Ren ne l’aide pas à se sentir détendue entre les murs du Palais et le regard itnrigué d’Ama dans le miroir lui indique que cela doit se voir sur son visage. Toutefois, elle n’a pas le temps de se voir interrogée par son amie que quelqu’un frappe à la porte. D’un signe de tête, Llyn demande à une des dames de compagnie d’aller ouvrir, pendant qu’elle repose la brosse sur la coiffeuse pour aller accueillir la nouvelle venue. C’est Ménélia, la chef de la garde d’Ama qui se présente à elles.

« Il y a un problème ? »
« Dame Llyn, le départ est compromis.  »
« Pour quelles raisons ? »
« Une partie des vivres prévues pour le voyages ont disparu des cuisines. »
« C’est pas vrai… »

Un soupir lui échappe, agacé. Ama se lève à son tour pour venir poser sa main sur son bras.

« Ce n’est rien de grave Llyn. Va voir Ren pour savoir ce qu’il en est, et je m’occupe de terminer les préparatifs avec Ménélia en attendant. »

La jeune femme acquiesce et quitte les appartements. La perpective de devoir faire face au Souverain du Vide ne l’enchante pas vraiment, mais elle sait bien qu’elle ne pourra pas l’éviter éternellement. Après avoir demandé à une domestique dans quelle direction trouver le bureau de Ren, la jeune femme s’y dirige d’un pas qui se veut assuré. Arrivée dans le couloir, elle croise l’homme qui semble être le chef de la garde de Ren, facilement reconnaissable à sa cicatrice. Elle lui fait un signe de tête poli pour le saluer, il le lui rend et elle va frapper à la porte. Une fois qu’elle reçoit l’autorisation d’entrer, Llyn ouvre cette dernière et se présente face au Souverain.

« Veuillez me pardonner pour ce dérangement, mais je viens de la part d’Ama. Il semblerait qu’une partie des vivres prévues pour notre voyage jusqu’à Saphir ait disparu des cuisines. »

Formelle. C’est ainsi qu’elle a décidé de la jouer pour le moment, même si elle sait qu’elle ne parviendra pas à le rester bien longtemps.
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Ren

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le Ven 14 Sep - 12:23
La fin des festivités

La journée venait seulement de commencer et déjà, Ren sentait la migraine arriver, sournoise, doucereuse. La tension des derniers jours commençait à avoir raison de lui et il souhaitait retrouver le calme habituel qui régnait dans ce palais. Un instant, ses pensées allèrent à sa cadette, sûrement levée et déjà au pied du saule au fond des jardins. L’envie de la rejoindre l’effleura. Il ne l’avait que très peu vue depuis la fin des festivités. Mais il la savait fatiguée, affaiblie. Que faisait-il au milieu des parchemins, enfermé, alors qu’elle était dehors, assurément plongée en pleine lecture ? Il jeta la pile de papiers qu’il tenait dans la main, plus brusquement qu’il ne l’avait voulu, et les feuilles s’éparpillèrent sur le bureau. Certaines tombèrent, virevoltant doucement jusqu’à finir leur lente course sur la pierre froide du sol. Se laissant tomber dans son fauteuil, le Souverain tenta de retrouver son calme, fermant les yeux afin d’oublier où il se trouvait  et surtout, avec qui. La proximité des autres Souverains et de leurs Gardiens avait le don de le tendre à l’extrême. La délégation agnienne serait la première à repartir, dès le lendemain et il avait pris soin de ne pas avoir besoin de recroiser leur chemin avant leur départ. Tout ce qu’il avait à leur dire, il l’avait déjà fait, convoquant Seylim afin de s’entretenir avec l’ambassadrice. Il avait confiance en la jeune femme. Sa langue acérée et son entêtement n’étaient plus à prouver. Il avait été plus que clair. Si Nár se permettait à nouveau de ramener son harem chez lui, il ne répondrait plus de rien. Il s’attendait à beaucoup de bassesse de la part du Souverain d’Agni, mais pas à ce qu’il se montre insultant à ce point. La colère de Ren était toujours présente mais plus sourde, plus contenue. Il avait écouté Seylim, avait cru en ses paroles lorsqu’elle lui avait promis que cela n’arriverait plus. Alors il se contentait d’attendre à présent que Nár et Méira partent. Et le plus tôt serait le mieux.

