Akasha
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Auriane

Akasha
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le Dim 19 Aoû - 18:33






Un nouveau chapitre

« - Nous devons faire quelque chose. Elle va mourir si nous la laissons continuer.
- Que voulez-vous que l’on fasse ? Il est le seul responsable de son état…
- Il suffit… Ce genre de propos pourrait à présent vous coûter cher…
- Regardez-la… Elle se laisse mourir… »

Auriane ferma les yeux, s’enfonçant un peu plus dans son fauteuil. Elle ne les supportait plus. Elle ne supportait plus leur inquiétude, leur compassion et surtout leur pitié. Elle voulait la paix. Simplement la paix. Eilean était à ses côtés et la regardait, soucieuse. Elle les avait également entendus et bien qu’elle partageait leurs craintes, elle refusait de les laisser paraître devant son amie. Auriane semblait sur le point de se briser et elle craignait que la moindre secousse, que le moindre mot de trop, l’anéantisse définitivement. Elle ne savait plus que faire et, impuissante, elle regardait son amie faiblir de jour en jour. Dans ses sombres moments elle en venait même à maudire le nouveau Souverain. Elle le connaissait. Peu mais suffisamment pour savoir qu’il tenait plus à sa sœur qu’à l’ensemble de Seele. Alors qu’attendait-il ?

Auriane sentit le regard de son amie sur elle et elle rouvrit les yeux. Elle lui sourit faiblement et tenta de se redresser. Chaque mouvement lui était douloureux, chaque geste lui arrachait une grimace. Elle ne pouvait presque plus bouger. Elle ne marchait plus. Elle mangeait et dormait peu. Et pourtant, elle était toujours là. Sa santé s’était dégradée de saisons en saisons après la mort de ses parents. Et les nouvelles d’Akasha avaient été comme un coup de grâce pour la jeune femme qui avait attendu des nouvelles de son frère ainé pendant cinq ans. Mais elle résistait. Bien que son corps la laissait tomber, son esprit demeurait, aussi alerte qu’à l’accoutumé. Mais elle-même sentait que ses résistances commençaient à se fissurer. A trembler. L’avenir lui était incertain. Elle se sentait tiraillée.

« Auriane ? »

La jeune femme releva le regard et focalisa toute son attention sur son amie de toujours qui la regardait, inquiète.

« - Veux-tu que je ferme la porte ?
- Non… Non ça va aller. Laisse-les parler. Leurs propos me bercent à présent. Ils répètent constamment la même chose. »

Eilean soupira. Guère patiente, elle ne comprenait pas comment son amie pouvait subir ce genre de propos au quotidien. Loyaux et fidèles, le personnel de l’hôpital ne l’avait pas trahie. Ils connaissaient tous Auriane depuis son enfance, ayant passé plus de temps entre leurs murs que dans sa propre maison. Une fois ses parents disparus, elle avait été prise en charge par sa préceptrice, la mère d’Eilean. Mais sa santé s’était rapidement dégradée. Très vite, il avait fallu la ramener à l’hôpital et depuis, elle n’en était plus jamais réellement sortie. A nouveau, Auriane ferma les yeux. N’y tenant plus, Eilean reprit la parole, d’une voix sourde.

« - Est-ce vrai ?
- De quoi parles-tu ?
- Tu te laisses vraiment mourir ? »

Auriane rouvrit les yeux et Eilean se tut immédiatement. Dans le regard gris-vert de son amie, elle pouvait voir une lueur qui n’y était pas auparavant. Une détermination sans faille, une rage et une soif de vivre qui répondaient parfaitement à sa question.

« - Non. Non je ne me laisse pas mourir Eilean. Si c’était le cas, je ne serais plus là en train de parler avec toi.
- Alors pourquoi… ? Pourquoi ne guéris-tu pas ? »

Une immense tristesse passa sur le visage d’Auriane. La lueur disparut de son regard, ses épaules s’affaissèrent et elle parut soudainement encore plus frêle, encore plus délicate qu’à l’accoutumée.

