Akasha
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Auriane

Akasha
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le Lun 20 Aoû - 11:32






Pluie diluvienne

La pluie venait s’écraser, fracassante, contre les hautes fenêtres de la pièce. Le ciel était lourd, gris et bas tandis que Ruwa pleurait sur la cité d’Ebène, lui conférant une atmosphère presque mystique, ténébreuse. La belle Ebène ne scintillait plus, ne brillait plus. Ses vives couleurs prenaient à présent différentes nuances de gris. Le temps semblait en suspens lorsqu’il faisait ce temps au-dehors. On n’entendait plus les oiseaux, on ne voyait plus les marchands et personne ne s’attardait dans les rues. Tout était calme. Aussi calme qu’au palais du Souverain. Les domestiques s’affairaient tranquillement, doucement, dépoussiérant les vastes et nombreuses pièces. Les nobles de la Cour vaquaient ailleurs à leurs occupations. Une atmosphère paisible régnait en ce lieu qui avait connu bien des tourments.

Auriane rouvrit doucement les yeux. Une bûche craqua dans l’âtre, projetant quelques braises qui vinrent retomber lentement parmi les cendres. Les flammes projetèrent leurs ombres sur les murs blancs, les colorant d’une douce teinte orangée. La jeune femme cligna doucement des yeux, réalisant peu à peu qu’elle s’était assoupie. Assise au coin du feu, dans un fauteuil qu’elle affectionnait tout particulièrement, son livre reposait sur ses genoux, ouvert à la page qu’elle avait abandonnée. La pluie frappait les vitres et elle se sentit étrangement sereine et apaisée, encore à-demi plongée dans les limbes du sommeil. Elle regarda autour d’elle et s’aperçut que son frère avait disparu. Face à elle, occupée à sa broderie, Eilean la regarda et lui sourit. Sa dame de compagnie et amie n’avait pas quitté sa place. La jeune femme se demanda combien de temps elle avait dormi. Le bruit de la pluie, la chaleur du feu et le calme de la bibliothèque avaient eu raison d’elle.

« - Il fait nuit… J’ai dû dormir longtemps.
- Non. Il fait encore jour. Seulement, les nuages sont devenus de plus en plus sombres pendant que tu dormais. »

Auriane rajusta le châle qui recouvrait ses épaules et se redressa, lissant la robe couleur crème qu’elle portait. Attrapant son livre, elle le referma et le posa sur la petite table posée à côté d’elle. Elle regarda autour d’elle, les hautes étagères recouvertes de livres aux reliures différentes. Elle aimait cette pièce. C’était très certainement la seule pièce qu’elle appréciait dans ce palais aux dimensions démesurées. Maintenant qu’elle pouvait enfin quitter sa chambre, elle passait le plus de temps possible ici. Cela faisait près de deux saisons qu’elle était arrivée à Akasha. Deux saisons qu’elle avait retrouvé son frère. Et pendant ces deux longues saisons, son état était arrivé à un stade très critique. Ren avait dû faire appel aux médecins les plus réputés du Royaume et elle avait fini par se remettre. Du moins en partie. Le nouveau Souverain avait réussi à la garder hors de portée de Seele pour le moment et elle profitait du temps qu’il lui restait dans l’anonymat pour profiter de la quiétude dont elle jouissait au quotidien. Mais elle savait à présent quel était son rôle. Elle n’était plus sœur, elle était pupille sous la protection du Souverain du Vide. Elle voulait mettre le plus de distance possible entre elle et cette nouvelle identité. Et le plus tard elle serait introduite en tant que protégée, le mieux ce serait.

« - Où est Ren ?
- Il a dû partir. Des affaires à régler. Il ne m’a pas donné de détails.
- Non… Je me doute. »

Auriane soupira. Son frère passait le plus de temps possible à ses côtés mais Akasha et Seele lui demandaient de plus en plus de temps, de plus en plus d’énergie. Elle ne dit rien, n’ajouta rien. Elle se contenta de rouvrir son livre, afin de cacher les tremblements de ses mains et la crainte qu’elle sentait à nouveau éclore dans son cœur. Elle savait que le temps serait bientôt venu où elle ne pourrait plus rester dans cette bulle protectrice qu’elle s’était façonnée. Bientôt, à son tour Seele l’appellerait à elle. Et elle redoutait cet instant plus que tout. Mais elle était prête. Prête à endosser le rôle qui était le sien.

Au bout de quelques minutes, elle finit pas refermer son livre et se leva, sous le regard inquiet de son amie.

« Je vais bien. Je ne supporte plus d’être assise. »

Eilean acquiesça sans rien dire. Reposant son ouvrage, elle se leva à son tour et toutes deux se dirigèrent en dehors de la bibliothèque, dans les vastes couloirs éclairés par des flambeaux qui tentaient de chasser l’aspect fantomatique que le mauvais temps donnait à l’endroit. Les jardins n’étaient pas accessibles par un temps pareil, au grand regret d’Auriane. Elles passèrent toutes deux devant une pièce en train d’être passée au peigne fin par plusieurs domestiques. Auriane fronça les sourcils et se retourna vers son amie.