A vrai dire, il serait pleinement satisfait lorsque tous seraient partis. Il avait beau passer la plupart de son temps ici, à endiguer les problèmes causés par le trop plein de boisson dans les villages, ici, au palais, la situation n’était pas meilleure que dans les terres. Les nouvelles allaient très vite par ici, il fallait s’attendre à ce que la présence de toute la caste dirigeante soit l’objet d’enthousiasme débordant et des rumeurs les plus folles. Les domestiques parlaient, les informations se relayaient et finissaient tôt ou tard par arriver aux oreilles du Souverain et du reste des habitants du Palais. La fin de la Fête avait apparemment été célébrée comme il se devait ce qui aurait dû rassurer le Souverain. Que le vin de Seren coule à flot, cela avait été prémédité. Que le Souverain de Prithvi finisse les festivités dans les bras de la femme de chambre de sa sœur, non. Vilya lui avait dit qu’Endor devenait presque un autre homme lorsque l’alcool s’en mêlait. Il ne s’était juste pas attendu à ce genre de dénouement. Mais il avait bien plus important à penser qu’aux ébats du Souverain de la Terre au sein de son palais, qui arrivaient en bas de sa liste d’inquiétudes.

Ses émotions se bousculaient, contradictoires, extrêmes, brouillonnes, sans limites définies. La fatigue commençait à avoir raison de lui, la tension également. Alors il se leva, délaissant le bureau et toute la paperasse qui l’attendait sans plus un regard et se dirigea vers la porte, bien décidé à laisser tout cela dans cette pièce. Il allait retrouver sa jeune sœur et passer du temps à ses côtés. Le reste attendrait. Mais alors qu’il approchait de la porte close, des coups contre le panneau de bois le firent s’arrêter dans son élan. Un instant, il pensa qu’Auriane était venue d’elle-même le trouver, mais il en doutait. La jeune femme aimait ce palais autant que lui. Le moins de temps elle passait entre ses murs, le mieux elle se portait. De plus, elle refusait toujours de venir le voir lorsqu’il était dans son bureau. Elle attendait simplement qu’il sorte de lui-même et le retrouvait le plus souvent dans la bibliothèque ou dans les jardins. Si ce n’était pas Auriane, Ren savait déjà qu’il n’aurait aucun plaisir à rencontrer la personne qui attendait derrière la porte. Il était loin de se douter à quel point, cependant.

Prenant le temps de contenir toutes les émotions qui s’étaient accumulées en lui ces derniers temps, se composant un masque à la neutralité parfaite, il s’assit sur le rebord du bureau et invita l’indésirable à entrer. Il marqua un temps d’arrêt en reconnaissant la lourde chevelure d’ébène et le regard pailleté d’améthyste. Un instant, la surprise put se lire sur son visage et dans son regard tandis que Llyn apparaissait devant lui. Mais la stupeur fut rapidement remplacée par un sentiment bien plus sombre. Que faisait-elle ici ? Et surtout, pourquoi maintenant ? Alors qu’il se sentait au bord de la rupture, il fallait que la personne qu’il désirait très certainement le moins voir vienne à lui. Après l’avoir ignoré pratiquement tout son séjour sur les terres d’Akasha, elle se décidait à venir, quelques jours à peine avant son départ. Aurait-il cru en quelque divinité, Ren aurait très certainement pensé être la victime d’une plaisanterie de mauvais goût. Il reprit rapidement son masque de neutralité et attendit que la Gardienne lui explique ce qu’elle venait faire ici.

Ce qu’elle fit. Et Ren crut pendant un instant qu’il allait perdre toute contenance et lui claquer la porte au nez. Cette pensée le démangeait tandis qu’il considérait la jeune femme, laissant un silence pesant s’installer entre eux après qu’elle ait fini de parler. A quoi jouait-elle ? Depuis quand le vouvoyait-elle ? Et depuis quand avait-elle besoin de son aide pour retrouver quelques miches de pain disparues ? Il avait des villageois qui brûlaient leurs greniers, contenant leurs vivres pour survivre à Eira et elle venait le voir pour quelques provisions disparues ? Il fut tenter de lui dire que les provisions avaient été redistribuées à la population, et pendant un court instant, il fut navré que ce ne fusse pas le cas. Car il ne doutait pas un instant que la délégation aapienne était suffisamment riche pour se fournir elle-même en nourriture et autres provisions jusqu’à Saphir. Mais il ne dit rien de tout cela. Il n’avait aucune envie de lui parler, ni de la confronter. Il se contenta simplement de prendre la parole, d’une voix marquée par une profonde indifférence.