« Je ne me laisse pas mourir… mais je ne sais plus vraiment comment vivre non plus… »

Elle s’interrompit. Des coups portés à la porte d'entrée les firent toutes deux tournées la tête. De la chambre d’Auriane, elles ne pouvaient voir ce qui se passait dans le hall de l’hôpital mais elles échangèrent toutes deux un regard et Eilean fronça les sourcils. Le petit hôpital était reculé, en dehors des murailles de Saphir. Peu de monde venait frapper à sa porte. Un instant, la peur enserra son cœur. Un instant, elle songea que le lien avait été fait. Qu’on avait retrouvé la sœur de l’Usurpateur comme on le nommait à présent dans certains endroits. Ses mains se serrèrent sur les bras de sa chaise. Elle ne laisserait personne poser la main sur Auriane. Personne.
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Samir

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le Mar 4 Sep - 18:38
un nouveau chapitrechaque rencontre est un changement possibleMes préparations sont sommaires. Après mon entrevue avec Ren je ne me suis pas fait prier pour m’atteler à la tâche. Même si ça n’avait pas été un ordre direct, je me serais hâté. La seule chose qui a réussi à percer le masque de porcelaine de mon nouveau Souverain est la mention de soeur et son inquiétude à son sujet. Je ne peux que comprendre sa souffrance. Il ne me faut que peu d’imagination pour me mettre à sa place et je ne m’imagine pas laisser Aaisha hors de ma portée plus longtemps que le strict nécessaire, alors que sa vie pourrait être en danger.

Mes préparatifs sont sommaires et expéditifs. Le voyage jusqu’à Saphir ne dure que quelques jours et je trouverai aisément sur ma route de quoi remplir gourde et besace et je ne charge donc mon cheval que du strict nécessaire. Il me faut un peu plus de réflexion pour déterminer si je prends avec moi des compagnons de route, et si oui, combien. Rapidité et discrétion sont de mise ici, le plus simple aurait été que je parte seul. La route est sûre et peu de bandits de grand chemin prendraient le risque d’attaquer un homme seul et armé voyageant léger, le gain potentiel est trop faible. Rien n’est moins sûr pour le retour, et je ne peux pas encadrer moi-même la carriole qui transportera la soeur de Ren et ses affaires, et d’éventuels domestiques. Si Ren a raison et que ses rivaux s’en prennent à la jeune femme sur le trajet, il me faudra de l’aide, que je ne peux attendre d’Aap.

Je choisis donc de prendre avec moi deux soldats de confiance pour m’épauler. Nikolas est le meilleur archer que je connaisse, et les talents de bretteuse d’Armine ne sont plus à prouver pour personne. Nous avons souvent combattu côte à côte, je laisserais sans hésiter ma vie entre leurs mains et il semble que je doive également leur laisser celle d’Auriane. Je sais que l’un et l’autre obéiront sans poser de question, et que s’ils devaient apprendre quelque secret, ils l’emporteraient avec eux dans la tombe. Je ne peux imaginer de meilleurs compagnons pour cette mission. Une fois mis au courant des ordres, nous sommes tous trois prêts à partir au petit matin, le lendemain de ma rencontre avec le Souverain.

***

C’est la première fois que je viens à Saphir. J’en ai entendu de nombreuses descriptions, mais elle pâlissent toutes face à la réalité de la Cité d’Eau. L’hôpital que m’a indiqué Ren se trouve sur le continent, à la périphérie de la ville, ce qui ne nous amènera pas dans le dédale de canaux que je distingue déjà d’ici, mais la vue reste impressionnante. Lorsque j’ai quitté mon petit village en bordure du désert pour venir au centre d’Akasha, j’avais déjà eu l’impression qu’on ne pouvait imaginer plus d’eau concentrée au même endroit, le Lac paraissant déjà immense. Je suis ébahi et ravi de constater que je ne pouvais plus me tromper. L’immensité de l’océan et la richesse des multiples cours d’eau qui irriguent la capitale d’Aap me le prouvent. J’ai du mal à en croire mes yeux, et je meurs d’envie d’aller tester le système de barges et de gondoles qui servent de transport, mais le devoir m’appelle et me détourne de ce paysage extraordinaire. Peut-être qu’un jour une mission me permettra de voir cette merveille de plus prêt.

L’hôpital lui-même est moins remarquable. Deux personnes en sortent lorsque je frappe à la porte. J’ai mis pied à terre pour nous présenter, et mes compagnons de route en ont fait de même. La plus vieille nous interpelle, pendant que son compagnon nous jauge d’un air peu amène. Il semblerait qu’ils soient rendu méfiants par la présence d’hommes d’armes visiblement pas en demande de leurs soins.

Bonjour, voyageurs. Qu’est-ce qui vous amène jusqu’à notre humble établissement ? Les entrées de la Cité sont un peu plus loin sur la route.
Je m’incline devant elle, les mains ostensiblement à l’écart de mon cimeterre.
Nous ne venons pas pour Saphir, gente dame. J’ai été envoyé jusqu’ici par le nouveau Souverain d’Akasha avec la mission de lui ramener sa pupille, Dame Auriane.
Nous n’avons personne de ce nom ici. Vous pouvez retourner d’où vous venez tout de suite. Je suis désolée que vous aillez perdu votre temps ainsi.