« - Avons-nous des invités ?
- Si je ne m’abuse, il me semble que la délégation agnienne doit arriver aujourd’hui.
- Ah ! C’est déjà aujourd’hui ?
- Oui… Ils ne vont pas rester longtemps à mon avis. La Fête de Rubis doit bientôt avoir lieu.
-Tu as raison. L’année est bientôt terminée. »

Et avec elle s’achèverait la première année de règne de son frère. Une année sous le signe du chaos et de la peur pour beaucoup. Pour Auriane, l’année passée avait été éprouvante. Sous tous les plans. Attrapant le bras de son amie, elle lui indiqua la pièce d’un geste de la tête et sourit.

« Eh bien, j’ai beaucoup entendu parler de l’ambassadrice d’Agni. J’aimerai beaucoup pouvoir la rencontrer. Allons voir si mon frère ne l’a pas déjà assommée d’accords politiques divers et variés. »
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Agni
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Seylim

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le Jeu 30 Aoû - 1:10

Pluie diluvienne

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Auriane]

"Les petites pluies sont longues, les tempêtes soudaines sont courtes"

William Shakespeare

=> 37ème jour de Ruwa, année 999
Seylim avait passé une grande partie de sa matinée dans la calèche qui devait l'amener au Palais d'Ébène. Elle avait lu, calmement, silencieusement, accompagnée de Najat qui brodait. Pour une fois qu'elle était calme, l'agnienne n'allait pas s'en plaindre. Elle réfléchissait à ce qu'elle allait annoncer au Souverain du Vide, aux problématiques qu'ils allaient aborder et de ceux qui allaient être présents. Elle soupira, faiblement, observant le paysage et écouta la voix de sa suivante.

(Najat) ▬ Dans une semaine nous fêterons les six ans d'Imrani.
(Seylim) ▬ Effectivement.
(Najat) ▬ Vous vous êtes arrêtés sur son cadeau ma Dame ?
(Seylim) ▬ Je vais sûrement lui acheter quelques livres akashans.
(Najat) ▬ Bien ma Dame.

Seylim avait entendu le conducteur leur annoncer leur arrivée pour l'heure qui arrivait. Et elle n'avait pas bougé. Elle avait juste croisé les jambes en patientant, calmement.

Quelques heures plus tard, alors qu'elle sortait de sa chambre, dans le palais, elle espérait que le rendez-vous du lendemain serait enrichissant et, par Liekki, qu'on arrête de lui lancer les regards plein de haine qu'elle pouvait parfois voir. Elle n'était pas När ou Seren. Elle claqua de la langue alors que Najat brodait dans la chambre. Et la voilà, doucement agacée. Autant discuter avec Ren ne la dérangeait pas. Autant certains de ses nobles l'agaçaient prodigieusement. C'était une sorte de don à ce stade-là.

Elle sortit, cherchant quelque chose à voir, à faire. Peut-être lirait-elle ? Peut-être s'arrêterait-elle observer les jardins ? Ou peut-être qu'elle se laisserait vaquer longuement, parlant parfois avec les servants du palais. Elle pouvait aussi sortir à la recherche du cadeau pour sa benjamine. Mais dans ce cas-là, il lui faudrait emmener Najat avec elle. Après tout, la suivante la secondait en toutes choses, de son réveil à son coucher. Ou presque.

Lorsqu'elle voulu sortir, elle resta interdite un moment sur le pas de la porte, immobile. Les cordes de pluie tombaient sans s'arrêter, le vent les emportant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Elle regretta, un instant, son Agni natale. Sous la pluie, les enfants dansaient. Les musiciens laissaient résonner leur instrument malgré la pluie. Et jamais Seylim n'aurait pu entendre le son d'une goutte qui tombait sur une pierre. Agni était – d'après beaucoup – une Contrée bruyante. Pour Seylim, c'était toutes les autres Contrées qui étaient mortes. Une Contrée qui vivait faisait automatiquement du bruit. Il suffisait d'aller sur un marché pour le voir et surtout l'entendre.

Et elle retourna doucement sur ses pas, vaquant doucement dans les pièces que les domestiques s'activaient à rendre encore plus propres qu'elles ne l'étaient... Seylim les observa s'incliner sous son passage, leur rendant la pareille. Après tout, elle saluait ses propres servants, ce serait inconvenant de ne pas faire de même ici. Ses pas la conduisirent dans une pièce qu'elle appréciait du temps de Seren. Sa salle d'art. Elle se demandait ce qu'elle était devenue...

Seylim ouvrit la porte, inspirant longuement alors que son regard se posait sur les divers tableaux qui l'entouraient.

