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Emrys
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/Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Sam 1 Sep - 22:04
Une vie pourrie vaut mieux qu’une putain d’illusion



Depuis au moins une semaine, la demeure du Maître est en ébullition. Il a embauché plus de main d’oeuvre qu’à l’accoutumée, et ainsi tous les couloirs grouillent d’activité. Les chambres d’invités sont refaites à neuf ou presque, les cuisiniers ne savent plus où donner de la tête. Les écuries sont en train d’être récurées comme jamais par tous les palefreniers disponibles et les bêtes brillent comme des sous neufs. Les tapisseries des salons de réception ont été apportées à des tisserands afin d’être ravaudées et nettoyées. La maison entière est méconnaissable.

Pour ma part je suis avec les autres “artistes” de la maisonnée. Des esclaves aux talents plus prestigieux que juste gratter les latrines. Les musiciens, jongleurs, acrobates, s’entraînent sans relâche depuis au moins un mois, et j’y suis également forcé. Mon “professeur” de danse se montre implacable, même s’il ne recourt pas aux punitions habituelles devant mon insubordination. Finis les coups, la baguette, ou la privation de nourriture. J’imagine que je dois être présentable, et que les bleus et une maigreur à faire peur ne sont pas aux goût de nos invités de marque. Le soulagement est de courte durée cependant, puisque toute résistance me prive de couverture et de bois de chauffage. Frigorifié, je ne résiste pas bien longtemps.

Car oui, il paraît – je ne suis évidemment pas dans les confidences, mais Ania la fille de la cuisinière me l’assuré– que l’on attend une délégation de dignitaires d’Agni. Je ne sais quoi en penser. Je suis partagé au sujet de ces visiteurs, mon coeur balance sans arriver à trouver un équilibre. Je ne peux décider entre la haine de ces esclavagistes – car il ne fait aucun doute qu’ils sont venus commercer avec le Maître – et la nostalgie du soleil du désert, dont j’espère secrètement qu’ils auront amené un peu de chaleur à mettre entre les murs glacés de la ville. Je danse donc, puisqu'il faut bien que tout soit prêt à temps et que je ne veux pas mourir de froid.

***

Malgré mon ambivalence, je suis aux premières loges pour observer les invités lors de leur arrivée, ayant grimpé en haut du mur d’enceinte de la demeure, légèrement dissimulé au milieu des glycines. Ils sont tous beaux, bien vêtus, riches. Très riches, à en juger par leurs attelages. Je n’ai jamais vu une telle débauche de faste. Même le Maître, pourtant l’un des marchands les plus prospères de la région ne fait pas étalage ainsi de son aisance. Les observer me rend nostalgique des rues de Rubis. J’ai presque l’impression qu’ils ont apporté avec eux les senteurs d’épices du souk, mon cerveau me joue des tours.

Je regarde, désabusé, le Maître accueillir avec obséquiosité celle que je devine être la principale hôte. Sa prestance la démarque de tous les autres, elle a le port altier d’une personne habituée à ce qu’on la respecte et qu’on lui obéisse. Et cela semble effectivement être le cas. Tout son entourage s’affaire autour d’elle sans même qu’elle ait besoin de dire quoi que ce soit. Je me demande combien d’entre eux sont là de leur propre chef. Certains oui, clairement, riches et bien habillés. D’autres, pas forcément, petites mains et autres domestiques qui s’agitent. Tout le monde se prépare pour la soirée, et j’entends mon nom crié en bas dans le jardin, chargé de menace. Je ne veux pas manquer de couverture cette nuit et saute au bas du mur, maté.

***

Une grande main qui m’a donné trop de coups me pousse légèrement vers la salle à manger, derrière un rideau. Les instruments déjà en piste masquent le bruit des grelots à mes chevilles et à mes poignets et le tintement des sequins cousus à ma ceinture. Ce salopard m’a affublé d’un voile qui cache la moitié inférieure de mon visage, ne laissant apparaître que mes yeux. Les musiciens ont entamé un nouvel air, plus proche des sonorités auxquelles je suis habitué, et j’imagine que nos invités aussi. C’est à moi d’entrer en scène. Je sers les poings, les dents, je m’entoure d’une armure d’indifférence et laisse mon esprit fusionner avec la musique. J’attends mon moment. Les autres danseurs me jettent des regards pas si furtifs pleins d’impatience, attendant que je me lance, que je passe de l’autre côté du rideau, mais je les vois à peine. Je me laisse porter par le souffle chaud du vent sur les dunes qui souffle dans chaque note.

Lorsque le moment vient, j’entre en scène d’une acrobatie, et commence à danser. C’est la seule chose qui me sauve encore, qui rend cette vie supportable. J’aperçois la femme de tout à l’heure, à la droite du Maître. Et si je parvenais à l’éblouir suffisamment pour qu’elle cherche à me racheter, me ramener au pays ? Si c’était une occasion pour quitter cette région glaciale et dure qui ne cherche qu’à écraser ses habitants ? J’ai du mal à la quitter des yeux, de mouvement en mouvement, espérant qu’elle me remarque....

Mais non, je ne peux pas supporter ça. Je ne me reconnais même plus dans mes propres pensées, comme si le Maître, après m’avoir volé ma famille, ma maison et ma liberté allait réussir à me priver aussi de mon identité et de mes valeurs. Ma rage se transmet à mes mouvements, et je me perds à nouveau dans la danse, jusqu’à m’arrêter en même temps que la musique, immobile mais à bout de souffle.

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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Lun 3 Sep - 2:53

Une vie pourrie vaut mieux

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Prithvi. C'est la première fois que l'agnienne y va d'elle-même. Parfois, en tant que nièce de ou fille de, elle avait déjà pu observer les paysages et la capitale. Ce jour-là, elle y allait pour terminer un contrat que son époux a rédigé. Lui n'avait pas le temps et elle aimait, bien que loin de s'en pavaner, l'effet qu'elle faisait en arrivant devant les dirigeants qui s'attendaient à recevoir le Seigneur et non sa Dame. Elle a supporté en silence les deux jours de calèche que le trajet leur imposait, leur chemin s'arrêtant dans la demeure d'un noble prithvien. Seylim commerce du bétail contre des minerais, du fer notamment. Leur propre stock s'épuise lentement sous les mors et autres ustensiles qu'ils font. Peut-être arrivera-t-elle à augmenter les quantités qu'elle vient négocier. Ils ont apporté des épices... Elle devait en user précautionneusement... Peut-être que...

(Najat) ▬  Seylim, nous arrivons.
(Seylim) ▬  Bien.

Effectivement, une petite heure s'écoule et la carriole s'arrête – enfin. Najat observe sa maîtresse fermer les yeux pendant une minute, inspirant profondément, expirant longuement avant d'hocher la tête. Le regard se durcit, fixant sans la voir sa suivante dévouée et son buste se tourne sous les pas du cocher qui ne devrait pas tarder à ouvrir la portière. Najat a parfaitement saisi le timing de l'ambassadrice et Seylim se fait la réflexion qu'elle devrait la remercier plus tard.

(Maître) ▬  Bienvenue dans mon humble demeure Seign... Oh ! Milles excuses ma Dame, je m'attendais à voir votre époux.
(Seylim) ▬  Seylim Bin Shil, épouse du Seigneur des Chevaux d'Agni, ambassadrice entre ma contrée et Akasha. Je vous prie de m'excuser de ne pas vous avoir avertit de ma venue. Mon mari et moi-même vous prions de ne pas nous en tenir rigueur, cela nous est apparut comme la meilleure des solutions compte tenu de nos emplois du temps respectifs.  
(Maître) ▬  Ne vous en faites pas ma Dame, je conçois que votre époux doit être un homme fort occupé et vous, ayant bien plus de temps libre, avait prit sur vous pour faire ce trajet qui a dû être éprouvant.

Seylim répond sans porter d'intérêt quelconque à ses propres propos, notant l'insinuation que portait les mots du noble. Elle a « bien plus de temps » que son mari, parait-il... L'agnienne observe le regard du noble qui détaille avec une avidité sans nom sa tenue. Elle est très joliment habillée. Bien plus que nécessaire, c'est un fait. Néanmoins elle n'oublie pas qu'elle porte son statut et s'il faut qu'elle se déguise en Souveraine d'Agni pour se faire, elle n'hésitera pas. Elle a longuement hésité, dans la taverne où elle avait dormi la nuit précédente, et avait fini par se vêtir d'un haut assez près du corps, flottant au niveau de ses bras. Les épaules bronzées sont dénudées, comme la peau de son ventre. Elle a opté pour un sarouel, bien plus confortable, aux teintes aussi chaude que le soleil de sa Contrée. Elle n'a pas oublié ses ornements divers et variés, passant de bracelets de chevilles à collier, bracelets et bagues. Cependant, elle n'avait pas prévu la fraîcheur de l'endroit. Dans ses souvenirs, Prithvi était plus chaud que ce à quoi elle fait face.

