Aap
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Anne-Marie

Aap
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le Lun 3 Sep - 19:49

Juste un verre...

Ainsi mon épopée commence-t-elle : direction Agni, rencontrer celui avec lequel mes parents commerçaient.

J'avais quitté mon domicile, laissé aux bons soins de mes domestiques – exs esclaves – où il y avait encore beaucoup de travail à faire, mais j'en avais moi-même de mon côté. Détruire tout esclave ne se fait certainement pas d'un claquement de doigt, aussi comptais-je m'y prendre le plus tôt possible. Je n'avais rien pris encore, ni alcool, ni drogue. Je ne vous cache pas que ma fierté face à cette sobriété était aussi grande que ma dépression. Assise à cheval, je le laissais avancer tout en soufflant dans mon didgeridoo que j'avais pris soin d'emmener. En continu, sans variation, témoignant de ma peine. Je n'étais pas des plus discrètes, loin de là, et certainement les brigands avaient-ils eu pitié de moi. Ou alors était-ce ma tenue : une robe en toile de jute couleur sable, pas même cintrée, me recouvrait. Mon cheval n'avait qu'une corde de chanvre pour le guider, et j'avais coupé un bout pour attacher mon didgeridoo à mon dos lorsque je ne soufflais pas dedans. Tant à ma selle, je n'en avais pas. J'étais à cru, rien de plus. Ah si, des chaussures en cuir, ficelées simplement. Seule la chevalière familiale pouvait témoigner d'une quelconque fortune (et le cheval, bien sûr).

Ainsi j'avançais, sans même me fier au paysage alentour. J'aurais certainement dû, car je n'ai pas du tout atteint mon objectif. Je me suis retrouvée dans une ville bien différente de ce à quoi je m'attendais. Et même une fois rentrée, je le laissais me porter, m'emmener.

Je pensais, beaucoup trop. À Rose surtout, pratiquement qu'à elle. À ce qu'elle devait être en train d'endurer, comme je m'en veux. Je pense à son odeur, à son rire, à sa chaleur. Ce qu'elle peut me manquer. Elle n'y penses sûrement pas, elle doit plutôt tenter d'oublier ce qu'elle subit, ce que les hommes lui font subir, ce que ses maîtres lui font subir. Je dois la retrouver, plus que tout. Je dois l'avoir à nouveau dans mes bras, caresser ses doux cheveux en lui murmurant que tout est fini, que plus jamais on ne lui ferait du mal. Elle qui avait tant d'humour, riait tant, en sera-t-elle toujours capable ? Mais voudra-t-elle de moi à nouveau après tout ça ? Elle doit savoir que c'est de ma faute... Uniquement ma faute... Si j'avais écouté maman, ce ne serait pas arrivé. En même temps... pourquoi a-t-elle fait ça ? Cette vieille mégère... Et papa, pourquoi l'avoir laissée faire ?

Ainsi je pensais, toujours et encore, à ce qui est, ce qui aurait pu, ce qui sera. Ainsi mon cheval me guida jusqu'à un bar – l'habitude sans doute. Je ne savais pas où j'étais, les regards étaient tournés vers moi, n'ayant cessé de souffler dans mon instrument sans même prêter attention à ce qui m'entourait, ce n'était certainement pas le moment de se laisser aller. Mais l'offre était si alléchante... Pourquoi me mettre face à un tel défi ? Résister à l'appel de l'alcool ! Voilà bien une chose dans laquelle j'avais constamment échoué... Aujourd'hui ne fit pas exception.

Sans même m'en rendre compte, je suis rentrée dans le bar, suis allée m'asseoir, ai commandé un whisky. Mon didgeridoo de nouveau dans le dos, j'attendais mon verre en jouant avec le dessous de verre qui avait été posé devant moi. Je sifflotais, patientais. Mon alcool enfin servit, je l'ai observé un moment.

- Juste un verre... On s'arrête à un... pas plus ! »

Alors je l'ai bu, d'abord une gorgée, puis la suite d'une traite.

- Un autre ! Après j'arrête... »

Ma motivation mise à mal par une simple gorgée, j'attendais mon second verre en soufflant de nouveau dans mon instrument, cette fois-ci avec bien plus d'entrain que je n'en avais eu auparavant. Je me mis à danser, me laisser aller, tout en soufflant. Les yeux fermés, je me moquais éperdument de ce que l'on pouvait bien penser de moi. Je crois avoir percuté une table, peut-être deux, ce qui est sûr c'est que mes pas m'ont ramené à mon verre que j'ai bu d'une traite avant d'en réclamer un autre, l'équilibre légèrement – beaucoup – perdu.
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Seylim

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le Mer 19 Sep - 15:33

Juste un verre...
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"Les petites pluies sont longues, les tempêtes soudaines sont courtes"