(Servant) ▬ Ma Dame, quelque chose vous ferait-il plaisir ?
(Seylim) ▬ Non merci. Je vous remercie mais j'aime simplement observer les tableaux.
(Servant) ▬ Bien Ma Dame. Vous faisiez déjà cela il y a quelques années.  
(Seylim) ▬ C'est exact... J'aime toujours autant cette pièce. Je la trouve relaxante. Qu'en pensez-vous ?

Le domestique l'observa, étonné. Elle se tourna pour le regarder, pour voir son interlocuteur. Et il questionna, en une nouvelle courbette.

(Servant) ▬ Vous désirez réellement mon avis ?  
(Seylim) ▬ Bien sûr ! Répondit-elle naturellement. Pourquoi votre avis ne serait pas désirable ?
(Servant) ▬ Je ne suis qu'un servant. Mon avis ne vous apportera rien.
(Seylim) ▬ C'est justement parce que vous êtes servant que je m'enquis de votre avis. Vous connaissez sûrement beaucoup plus de choses sur ses tableaux que moi. Et le savoir n'a ni limite ni frontière...

Le servant se redressa en entendant des pas non loin d'eux. Il entrouvrit la porte et s'inclina face aux personnes que Seylim ne voyait pas. Elle s'approcha et s'inclina à son tour en entrevoyant les deux femmes, jusqu'à entendre le serviteur élever la voix pour les arrivantes.

(Servant) ▬ Dame Auriane, Dame Eilean.

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Akasha
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Auriane

Akasha
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le Jeu 13 Sep - 18:35






Pluie diluvienne

Eilean s’était enquis auprès de domestiques de l’arrivée de l’ambassadrice d’Agni et était venu rapporter ce qu’elle avait appris à son amie. Oui, la dame agnienne était bien arrivée et ne rencontrerait le Souverain que le lendemain. Songeant que son frère devait en cet instant être enfermé dans son bureau, préparant leur entrevue, Auriane se dit qu’elle pourrait alors s’introduire elle-même auprès de la dame. Après tout, son propre statut, bien que mensonger, la plaçait bien haut dans la hiérarchie du palais. Elle ne ferait donc pas honte à son frère en allant elle-même à la rencontre de la dame des chevaux dont elle avait tant entendu parler. Et elle en avait envie. Peut-être était-ce un défi qu’elle se lançait à elle-même, afin de se prouver qu’après deux saisons enfermée dans ses appartements et plusieurs années isolée dans un hôpital, elle était capable de faire bonne figure face aux grands de ce monde. Il y avait bien entendu un gouffre entre les nobles et les dirigeants de Seele. Mais si elle ne désirait aucunement être pour le moment présentée aux Souverains et Gardiens, elle se dit que rencontrer l’ambassadrice d’Agni à la cours d’Akasha serait un bon début.

Eilean avait également appris que la dame s’était dirigée vers la salle des tableaux. Une pièce qui, pour une raison qui lui échappait, mettait Auriane mal à l’aise tout en la fascinant. Tous ces regards braqués sur elle, comme sondant son âme… Elle avait demandé à son frère pourquoi il n’avait pas touché à cette pièce, galerie affectionnée par Seren et qui, dans la logique, aurait du disparaître. Il n’avait pas répondu. Mais son silence en avait appris beaucoup à sa cadette. Il y avait un recueillement et une douleur dans l’absence de réponse de Ren. Elle avait alors compris. Cette pièce appartenait à Seren. Mais ce n’était pas l’ancien Souverain qui affectionnait le plus cet endroit.

Les deux jeunes femmes s’y dirigèrent donc, saluant d’un signe de tête les personnes qu’elles croisèrent sur leur chemin. Plus elles approchèrent, plus Auriane se sentait fébrile et nerveuse. Non loin de la salle aux tableaux, elle s’arrêta brusquement et, inquiète, se retourna vers son amie.

« - De quoi ai-je l’air ?
- Pardon ? Son amie écarquilla le regard de surprise avant de pouffer de rire. Mais tu es parfaite Auriane voyons… De quoi as-tu peur ?
- Oh… Je ne sais pas… Je n’ai encore jamais vraiment rencontré personne d’important… Et si elle ne m’aimait pas ?
- Qui pourrait te détester ? »