Presque naturellement, Najat s'incline devant leur hôte, se courbant ensuite vers sa maîtresse en lui tendant  un morceau de tissu aux broderies dorées. Seylim sait qu'il peut couvrir les crânes mais que certaines aiment en user comme fichu. Pour sa part, elle se laisse l'enrouler autour de son ventre – toujours faiblement découvert. La caravane ne tarde qui voyage avec elle arrive peu après. Parmi les occupants, la femme de son oncle, Seigneur d'Agni également et sa propre sœur, Sanila, qui désirait des coloris qu'on ne trouvait qu'à Prithvi. Et leur propre servant, cela paraissait évident.

Il était bien trop tard pour envisager une discussion basée sur des négociations et l'agnienne se laisse proposer un repas afin qu'elle puisse se reposer d'une nuit complète avant de parler affaires. Car si elle ressent la fatigue, elle ne doute pas que c'est le cas pour ses interlocuteurs. Elle est assise à une grande tablée, ses camarades agniennes doucement plus loin d'elle. Aujourd'hui et pour la durée de son séjour, elle devait être la pièce maîtresse. Alors soit. La soirée débuta et de tout ce qu'avait imaginé Seylim durant le trajet, elle ne s'attendait pas à voir un autre agnien qu'elle-même et sa ménagerie. Pourtant il était devant elle. La musique du désert se met à raisonner et la Dame en oublie de manger. Son sang se retourne, se calme, s'embrase dans la seconde et un simple coup d'oeil lui permet de voir que sa suivante et sa sœur sont dans le même état.

(Seylim) ▬  "C'est lorsque les maris prennent leurs instruments que les femmes dansent le mieux." cita Seylim, la voix basse.
(Maître) ▬  C'est de vous ma Dame ?
(Seylim) ▬  Du tout. C'est un proverbe agnien. La danse devrait toujours se faire à deux au minimum, en groupe pour les fêtes. Une danse seule est un hommage ou une punition.  

Elle aurait du regarder son hôte mais ses pupilles l'en empêchent. Elle ne fait que le voir lui. Lui qui danse. D'abord elle l'aurait comparé à un serpent. Langoureux, envoûtant, gracieux. Une danse sensuelle qui n'a que le but de vous faire ployer. Et il y a quelque chose. Un regard, un éclair. Était-ce pour elle ? Pour le noble ? Mais ses pas s'accélèrent. Dans ce qu'elle voit, Seylim revoit Balkish lors de ses colères silencieuses.

Certains Agniens pleurent, hurlent sans voix. Certains, comme ta sœur, préfèrent la danse pour extérioriser. " avait dit sa mère quelques années plus tôt. Et Seylim se laisse voir des similitudes entre son aînée et le danseur qui parade devant elle.

(Seylim) ▬  Excusez-moi... Comment s'appelle ce danseur ?
(Maître) ▬  Emrys ma Dame.

Elle hoche la tête doucement sans quitter l'homme qui remue devant elle. Happée. Obnubilée. Elle ne pensait pas voir un agnien hurler silencieusement devant elle. Elle sent ses bras trembler, ses jambes se contracter, son regard brun ne le lâchant pas une seconde. Elle ne comprend pas cette haine qui ressort lors de ses pas. Elle ne comprend pas mais il semble lui parler. En elle, quelque chose résonne. Lorsque la musique s'arrête, Seylim s'éloigne de la table, se redresse et se lève, s'inclinant longuement face au danseur, Najat suivant son exemple sans un mot, bientôt suivies par les autres Dames venues avec elles. L'hôte écarquille les yeux, sa voix emplie d'incompréhension questionne doucement, éberlué par ce qu'il voit.

(Maître) ▬  Pourquoi... vous inclinez-vous... ?

Et Seylim de se redresser, de l'observer du coin de l'oeil avant de répondre, plus sèchement que ce qu'elle aurait voulu.

(Seylim) ▬  Les Agniens s'inclinent respectueusement en deux cas. Lorsque les connivences et la bienséance l'exigent ou devant une belle représentation. Je montre à ce jeune homme à quel point nous avons apprécié sa danse. Nous aurions pu applaudir. Mais j'estime plus aisément l'inclinaison que les mains qui se frappent.  

Elle le dénigre une seconde avant de reporter son regard vers le danseur.

(Seylim) ▬  Mes félicitations jeune homme. Votre danse fait honneur à tout Agni.  
(Maître) ▬  Il n'est qu'esclave ma Dame, vous n'avez pas à vous abaisser...
(Seylim) ▬  Je ne m'abaisse que très rarement. Ce jeune homme m'a offert un spectacle tout à fait plaisant. Pensez-vous que je sois femme à courber l'échine si aisément ? Claque sa voix une nouvelle fois.
(Maître) ▬  Non, ce n'est pas ce que je voulais insinuer, bien sur que non.
(Seylim) ▬  Et s'il n'est qu'esclave... Peut-être devrais-je le ramener avec moi ?  

Najat se redresse et observe sa maîtresse avec une curiosité dans le regard. C'est naturellement que cette dernière poursuit.

(Seylim) ▬  Nous autres, Agni, soumettons de force et créons les esclaves de tout Seele. Je vous demande à présent, savez-vous pourquoi, malgré tout, nos dos ne ploient jamais ? Et elle poursuit sous le silence de son interlocuteur. Parce qu'un Agnien vit dans le désert, la soif et l'aride climat. Parce que, comparée aux autres contrées, Agni n'a que sa force d'esprit et la danse pour survivre. C'est, d'après moi, ce qui fait de nous le peuple le plus tolérant bien que le plus enclin à enchaîner. Un agnien garde le corps droit même enchaîné.  
(Maître) ▬  Ma Dame, s'exclame un noble inconnu, votre époux a le commerce d'esclaves d'Agni. Comment pouvez-vous...
(Seylim) ▬  Parce qu'il l'est. Je me permets de le dire. Les agniens sont reniés dans la plupart des contrées et ce, avant même Seren. Nos premiers esclaves ne venaient pas d'Agni. Et je n'ai aucun jugement à recevoir d'un prithvien qui profite d'esclaves sans se remettre en questions.  

Et Najat d'intervenir, posant sa main sur son épaule. Seylim se rassoit faible, soupirant. Et reprit lentement la parole.

(Seylim) ▬  Je vous prie de m'excuser. Je suis sûrement plus épuisée par le voyage que ce que j'imaginais. Je vous serais reconnaissante de ne pas m'en tenir rigueur.

Tenue de Seylim:
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Mer 12 Sep - 19:58
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De ma position inclinée à la fin de ma représentation, j’entends une chaise racler le sol. Je relève la tête, intrigué par le silence qui a suivi la fin de la musique. Pas d’applaudissements – je n’en ai peut-être pas mérité – mais pas non plus de conversations, pas de bruits de couverts. Le silence règne dans la salle, et cela plus que tout autre chose me prend au dépourvu. C’est elle, la Dame, qui s’est levée, et qui ploie le buste devant moi. Je reste interdit, ne sachant que faire dans une telle situation. Les invités du Maître ne m’ont jamais habitué à une telle réaction.

Le Maître lui aussi semble décontenancé, et demande des explications. Je  ne suis qu’à moitié la discussion qui s’en suit, encore pris dans l’exercice que je viens de terminer, et essayant de reprendre mon souffle ainsi que le contrôle de mes membres. Rares sont les danses qui m’ont ainsi privé de mes moyens. Je ne saurais dire combien de temps cela a duré. Je sais déjà que je le regretterai probablement demain matin, lorsque mes muscles refroidis auront raidi. Je suis ailleurs, j’ai du mal à me concentrer sur ce qui m’entoure.

Je ne comprends que quelques mots de ce qui se déroule devant moi, alors que je reste sans bouger, comme un lapin hypnotisé par le regard du serpent.
“Peut-être devrais-je le ramener avec moi ?”
Je me mets à trembler et mes jambes me lâchent presque. A-t-elle lu dans mes pensées ? Comment a-t-elle su… Non, je m’égare, c’est impossible. Le Maître ne refuse pas directement, probablement trop inquiet de se mettre à dos une partenaire commerciale, mais nos regards se croisent et je sais que cette issue me sera refusée. Un retour à Agni… mes émotions sont contradictoires, mais je n’aurais pas à décider entre elles. Je baisse la tête et laisse se dérouler le reste de la soirée, conscient que j’en entendrai parler avant la fin du séjour de cette délégation.