« Adresse-toi à l’intendant ou directement aux cuisines. Ils seront plus aptes à t’aider. »

Il refusa de rentrer dans son jeu, quel qu’il soit. Se redressant, il fit le tour du bureau et ramassa les parchemins éparpillés, indiquant ainsi à la jeune femme que leur entrevue était terminée. Il n’avait plus rien à lui dire et ne souhaitait rien entendre venant d’elle. Cependant, elle ne semblait pas décidée à quitter la pièce. Retenant un soupir, Ren releva le regard dans sa direction, haussant un sourcil.

« Autre chose ? »
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Llyn

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le Dim 23 Sep - 13:30


La fin des festivités
ft. Ren

Sans réellement savoir pourquoi, la jeune femme sent son cœur battre dans sa poitrine, comme une crainte que les choses se passent de nouveau mal entre eux. Pourquoi en serait-il autrement après tout ? Leur dernière rencontre était loin d’être très amicale et Ama lui a gentiment fait remarquer que ne pas saluer le Souverain du Vide durant la fête avait été très malvenu. Se faire reprendre par sa Souveraine comme si elle avait une enfant impolie lui a clairement déplu et elle en est même venue à se disputer avec son amie. Ça n’a pas duré, évidemment, mais c’est le genre de choses qui lui fait toujours mal. Se disputer avec son souverain, sa moitié, n’est jamais agréable et lui donne souvent l’impression de s’enfoncer elle-même des lames chauffées à blanc entre les côtes. Comme si son propre corps refusait le conflit avec Ama, que son sang de Gardienne la rappelait à l’ordre de la plus horrible des manières. Quoiqu’il en soit, Llyn se trouve maintenant dans le bureau du Souverain d’Akasha, beaucoup trop formelle pour être vraiment naturelle.

Ren se tourne vers elle, visiblement énervé. Contre moi ou autre chose ? Elle a cru comprendre en entendant les bruits de couloir que les villageois d’Ebène étaient encore un peu trop enthousiastes et que les festivités continuaient. Est-ce à cause de cela ou de sa simple présence face à lui qui lui donne cette aura négative ? Ou alors je suis juste parano. Sa réponse est presque évidente lorsqu’il l’envoie se référer à l’intendant du palais ou aux cuisines. C’est tellement évident que la Gardienne se demande pourquoi Ama l’a envoyé voir Ren pour régler ce problème et la réponse lui vient en même temps que la question. Il y a des jours où je la déteste…. Llyn n’a pas vraiment réfléchit sur le moment, lorsque sa Souveraine l’a envoyé voir son homologue. Evidemment que Ren n’est pas le mieux placé pour gérer ce genre de choses.

Son vis-à-vis commence à ramasser les parchemins tombés sur le sol, lui indiquant par la même occasion que l’entrevue n’ira pas plus loin, mais la jeune femme reste figée dans la pièce, incapable de partir. Il s’en rend compte et lève les yeux vers elle.

« Oui, en effet. »

Les battements de son cœur accélèrent encore une fois et ses mains deviennent moites rapidement. C’est complètement stupide de réagir de cette façon. Peut-être parce qu’elle sait qu’elle a ses torts et que l’admettre à voix haute reste douloureux pour sa fierté. Néanmoins, après quelques secondes de silence, Llyn prend une légère inspiration pour reprendre la parole.

« Je tenais à m’excuser pour mon impolitesse lors de la fête ainsi que pour les propos que j’ai eu envers  toi, lors ta dernière venue à Saphir. Bien que j’étais en colère, ça ne me donnait pas le droit de dire ce genre de choses. »

Tout en parlant, la Gardienne incline la tête en signe d’excuses avant de la redresser. En effet, ce jour-là, le revoir après tout ce qu’il avait pu dire ou faire par le passé, l’a mise en colère. Probablement sans aucun fondement vu qu’ils se connaissaient très peu, mais avec le recul elle a pris conscience que sa réaction avait été, en partie, injustifiée.