Sur le sourire doux et le regard attendri de son amie de toujours, Auriane franchit les derniers pas qui la séparaient de la pièce et, en les voyant arriver, un servant annonça leur venue, reprise en écho par le domestique derrière les portes. Ces dernières s’ouvrirent et les deux jeunes femmes pénétrèrent à l’intérieur. Auriane frissonna légèrement, comme à chaque fois qu’elle posait le regard sur les nombreux portraits accrochés au mur. Puis, elle porta son attention sur la femme déjà présente dans la pièce. Et elle se sentit aussitôt intimidée. Son frère lui avait parlé de Seylim Bin Shil, Dame des chevaux et femme d’un des hommes les plus puissants de la contrée du feu. Et Auriane n’avait jamais réellement su dire si son frère était agacé ou admiratif lorsqu’il parlait de l’ambassadrice. Et elle comprenait à présent pourquoi. La Dame avait une prestance, un port qui ne laissait souffrir aucune hésitation, aucune faiblesse. Elle était belle, réellement belle avec sa longue chevelure d’ébène cascadant dans son dos. Son regard alerte semblait la percer à jour et face à elle, elle se sentit minuscule. Chétive. Gauche. Mais elle n’en montra rien. Prenant une lente inspiration, elle s’inclina, comme elle avait appris à le faire, à la mode akashane et lorsque sa voix s’éleva, elle ne trahissait rien de sa timidité.

« Dame Seylim… C’est un honneur d’enfin pouvoir faire votre connaissance. »

Les deux jeunes femmes avaient mis leurs costumes et leurs masques. Eilean se tenait en retrait, s’inclinant lorsqu’Auriane le faisait, gardant le regard légèrement baissé. Elle était dame de compagnie, anoblie par Ren, à un rang qui lui permettait de rester près d’Auriane mais non de se comporter comme son égale. Auriane détestait cela. Mais elle n’avait pas le choix. Elle aussi avait un rôle à jouer en l’instant.

« Je me nomme Auriane, je suis la pupille de Mon Seigneur Ren. Pardonnez-moi pour ne pas avoir pu me présenter à vous lors de vos précédentes visites. J’ai du demeurer dans mes appartements à cause de ma santé. »
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Seylim

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le Dim 23 Sep - 17:43

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"Certes, vous avez senti de l'agressivité en moi, mais ce n'était qu'un reflet de la vôtre."

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=> 30ème jour de Ruwa, année 999
Aujourd'hui je rencontre un petit fennec.

C'était la première pensée de l'ambassadrice alors que son regard se posait sur la jeune adulte qui lui faisait face. Comme à son habitude, elle plongea ses iris dans les siens, détaillant le gris tremblant qu'elle voyait. Elle semblait... Faible. Seylim arbora un léger sourire avant de se reprendre. Comment pouvait-elle rester sur ce genre de pensées. Une femme n'était jamais faible. C'était impossible. Chaque être avait ses forces et ses faiblesses. Et si elle arborait un corps aussi frêle et paraissant mince, sans forces quelconques, l'agnienne pressentait que cela ne la rendait pas aussi douce que ce qu'elle montrait. Après tout, elle connaissait ses sœurs qui, elles aussi, paraissaient sans défense. Elle-même n'était pas une combattante et se battait pourtant sans relâche. Elle n'arriva pas de suite à cerner la demoiselle. Sa robe était claire, très joliment taillée et pourtant dénuée de fioritures. Elle était donc soit très humble, soit venue d'un milieu où l'on se passe des-dites fioritures. Sa coiffure l'aidait à penser ainsi. Elle paraissait simple. Bien trop pour le langage qu'elle employa.

(Auriane) ▬ Dame Seylim… C’est un honneur d’enfin pouvoir faire votre connaissance.

Seylim s'inclina une nouvelle fois pour la saluer. Elle continuait de la dévisager, de l'observer. Et plus ses yeux la regardaient, plus elle voyait un petit fennec. Mignon, adorable, tendre... Cependant elle ne pouvait oublier ses griffes ou ses dents. Et là était la grande question qui tournait dans l'esprit de la cadette Bin Shil.

Et vous, ma Dame, où sont vos griffes ? À quel point m'êtes-vous dangereuse ?

(Auriane) ▬ Je me nomme Auriane, je suis la pupille de Mon Seigneur Ren. Pardonnez-moi pour ne pas avoir pu me présenter à vous lors de vos précédentes visites. J’ai du demeurer dans mes appartements à cause de ma santé. »

(Seylim) ▬ Je n'ai pas à vous en tenir compte, Dame Auriane. Je ne reste pas encore assez longtemps pour qu'une entrevue avec vous ait été prévue. De surcroît, et indépendamment du fait que j'ignorais que Sire Ren eut une pupille, je vous prie de croire qu'entre votre tuteur et les nobles akashans, je n'ai que rarement du temps d'observer palais et contrée lors de mes visites...

Dans l'esprit de l'agnienne, elle effaça la possibilité de voir cette personne issue d'un milieu plus modeste que la noblesse. Ce n'était pas très objectif. Mais Ren était Souverain, il avait dû recevoir une éducation certaine. Elle aussi à l'écouter. Ce qu'un milieu modeste n'offrait pas. De surcroît, elle pensait qu'il lui fallait se méfier. Parler avec une noble ou avec une paysanne ne changeait pas grand chose. Parler avec la pupille du Souverain local en revanche... Pour Seylim, cela changeait tout. Elle ne devait pas être femme de ou fille de. Non, elle était l'ambassadrice. Ses mots avaient autant d'importance avec cette demoiselle qu'avec le Sire qu'elle pouvait avoir taquiné.