Je m’attendais à ce que le personnel la protège, d’après ce que m’a dit Ren, mais la femme m’a presque coupé la parole pour me renvoyer sur mon chemin. Je reste un instant interdit. Leur méfiance et leur attitude témoigne de leur attachement pour cette jeune femme. Ce ne sont à l’évidence pas des combattants, mais je juge qu’ils seraient prêts à se battre pour la protéger. Derrière moi, Armine et Nikolas restent silencieux et immobiles, dans une attitude d’attente passive, mais je sais qu’ils sont prêts à agir au moindre signe d’agression à mon égard. J’espère  quand même qu’on en viendra pas là, je ne suis pas certain que cela accomplirait la mission. Une main en l’air en signe de paix, je fouille de l’autre la pochette à ma ceinture pour en tirer le gage de confiance de Ren. Je pensais n’avoir à le présenter qu’à Auriane, mais ainsi soit-il.
Le regard de la vieille femme passe de l’objet à moi à plusieurs reprises, puis elle semble prendre une décision.

Entrez.

Je laisse les rênes de ma monture à Armine, en leur faisant signe de rester dehors. Je ne pense pas être en danger à l’intérieur, et il me semble plus judicieux de ne pas arriver à plusieurs.
Elle me guide jusqu’à une porte non loin de l’entrée mais qui doit donner sur l’autre côté du bâtiment. Elle frappe discrètement et entre devant moi.

Auriane, quelqu’un pour toi.

Elle s’écarte pour enfin me céder le passage, et je pénètre dans la pièce. Je suis pris au dépourvu par l’attitude tendue des deux jeunes femmes présentes. Je n’ai pas à me demander qui est celle que je dois escorter jusqu’à Ebène. La ressemblance avec son frère n’est pas criante mais elle est là, dans ses cheveux bruns, ses yeux gris, et le pli décidé de sa mâchoire. Elle n’est pas du genre à se laisser faire, et ce malgré sa maigreur et ses traits tirés. Son corps semble épuisé mais elle ne donne pourtant pas l’impression d’une créature faible et prête à flancher. Je reste à quelques pas de son fauteuil et m’incline.

Dame Auriane. Je me nomme Samir Al-Raïs. Votre frère m’a envoyé jusqu’à vous pour vous escorter au palais d’Ebène afin que vous puissiez prendre votre place à ses côtés.
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Auriane

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le Jeu 13 Sep - 17:58






Un nouveau chapitre

Quelques minutes s’étaient maintenant écoulées depuis les coups frappés à la porte et les deux jeunes femmes guettaient, aux aguets, se demandant ce qui pouvait bien se passer dehors. Eilean était bien plus inquiète que son amie et elle ne cessait de jouer avec son châle, sans avoir conscience de ses gestes, signe que la jeune femme était préoccupée. Cela ne lui disait rien qui vaille. Il n’y avait que très peu de visiteurs qui se déplaçaient jusqu’à cet hôpital, c’est bien pour cela qu’il avait été désigné comme résidence d’Auriane. Personne pour la voir, personne pour la trouver… personne pour lui faire du mal. Mais de temps à autre, des coups frappaient à la porte. Qu’il s’agisse de personnes ayant besoin de soins ou de villageois apportant des victuailles, Eilean pouvait toujours atténuer ses craintes au bout de seulement quelques secondes. Mais quelque chose en l’instant la troublait. Elle pressentait que cette fois-ci serait différente des autres. Que les soignants soient toujours dehors alors qu’ils auraient simplement dû renvoyer les indésirables sur leur route ne lui disait rien qui vaille. Elle hésitait même à se lever et à aller voir. Mais elle n’en eut pas besoin. La porte à nouveau s’ouvrit et bientôt, les deux jeunes femmes purent voir de quoi il en retournait.

Des pas dans le couloir et bientôt, on poussa la porte entrebâillée de la chambre. Auriane regarda fixement la sachante, l’expression de son visage impénétrable. Seules ses mains trahissaient son émoi. Tremblantes, elle les enfouit dans ses jupes pour les dissimuler. Quelqu’un pour elle… ? Cela ne se pouvait. Elle ne connaissait personne. N’avait ni amis ni famille. Seulement Eilean et un frère qu’elle n’avait pas revu depuis quatre ans et qui lui était à présent inaccessible. Alors qui… ?