***

Etrangement on ne m’a pas demandé de danser à nouveau. Peut-être craint-on trop l’incident diplomatique que ma prestation a failli déclencher. Je me suis contenté de rester assis dans un coin comme un joli chien bien dressé, tout en essayant de ne plus avoir de contact visuel avec l’invitée. Je déteste l’espoir qui est né en moi depuis sa proposition. Une fois tout ceci terminé je m’éclipse dans les loges où j’arrache le voile humiliant qui me masque le visage. A moitié dévêtu je ne l’entends arriver que trop tard. Le Maître se glisse derrière moi, collé à mon dos, et me saisit la gorge d’une main. Il ne serre pas mais je suis coincé, le moindre mouvement me ferait mal. Ca ne m’empêche pas d’essayer en vain de me débattre.

Alors comme ça, tu voudrais retourner d’où tu viens, esclave ?” Sa voix est douce mais ses mots pleins de fiel. Je soutiens férocement son regard dans le miroir et crache :
Tout plutôt que rester ici !
Il me retourne violemment et ma hanche heurte la coiffeuse, m’arrachant une grimace, et je n’ai pas le temps d’anticiper la gifle du revers de la main qui me fend la lèvre.
Ne te crois pas sorti d’affaire, vermine. Tu serais déçu.

Et comme il est arrivé, il s’en va rejoindre ses hôtes. Son absence n’aura pas duré plus d’une minute.

***

Le lendemain, dès le milieu de la matinée, je suis appelé à servir le Maître dans son salon personnel où il reçoit ses invités. Ma démarche est raide lorsque je leur sers vin chaud et pâtisseries, surtout à cause de ma transe de la veille, mais ma hanche me lance tout particulièrement. J’arbore fièrement ma lèvre meurtrie, en partie parce que je sais que tenter de la dissimuler lui aurait fait trop plaisir. Je ne sai!s pas à quel petit jeu cruel il s’amuse, mais s’il compte me retenir je ne veux pas lui faciliter la tâche, et mes courbettes à son égard sont juste un peu trop superficielles.

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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Ven 21 Sep - 15:21

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(Najat) ▬  Seylim...
(Seylim) ▬  Oui Najat ?
(Najat) ▬  Tu es énervée.

Pas de questions dans la voix de la servante. Elles se sont éclipser à la fin du repas, prétextant leur fatigue alors que cela n'était qu'une justification à la colère sourde de l'ambassadrice. Sa suivante, lorsqu'elles se retrouvèrent seule, reprit la parole sans sembler terrifiée par sa maîtresse. Elle avait l'habitude depuis le temps qu'elle la servait.

(Najat) ▬  Qu'est-ce qui t'énerve exactement ?

Elle le savait. Elle avait la réponse avant même de poser la question. Mais son rôle de servante était finit, actuellement, Seylim avait besoin d'une oreille, d'une amie.

(Seylim) ▬  Il critique ouvertement notre patrie sous prétexte que nous faisons du commerce d'esclaves. Seulement nous au moins, avons assez d'ouverture d'esprit pour les éduquer convenablement. Tu les as vu ? Ils sont fins. Sûrement sous-nourris. Je suis prête à parier qu'aucun d'eux ne sait compter !
(Najat) ▬  Je comprends.
(Seylim) ▬  Et ce sont les agniens les barbares ? Franchement, cela me révulse !
(Najat) ▬  Tu veux rompre les négociations ?

L'ambassadrice se tourna pour la fusiller du regard et Najat lui répondit d'un sourire.

(Najat) ▬  Bien sur que non. Cela ne se fait pas n'est-ce pas ?
(Seylim) ▬  Je porte le nom de ma famille. Je ne peux pas faire ce qui me comblerait. Sinon j'aurais pris une arme pour égorger ce chacal sans cerveau. Mais si je le vois comme une bourse scintillante... Je devrais réussir à me calmer...

Najat se permit de ricaner. Beaucoup imaginait Seylim comme quelqu'un de froid et hautain, de vicieux et pernicieux. Elle, elle savait que l'agnienne était franche et sincère, sûrement trop pour le rôle qu'elle portait mais cela la rendait touchante. Parfois, Najat voyait en Seylim une mère de substitution. Des fois, elle voyait une sœur. Et aujourd'hui, seules dans leur chambre, elle voyait une simple agnienne en colère. L'ambassadrice ne ferait rien de mal et se contrôlerait, comme toujours. Elle n'aurait ni gestes déplacés, ni mots suffisamment déplacés pour qu'on lui en tienne rigueur. Seulement ceux qui ne faisaient qu'écouter Seylim se trompaient. On écoutait, regardait, comprenait Seylim. C'était une femme splendide et intègre en qui il était simple de lire... pour qui se donnerait la peine de le faire. Et si elle le désirait. Najat avait déjà vu sa maîtresse cacher tous sentiments jusqu'à n'être que froideur et inflexibilité. Néanmoins, voir Seylim dans cet état était tellement rare qu'elle pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où elle l'avait vu ainsi.

~ ~ ~ ~ ~

Dès le lendemain, l'agnienne se leva bien trop tôt, profitant du jardin de son hôte pour … comment dit-on ? Se « ressourcer ». Elle y passe un certain temps, silencieuse, immobile, assise à laisser le vent flotter sur son visage, le dos droit. Elle finit par se faire appeler par Najat. Le propriétaire des lieux désire la voir. Seylim se relève, le buste toujours parfaitement droit, le regard se durcissant faiblement. Elle se retient de justesse de soupirer et accompagne sa servante dans le salon personnel de l'hôte. Avant d'entrer, Najat pose une main sur le bras de sa maîtresse qui ne semble pas réagir. Quelques mots agniens sont chuchotés pourtant.

(Seylim) ▬  Je sais...

Et elle entre, prête à négocier avec ce qu'elle qualifie mentalement d'idiot incapable. Après bien trop de minutes ou de longues heures – tout dépend du point de vue – Seylim observe son hôte appeler un « servant » en vue de conclure l'accord de vente. Mais il y avait une grande différence entre les « servants » qu'elle avait et ceux qu'il possédait. Chez elle au moins elle avait des esclaves en bonne santé... Et voilà le danseur qui revient, portant un plateau de vins et autres gourmandises. Seylim ne montre rien lorsque son regard se pose sur la lèvre boursouflée. Elle le voit s'incliner avec difficultés et c'est Najat qui murmure, s'inclinant pour qu'on ne lise sur ses lèvres ou pour simplement chuchoter plus bas :

(Najat) ▬  Il a été battu ma Dame.

Seylim hoche doucement la tête avant conclure ce qui l'ennuyait. Une part d'elle se rappelait qu'elle n'avait pas encore parler de deux tiers des sujets qu'elle était venue aborder. Après tout, elle devait rester un certain temps ici. Ce n'était pas le moment de se chamailler avec un noble prétentieux et imbu de lui-même.

(Seylim) ▬  Sommes-nous donc d'accord pour les quantités de fer ?
(Maître) ▬  Bien sûr. Il nous reste à trouver un terrain d'entente pour le bétail.
(Seylim) ▬  Cela va sans dire. Puis-je me permettre, après cette collation, de laisser ma place à ma sœur, Sanila Bin Shil ? Elle est intéressée par les différents pigments de couleur que vous avez.
(Maître) ▬  Oh mais bien entendu ! Travaille-t-elle dans le textile ?
(Seylim) ▬  Elle est une artiste peintre reconnue dans la Contrée du Feu.

Elle voit dans son regard qu'elle a touché une corde sensible. Peut-être pensait-il pouvoir négocier plus aisément avec elle qu'avec son aînée. Peut-être. Si c'était le cas, il se trompait. Sanila ne négociait pas. Elle achetait ou refusait. Seulement ce n'était plus le soucis de Seylim. Elle accepta le verre que lui posa devant elle le serviteur et sortit quelques épices agniens pour relever le goût une fois ses lèvres trempées dans le breuvage. Lentement, elle s'en délecta, soupirant faiblement alors qu'un léger sourire vint éclairer son visage. Quelques minutes plus tard, éludant l'origine des épices et après les avoir fait goûter à son hôte, elle sortit de la pièce, échangeant avec sa sœur. L'agnien natif ressortit.

(Seylim) ▬  C'est un ignare qui te croit idiote parce que tu es peintre.
(Sanila) ▬  J'ai l'habitude de remettre les gens en place. Lui ou un dromadaire, ce sera le même traitement.

Une fois libre de toutes obligations, Seylim se dirigea vers les cuisines, cherchant à négocier un nouveau verre de vin, son corps encore tendu sous le manque de réflexion de son interlocuteur.

(Seylim) ▬  Excusez-moi de vous déranger... Serait-il possible de ravoir de ce doux vin qu'Emrys nous a apporté plus tôt ?  