Une seconde, Seylim observa la suivante de la Dame. Et elle lui sourit, s'inclinant une nouvelle fois. Cette Eilean était la Najat de la pupille. Cela se voyait, se sentait. Ce n'était pas qu'une suivante, qu'une dame de compagnie. Il y avait quelque chose entre les deux femmes qui lui rappelait la relation qu'elle-même entretenait.

(Seylim) ▬ Dame Auriane, Dame Eilean, c'est un privilège que de vous rencontrer.

L'agnienne ne manquait en rien à ses obligations ou aux on-dit qu'elle savait exister. Les akshans l'évitaient. Elle les impressionnait. Pour deux raisons qui semblaient d'une stupidité sans nom, pour l'ambassadrice. D'abord sa franchise à toutes épreuves n'aurait jamais dû être la qualité principale d'un ambassadeur quelconque et, surtout, son visage neutre. Jamais ils ne l'avaient vu ployer sous une quelconque autorité. Elle arborait son dos droit, ses mains liées l'une dans l'autre et son regard qui sondait tout et tout le monde sans réellement se cacher. Seylim les ignorait. Elle n'avait pas de temps à perdre avec des nobles qui se comportaient comme des animaux de basse-cour, à piailler et glousser sans intérêt. Elle n'était pas n'importe qui et ne pouvait pas, par extension, se comporter n'importe comment.

(Seylim) ▬ Puis-je me permettre de vous inviter à boire un thé ou autre boisson que vous désirez ? Il me semble, sans vouloir vous froissez, que vous n'êtes que très peu à l'aise dans cette pièce. À moins que vos obligations ne vous forcent à partir sous peu, cela va sans dire...
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Auriane

Akasha
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le Jeu 18 Oct - 10:49






Pluie diluvienne

Ren n’avait pas menti. Il avait décrit l’ambassadrice avec justesse, de son port altier à la franchise de son regard. Auriane se soumettait à son examen sans mot dire, sans bouger, ses mains toujours croiser sur le devant de sa robe. Ses années de maladie lui avaient appris au moins une chose, à ne jamais ployer devant les regards. Toute sa vie on l’avait regardée avec pitié et compassion. Elle avait appris à faire fi de ces regards et à les ignorer. Elle avait appris à ne plus s’offenser des regards insistants. Mais elle ne vit passer aucune pitié, aucune compassion dans le regard de l’ambassadrice. Elle ne vit aucun reflet de sa condition physique, de sa fragilité extérieure. Et cela lui suffit. Elle sourit lorsque la dame agnienne leur retourna leur révérence et elle apprécia encore plus le sourire qu’elle adressa à Eilean. Certains nobles de la Cours semblaient souvent oublier sa présence, par pur automatisme ou par simple mépris, et cela lui déplaisait fortement. Son amie était son pilier, celle sans qui elle ne ferait plus partie de ce monde depuis bien longtemps. Elle méritait tous les égards et tous les regards.

Ravie de l’invitation de l’ambassadrice, elle hocha la tête en souriant de plus belle. Il aurait peut-être était plus judicieux que ce soit elle qui l’invite et non l’inverse, étant en quelque sorte son hôte en ces lieux. Mais finalement, Seylim connaissait le Palais et ses habitants bien mieux qu’elle, arrivée depuis peu et cloitrée dans ses appartements.

« Je me ferai une joie de me joindre à vous pour le thé ! Que diriez-vous de le prendre dans la bibliothèque ? C’est une pièce que j’affectionne tout particulièrement. »

A cet instant, des coups portés à la porte l’interrompirent et un serviteur s’avança, s’inclinant devant les trois femmes avant de prendre la parole, regardant Eilean.

« - Dame Eilean, le Souverain aimerait s’entretenir avec vous. Il vous attend dans son bureau.
- Oh… très bien, j’arrive tout de suite. »

Haussant un sourcil surpris, Auriane regarda son amie s’incliner devant elle et Seylim, prenant congé des deux femmes dans un murmure d’excuse. Elle retint un sourire devant la nervosité apparente de son amie. Beaucoup pourraient penser que Ren lui faisait peur. Mais les trois enfants avaient grandi ensemble, Ren s’occupant des deux petites filles comme si elles étaient toutes deux ses petites sœurs. Elle n’avait pas peur mais elle se méfiait. Elle avait adoré le grand frère qu’il avait été pour elle mais aujourd’hui, elle peinait à le reconnaître. De plus, elle lui en voulait toujours d’avoir ainsi abandonné sa sœur pendant cinq longues années. Malgré tout ce qu’elle avait tenté pour faire entendre raison à Eilean, Auriane n’arrivait pas à briser l’entêtement de son amie. Elle restait cependant curieuse. En temps normal, Ren ne les convoquait jamais officiellement, se contentant de les rejoindre et de passer du temps avec elles lorsqu’il le pouvait. Aussi, qu’il convoque ainsi Eilean était surprenant, suffisamment pour que la jeune dame de compagnie se demande ce qui allait lui arriver.