C’est un visage fermé et tendu qu’offrirent les deux jeunes femmes au visiteur qui pénétra dans la chambre. Un homme. Un étranger. Un inconnu qu’Auriane n’avait jamais vu de sa vie. Mais qu’on avait laissé entrer. Prudente, la jeune femme se garda bien de faire le moindre commentaire, se contentant d’observer le nouvel arrivant. Le teint chaud, le regard aimable, rien dans son accoutrement ou son attitude ne révélait une quelconque once d’agressivité. Il ne portait aucun blason, rien qui aurait pu indiquer à la jeune femme sa contrée d’origine ni ce qui l’amenait jusqu’à elle. Mais en le voyant s’incliner devant elle, son cœur loupa un battement et ses mains tremblèrent encore plus. Se pourrait-il que…

L’inconnu se présenta en quelques mots. Quelques mots seulement. Qui chamboulèrent complètement le monde d’Auriane. Le décor autour d’elle tangua, les lignes se brouillèrent et les couleurs se mélangèrent. Ses mains quittèrent son giron pour venir agripper les rebords de son fauteuil, ses jointures blanchissant sous l’effort. Tentant de se raccrocher à la réalité et de ne pas basculer, elle ferma les yeux et compta lentement, reprenant le contrôle de sa respiration qui s’était faite saccadée. Cela ne se pouvait. Après tout ce temps, après toutes ces années sans la moindre nouvelle, après les derniers évènements survenus à Akasha, il se manifestait enfin. C’était inconcevable, incroyable. Mais comment le dénommé Samir aurait-il pu la trouver ? Comment aurait-il su ? Cependant, le risque était encore présent. Rouvrant les yeux, Auriane jeta un rapide coup d’œil à son amie. Figée, livide, elle semblait être le reflet parfait de la jeune femme en l’instant. Toutes deux devaient offrir un spectacle étrange, voire inquiétant. Auriane décida de briser le silence engendré par les paroles de Samir. Elle se ressaisit, ramena ses mains sur ses genoux, les frottant doucement l’une contre l’autre et elle sourit tristement au nouveau venu.

« Samir c’est cela… vous devez vous tromper. Mon frère est décédé il y a maintenant plusieurs années. »

Des mots mécaniques, un ton dénué de la moindre émotion. Comme un texte répété encore et encore, appris par cœur et récité par pur automatisme. Car c’était bien de cela qu’il s’agissait. D’un texte, d’un rôle qu’on l’avait obligé à apprendre. Car personne ne pouvait jamais savoir. Ren, nouveau Souverain d’une facette inconnue du cinquième élément, avait une sœur cadette. Un secret qu’elle se devait de protéger, pour lui comme pour elle. Un texte qu’on s’était empressé de lui apprendre tandis que les nouvelles d’Akasha faisaient le tour de Seele. Qu’elle avait pensé maitriser à la perfection. Mais la tâche était trop dure. Un homme qu’elle ne connaissait pas venait jusqu’à elle, lui assurant que son frère l’attendait. Son masque se fissura, ses lèvres tremblèrent et ses yeux se mirent à briller de larmes contenues.

Interpellée par l’attitude de son amie, Eilean se leva brusquement et s’interposa entre Auriane et Samir, dissimulant la jeune femme à la vue de ce dernier. Elle tremblait. De fureur, de colère, d’impuissance. Elle était furieuse. Après cet homme et après Ren. Sa voix contenait difficilement ses émotions et c’est tout aussi tremblante que le reste de son corps qu’elle s’éleva dans la chambre, en mots saccadés mais qu’elle espérait clairs et limpides.

« - Vous n’êtes pas le bienvenu… Partez. Laissez-la en paix…
- Eilean…
- Vous vous êtes trompée de personne. Je ne sais pas ce que vous nous voulez… Mais vous ne trouverez pas ce que vous cherchez ici.
- Eilean… S’il te plait, arrête… »

Devant la supplique de son amie, Eilean se retourna. Auriane ne pleurait pas. Elle souriait doucement, ses mains serrées sur son châle, sur son cœur. Elle hocha doucement la tête et Eilean se mordit les lèvres, hésitant. Puis, lentement, elle s’écarta, restant debout à côté du fauteuil de son amie, une main posée sur le dossier, prête à intervenir au moindre geste soupçonneux.

Ignorant tant bien que mal la tension qu’elle sentait émaner de son amie, Auriane focalisa toute son attention sur le dénommé Samir. Elle était fatiguée, exténuée. Sa santé mentale ne tenait plus qu’à un fil. Elle voulait le croire. Elle voulait croire en ses paroles. Elle avait tant espérer les entendre un jour. Elle avait tant prié pour que ce jour arrive. Mais elle ne pouvait pas se permettre d’espérer. Car si cet espoir venait à disparaître, alors il ne resterait plus rien.