« Je n’attends pas ton pardon, mais je tenais à ce que tu saches que je suis désolée pour ce que j’ai pu dire. »

Et malgré tout, elle espère surtout que Ren verra la sincérité avec laquelle elle peut prononcer ces mots.
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Ren

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le Lun 24 Sep - 11:37
La fin des festivités

Il ne manquait plus que ça…

Ren laissa les parchemins qu’il tenait en main retomber sur le bureau, sans plus aucun égard pour le papier tandis qu’il regardait Llyn, nerveuse face à lui quand il n’affichait qu’une profonde indifférence. Etait-il injuste ? Probablement ? S’en moquait-il ? Il n’y avait aucun doute là-dessus. Il n’était pas d’humeur à écouter des excuses qui ne signifiaient rien pour lui. Il n’aimait pas les gens qui s’excusaient. Il ne croyait pas en leur prétendue sincérité et aux véritables remords qu’ils disaient ressentir. Il n’avait pas suffisamment foi dans le genre humain pour leur prêtre des intentions pures, sans aucune arrière-pensée. Etait-il trop cynique ? Encore une fois, la réponse s’imposait d’elle-même. Auriane aurait été à ses côtés qu’elle aurait très certainement froncé les sourcils en lui disant de ne pas se comporter comme le parfait imbécile qu’il pouvait parfois être. Comment aurait-elle réagi à sa place ? Elle aurait sûrement souri, chaleureusement, et aurait rassuré Llyn. Elle n’était pas rancunière. Et surtout, elle voyait du bon dans tout un chacun. Que c’était exaspérant…

Il hocha lentement la tête, perdu dans ses pensées. Nul doute que Llyn attendait une réponse à présent. Mais Ren était bien incapable de savoir quoi lui dire. S’il excellait dans beaucoup de domaines, il n’avait aucune expérience des relations sociales et les interactions de ce genre le mettaient mal à l’aise. Car les boucliers s’abaissaient, les masques également. Et c’était tout ce qui protégeait Ren du monde qui l’entourait. Il n’aimait pas ça. Pourquoi venait-elle maintenant, alors qu’elle partait  bientôt. Etre ignoré jusqu’au bout lui aurait suffi, malgré le goût d’amertume qui lui restait en bouche lorsqu’il croisait la Gardienne. Mais cela lui semblait préférable à un autre tête-à-tête à cœur ouvert. Il refusait presque de voir la sincérité dans les prunelles de la Gardienne. Et en le réalisant, il ressentit à nouveau de l’agacement, cette fois-ci dirigé vers lui seul. Ce qu’il pouvait se montrer infantile lorsqu’il était en sa présence.

Soupirant, il releva le regard vers Llyn, toujours debout au milieu de la pièce.

« Pourquoi t’excuser pour ton comportement depuis ton arrivée à Akasha ? Est-ce ta Souveraine qui t’envoies ? Car Llyn, pardonne-moi si je me méprends, mais il me semble bien que ton comportement était prémédité et réfléchi. Assume-le. Je n’ai pas besoin d’excuses. »

Il n’y arrivait pas. Il était incapable de voir la sincérité dans ses paroles. Trop méfiant, trop solitaire et bien trop cynique. Il s’en rendit compte au moment-même où les mots passèrent le barrage de ses lèvres. De plus, la tension des derniers jours n’aidait en rien à ce qu’il fasse preuve de bonne volonté. Passant une main dans sa nuque, étirant ses muscles tendus et endoloris, il réfléchit un instant au reste des propos de la Gardienne. Oui… Leur dernière rencontre avait été pour le moins éprouvante. Surréelle tans leurs réactions étaient invraisemblables et dénuées de toute logique. Il avait réagi de façon extrême aux propos de la Gardienne. Il avait eu tout loisir d’y réfléchir depuis. Etaient-ce ses mots qui l’avaient mis autant en colère ou le fait que ce soit elle qui les prononce ?

« Eclaire-moi sur un point… T’excuses-tu pour avoir prononcé ces mots… ou pour les avoir pensés ? »
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Llyn

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le Dim 14 Oct - 20:32


La fin des festivités
ft. Ren

C’est avec une certaine appréhension que Llyn attend la réaction de Ren à ses paroles, même si elle ignore totalement ce qu’elle préférerait. Qu’il accepte ses excuses et qu’ils repartent sur de bonnes bases ? Probablement. Qu’il les refuse et lui donne une bonne raison de s’énerver contre lui ? Probablement également. Mais pourquoi ? Pourquoi voudrait-elle une bonne raison pour ça ? Ne serait-ce pas juste un moyen d’apaiser son orgueil pour lui donner raison également ? Il est devenu évident qu’elle ne parvient à penser clairement face à lui et ces pensées contradictoires qui s’entrechoquent ne font que confirmer cela. Ils se regardent tous deux pendant des secondes qui paraissent interminables avant que le Souverain ne prenne enfin la parole.