Lorsque la porte se referma à nouveau derrière elles, Auriane se retourna vers Seylim, souriant toujours.

« Je n’ai aucune autre obligation que celle de rester au repos, j’ai donc la chance de pouvoir me promener à ma guise. Malheureusement les jardins sont inondés aujourd’hui. C’est dommage, je les aime beaucoup… Mais il y a un bon feu dans la bibliothèque qui nous attend si vous le souhaitez. »

L’ambassadrice acquiesça et toutes deux sortirent de la salle aux portraits, refaisant en sens inverse le chemin qu’Auriane avait emprunté en venant jusqu’à Seylim. Tout était silencieux si ce n’était la pluie qui frappait les fenêtres avec force, comme si Ruwa tentait de prendre le palais d’assaut. Après quelques instants de silence, Auriane reprit à nouveau la parole, se tournant à moitié vers Seylim tandis qu’elle parlait.

« Vous aviez vu juste, je n’aime pas spécialement cette salle aux portraits. J’aime la peinture mais il y a quelque chose de dérangeant dans tous ces regards. J’ai la sensation qu’ils me fixent et me suivent, où que j’aille dans la pièce. Ce n’est que mon imagination bien sûr mais je me sens mieux entourée de livres. Par contre j’ai eu l’impression que vous l’appréciez, je me trompe ? »
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Agni
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Seylim

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le Jeu 8 Nov - 1:03

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"Certes, vous avez senti de l'agressivité en moi, mais ce n'était qu'un reflet de la vôtre."

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Seylim se garda de donner son avis sur les réactions de la pupille. Elle appréciait la sincérité qu'elle pouvait lire des traits de la jeune femme. Elle rebondit sur la proposition de l'agnienne, ajoutant qu'elle adorait l'endroit calme de lecture et de sciences. Auriane semblait à son aise dans ce grand palais, bien plus que la Dame du Désert qui ressentait jusqu'au fond de son estomac le manque de chaleur de la Contrée. Il n'y avait ni danses, ni chants et pas assez de soleil. Quelques fois, comme ce jour-là, elle regrettait de ne pas entendre les notes d'oud ou de ney. Elle aurait aimé sentir la musique faire pulser son cœur, la nuit effaçant ses obligations pour qu'elle puisse danser jusqu'à s'écrouler. Malheureusement, ici nous étions en Akasha. Le soleil se couchait et les humains aussi. Là était la solitude que ressentait parfois Seylim. Lorsque la lune éclairait ses traits bronzés, elle fredonnait parfois les chants agniens de sa Contrée en soupirant entre deux refrains entraînant. Parfois, elle en venait à regretter d'avoir choisi cette vie-là.

Et il y avait les jours comme ce jour-là où elle se félicitait d'être devenue ce qu'elle est. Si elle s'était amputée d'une partie très pétillante d'elle-même, alors elle pensait simplement à la retrouver dans d'autres activités. Rencontrer de nouvelles personnes en faisaient partie. Plus vite elle connaîtrait les noms, les visages, les caractères, plus vite elle se pensait prête à faire encore mieux son travail. La pupille proposait d'un sourire doux de partir dans la bibliothèque. À sa voix, Seylim aurait pu deviner qu'elle adorait cet endroit-là néanmoins elle eut la certitude après avoir écouté son interlocutrice dire qu'elle adorait l'endroit. Seylim s'inclina vers le serviteur pour le saluer. Son corps s'était incliné par réflexe, il aurait pu être Souverain ou paysan, l'inclinaison restait présente. Elle écouta l'homme parler et annoncer que Sire Ren quémandait la présence d'Eilean. Seylim se tut. Il était rare qu'un Souverain désire s'entretenir avec une dame de compagnie. Rare étant un doux euphémisme. L'ambassadrice n'avait jamais vu cela ni entendu en parler. C'était inouï.

Ce qui la conforta dans son idée fut la réaction de la demoiselle. Un léger sourcil haussé,  preuve d'une surprise, d'une interrogation. Eilean sortit après s'être excusez envers l'agnienne qui lui offrit un sourire compréhensif. Peu importe la Contrée, on ne faisait pas attendre le Sire de la zone. C'était une règle de base et pourtant, certains semblaient parfois l'oublier. La douce dame l'invita et la conduisit près de la chaleur calme de la bibliothèque. Seylim aimait la bibliothèque de Seele. Il y avait tant à lire, à apprendre dans cet endroit. Que ça soit les légendes ou les rumeurs, le folklore ou juste l'Histoire...