« Pardonnez-nous… Je ne reçois jamais de visite et mon amie pense simplement bien faire… Je… Je sais que mes premières paroles n’avaient rien de convaincant. Mais je ne peux pas vous croire. Je ne peux pas… J’ai placé trop d’espoir… Je ne peux pas être déçue à nouveau… J’ai bien un frère… Disparu depuis longtemps. Je ne pourrais croire à ces paroles qu’en les entendant de sa bouche. En le voyant devant moi. Mais ce jour n’arrivera pas… C’est impossible… »

Sa voix se brisa. Elle ne voulait pas perdre contenance devant cet étranger. Mais en seulement quelques mots, il avait brisé tout ce qui restait du mur fragile qu’avait érigé Auriane depuis le départ de son frère et la mort de ses parents. Pour se protéger. Pour survivre. Les larmes à nouveau embuèrent son regard et elle baissa la tête, honteuse. Elle avait pourtant déjà tant pleuré. Pour tout ce qu’elle avait perdu. Le destin était bien cruel. Il lui avait tout arraché pour ensuite laisser quelques miettes d’espoir sur son chemin. Elle ne savait plus que dire.
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Samir

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le Ven 14 Sep - 23:07
un nouveau chapitrechaque rencontre est un changement possibleMes mots ont figé le temps dans cette pièce. Dehors les oiseaux continuent de pépier et l’eau continue de couler, mais à l’intérieur plus rien de bouge. Je me surprends à retenir ma respiration tant l’instant ainsi vitrifié me semble fragile. Les deux jeunes femmes sont comme frappées par la foudre. Le moment éclate et se brise à nos pieds lorsqu’Auriane prend la parole, malgré la douceur de sa voix et le calme de ses mots. Elle nie mais l’émotion démontrée par l’une comme par l’autre est preuve suffisante que je ne me suis pas fourvoyé. Elle semble se rendre compte en parlant qu’elle n’est pas convaincante.

Les larmes qui apparaissent dans ses yeux me font mal, en partie parce que je n’aime pas l’idée de faire souffrir quelqu’un, mais surtout parce que depuis que l’on m’a assigné cette mission j’essaie de ne pas me mettre à la place de ces frères et soeurs, mais que de l’avoir face à moi maintenant rend cette tâche presque impossible. Je ne peux m’empêcher d’imaginer ce qu’elle peut ressentir, comment serais-je à sa place, si Aaisha et moi étions dans la même situation ? Cette idée seule me fait trembler, je la chasse de mon mieux. Je ne suis pas là pour cela, et Auriane n’a pas besoin de mes états d’âme. Pour l’instant, je dois simplement la persuader de ma bonne foi, aussi dur cela soit-il pour elle.

Je n’ai pas l’occasion de dire un mot de plus cependant. Son amie se dresse comme un rempart entre elle et ce que je représente à leurs yeux. Une telle dévotion fait plaisir à voir, et je pense que Ren serait fier de savoir sa soeur ainsi protégée. Je les laisse parler, ne voulant pas les intruser plus que nécessaire. Je veux les laisser gérer la nouvelle à leur propre rythme : nous ne sommes pas pressés. S’il y a quatre ans qu’ils attendent, nous ne sommes plus à quelques heures près.

Ma Dame. Je ne peux qu’imaginer ce que vous avez traversé. Je sais que mes paroles sont difficiles à entendre et bien qu’elles soient sincères je comprends que vous doutiez. C’est pour cette raison que j’ai ceci.
Je m’approche d’un pas et ressors de ma besace la statuette d’ours que Ren m’a confiée avant mon départ. Je la présente paume vers le haut à sa soeur.
Mon Seigneur m’a dit que ceci pourrait faire taire vos doutes.

L’objet a convaincu les soignants à l’entrée et je suis confiant dans le fait qu’il convaincra également Auriane. Cependant je m’inquiète de sa réaction. Elle semblait solide lors de mon arrivée, mais la nouvelle que j’apporte lui a porté un coup, et elle a semblé se flétrir sous mes yeux. Elle paraît si faible à présent, comme si la flamme qui tenait son esprit s’était éteinte qu’elle commençait à s’accorder avec son corps malade. Elle ressemble à Ren et je ne peux qu’espérer qu’elle possède la même force que lui.
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Auriane

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le Sam 15 Sep - 11:57






Un nouveau chapitre

Le ton de Samir était doux, chaleureux. Devant une telle empathie, Auriane releva le regard, l’observant à nouveau, comme si elle le voyait pour la première fois. Cet homme avait parcouru la distance qui séparait Ebène de Saphir pour venir la trouver, seulement parce que son frère en avait fait la demande. Ainsi c’était cela, le pouvoir d’un Souverain ? Demander et attendre d’être obéi ? Mais comment lui avait-il formulé sa demande ? Avait-il était poli ? Avait-il souri ? Quel homme était-il devenu ? Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête et elle se demanda un instant pourquoi penser à tout cela maintenant. Sa propre logique lui échappait, elle se sentait confuse, perdue. « Mon Seigneur ». C’était ainsi que l’avait appelé Samir. Et comme si le soldat pouvait sentir son désarroi, il lui tendit alors un objet qui, à l’instant où elle posa le regard dessus, fit taire toutes les questions qu’elle se posait.