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=> 37ème jour de Ruwa, année 999
Il y a des jours où, lorsque l'agnienne était invitée en tant que fille Bin Shil, certains en oubliaient presque mon rôle. Et des fois, comme aujourd'hui, les regards étaient tellement concentrés sur sa petite sœur qu'elle n'avait à se préoccuper de rien. Enfin, c'était ce qu'elle pensait. Malheureusement, des fois le Destin se refusait de lui laisser la journée paisible à laquelle elle aspirait. Venue sans son époux, sûrement en train de négocier des tarifs qui lui serait avantageux, ni ses enfants, que Najat gardait en leur absence, Seylim avait profité de ses rares moments de liberté pour se rendre à Calib. Arrivée la veille, elle avait espéré parler avec Sanila et se détendre gentiment mais cette dernière insista pour qu'elle vienne à son exposition de toiles. La thème de cette exposition était « le passé ».

Elle portait une tenue standard, une brassière joliment décorée, un sarwel bleu nuit aux pierres incrustées qui lui offrait une image de nuit étoilée. Elle avait ses babouches assortis et faisait une jolie paire avec sa sœur qui portait une tenue très similaire à la sienne. Et si Seylim se démarquait en étant une nuit scintillante, Sanila, elle, avait opté pour un rouge sang et profond aux ombres orangées qui rappelait le sang et l'aurore, le soleil agnienne en pleine journée. La benjamine avait insisté pour qu'elles portent cette tenue, désireuse de changer de style et de ne pas être seule. Seylim, en qualité d'invitée, s'était laissée prendre par le jeu.

[...]

(Tavernier) ▬ Mesdames … Oh! Dame Sanila.

Seylim accélérait le pas pour rattraper sa sœur qui tempêtait. Elle ne disait rien, se contentant de la suivre dans un bar alors qu'elle sortit une bourse qu'elle posa sur le bar. Son regard était dévastateur, fulgurant. Elle s'enflammait et sa voix résonnait alors qu'elle plantait son regard dans celui du barman.

(Sanila) ▬ Deux whisky. Des grands. Non dilués. Vite.

Elle partit s'asseoir loin de cette demoiselle qui jouait en dansant. Elle était dans un état... aléatoire dirons-nous et percuta la table des deux agniennes alors que leurs verres arrivaient. Sanila but. Longuement, grommelant sans s'arrêter. Jusqu'à vaciller faiblement toujours en maugréant contre l'idiotie des nobles rencontrés.

(Sanila) ▬ De l'art ! Je fais de l'art moi ! D'où ce goujat, cet idiot se permet de dire de mes œuvres qu'elles sont des œuvres à vendre au rabais !! Non mais sérieusement Seylim... Il a tord n'est-ce pas
(Seylim) ▬ Évidemment Sanila. Tu ne serais pas aussi connu si ton talent n'avait pas été reconnu.  
(Sanila) ▬ Ouais ! Voilà !

Les verres s'enchaînaient alors que Seylim buvait avec bien moins de motivations que sa cadette. Bientôt l'état de Sanila dépassa celui de la danseuse et l'aînée prit les devants en se levant, lui retirant son verre avec une douceur qu'elle montrait rarement.

(Seylim) ▬ Je vais t'appeler une calèche. Tu vas rentrer chez toi ?  
(Sanila) ▬ Et … toi ?
(Seylim) ▬ Je vais rester ici. Ne t'inquiète pas, je rentrerais à cheval ou en calèche.  
(Sanila) ▬ D'a..ccord...

Lorsque la-dite calèche arriva, Seylim aida sa sœur à entrer dans le moyen de transport, lui souhaitant un bon voyage et retourna dans la taverne.

(Tavernier) ▬ Vous désirez quelque chose Ma Dame ?
(Seylim) ▬ Plus d'alcool je vous prie. Oh ! Payez donc un autre verre à notre amie musicienne. Elle n'est pas agnienne mais j'apprécie assez ses notes.  

Puis, la détaillant un peu plus elle soupira.

(Seylim) ▬ Proposez lui une chambre aussi. Je doute que cette demoiselle soit en état de chevaucher jusqu'à sa destination aussi proche fût-elle.  
(Tavernier) ▬ Bien Ma Dame. Dois-je mentionner votre nom ?
(Seylim) ▬ Faites comme vous le sentez mon brave.  

Le tavernier s'inclina et parti servir l'étrangère, précisant le nom de la généreuse agnienne qui lui payait une boisson de plus.

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Aap
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Anne-Marie

Aap
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le Jeu 4 Oct - 21:00

Juste un verre...

Tandis que mon corps virevoltait au rythme de la musique que je jouais, le monde autour de moi semblait tournoyer. Ou était-ce moi qui tournoyais ?