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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Lun 1 Oct - 13:39
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Cette séance est une véritable torture. Je dois rester debout derrière le Maître sans bouger, obligé de rester suffisamment attentif pour pouvoir répondre immédiatement au moindre de ses ordres. Et pendant ce temps, lui et l’Agnienne négocient âprement le bout de gras, la moindre pièce d'or sujette à des débats que le semblent infinis. Pourtant, malgré les courbatures et la douleur de la hanche qui rendent mon rôle plus difficile encore, je n'envie pas la place du scribe chargé de retranscrire les négociations. Sa plume court à toute vitesse sur le papier, et je vous la transpiration perler à la racine de ses cheveux tant il est concentré. Je crois que je ne serais plus le seul à avoir les muscles raides.

L'Agnienne se lève enfin et je dois retenir un soupir de soulagement : peut-être est-ce terminé ? Malheureusement ça ne semble pas encore être à l'ordre du jour car elle sort seule après s'être inclinée, et voilà qu'en rentre une autre dans la pièce, qui prend sa place. Comment le Maître fait-il pour supporter ça ? Sa soif de richesse ne connaît pas de limite. La nouvelle arrivée ressemble terriblement à celle qu'elle remplace, elles pourraient être sœurs. J'en conclus que c'est probablement le cas étant donné qu'elles font partie de la même caravane. Il y a longtemps que j'ai arrêté d'essayer de suivre les négociations, mais j'ai l'impression que ça ne tourne plus en faveur du Maître, car ses gestes se font légèrement plus brusques et ses ordres plus secs.

Je profite de la première occasion pour quitter la pièce. Un voyage aux cuisines est nécessaire, car la carafe de vin est vide. Pour une fois je n'attends pas la consigne avant de m'exécuter : j'ai besoin de me dégourdir les jambes et de m'éloigner d'ici et tous les prétextes sont bons pour le faire. Je prends tout mon temps pour parcourir la distance que me sépare de la réserve. Une nouvelle cruche de vin épicé sous le bras, je me dirige cette fois vers les cuisines pour la faire chauffer. Je sais qu'il y en a déjà probablement tout préparé qui ne demande qu'à être apporté dans le salon mais je préfère l'ignorer et rester absent aussi longtemps que possible.

Arrivé en vue des cuisines, je vois Emma, en conversation avec nulle autre que la belle Agnienne. En me voyant elle me fait signe d'approcher plus vite, ce que je fais.

Tiens, Emrys, tu tombes bien. Sert donc une coupe de vin chaud à Dame Seylim.” Puis à l'intéressée : “Si vous voulez bien m'excuser, ma Dame, je vous laisse entre ses mains, je suis obligée de m'occuper du repas qui approche.

Et comme ça elle disparaît, me laissant seul face à la Dame, figé comme la proie sous le regard du serpent. Je m'incline, maladroit puis hésite sur la marche à suivre. Je me vois mal la servir dans le couloir, et je ne crois pas que les cuisines soient un endroit bien plus acceptable pour les gens comme elle. Je ne pense cependant même pas à refuser, sachant pertinemment qu'un tel retard me vaudra des ennuis plus tard, je préfère infiniment rester avec cette femme qui transporte mon pays natal dans son sillage. Je ne sais pas quelle attitude adopter avec elle. Ma position d'esclave m’écœure et je n'arrive pas à déterminer si je préfère courber le dos pour une chance de retourner à Agni ou si ma dignité compte plus pour moi que l'appel du désert.

Où… où voulez-vous que je vous serve, ma Dame ?

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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Jeu 11 Oct - 18:04

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La première personne qui lui répond est une servante. Une jolie demoiselle qui s'incline dans sa direction. Elle lui explique que le vin est dans les mains d'Emrys et que, surtout préposée au ménage et au maintien des lieux de vie en état, elle n'était pas sure de savoir où il se trouvait. Assez évidemment, Seylim acquiesce les propos de la domestique. À aucun moment elle n'espère avoir eu une demande trop exigeante. Elle avait besoin de trois choses qui paraissent doucement futiles. Elle avait besoin d'un bon verre de vin. D'une discussion intelligente sans qu'on ne la prenne pour une barbare. Et d'un rappel de sa patrie. Elle portait le nom d'Agni avec elle. Elle représentait sa Contrée. Mais en l'instant, elle n'aurait refusé un rappel pour rien au monde. Et c'était précisément ce qu'elle était venue chercher.

Après avoir longuement parlé avec la demoiselle, avoir apprit de son nom – Emma – à ses loisirs ou ses rêves, elle finit par la voir tourner le visage vers la porte qui s'ouvre. En entendant le nom du danseur, elle se laisse tourner le visage jusqu'à entendre son interlocutrice prendre la parole.

(Emma) ▬  Tiens, Emrys, tu tombes bien. Sert donc une coupe de vin chaud à Dame Seylim.” Puis à l'intéressée : Si vous voulez bien m'excuser, ma Dame, je vous laisse entre ses mains, je suis obligée de m'occuper du repas qui approche. 

Seylim s'incline doucement sous les propos de la servante et sourit lorsque le danseur revient. Elle se laisse l'observer sans un mot, juste un simple mouvement de tête. Comme lui avait signalé sa dame de compagnie, elle regarde sa démarche, se retient de soupirer sous les idées de ce qu'il avait pu subir. Elle observe un peu plus le danseur avant de lui sourire, comme elle souriait rarement à ses serviteurs.

(Seylim) ▬  Que pensez-vous d'un salon, où l'on pourrait être tranquille ? J'aimerais discuter un peu avec vous. Pourquoi pas de l'évolution d'Agni depuis votre départ ? Ou juste de vous et de votre parcours ? J'admets aisément que la curiosité m'emporte lorsque je m'essaie à imaginer les péripéties qui vous ont fait quitter votre Contrée.

L'agnienne se laisse sortir le petit sachet d'épices avant de poursuivre doucement.

(Seylim) ▬  J'imagine combien ma demande est inconvenante. Néanmoins serait-ce possible que nous nous asseyions et que nous discutions ? Non pas d'ambassadrice à servant. Mais d'Agnien à Agnienne. Serait-ce simplement envisageable ?

Elle sait que c'est inconvenant et que cela ne se fait pas. Cependant, elle désire en apprendre plus sur lui. Sur ce qu'il a vécu. Et surtout, il ne pouvait être aussi ennuyeux et vexant que l'avait été son maître. C'était un choix parfaitement réfléchi. Elle ajoute, comme pour laisser son invitation être au moins réfléchie.

(Seylim) ▬  Je puis vous inviter à goûter quelques épices qui vous feront voir la contrée du feu. Elles sont délicieuses. Et nous pensons qu'elles contiennent des effets curatifs. Ces dernières pourraient être intéressantes pour votre cuisse.


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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Lun 5 Nov - 18:22
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Un salon tranquille. Je baisse la tête pour masquer ma soudaine inquiétude. Qu'est-ce qu'elle veut dire par là ? Et surtout que veut-elle y faire ? Je déteste les nobles et leur manière de parler, à la fois si directe et si contournée qu'on ne sait jamais ce qu'ils ont en tête. Une chose est sûre : je n'ai jamais vu une dame de sa position parler en privé avec quelqu'un comme moi, et je ne crois pas que j'ai vraiment envie d'avoir une telle “discussion”. Je ne crois pas non plus que j'ai mon mot à dire, et c'est ça le pire. Que faire, que faire ?

Bien sûr, tout ce que vous souhaiterez. Je vous remercie pour votre sollicitude.
Je me sens presque nauséeux. Est-ce qu’elle ne se rend pas du tout compte qu’il ne m’est pas possible de dire autre chose ? Non, bien sûr. Les nobles et les marchands d’esclaves n’ont pas idée, elle ne se rend pas compte que les chaînes qui me retiennent ne sont pas uniquement physiques. Le Maître peut décider de toutes les punitions imaginables pour la moindre offence. Déplaire à son invitée de marque me vaudrait beaucoup trop de souffrance pour que j’ose refuser.

Malheureusement je n'ai guère le choix. Je ravale tout ce que je peux ressentir et le déguise en courbette.
Je dois pouvoir vous trouver ça. Si je peux vous laisser patienter une petite minute, je vais chercher une carafe chaude, celle-ci ne l'est pas.

Je fuis vers la cuisine pour me laisser quelques secondes pour réagir. Je suis pris entre deux feux : que ce soit retourner dans la pièce des négociations ou suivre la Dame dans un salon, rien ne m’enchante. D’un côté le Maître ne supportera pas que je ne revienne pas vers lui, et de l’autre il ne supportera pas que je ne sois pas aux petits soins pour ses invités. En mettant dans la balance qu’elle pourra peut-être me permettre un retour à Agni, je décide d’accompagner Seylim. De la peste ou du choléra, j’ai fait mon choix.