Ses grands yeux gris cernés s’écarquillèrent encore plus lorsqu’elle reconnut la petite statuette. Sa main s’avança, tremblante, et l’attrapa. La ramenant près d’elle, dans des gestes lents et précautionneux, comme si elle détenait un trésor inestimable entre les mains, elle l’observa, caressant le bois poli. Puis, elle lâcha prise. Les émotions qu’elle tentait de contenir et qui peu à peu l’étouffaient se déversèrent hors d’elle. Les larmes débordèrent, serpentant sur ses joues, suivant la courbe de sa mâchoire avant de venir s’écraser sur sa jupe tandis qu’elle serrait le petit objet contre elle, de toutes ses forces. Et les seuls mots qu’elle pouvait prononcer, elle les répétait encore et encore, les murmurant d’une voix saccadée, hachée, étranglée par les sanglots qui secouaient ses épaules frêles.

« -Merci… merci… merci infiniment…
-Auriane… »

Eilean se pencha sur son amie, le regard brillant de larmes qu’elle aussi tentait tant bien que mal de contenir. Attrapant la jeune femme par les épaules, elle l’enlaça doucement, tentant de lui prodiguer calme et réconfort. Elle-même avait reconnu le petit objet et bien qu’il puisse paraître anodin et parfaitement dénué d’intérêt, la charge émotionnelle qui l’accompagnait était bien lourde pour la jeune femme malade.

Le contact de son amie apaisa quelque peu Auriane qui, une main sur sa bouche, tentait d’endiguer le flot de larmes qu’elle ne parvenait pas à contrôler. Dès que son regard se reposait sur le petit ours de bois, son enfance et tout ce qui s’en était suivi revenait brutalement l’assaillir, sans répit. Mais au prix d’un effort surhumain, elle parvint à se calmer et à respirer plus profondément, retrouvant son souffle et le contrôle de son corps tremblant.

« Il me l’avait offerte. La première fois que je suis entrée à l’hôpital. J’avais cinq ans… Je l’ai toujours gardé avec moi… avant de lui offrir quand il est parti. Cela fait cinq ans. Cinq ans… »

A nouveau, des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Mais lorsqu’elle releva la tête et regarda à nouveau Samir, une lueur nouvelle brillait au fond de ses prunelles. Une lueur que le soldat, par son geste, avait réanimée après des années d’extinction.

« J’ai longtemps cru mon frère mort. Savez-vous comment j’ai su qu’il était vivant ? En entendant son prénom, murmuré avec effroi par les villageois. En entendant son histoire. En entendant qu’il avait tué un Souverain et pris sa place. Mais il est et restera mon frère. Alors dites-moi… vous qui l’avez vu… comment va-t-il ? Comment est-il ? Est-ce qu’il… Que vous a-t-il dit au juste… ? »

Auriane tentait tant bien que mal de se contenir, de réfréner les mille questions qu’elle avait à poser et les émotions qui l’étreignaient. Etait-il en bonne santé ? Souriait-il ? Son dernier souvenir était celui d’un jeune homme perdu, torturé, au sourire triste. Il n’y avait plus aucune étincelle dans son regard quand il était parti. Etait-elle revenue ? Elle se moquait bien du Souverain. Elle voulait simplement savoir si son frère était toujours là. La petite statuette ne pouvait prétendre le contraire. Mais elle voulait l’entendre. Non… Elle voulait le voir. Plus que tout au monde.
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Samir

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le Dim 23 Sep - 11:26
un nouveau chapitrechaque rencontre est un changement possibleLes vannes sont ouvertes. Elle se saisit de la petite sculpture, et j’ai l’impression qu’à ce moment, toute la tension qu’elle a dû accumuler semble céder, et ses larmes se mettent à couler à flot. Je me sens complètement démuni face à sa détresse. C’était pourtant prévisible. Comment ai-je pu penser qu’elle réagirait autrement ? Je passe pour un bel imbécile maintenant. Le tact, la délicatesse ? Il faut croire que j’ai laissé ces notions derrière moi avec le serment fait à mon dernier souverain. Je ne sais pas quoi dire, et je ne peux que rester sans bouger, planté devant elle sans savoir quoi faire de moi-même et sans mériter la litanie de remerciements qui s’échappe de ses lèvres.