Comme elle s’en doutait, Ren ne souhaite pas lui faciliter la tâche et refuse ses excuses. Cela lui fait plus mal qu’elle ne l’aurait pensé, mais Llyn reste impassible, essaie de ne pas montrer que ses mots l’atteignent d’une façon douloureuse. Pourquoi se montre-t-il si méfiant envers elle ? Pourquoi ne peut-il accepter la sincérité avec laquelle elle lui parle ? La jeune femme vient de mettre sa fierté à ses pieds pour s’excuser, admettre qu’elle a eu tort, mais voilà qu’il préfère douter.

« Pour ta gouverne, sache que mon comportement n’était pas prémédité et que je prononce les mots que je pense. »

En bonne gardienne d’Ama, aller saluer le Souverain du Vide était, en effet, une chose à faire. Mais en le voyant s’avancer, Llyn s’était rendue compte qu’elle était incapable de lui faire face, et les filles d’Ishüen avaient été l’excuse qu’il lui fallait pour échapper à cela. De plus, elle avait toujours fait en sorte d’être honnête envers elle-même, de ne jamais aller à l’encontre de ses propres pensées. Mais depuis qu’elle a revu Ren, elle a la sensation que c’est une chose de plus en plus difficile à mettre en pratique.

« Je souhaitais venir m’excuser aujourd’hui car j’ai vu ce que tu as fait d’Akasha depuis un an. J’ai vu ce que tu apportes à ta contrée et ça me suffit pour voir que ta présence ici n’est sûrement pas si mauvaise que ça. J’assume ce que je t’ai dit mais j'admets tout autant le fait d'avoir été injuste envers toi et d’avoir eu tort. »

Lorsqu’Ama et elle sont venues lors de la première fête du lac organisée par Ren, Akasha ne s’était pas encore relevée de la mort de son Souverain précédent et des traumatismes qu’il avait pu leur laisser. Il n’y avait pas eu assez de données pour que Llyn se fasse réellement une idée sur les bienfaits de la présence du Vide à la place des Astres. Cette année, les choses ont changé. Les akashans sont plus détendus, plus joyeux. Elle a pu le constater durant cette semaine passée à Ébène et c’est une chose qu’elle ne peut pas nier.

« Si tu ne souhaites pas accepter mes excuses, c’est ton droit, et je ne t’en tiendrai pas rigueur. Néanmoins,  je me pose une question : que préférerais-tu entendre Ren ? Que l’on m’a forcé à venir ici pour te dire ces mots ou que je suis venue de mon plein gré ? Qu’attends-tu de moi ? Si mes excuses ne t’atteignent pas, que dois-je faire pour me faire pardonner mes propos… et mes pensées ? »

A aucun moment, Llyn n’a haussé la voix ou pris un ton agressif. Au contraire, même si elle est un peu agacée et blessée que Ren réagisse ainsi, elle ne souhaite pour autant pas réagir de la mauvaise façon.
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Ren

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le Dim 28 Oct - 12:28
La fin des festivités

Il s’était attendu à beaucoup de choses de la part de Llyn. Beaucoup d’amertume, beaucoup de méfiance et une certaine dose de colère. Il avait pu observer la jeune femme face aux autres et il avait compris qu’il provoquait en elle l’apparition de sentiments qui n’avaient rien de positifs et qui ne semblaient pas être coutumiers à la Gardienne. La réciproque était vraie et avait été vérifiée. Tous deux semblaient incapables de se faire face sans que leurs émotions, leur passif et leur ressentiment ne s’en mêlent et il semblait impossible qu’ils aient une simple conversation basée sur des banalités. Il s’était donc attendu, en la voyant rentrer dans son bureau, à un autre cataclysme de colère, de mépris et de rancœur qui n’aurait certainement pas laissé la pièce intacte. Il n’avait aucunement l’énergie de se lancer dans un nouveau duel avec la Gardienne et avait été prêt à la laisser repartir sans échanger un seul mot avec elle. Il avait été prêt à ne pas céder à la provocation, à ne pas lui faire le plaisir de rentrer dans son jeu et à mettre un terme à toutes ses tentatives pour lui faire perdre son calme. Et il venait de comprendre en l’instant qu’il s’était trompé sur toute la ligne.