Il ne me faut qu’un instant pour interchanger le pichet près du feu et celui que j’ai en main, et je reviens dans le couloir. Malheureusement elle n’a pas décidé que c’était une mauvaise idée, comme je l’avais à moitié espéré, et elle n’a pas disparu.

Si vous voulez bien me suivre.

J’accompagne mes mots d’un signe de tête, et m’enfonce dans le couloir. Nous croisons quelques domestiques et j’ignore volontairement leurs regards interrogateurs. De toutes façon je ne sais pas moi-même ce que je suis en train de faire exactement, dans quoi je me suis lancé. J’espère juste ne pas avoir accepté quelque chose que je vais regretter par la suite, malgré le goût amer du déjà-vu. Je m’arrête devant une porte, semblable à toutes les autres dans ce couloir. Heureusement elle n’est pas verrouillée et révèle une petite pièce confortable, munie d’une haute fenêtre étroite et d’une petite cheminée. Elle est meublée de différents poufs et fauteuils confortables, assortis à des guéridons bas. Pas de table, pas de canapé, l’endroit est plus destiné aux méditations solitaires qu’à des activités de groupe. Je la laisse entrer et prendre place là où elle l’entend, et m’active pour allumer un feu dans la cheminée, bien qu’il ne fasse pas froid. Une fois que les premières flammes courent avec assurance sur les bûches, je m’occupe de lui servir une coupe de vin avant de la garder au chaud devant l’âtre.  
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Sam 8 Déc - 15:18

Une vie pourrie vaut mieux

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Seylim soupire faiblement. Elle est vile à lui proposer cela. Elle a parfaitement conscience que le servant n'a pas des masses de choix. Mais dans cet univers prithvien, il est le seul qu'elle puisse approcher sans avoir à se cacher. Dans ce genre de moment, elle se haït. Elle haït son statut d'ambassadrice, de commerçante. Elle aurait aimé être une fille du peuple, plus modeste et sans toutes les chaînes qui la retiennent. Il n'a pas le choix mais elle non plus. Elle aimerait dire ce qu'elle pense et sans les filtres que son rang l'oblige à avoir. Néanmoins, avec tant d'oreilles autour d'elle, elle ne peut se le permettre. C'est dommage. Seylim est bien trop patriote pour faire du tord à la Contrée du Feu. Sinon elle l'aurait giflé l'autre idiot. Elle en avait envie. Mais non. Elle est une femme droite, fière, noble. Elle n'a pas à lever la main. C'est inconvenant et injuste. Utiliser son rang pour être au dessus de tout lui serait simple. Et tellement aux antipodes de ce que sa fierté désirait faire.

Alors elle patiente. Doucement, lentement, sans bouger, seule dans ce couloir, elle ne dit rien. Elle reste droite, se retenant de soupirer une nouvelle fois. Lorsqu'il revient, elle s'incline faiblement avant de le suivre sans un mot. Son cerveau n'attend que l'instant où les regards arrêteront de se poser sur elle, les commérages se stopperont aussi et elle pourra enfin penser à une pause.

(Emrys) ▬  Si vous voulez bien me suivre.

Elle obtempère, le suivant sans relever les différents regards interrogateurs qu'on lui lance. Elle a une pensée assez enfantine, se disant que chez elle, elle aurait sûrement eu un signal de silence, comme un secret qu'elle tenait à garder. Pourtant ici, lorsque la porte se referme, elle ne peut s'empêcher d'abaisser ses épaules en lâchant un des plus gros soupirs qu'elle ait pu avoir de ces derniers mois. Naturellement, elle s'incline avec le respect qu'elle se doit d'avoir envers un membre d'Agni, se redressant en souriant doucement.

(Seylim) ▬  Je vous prie de m'excuser de mon comportement. J'ai conscience de vous mettre dans une fâcheuse posture. Néanmoins... Comprenez que ma curiosité et mon envie d'évasion ont eu une montée incontrôlée alors que j'ai assisté à votre danse.

Elle choisit de s'asseoir comme lors de ses jeunes années, en tailleur sur un pouf, l'observant allumer un feu. Pourtant, quelque chose dérange l'agnienne. Doucement, avec bien plus de précaution qu'avec l'hôte de la demeure, sa langue natale revient.

(Seylim) ▬  Cela vous dérange-t-il si je parle agnien ? Le comprenez-vous ?

Une seconde elle se demande depuis combien de temps il a quitté le soleil et les oasis. S'il se souvient de sa Contrée. Et elle sort les épices qu'elle avait goûté plus tôt, en versant quelques unes dans le vin chaud. Et elle lui tend sa coupe sans se départir de son sourire. D'abord le mettre à l'aise si possible...

(Seylim) ▬  Je vous en prie, goûtez-le, j'y ai rajouté quelques épices agniennes. Je les ai apportés afin de ne pas oublier le désert. N'y voyez aucune malice de ma part. Oh. N'hésitez pas à me dire si cela vous dérange, je puis trouver un endroit plus convenable pour vous. Je pensais qu'être seule avec vous serait sûrement bien plus simple si vous désirez être... vous-même si je puis m'exprimer ainsi.

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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Lun 7 Jan - 18:18
Une vie pourrie vaut mieux qu’une putain d’illusion



Il y a déjà plusieurs minutes que nous sommes seuls, mais je ressens toujours partout sur moi la brûlure des regards que nous avons croisés dans les couloirs. Si malgré ce que me dit la boule qui s’est logée dans mon ventre il ne se passe rien, je sais quelles rumeurs vont circuler dans toute la demeure. En fait, quel qu’en soit leur contenu, elle vont se répandre comme une traînée de poudre et forcément arriver aux oreilles du Maître, et je ne sais pas ce qui me fait le plus peur. Je n’arrive pas à former une pensée bien définie, mais je suis persuadé que rien ne peut sortir de bon de cette situation.

Elle s’excuse, et je reste interdit. Je crois que de toute ma vie, jamais personne ne m’a jamais montré un tel respect. C’est ce qui arrive lorsque l’on naît esclave : les bien-nés vous ignorent, et même les plus pauvres regardent avec mépris les gens comme moi. Je m’incline raidement, principalement parce que je ne sais pas quelle autre attitude adopter. Rien de ce qui se passe n’a aucun sens à mes yeux. Je ne veux pas qu’elle puisse constater le doute qu’elle est arrivée à instiller en moi avec une si déconcertante facilité. Les mots me brûlent la langue, un murmure qui s’échappe de mes lèvres :

Je vous remercie, ma Dame.

À la voir assise simplement en tailleur sur un pouf, j’ai l’impression qu’elle est chez elle. Inconsciemment je l’ai menée dans l’une des pièces qui ressemble le plus à un salon Agnien. Quelle en est la signification je n’en sais rien, peut-être rien. J’ai pensé qu’elle serait à l’aise ici et cela semble être le cas, même si je suis moi-même bien loin de l’être. Lorsqu'elle reprend la parole, il me faut quelques secondes pour remarquer qu’elle a changé de langage. Je n’ose pas répondre immédiatement, j’ai l’impression de trembler comme une feuille. Tous mes rêves sont dans ma langue natale, mais quelque chose me retient. Et si je n’y arrivais pas ? Je la comprends parfaitement, mais si ma bouche n’y arrive plus ? C’est une question que je ne m’étais jamais posée et j’ai tellement peur de la réponse … Avec précaution, les mots se forment.

Toujours, ma Dame.

Même si je ressens une plus grande proximité du fait de ce partage, rien ne m’avait préparé à ce qu’elle me propose sa coupe de vin. D’un seul coup alors que j’avais baissé ma garde, une main glacée se referme sur moi. Quelle est son intention ? Je ne peux plus croire aucun de ses mots quand son attitude est tant en contradiction avec eux. Parce que je n’ai pas d’autre choix je la saisis d’une main tremblante et la porte jusqu’à mes lèvres. Le parfum des épices me rappelle douloureusement l’odeur de la maison close où j’ai grandi et mon coeur se serre, mais je ne peux me forcer à faire passer au liquide la barrière de mes lèvres. Je lui rends le récipient, espérant qu’elle n’a rien remarqué. La question suivante m’échappe.

Vous attendiez quelque chose de moi ?”  
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Ven 8 Mar - 4:26

Une vie pourrie vaut mieux

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Seylim n'est pas du genre à parler pour ne rien dire. Elle préfère – et a prit l'habitude – d'observer silencieusement avant d'ouvrir les lèvres. La réflexion avant tout. Et là, face à cet esclave, son comportement ne change pas. Elle ne peut pas changer des années d'éducation et des années de métier. Face à des nobles, Seylim pense aux enjeux, à ses propos mais surtout à sa survie professionnelle, persuadée d'être avalée toute crue si elle se montre trop douce, trop tendre. Ou simplement hésitante. Elle n'imaginait pas devenir ainsi même en dehors de ces réunions qui pouvaient durer parfois jusqu'à ce que la lune soit celle qui la raccompagnait dans sa chambre.