L'agnienne frissonnait d'entendre la pluie battre et tempêtait dehors. Les vitres tremblaient faiblement et parfois, elle retenait un sursaut lorsqu'un coup de vent offrait un bruit sourd et soudain. Elle ne s'y attarda pas. On lui avait vendu un feu et du calme, elle espérait que ce fut le cas. Et elle ne fut déçue. L'endroit était plaisant, calme, doux. Un parfait endroit où passer ses journées. Elle se concentra de nouveau sur l'akashanne lorsqu'elle reprit la parole. Sa voix était douce, assez pour laisser Seylim dans cette ambiance entre magie et quiétude.

(Auriane) ▬ Vous aviez vu juste, je n’aime pas spécialement cette salle aux portraits. J’aime la peinture mais il y a quelque chose de dérangeant dans tous ces regards. J’ai la sensation qu’ils me fixent et me suivent, où que j’aille dans la pièce. Ce n’est que mon imagination bien sûr mais je me sens mieux entourée de livres. Par contre j’ai eu l’impression que vous l’appréciez, je me trompe ?

(Seylim) ▬ Vous avez juste également. J'aime voir l'Histoire, les mœurs et les évolutions que les tableaux apportent. Je vous admets comprendre la sensation d'être observée. Seulement là où vous en êtes dérangée, personnellement, j'apprécie cela. Ce sont les Anciens de Seele qui regarde la douce jeunesse que je représente. Vous pensez qu'ils vous jugent, je pense qu'ils nous protègent. Il y a aussi une notion, sûrement agnienne j'en conviens, qui veut que je sois soutenue et encouragée par leur regard. Cela... Et le fait que je me souviens de Sire Seren.

Elle ne le portait pas dans son cœur. Cependant, elle se souvenait de ce qu'il était avant sa Folie, avant l'Inquisition. Avant qu'il ne sombre bien trop loin pour que quiconque ne puisse le ramener à eux. Seren lui rappelait sans cesse que n'importe quelle personne, peu importe son influence ou sa détermination n'était à l'abri de la Folie.

(Seylim) ▬ Celui qu'il était avant de partir dans sa quête. Les premières années de vie de l'actuel Sire. Lorsqu'il avait encore toute sa tête j'entends... Peut-être est-ce mal placé que de dire cela à la pupille de l'actuel Sire, la tête que Seren a tant cherché, néanmoins j'ose. J'aimais assez ce qu'était l'ancien Sire avant sa déchéance. Il pouvait être drôle et avait un calme qui forçait le respect.

Elle sourit en se tournant vers la belle, gardant la sérénité que lui offrait l'endroit.

(Seylim) ▬ Je n'aimerais pas que vous preniez mal mes propos. Je préfère votre tuteur. Il y a quelque chose de rafraîchissant dans nos entrevues. Peut-être suis-je quelque peu saugrenue et tordue ? Néanmoins j'apprécie particulièrement Sire Ren. J'aime l'éclat de son regard. Un peu comme le vôtre. Vous avez le même éclat dans les prunelles. J'apprécie ce que j'y lis.

Elle se dirigea vers une table alors qu'un servant partait chercher ce qui lui semblait être le thé. Elle éloigna une chaise lentement avant de sourire à la douce interlocutrice.

(Seylim) ▬ Puis-je vous inviter à vous asseoir le temps que le thé arrive ?
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Akasha
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Auriane

Akasha
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le Jeu 15 Nov - 13:33






Pluie diluvienne

« - Te souviens-tu de tout ?
- De tout… dans les moindres détails…
- Souhaite-tu m’en parler ?
- Oui… Non… Je ne sais pas… C’était… horrible. Effrayant.
- Tu as fait ce que tu as pu…
- J’ai tué. Je l’ai tué. De sang-froid. Il n’a pas détaché son regard du mien une seule seconde. Jusqu’à son tout dernier souffle.
- Si tu ne l’avais pas fait… Lui n’aurait pas hésité une seule seconde. Il voulait ta mort. Depuis le moment où tu es né… Tu ne pouvais pas faire autrement…
- Vraiment… ? »