Il n’avait pas cru à sa supposée sincérité. Il avait pensé en lui en faisant part qu’il ferait tomber les masques, qu’il lèverait le voile sur ses véritables intentions et qu’elle trouverait là une excuse pour lui reprocher à nouveau tous les maux du monde. Il avait apparemment eu tout faux et s’était mépris sur ses intentions réelles. Sa méfiance, son cynisme et son incapacité à croire en le genre humain l’avait fait peindre un tableau bien sombre de l’échange avec la Gardienne, avant même qu’elle ne prononce le moindre mot. Il avait anticipé et s’était trompé. Il lui avait barré la route, avait bloqué ses tentatives d’excuses et était resté inflexible face au malaise évident de la jeune femme.

« Ren, tu es très intelligent, mais parfois tu peux être un véritable idiot. »

La voix de sa sœur résonna dans son esprit et il soupira discrètement. Llyn, face à lui, avait fait plus que s’excuser. Elle avait mis sa fierté de côté et fait preuve de bonne foi, avait reconnu le travail accompli pour Akasha. Depuis son arrivée au pouvoir, c’était l’une des première fois qu’il entendait de pareils propos venant de quelqu’un résidant à l’extérieur de sa Contrée. Et que cela vienne de Llyn, la femme qui avait réussi à le mettre suffisamment en colère pour qu’il perde le contrôle, rendait toute la situation encore plus inédite et passablement inconfortable. Cela lui arrivait rarement, très rarement, mais en l’instant, Ren se sentait mal à l’aise face à la jeune femme. Encore plus lorsqu’elle lui demanda ce qu’elle pouvait faire pour qu’il lui pardonne. Il fuya son regard, incapable de soutenir le sien plus longtemps, obligé de reconnaître la profonde sincérité qu’il pouvait y lire. Il s’était attendu à tout sauf au tour que prenait la situation. Et il regretta presque les mots violents de leur dernier échange, excuse parfaite pour dissimuler ce qu’ils ressentaient réellement.

« Je te l’ai déjà dit… Je n’attends rien de toi Gardienne. Rien que tu ne puisses me donner. Je ne m’attendais pas à recevoir la moindre marque d’attention de ta part durant ton séjour. Pas même un simple bonjour. Et je m’en serais contenté. »

C’était la vérité. Il n’attendait rien d’elle et pensait que leurs relations se limiteraient au respect de l’étiquette en présence du reste de la classe dirigeante. Et encore, il avait semblé pendant la fête que même cela semblait trop difficile pour la jeune femme. Et pourtant elle était là, face à lui, s’excusant pour ce qu’elle avait pu dire. Elle avait fait le premier pas vers une entente plus cordiale malgré un commencement houleux. Il aurait été stupide de sa part de ne pas saisir cette chance, politiquement parlant. Il comprenait à présent son ton si officiel lors de ses premières paroles.

« J’accepte tes excuses Llyn. Pour le bien d’Akasha. Elle mérite des relations paisibles avec autant de ses voisins que possible. Ce que tu as vu est encore très fragile et pourrait s’écrouler en un rien de temps. Me mettre à dos la Gardienne de l’Eau ne serait pas judicieux. »

Son masque ne tombait pas. A son tour, il employait un langage trop formel, trop rigide dans le simple but de ne pas céder. Si la jeune femme avait pu le faire, lui éprouvait bien plus de difficultés. Mais il lui devait bien ça. De faire un effort. Alors, dans un nouveau soupir, il la regarda à nouveau.

« Cependant, de nous deux, celui qui devrait le plus s’excuser, c’est moi. Pour avoir manqué de te tuer dans un moment où j’ai fais preuve de faiblesse. Cela n’aurait jamais dû se retourner contre toi. »

S’il était incapable de contrôler la puissance de la gemme qui coulait dans ses veines, il en était le seul responsable. Blâmer la jeune femme pour cette perte de contrôle ne servirait qu’à fermer les yeux et à se mentir. Oui, elle l’avait provoqué. Oui, elle l’avait mis en colère. Mais cela n’excusait en aucun cas le flot d’énergie qu’il avait libéré. Et cela ne devait plus arriver. Cependant, le malaise était toujours présent. Elle s’était excusée, avait reconnu qu’il n’était pas nécessairement le nuisible qu’elle avait pensé dans un premier temps. Mais ce n’était pas tout cela qui l’ennuyait le plus. Ce n’était pas ça qui rendait la présence de la jeune femme inconfortable.