Dans l'attitude de son interlocuteur, dans sa voix lorsqu'il la remercie, Seylim ressent le malaise. Le même malaise que lorsqu'elle tenait tête à divers sang bleu qui ne voyaient en elle qu'une simple femme. La différence entre ces deux malaises lui semble simple et évident... Dans le second cas, Seylim désirait intimider. Pas là. Pas avec lui. Elle pense avoir été assez douce et avenante... Alors... Son statut l'éloignait-il autant que ça des simples gens ?

Elle n'arrive pourtant pas à retenir son sourire alors qu'il répond dans leur langue natale. Les sons semblent de suite plus réels, plus doux, plus chaleureux. Elle peut sentir le soleil la chauffer, ses pieds peuvent ressentir la terre  torride sur laquelle elle dansait fiévreusement plus jeune. Son regard l'observe. Toujours. Comme à son habitude. Lentement, elle détaille le visage emplit de crainte, son mime de boire, son malaise. Elle peut presque entendre ses tremblements. Elle ressemble au monstre qui terrifiait ses enfants. Quand est-elle devenue ce monstre ? Elle l'observe pousser la coupe vers elle et elle l'attrape, inspirant longuement avant de goûter l'astre de Liekki liquide. De justesse un soupir heureux est retenu. Quelque part, elle se dit que si elle boit la première, elle le mettrait peut-être plus à l'aise ?

(Emrys) ▬  Vous attendiez quelque chose de moi ?

Un instant son sourire s'efface. La coupe s'arrête sur ses lèvres, stoppant sa montée pour que le liquide stagne dans le contenant. L'ambassadrice repose l'objet et, l'espace de quelques secondes, une peine se lit dans ses yeux sombres. Elle se reprend rapidement, reprenant une gorgée afin de lui offrir la moitié du vin. Lorsqu'elle semble avoir fini, ses lèvres s'ouvrent pour qu'elle réponde à l'esclave, dans leur langue natale.

(Seylim) ▬  Absolument pas. Je m'attendais à un simple bon moment entre Agniens mais force est de constater que ma présence vous mets bien moins à l'aise que votre maître. J'espère que vous m'excuserez pour cette inconvenance de ma part. Si vous voulez bien m'excuser une nouvelle fois, je vais rejoindre mes appartements de fortune au lieu de vous regardez attendre une punition que je n'ai ni envisagé, ni pensé.

L'agnienne se relève et elle s'incline, doucement, toujours aussi gracieuse. Elle n'a plus cet éclat triste dans le regard. À quoi bon insister ? Si elle le terrifie par de simples demandes, quérir une discussion était sûrement la demande de trop. Pourtant, alors qu'elle se dirige vers la porte, elle ne peut s'empêcher d'ajouter, le ton presque trop las pour la noble posture qu'elle arbore :

(Seylim) ▬  Ami agnien, comprenez que nous ne vous voulons pas tous du mal. Je suis noble et fière, une Bin Shil, ambassadrice de surcroît. Et c'est ce statut qui dicte ce que les autres pensent de moi. Néanmoins... La fierté ne vient pas que de mon éducation. La fierté vient aussi de savoir que je fais bien mon travail bien qu'usant de méthodes peu orthodoxes, j'en conviens. Ma fierté est aussi de voir un esclave devenir servant à force de discussions, de compréhension et d'éducation. Comprenez aussi que l'éducation ne se fait pas qu'à travers la violence. Je n'ai jamais été injuste. Je ne commencerais pas avec vous aujourd'hui. Quémandez Najat, ma servante. Elle est esclave et il y a bien longtemps qu'elle a refusé la liberté que je lui offrais. Être esclave est, sûrement, pour vous, ici, un enfer que Liekki n'a pas voulu. Être esclave chez moi signifie être nourrit, logé, habillé, éduqué par des professeurs j'entends. C'est un métier et un avenir. Aujourd'hui, j'espérais apprendre à vous connaître et, avec votre accord et non celui de votre maître, vous ramenez avec moi. Si vous le souhaitez, un mot et je puis vous sortir de cette bâtisse.

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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Dim 10 Mar - 14:38
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J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas. Sa réaction ne dure qu’un instant mais n’a pas échappé à l’hypervigilance que sa présence m’impose. La manière dont son sourire s’est effacé, son geste interrompu alors qu’elle allait boire, sa posture un poil plus raide… Je l’ai contrariée. Elle reste aussi polie et calme, mais j’ai l’impression de l’avoir vexée en assumant qu’elle avait quelque chose en tête. Je me reprends en sentant une sorte de culpabilité m’envahir. Et puis quoi encore ? Ce n’est pas de ma faute si je suis né esclave, et encore moins si elle n’est pas capable de comprendre en quoi la situation est gênante pour moi. Elle a vu les traces de la colère du Maître sur moi, à quoi s’attendait-elle donc ? Que je sois à l’aise alors qu’elle me fait désobéir à un ordre direct, qu’elle veuille être seule avec moi ?

Elle me prend de court en se levant. J’ai un mouvement de recul, qui cette fois n’est pas de la crainte, mais bien de la surprise. Si elle croit que c’est sa punition que j’anticipe, elle n’a pas bien regardé son hôte. Jusqu’à preuve du contraire il croit encore que je lui appartiens et de ce fait ma vie se trouve entre ses mains. J’ai envie de crier qu’elle ne comprend pas. Qu’elle me met en porte-à-faux car si je lui déplaît, le Maître me punira, si elle ne dit rien, il me punira également pour avoir pris beaucoup trop de temps pour lui apporter ce qu’il m’a envoyé chercher, et si elle est satisfaite de mes services, il me punira probablement juste pour avoir cru que je pourrais lui échapper ainsi. Quoi que je fasse, j’ai perdu à ce jeu, je n’ai pas d’échappatoire. À moins que …

Je n’ai pas bougé, et elle a déjà la main sur la poignée de la porte lorsque je prends la parole dans un souffle.

Vous pourriez vraiment me sortir d’ici ? Me ramener à Agni ?

Je ne compte pas devenir comme Najat. Je ne crois pas qu’une cage, toute dorée qu’elle soit, puisse devenir autre chose qu’une cage. Cependant si ce qu’elle dit est vrai, c’est tout de même plus tentant que de rester à la merci du Maître. Et qui sait … les occasions de lui fausser compagnie seront plus nombreuses sur le trajet. Ici, au milieu de Prithvi, je crains trop le climat pour espérer avoir une chance de survie seul à l’extérieur. Je ne connais pas les montagnes, je n’aurais aucune chance de m’en sortir, et rester à l’intérieur de la Cité serait trop dangereux. Mais à Agni…

Il ne l’autoriserait pas.”    
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Lun 11 Mar - 16:28

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Seylim se retourne et l'observe sans un mot. La réponse lui semble d'une évidence flagrante. Néanmoins... « il ne l'autoriserait pas ». Lentement, le sourire de l'agnienne vient éclairer son visage alors qu'elle rit faiblement. Il n'y a aucune moquerie. Juste une lassitude envers les autres nobles qui ont - d'après elle – oublié pourquoi ils étaient nobles... Ses mots résonnent dans son agnien natal.

(Seylim) ▬  Je vous l'ai dis. Un mot de vous et je vous ramène avec moi. Libre à vous que de vous mettre au service de ma famille ou non. Je suis assez certaine du fait que l'on puis vous offrir une éducation et un métier. Mais si votre souhait est d'être libre, alors vous le serez. Libre de vos choix et actes, cela va sans dire. Ici vous êtes esclave. À Agni, vous êtes un habitant comme tant d'autres. Avec vos droits et votre volonté. Personne ne devrait passer outre cela. Et, pour ne pas mentir, si je peux sauver un compagnon du désert de la sorte... Il est de mon devoir de le faire.

Elle se tourne pour lui faire face, souriante. Elle observe la pièce et reprend lentement :

(Seylim) ▬  Qu'il l'autorise ou non, peu importe. Je suis quelqu'un qui lui fait peur. Il a peur de rompre les contrats qu'il a avec mon époux. Il a peur de ma position. Et actuellement, il est face à Sanila, ma petite sœur. Bientôt, il aura peur d'elle. Il finira par redouter les Bin Shil. C'est presque sûr.

Elle ne bouge pas son corps, restant prête à partir au besoin. Elle a parfaitement bien comprit qu'elle l'intimidait. Et ce genre de discussion ne l'intéresse pas. Elle voulait une discussion d'égal à égal. C'était mal parti et elle ne va pas faire durer une discussion où il reste aussi … méfiant. Qu'elle attende ce comportement d'un noble en plein « rendez-vous diplomatique », soit. Mais lorsqu'elle annonce si rapidement, en début de conversation, qu'elle voulait uniquement parlé avec lui et comprendre... Elle ne forcerait rien. S'il n'était pas ouvert à la communication...