Le souvenir s’éloigna tandis qu’Auriane reprenait vie et continuait le mouvement qu’elle avait interrompu. Entendre le nom de Seren sortir d’entre les lèvres de l’ambassadrice l’avait désarçonnée, plus que de raison. Elle n’avait encore jamais entendu parler du Souverain décédé d’une autre bouche que de celle de son frère. Et à chaque fois qu’il l’évoquait, la peur et l’effroi pouvaient se lire dans ses yeux. Que Seylim l’évoque ainsi, tout en légèreté… Auriane ne s’y était pas attendue. Elles étaient arrivées dans la bibliothèque du Palais, certes minuscule comparée au majestueux édifice qui se tenait à flanc de colline, plus loin dans la cité, mais un lieu de refuge tout de même pour la jeune femme. Il était cependant curieux que la salle aux portraits lui rappelle le Souverain déchu lorsque pour Ren cette pièce appartenait aux souvenirs qu’il gardait d’Isil, son Gardien. Seylim l’avait forcément connu lui aussi.  Mais elle ne l’évoqua pas. Elle concentra ses propres souvenirs sur le roi fou, expliquant qu’avant sa chute finale, la folie n’avait pas rongé tout ce qui restait de son esprit autrefois vif et intelligent. Auriane ne dit rien, se contentant d’appeler pour qu’on vienne leur servir le thé. Qu’aurait-elle pu dire ? Elle ne voulait pas prononcer la moindre parole déplacée, ne voulait pas trahir son secret ou porter préjudice à son frère. Alors elle se contenta d’écouter, passablement mal à l’aise en entendant l’ambassadrice évoquer ainsi Seren et son frère. Mais elle n’en montra rien. Rien de tout cela n’était censé l’affecter autant.

Cependant, elle ne put retenir un petit rire en l’entendant évoquer leurs entrevues avec Ren et la soi-disant fraicheur qu’il apportait à leurs entretiens. Il lui avait raconté leur première rencontre et elle avait ouvert de grands yeux emplis d’effroi en entendant que tous deux s’étaient insultés et menacés autour d’une tasse de thé ce qui avait eu pour seule réaction de faire rire son aîné. Elle ne savait pas si elle avait la même définition du terme fraîcheur… mais elle était sûre que le Souverain et l’Ambassadrice devaient s’entendre à merveille. Elle sourit à l’invitation de Seylim et s’approcha doucement de la chaise qu’elle lui présentait. Elle ne le dit pas, mais elle était soulagée de pouvoir s’assoir et reposer enfin ses jambes. Elle avait peu marché mais cela avait suffi à la fatiguer. Elle laissa échapper un petit soupir de soulagement et indiqua la chaise qui lui faisait face à l’ambassadrice afin qu’elle prenne place à son tour.

« Je vous en prie, asseyez-vous Dame Seylim… Oh… Puis-je vous appeler ainsi ? Je ne veux pas paraître déplacée mais je ne me vois pas vous appeler Dame Ambassadrice alors que ce thé est tout officieux. »

Elle sourit à nouveau et sur ces paroles, un domestique entra et déposa un plateau entre les deux femmes sur la table qui les séparait. Elle entreprit alors de verser le liquide bouillant dans deux tasses puis d’en tendre une à l’ambassadrice avant de porter sa propre tasse à ses lèvres, soufflant sur la fumée, réchauffant ses mains.

« En tout cas soyez assurée que je ne prends pas ombrage de vos propos. D’après ce que j’ai compris, vous étiez déjà ambassadrice du temps de l’ancien Souverain ? Je trouve ça parfaitement normal que vous compariez les deux hommes avec qui vous avez du faire affaire. Et vous n’avez fait preuve d’aucune impolitesse envers mon Souverain. C’est un sujet à aborder avec prudence certes, mais un sujet dont beaucoup ont parlé et continueront de parler. »

C’était la stricte vérité. Comment ne pas entendre les noms de Seren et de Ren ensemble dans une même conversation après tous les évènements survenus il y avait quelques saisons ? Seylim n’était pas la première et ne serait pas la dernière. Cependant, c’était un sujet à aborder avec énormément de précaution face au nouveau Souverain. Elle doutait d’ailleurs que beaucoup aient déjà tenté l’expérience.

« En tout cas sachez que la réciproque est vraie. Je sais que mon Souverain vous apprécie également. Entre nous, vous devez d’ailleurs être l’une des rares personnes dans le cercle qui l’entoure dont il apprécie la compagnie et la conversation. J’ai eu vent de votre première entrevue. J’étais déjà au palais, mais très malade. Il est venu me rendre visite peu après vous avoir rencontrée. Vous lui avez fait forte impression. »

Son regard brilla tandis qu’elle observait l’ambassadrice face à elle. L’éclat dont elle avait parlé se reflétait en cet instant dans les prunelles vert d’eau de la pupille officieuse du nouveau Souverain. Pour que son frère se soit montré aussi loquace il fallait que la femme lui ait fait en effet laissé un souvenir marquant. Il appréciait sa franchise bien qu’il s’agaçait des limites qu’elle s’évertuait à tenter de repousser. Et rien que pour cela, Seylim avait tout le respect d’Auriane.

« Vous avez su lire dans les prunelles de mon Souverain et vous avez su vous faire une place très vite auprès de lui. J’avais grand hâte de vous rencontrer Dame Seylim et je suis honorée que vous m’accordiez un peu de temps malgré vos nombreuses responsabilités. »
Codage par Libella sur Graphiorum

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