« Llyn… Pourquoi souhaitais-tu autant mon pardon ? »

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le Mer 14 Nov - 18:50


La fin des festivités
ft. Ren

Lorsque Ren détourne les yeux l’espace d’un instant, Llyn se demande si elle a bien vu. Est-ce qu’il fuit mon regard ? Non, ce n’est pas possible. Persuadée de se faire des idées, la jeune femme ne relève pas mais elle sent son cœur se serrer de nouveau quand le Souverain répète qu’il n’attend rien d’elle, de la même façon que la dernière fois qu’ils se sont vus à Saphir. Rien que je ne puisse lui donner… Elle se demande toutefois ce qu’il peut bien vouloir dire par-là. Que souhaite-t-il qu’elle n’est pas en moyen de lui offrir ? Qu’est-ce qu’un homme comme Ren pourrait bien vouloir de cette façon ? Tellement de choses lui viennent en tête et pourtant, aucune ne lui semble vraiment cohérente avec l’image que veut bien donner cet homme si réservé de lui. La suite la surprend davantage.

Certaines personnes ont pris l’habitude de décrire Llyn comme une jeune femme froide et impassible, ne montrant pas ses sentiments à autrui. En effet, Desde lui a appris à ne jamais montrer ce qu’elle ressent aux autres car les émotions peuvent être des faiblesses et se voir retournées contre nous. Alors elle s’est efforcée de mettre en pratique cet enseignement. Pourtant, quand Ren finit par accepter ses excuses, la Gardienne est incapable de masquer sa surprise et ses yeux s’écarquillement légèrement. Néanmoins, la raison de cela est vite mis sur le compte du bien d’Akasha et non pas pour lui-même. Si son cœur a fait un bond de soulagement, celui-ci disparaît légèrement en entendant la suite de ses paroles. Tout comme elle quand elle est entrée dans le bureau quelques minutes plus tôt, le Souverain reste formel, usant de termes trop stricts. Elle n’en fait pas la remarque et attend, avant d’avoir l’impression de recevoir un uppercut dans la poitrine.

Inconsciemment, Llyn sent son corps se détendre en entendant les excuses prononcées par son vis-à-vis. Ren est, en effet, en train de lui demander pardon pour avoir manqué de la tuer dans un moment de faiblesse. C’est gentil de t’en être rendu compte en effet… Elle ne le dit pas, car ce serait passablement sarcastique, et ce n’est pas du tout ce qu’elle a envie de transmettre à cet instant. Étrangement, le fait qu’il admette son erreur, de la même façon qu’elle a admis les siennes, retire un poids de sa poitrine. Ils ont tous les deux fini par admettre leurs torts, par mettre leur fierté de côté pour s’excuser et Llyn a cette impression étrange que la tension entre eux s’en voit allégée. Toutefois, la dernière question de Ren la laisse complètement pantoise.

« Llyn… Pourquoi souhaitais-tu autant mon pardon ? »

La jeune femme cligne plusieurs fois des yeux à la façon d’un hibou. C’est vrai ça, pourquoi ? Soudain mal à l’aise, Llyn ignore comment répondre à cette question, pour la simple et bonne raison qu’elle en ignore la réponse. Elle se sent rougir légèrement, pas assez pour que ça soit visible par autrui, mais c’est bien le cas. Pourquoi a-t-elle autant cherché le pardon de cet homme qu’elle connait, au final, très peu ? Son esprit bouillonne tandis qu’elle essaye désespérément de trouver une réponse. Elle détourne les yeux, regarde le mur et le sol, comme si elle était écrite quelque part dans la pièce. Finalement, elle se reprend comme elle peut, vient tousser légèrement dans son poing.

« Et bien… Comme tu l’as dit, nos contrées méritent des relations paisibles et… Ça me semblait important que nous repartions sur de bonnes bases. »

De fait, c’est la vérité, mais Llyn, comme Ren, savent très bien qu’il n’y a sans doute pas que cela. La jeune femme aimerait juste savoir quoi, puisqu’elle l’ignore elle-même. Elle laisse passer un léger silence avant que les mots ne lui échappent doucement et faiblement, tel un murmure.