CRAC !


Le corps de l'agnienne sursaute alors qu'elle se retourne vers la porte, haussant un sourcil. La voix de Sanila résonne et tonne. Et elle ouvre la porte après s'être inclinée une nouvelle fois. Elle se dirige vers le couloir pour faire face à sa sœur, nouvelle tempête que Prithvi n'avait pas prévu.

(Sanila) ▬  SEYLIM ! JE NE RESTERAIS PAS UNE MINUTE DE PLUS DANS CETTE MAISON DU DIABLE !
(Seylim) ▬  Oula... Calme-toi... Qu'est-ce qui ya ?

Je vois l'hôte de maison sortir, le regard paniqué alors que le débit de paroles agniennes de ma cadette accélère comme rarement je l'ai entendu.

(Sanila) ▬  IL Y A ! IL Y A QUE CE CRÉTIN ! Elle le montre du doigt. LUI ! Il vient de m'insulter ! D'insulter les Bin Shil ! Tu ne comprends pas ! Je suis une « peintre de seconde zone », je suis une femme artiste, reconnue pour des « tableaux sans valeur » avec un « talent que seuls les agniens peuvent comprendre ». IL M'A DIT NE PAS COMPRENDRE COMMENT NOS PARENTS M'AVAIENT ÉLEVÉS POUR M'AUTORISER A N'ÊTRE FEMME DE PERSONNE ! POUR NE PAS ÊTRE UNE FEMME TOUT COURT !!

Sous ses mots, mon regard se durcit. S'il l'a vraiment dit...

(Sanila) ▬  Il a sous-entendu que nous étions un peuple arriéré. Ma sœur, je ne livrerais aucune guerre, ce n'est pas mon travail. Mais lui donner de l'argent, hors de question !
(Seylim) ▬  Calme-toi... Hurler ne changera rien...
(Sanila) ▬  Tu es l'ambassadrice. Tu es celle qui parle. Alors parle-lui ! Sinon je le tue ! Je jure par Liekki que je le tue ! Cet être ne devrait pas vivre ! Et je ne parle pas de conditions, d'esclaves et tout le reste. Non. En tant qu'être humain...

La main se Seylim se lève et claque, résonne alors que la joue de sa sœur rougit avec un peu de retard, quelques secondes. Son regard est froid, dur. Et sa voix s'élève, sèche, toutes traces d'amour disparues.

(Seylim) ▬  Liekki seul peut juger ma sœur ! Tu ne peux pas, à aucun moment, juger du droit de vivre. Je me bats, tous les jours, contre des êtres ayant ton discours. Crois-tu que cela changera quoi que ce soit ?! Tu n'es qu'une humaine. Tu n'as aucun droit de mort ! Ce n'est ni ton rôle, ni ton but ! Tu es une artiste ! À quel moment, la peintre que tu es, à quel instant ?!, te penses-tu supérieure à un autre ?

Seylim reste calme. Droite. Dure. Et son regard ne fixe que sa sœur. Sanila, elle, baisse la tête. Elle ne dit rien. Elle n'est plus face à sa grande sœur. Elle fait face à une ambassadrice en colère qui se retient d'exploser, qui ne prend pas l'offense personnellement. Lentement, la benjamine des Bin Shil se remet en question. Elle garde le silence avant que Seylim ne reprenne la parole, se tournant vers l'hôte prithvien.

(Seylim) ▬  Permettez-moi de m'excuser auprès de vous pour le comportement de ma sœur.
(Maître) ▬  Votre sœur a eut un comportement inapproprié. Surtout pour une femme.
(Seylim) ▬  Excusez-moi ? « pour une femme » ?
(Maître) ▬  Une femme comme vous est respectable. Avec un mari haut placé et...
(Seylim) ▬  Alors... Je me dois de vous donner raison. Nous nous retirons donc ce soir. Je demanderais à mon époux de venir vous parler et reprendre les négociations. Je ne vois, actuellement, pas l'intérêt de continuer ce que nous avons commencé. Aujourd'hui, je me permets de croire ma cadette. Et si les Bin Shil ont été bafoués, je préfère tout arrêté maintenant et laisser mon époux vous parler. Mon objectivité s'étiole. Et sans objectivité, je ne suis qu'une femme agnienne.
(Maître) ▬  Vous avez la franchise de le dire, c'est exceptionnel.
(Seylim) ▬  Je sais. Mais actuellement, je vous en veux. Il est donc logique et humain que je ne continues pas notre discussion.

Najat observe sa maîtresse, s'inclinant doucement avant de se rapprocher de la cadette, l'éloignant de l'hôte. La servante ignore les potentiels ordres de Sanila, étant au service de Seylim avant d'être au service de la famille. L'ambassadrice, elle, se détourne et murmure, près de l'esclave avec lequel elle discutait plus tôt.

(Seylim) ▬  Prenez votre décision. Nous n'avons plus beaucoup de temps. Quelques heures avant notre départ.

HRP:
Hey! Alors les paroles en italiques sont en agnien. Je suis désolée d'avoir écrit autant mais c'est compliqué de faire intervenir Sanila dans un petit post. Sanila est... est. xD Et comme ton maître est un gros con, j'ai trouvé ça assez raccord qu'il la vexe de ouf. En mode "non mais c'est qu'une gosse qui se dit peintre, elle est toute choupi". Alors que ... PAS DU TOUT ! 8D
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Sam 16 Mar - 12:00
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Prithvien ou agnien, aucun mot ne m’a paru plus doux que ceux prononcés par cette femme. La liberté. C’est la liberté qu’elle me tend sur un plateau. Cette liberté que je n’ai jamais connue mais à laquelle j’ai toujours rêvé, depuis mes premiers pas. Je ne sais toujours pas si je peux réellement lui faire confiance mais quand bien même, je prends la décision d’accepter son offre. Après tout, même si elle ne tient pas ses engagements, le voyage sera long et je pourrais bien trouver une occasion de lui fausser compagnie. J’ouvre la bouche pour répondre mais je n’en ai pas le temps. La porte de notre salon s’ouvre à la volée dans un craquement retentissant pour laisser apparaître la fameuse soeur cadette. Derrière elle, le Maître semble partagé entre la fulmination et l’appréhension. Ainsi donc, il craint réellement ces Agniens. J’ai peut-être vraiment ma chance.

Il ne comprend pas un mot de l’échange entre les deux soeurs, mais moi si. Et finalement je commence à comprendre la crainte du Maître devant la gifle monumentale que Seylim administre à sa soeur. Si elle traite ainsi sa famille en public, je m’interroge sur le respect qu’elle prétend présenter même pour ses esclaves. Elle garde la même attitude droite et dure pour répondre aux déblatérations du Maître, qui ne semble même pas se rendre compte à quel point il continue à l’insulter. J’ai toujours su que c’était une vermine, mais je le pensais suffisamment intelligent pour mener à bien des négociations. À présent j’ai la preuve que non. Comment a-t-il pu arriver à la position qu’il tient à ce jour ?

Bien sûr, je comprends. Il serait de bon ton que nous allions tous nous reposer. Nous pourrons ainsi reprendre une discussion sensée demain. Je serait parfaitement disposé à vous écouter en tant que messagère de votre époux, puisqu’il a décidé que vous en étiez capable. Il nous reste nombre de sujets que je suis impatient d’évoquer.

Il suit notre échange, et je ne peux qu’acquiescer silencieusement devant le regard plein de fiel qu’il m’adresse. J’ai trop peur de la punition qui m’attend si je lui réponds sans qu’il comprenne de quoi il s’agit. Ils finissent par tous sortir de la pièce, le Maître à la suite des deux Agniennes. Je reste seul, hésitant sur la marche à suivre. Ma fugace hésitation a disparu. Je préfère tenter ma chance dans l’inconnu que de rester dans une situation que je sais déplorable. J'éteins le feu qui a à peine eu le temps de brûler, ramasse coupe et carafe de vin pour tout rapporter en cuisine. Je me dirige ensuite vers les appartements qui ont été alloués à la délégation étrangère, je dois lui donner ma réponse. Mais lorsque j’approche de la porte, Antoine, l’un des valets du Maître, m’interpelle.

Emrys. Le Maître veut te voir. Immédiatement.
Je soupire.
J’arrive dans une minute. La Dame m’a fait demander, je dois voir ce qu’elle veut…
Immédiatement. Tu t’occuperas de l’Agnienne plus tard, ton Maître te demande.
Son ton est sans appel.

La mort au ventre, je le suis à travers les couloirs jusqu’aux quartiers de la famille et arrive devant le Maître. Il m’attend avec une gifle au bout des doigts.