Heureusement son amie est plus efficace que moi, et petit à petit elle arrive à retrouver son calme. Elle m’explique l’histoire derrière cet objet, et bien que je me doutais de quelque chose dans ce goût-là, elle est tout de même touchante.
Cinq ans sans même savoir si son frère était vivant. Je sais que Ren n'avait pas le choix, et même si je le connais peu j'ai cru comprendre qu'il aurait agi autrement s'il en avait eu la possibilité.

Les questions d’Auriane à son sujet s'enchaînent et j'ai du mal à les retenir dans le détail, mais au fond elles attendent toutes la même réponse :comment va son frère. Les phrases se bousculent dans la bouche mais je fais le choix volontaire d'en censurer la plupart. Elle n'a pas besoin de savoir exactement ce qu'il a fait ni ce qu'il se propose de faire à Ébène. Maintenant que j'ai mieux conscience de la fragilité de cette jeune femme je ne suis pas prêt à lui apporter de telles nouvelles, qu'elle découvrira bien assez tôt. Quelque part je n'ai même pas l'impression de lui mentir par omission : je ne pense pas qu'elle croirait un étranger lui dépeignant son frère ainsi.

Il a vu des choses terribles pour survivre et arriver là où il est, mais il est en bonne santé. Il est cependant très… seul. Il vous attend. Il a besoin de vous.

Besoin sur tous les plans. Je n’ose pas prier, mais j'espère ardemment que la présence de sa sœur saura adoucir Ren. Le pays aura besoin du gant de velour autant que de la main de fer pour se relever et je crains qu'il ne soit pas capable de tenir les deux rôles dans son état actuel. Auriane sera un bienfait pour lui c’est certain, mais aussi pour la région entière, j’en suis persuadé. J’hésite à poser la question, mais je finis par me lancer. Je pense qu’elle mérite de pouvoir prendre au moins cette décision elle-même, puisqu’elle n’a que peu de choix pour le reste.

Quand souhaiterez-vous partir pour Ebène ?
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Auriane

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le Mar 16 Oct - 16:22






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Auriane tressaillit et ferma les yeux en entendant la réponse de Samir. Ce n’était pas ce qu’elle avait souhaité entendre. Mais elle savait pertinemment que lui dissimuler la vérité n’aiderait en rien. Mais les mots de Samir allaient la hanter, elle le savait. Il était resté très discret au sujet de son nouveau Souverain, mais elle n’était pas dupe. Il avait vu des choses horribles, très certainement. Mais nul doute qu’il avait également été le responsable de certaines de ces choses. Elle avait toujours redouté cette noirceur qu’elle avait devinée dans le cœur de son ainé, qui s’était décuplée avec le temps. A présent, elle se demandait s’il resterait quelque chose de l’enfant innocent qu’il avait été un jour. A cela s’était développée une solitude qui l’avait forcé à se retrancher en lui-même, seul avec ses sombres pensées, jusqu’au jour où il n’avait pu lutter plus et était parti. Et aujourd’hui, cinq ans plus tard, tout ce qu’elle savait de lui venait des bruits de la rue et de la cité. Il avait tué. Et il avait pleinement ouvert son cœur à la noirceur qui s’était imposée à lui en même temps que la marque sur son avant-bras.

Aussi, quand Samir posa son ultime question, sa décision était déjà prise. Rien ne la retenait ici. Elle n’avait plus rien. Tout ce qu’elle avait se trouvait à présent à Akasha. Elle était faible, malade et sa volonté ne tenait plus qu’à un fil. Mais cet ours en bois était la preuve qu’il restait quelque chose à sauver. La présence de Samir prouvait à elle seule que malgré ce qu’il avait fait, Ren était toujours là, quelque part. A nouveau, elle regarda Samir et son visage se durcit.

« Maintenant. »

Eilean sursauta et se redressa d’un geste brusque. Elle observa son amie, les yeux écarquillés, le visage blême. Puis, son regard se tourna vers Samir, avant de revenir à Auriane, comme si elle pensait à une mauvaise plaisanterie dont ils seraient tous deux les auteurs.

« - C’est une plaisanterie… Auriane tu tiens à peine debout… Sais-tu combien de temps va durer le trajet jusqu’à Akasha ? Tu ne survivrais pas à un tel trajet et…
- Si tu penses que je vais rester une seule seconde de plus ici, tu te trompes.
- C’est complètement insensé !
- Mais c’est ma décision ! »

Eilean se tut. Jamais elle n’avait entendu Auriane élever la voix avant ce jour. La jeune femme au tempérament doux n’avait jamais crié sur qui que ce soit, encore moins son amie. En cet instant, tandis qu’elle observait les traits durcis de son visage, la fine ligne de ses lèvres pincées et la lueur tremblotante de son regard gris acier, elle reconnut son frère. Et elle maudit Ren pour avoir autant influencé sa sœur et lui avoir passé son entêtement. Elle se redressa, le regard lançant des éclairs et se dirigea vers la porte.