« Et puis… Je me souviens toujours que c’est à toi que j’ai demandé de l’aide, et non pas à ceux de la table d’à côté. Il y avait sûrement une raison à ça, même si je ne me souviens pas laquelle. Alors, je crois que j’avais juste envie qu’on reparte de zéro. De cet instant où nous n’avions aucun a priori vis-à-vis de l’autre. »

Un léger sourire flotte sur ses lèvres, nostalgique d’un instant qui n’aura pas duré bien longtemps à l’époque. La jeune femme se redresse, tente de retrouver une certaine contenance.

« Dans tous les cas, je te remercie d’avoir accepté mes excuses. Je ne vais pas te déranger plus longtemps, je me doute que tu as encore du travail. »

Son regard glisse vers la pile de papiers sur le bureau pour appuyer ses paroles.
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Le Gardien

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le Jeu 15 Nov - 14:10
Intervention du Gardien


Tout était calme dans le palais d'Ebène. Les nombreux invités étaient encore dans leurs appartements, tentant de se remettre des événements survenus deux jours auparavant. La fête s'était terminée en apothéose et à présent, les corps et les esprits se reposaient. Mais tandis que les invités dormaient, les domestiques eux, s'affairaient comme jamais. Les préparatifs étaient nombreux. Nettoyer les chambres, confectionner les repas, préparer les départs imminents, l'activité était frénétique dans les premiers étages et les sous-sols du palais. Nul repos pour ceux qui travaillaient dans l'ombre.

Les cuisines étaient en pleine effervescence en cette matinée pourtant tranquille. En effet, la délégation d'Aap serait la première à partir, plus tard dans la journée, suivie de celle d'Agni. Les préparatifs étaient nombreux et les chefs cuisiniers s'affairaient à leurs fourneaux tandis que différents servants et domestiques entamaient de longs allers et retours afin de satisfaire aux demandes des nobles représentants des délégations.

Mais leur rythme de travail fut alors bouleversé lorsque l'une des servantes, en route pour apporter le petit déjeuner de l'ambassadeur vaatan, s'écroula au sol, le plateau résonnant sur les pierres et son contenu se brisant et s'éparpillant sous les tables. Des éclats de voix, des pas précipités et on l'emmena dans ses quartiers, sûrement trop fatiguée après n'avoir dormi que quelques heures en l'espace de deux jours. Mais ce malheureux coup du sort ne s'arrêta pas là. Plus tard, trois commis de cuisine commencèrent à se plaindre de symptômes similaires. Maux de tête, étourdissements, fatigue. Ils ne purent bientôt plus travailler et l'un d'entre eux s'effondra avant d'avoir pu poser la tête sur son oreiller. Les murmures se firent alors plus apeurés, consternés. Un incident pouvait arriver. Quatre dans la même matinée, cela ne relevait plus du simple hasard. Un chef cuisinier et deux servantes se plaignirent du même mal un peu plus tard dans la matinée. Le tout s'était passé en l'espace de deux heures. Les médecins furent appelés et les gardes furent interpellés.

Fearghas savait que son Souverain était toujours enfermé dans son bureau. Il avait croisé la Gardienne de l'Eau lorsqu'elle s'y était dirigée et depuis, la porte était restée fermée. Il ne s'était écoulé que quelques minutes depuis son départ. Et pourtant il avait l'impression que cela faisait déjà plusieurs heures. Il s'apprêtait à sortir du palais et à se rendre dans les villages lorsque les gardes du palais l'avaient interpellé, alarmés. La rumeur commençait à courir parmi le personnel ; une épidémie était en train de sévir dans les cuisines. Et tous redoutaient ce mot, se souvenant parfaitement de la dernière fois où une épidémie de grande ampleur avait touché Seele. Il incita les soldats à la discrétion, demanda à ce que personne ne sorte ou entre dans les cuisines sans son autorisation et il rebroussa chemin, vers le bureau de son Souverain.

Il frappa à la porte et attendit d'être invité à entrer, ce qu'il fit sans se faire prier. Il s'inclina devant Ren et devant Llyn avant de prendre la parole à voix assez basse mais au débit assez rapide sous l'urgence de la situation.

"Sire... Dame Llyn... Pardonnez-moi de vous déranger mais quelque chose se passe aux cuisines. Plusieurs personnes sont tombées malades et se plaignent des mêmes symptômes. La rumeur commence à parcourir le personnel mais n'est pas encore arrivée aux étages. On parlerait d'une épidémie dans le palais."


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