Tu as causé suffisamment de problèmes pour aujourd’hui. Tu ne t’approcheras plus de ces barbares pour toute la durée de leur séjour ici. Tu n’aurais pas dû y mettre tant d’espoirs.

Il sort, et tourne la clef dans la serrure.
Je suis prisonnier.  
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Ven 22 Mar - 17:57

Une vie pourrie vaut mieux

qu'une putain d'illusion

[feat. Emrys]



"La danse est le langage caché de l'âme"
Martha Graham

=>48e jour de Liekki, an 997.
Après la douce discussion qu'elle avait eut avec l'esclave et la plus violente avec sa sœur, Seylim s'était retirée dans les appartements qu'on lui avait concédé pour son logement. Elle était resté à peu près calme. Il y avait eut cette gifle. Mais elle était son aînée et ambassadrice. Elle n'avait pas vraiment eut le choix.

(Maître) ▬  Bien sûr, je comprends. Il serait de bon ton que nous allions tous nous reposer. Nous pourrons ainsi reprendre une discussion sensée demain. Je serait parfaitement disposé à vous écouter en tant que messagère de votre époux, puisqu’il a décidé que vous en étiez capable. Il nous reste nombre de sujets que je suis impatient d’évoquer.

(Seylim) ▬  " De bon ton que nous allions tous nous reposer " ?! Najat, mes propos étaient-ils compliqués à comprendre ?

Najat s'inclina et cita les propres paroles de sa maîtresse, prononcées quelques minutes plus tôt.

(Najat) ▬  " Nous nous retirons donc ce soir. Je demanderais à mon époux de venir vous parler et reprendre les négociations ". Je pense, ma Dame, que la clarté transparaît dans vos propos.
(Seylim) ▬  Bien.
(Najat) ▬  Quelles sont vos décisions ?
(Seylim) ▬  Nous partons demain. Le plus tôt possible. Fais atteler une calèche, un chariot ou peu importe quoi. Je ne resterais que le strict minimum ici. Sanila ne supportera pas cette maison plus longtemps. C'est déjà un miracle, Liekki comprend, qu'elle n'ait encore rien brisé...

L'ambassadrice soupira longuement, s'asseyant sur le lit avant de congédier son amie. Lorsqu'elle fut seule, elle s'autorisa quelques minutes où elle pinçait l'arrête de son nez en grimaçant. Décidément, les prithviens n'étaient pas de ceux qu'elle allait aimer côtoyer.  Elle s'allongea dans le lit, fermant les yeux lentement. Et le sommeil non réparateur finit par l'emporter.

- - - - -

Le lendemain matin, Seylim finit de se réveiller, aidant Najat à finir de faire leurs valises.

(Najat) ▬  Pensez-vous qu'il vous rejoindra ma Dame ?
(Seylim) ▬  Je l'espère. Je n'aimerais pas le laisser aux mains de ce monstre.
(Najat) ▬  Je vais voir si je puis le trouver.  

Seylim hoche la tête, patientant doucement dans sa chambre. Elle finit par aller voir Sanila, tentant d'observer son état. Calme elle semble l'être. Néanmoins Seylim connaissait sa sœur. Elle se taisait. Elle exploserait une fois chez elle. Seylim le savait et transporta une petite partie de ses affaires dans le hall. Najat finit par revenir, portant une énième valise, à Sanila cette fois-ci. Elle secoue la tête lentement et l'agnienne ferme plus lentement encore les paupières. Soit il a changé d'avis. Soit il ne pouvait pas bouger. Enfermé. Jambes brisées. Il y avait plusieurs options. Et dans les choix qu'il s'offrait à elle, Seylim ne trouve rien pour l'emmener quand même. Elle salue l'hôte, se retournant le dos droit. Avec grâce elle se dirige vers une demoiselle, celle qui avait amené l'agnien pour qu'il la serve en vin chaud... Emma n'est-ce pas ?

(Seylim) ▬  Pourriez-vous m'excuser auprès d'Emrys ? J'aurais réellement apprécié le voir rentrer avec ma caravane...
(Emma) ▬  Je lui transmettrais ma Dame.
(Seylim) ▬  Je vous remercie. J'enverrais mon époux rapidement, peut-être que lui trouvera comment faire pour vous aider.

Elle s'incline devant l'ambassadrice qui hoche la tête avec dignité. Elle finit par retourner dans sa caravane qui amorce son départ. Sanila ne dit rien avant que les chevaux ne les éloigne de cet horrible endroit.

(Sanila) ▬  Je croyais que nous venions pour affaire.
(Najat) ▬  Dame Seylim a conclu que le Seigneur devait faire affaire avec lui-même.
(Sanila) ▬  Et pour l'esclave ?

Seylim tourne son visage vers sa sœur. Son regard est noir, violent, comme si elle n'était qu'un abysse de haine.

(Seylim) ▬  Il n'était pas là.
(Sanila) ▬  Peut-être ne voulait-il pas venir.
(Seylim) ▬  Peut-être qu'il agonise en ce moment-même et peut-être que je ne peux que suspecter l'horreur qu'il vit. Sanila. N'en parlons plus. Je risque de devenir violente.
(Sanila) ▬  Bien. Je sais que tu en parleras à ton époux. J'espère que ses tentatives fonctionneront mieux que les tiennes.
(Seylim) ▬  Sincèrement ? Ta gueule.

Hrp:
Je pense que c'est la fin non? A moins que tu ne veuilles faire un dernier post. Mais pour le coup j'voyais pas quoi répondre d'autre... '-'

#iwhae pour epicode
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Emrys
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion Mer 27 Mar - 12:38
Une vie pourrie vaut mieux qu’une putain d’illusion




Combien de temps ai-je passé agenouillé devant cette porte close ? J’ai la voix éraillée d’avoir crié, les mains, les genoux et les pieds blessés d’avoir tambouriné et tenté de l’ouvrir, sans succès. La nuit a passé, et le soleil faiblard de Prithvi commence à percer à travers les nuages, illuminant la pièce d’une lumière glacée. J’ai mal partout, je n’ai pas dormi une seconde. Ma tête est prise dans un étau, et mon estomac se contracte douloureusement de faim. M’a-t-on oublié ici ? Je crois que je préfère encore ça à me retrouver en présence du Maître, qui ne manquerait pas de me narguer.

Je me retourne, près à me dénicher quelque chose à manger ici. S’il veut me tenir prisonnier dans ses propres quartier, ce fils de chien va au moins pouvoir regretter quelque chose. Je traverse la pièce saccagée, savourant comme je peux ma furie de la nuit. Les rideaux gisent au sol, les tapisseries sont déchirées, les meubles renversés, ses bibelots chéris traînent par terre, la plupart brisés. J’ai perdu le contrôle dans la nuit, mais la lueur du petit matin ne m’apporte ni remord ni peur. Aucune punition ne pourra surpasser celle qu’il est en train de m’infliger en ce moment même.

J’attrape une pomme ayant roulé sous une chaise et la frotte pensivement sur ma tunique avant de croquer dedans. Par principe je lance un dernier vase contre un mur, où il vole en éclat. Je suis interrompu dans ma recherche suivante par du bruit en provenance de l’extérieur. J’y cours, et vois la caravane d’Agni, quasiment prête pour le départ. J’ouvre la fenêtre à la volée, espérant que quelqu’un me repère. Je ne sais pas trop ce que je cherche à faire, ni ce qui pourrait se passer, mais de toutes manière personne ne me voit.

Eh ! Je suis là ! Aidez-moi !

Je suis trop loin, et le brouhaha ambiant empêche quiconque de m’entendre. Mes grands gestes n’y changent rien, et j’ai beau m’époumoner, ma voix rauque ne porte pas suffisamment loin. J’essaie même de lancer quelque chose pour attirer l’attention, mais l’objet ne parvient à atteindre que le toit de l’aile du bâtiment qui nous sépare. Je m’effondre en petit tas au pied du mur. Des larmes de rage coulent sur mes joues, et j’écorche une nouvelle fois mes phalanges sur l’encadrement de la fenêtre, laissant se décharger ma frustration. Ce n’est qu’une fois les véhicules d’Agni loin qu’une clef tourne dans la serrure, la porte laissant apparaître Antoine, l’air encore plus pincé que d’habitude.

Le Maître te fait savoir qu’il souhaite que tu l’assistes pour son bain.

Sur son visage, je peux lire qu’il ne comprend pas ce que j’ai pu faire pour mériter une telle tâche. Moi, j’ai peur de le deviner. Quand je me relève, toute trace de furie a disparu en moi, remplacée par une froide détermination. Aujourd’hui je prendrais ma liberté. Qu’il le veuille ou non.  
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Re: /Flashback/ Une vie pourrie vaut mieux qu'une putain d'illusion
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