« Très bien… Si tu refuses de m’écouter, peut-être que les soignants te feront revenir à la raison. »

Lorsqu’elle disparut dans le couloir, Auriane soupira profondément et s’enfonça dans son fauteuil, comme si son subit accès de témérité lui avait enlevé le peu de forces qu’il lui restait. Elle désigna à Samir un fauteuil non loin du sien, d’une main tremblante.

« Asseyez-vous je vous prie. Je suis désolée, vous avez fait un long chemin pour venir jusqu’ici et je ne vous accueille même pas comme il se doit. Rester ici semble avoir eu raison de mes bonnes manières… »

Elle tentait de parler d’un ton détaché mais le léger tremblement de sa voix trahissait son émotion. Jamais encore elle n’avait eu un mot plus haut que l’autre avec Eilean. Jamais elles n’avaient haussé le ton l’une sur l’autre. Mais sa décision était prise. Elle voulait partir le plus tôt possible. Elle avait attendu cinq ans. Maintenant qu’elle savait son frère de retour, elle refusait de perdre ne serait-ce qu’une seule journée de plus.

« Je sais que je vous demande beaucoup… Je suis un véritable fardeau et Eilean a raison, ma santé ne me permet pas d’entreprendre un tel voyage. Mais s’il vous plait Samir, ne me laissez pas ici plus longtemps. Ne laissez pas les médecins vous dissuader de m’emmener avec vous, je vous en conjure. »
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Akasha
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Samir

Akasha
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Hier à 11:11
un nouveau chapitrechaque rencontre est un changement possibleJe sais qu’elle aurait dû, mais sa réponse ne parvient pas à me prendre par surprise. Elle est dans la droite ligne de l’impatience que j’ai ressentie chez Ren et qui nous a fait partir à peine quelques heures après sa demande. Je suis certain qu’il s’est passé entre eux deux des choses qu’ils ont besoin de gérer face à face. Je pense qu’elle a raison : le plus tôt sera le mieux. Je ne suis pas médecin, mais il me semble que si son état de santé est le même depuis des années quelques jours n’y changeront rien. Autant profiter, donc, du temps clément qui perdure pour l’instant, mais pour combien de temps ?

Son amie ne semble pas du même avis que moi, et sa réaction est celle qui me surprend le plus. Sa sollicitude est touchante mais je crains qu’elle ne soit pas la bienvenue. Je n’ai pas le temps de placer un mot que la courte dispute éclate. Eilean semble heurtée par le ton d’Auriane. Même sans la connaître, cet emportement contraste avec son comportement un peu plus tôt. Je ne peux que garder le silence, même après le départ de la jeune femme. Auriane retombe dans son fauteuil et se rabougrit, comme si cette démonstration de sa volonté l’avait épuisée. Je prends place sur le siège qu’elle me désigne, hésitant sur la marche à suivre.

Sa prière la rend touchante. Quelque chose me dit qu’elle aura effectivement besoin d’un soutien si elle doit convaincre ses gardiens de la laisser partir. Je me penche vers elle, posant une main sur son accoudoir.

Eilean a raison, le trajet sera long et difficile. Même si le temps se maintient, les conditions seront loin d’être confortables. Je ne vois pas l’intérêt de vous cacher cela. Cependant, quelques jours de repos de plus changeront-ils votre état de santé ? J’ai cru comprendre qu’elle a toujours été fragile, donc quel espoir d’amélioration rapide avez-vous ? Ren m’a demandé de vous amener auprès de lui au plus vite, et je compte lui obéir au mieux. Il en a besoin, et j’ai l’impression que vous aussi. Je ne vous laisserai pas tomber sur ce point, tous les deux.

Inutile d’ajouter que je suis à peu près persuadé que Ren aurait ma tête si je laissais Eilean et les médecins me dissuader de l’emmener avec moi et que je rentrais à Ebène sans elle.
Je dois quand même lui préciser une chose.

Je comprends votre impatience, malgré tout il ne nous sera pas possible de partir avant demain, au mieux. De telles préparations demandent du temps, et l’heure est trop avancée aujourd’hui pour nous permettre de prendre la route. Je vous demande juste un peu plus de patience.

Seuls nous avons pu dormir sur la route, ou dans des fermes isolées. Cela ne sera pas possible avec un chariot et une convalescente. Nous devrons nous arrêter dans des villages, et cela risque d’allonger encore le trajet. Je ne peux pas prendre le risque que la bête tirant la carriole se blesse, il nous faudra voyager uniquement de jour, même si le délai provoqué sera difficile pour elle.
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