Je n'en savais trop rien, j'étais bien trop heureuse et emballée par l'instant que je vivais, insouciante du reste du monde. Lorsqu'enfin je m'arrêtais pour prêter attention à ce qui m'entourais, surtout encore pour me prendre un nouveau verre, le tavernier vint à moi, de l'alcool à la main. Lisait-il dans mes pensées ? Quelle joie j'ai pu ressentir lorsque je l'ai vu arriver sans même que je ne l'ai appelé.

- Pour vous Madame, de la part de Dame Seylim. Vous avez aussi une chambre qui vous attends. »

J'avais donc un ange qui veillait à ma consommation ! Encore plus de joie ! J'aurais pu me sentir offensée, je suis largement capable de me débrouiller financièrement, mais mon émotion était toute autre. Il me montra la dite Dame d'un geste de la tête – et oui, montrer du doigt c'est malpoli. Elle était... magnifique.

De longs cheveux d'ébènes cascadant sur une peau hâlée, un doux visage possédant un regard sombre dans lequel on s'y perdrait, elle avait tout pour plaire. Sans plus attendre, je lui adressais un grand sourire accompagné d'un geste de la main que je voulus le plus haut et le plus large possible. Je me suis de nouveau adressée au tenancier et lui ai demandé un second verre, de la même contenance. Mes deux verres à la main, mon didgeridoo sous le bras – pas facile comme manœuvre je vous le concède – j'accourus vers Seylim et posa les verres sur la table avant de l'enlacer et de l'embrasser sur la joue. Une fois calmée, je me suis assise à ses côtés. Les coudes sur la table, ma tête appuyée sur mes mains telle une enfant, j'ai plongé mon regard vers le sien, comme attirée par un aimant.

- Vous êtes vraiment trop gentille ! Comment puis-je vous remercier ? »

Ainsi proche, je pus la détailler un peu plus. Ses vêtements étaient certainement de grande facture, elle avait aussi la posture des femmes qui ont de quoi s'en acheter des centaines. Cette femme à de l'argent, ça se sent. Au pif vous dis-je ! Et son visage, bien qu'il soit si beau, semble renfermer bien des choses, masqués par un regard si dur. Elle me fascine je crois bien. Mais une réflexion brisa le fil de mes pensées.

- Que suis-je bête ! Je ne me suis pas présentée... Je m'appelle Anne-Marie. »

Je voulais lui parler, la connaître, boire avec elle, qu'on s'amuse ensemble. Deviendra-t-on amies ? Meilleures amies ? Je me voyais déjà sirotant un bon whisky chez moi, avec un peu d'opium pour nous détendre. Je pourrais rencontrer sa famille, bon la mienne est morte donc ça va être difficile. Je me confierais à elle et elle à moi.

Tant d'histoires à vivre et d'aventures à découvrir ensemble que j'avais grande hâte de vivre. Mais commençons par le début, nous aurons tout le temps par la suite !
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Seylim

Agni
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le Jeu 11 Oct - 18:09

Juste un verre...
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"Les petites pluies sont longues, les tempêtes soudaines sont courtes"

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=> 37ème jour de Ruwa, année 999
L'agnienne avait observé l'inconnue lorsqu'elle reçut son nouveau verre. Lorsqu'elle tourna le visage vers elle, l'ambassadrice baissa son visage lentement pour la saluer à son tour. Elle sourit faiblement, la regardant alors que la danseuse se dirigeait vers elle, en tanguant. Seylim ne la quittait pas du regard, détaillant sa tenue et sa plastique alors qu'elle arrivait inlassablement vers elle. Le regard de la dame du Désert détaille par habitude la miséreuse alcoolisée. Une robe ayant bien vécue, en toile simple, trop large pour le corps de la musicienne. Ses yeux s'arrêtent quelques secondes sur la corde qui maintient l'instrument de musique. Ses pieds étaient protégés par de simples chaussures en cuir avec une ficelle qui la ferait presque passée pour aussi riche que les esclaves du haras d'Ishüen. Pourtant, l'agnienne a oublié d'être sotte et, alcool ou non, elle analysait et réfléchissait toujours autant.

Un cheval ou une calèche coûtait une certaine somme. Lorsqu'elle finir par arriver à sa hauteur, après avoir alerté tout le bar par de grands gestes manquants de délicatesse et faillit renverser les verres en les posant brusquement sur la table, Seylim frissonna et se raidit lorsqu'elle l'enlaça et posa ses lèvres sur sa joue. Elle s'arrêta de bouger, telle une poupée cassée qui aurait perdu l'enfant qui la manipulait. Son regard se tourna vers la demoiselle, papillonnant d'incrédulité. Elle la vit s'ass... S'échouer sur une chaise, posant ses coudes sur le bois dur avant que son visage ne fut attrapé par ses mains. Elle avait l'air jeune. Trop jeune pour être dans cet état, dans cet endroit.

(Anne-Marie) ▬  Vous êtes vraiment trop gentille ! Comment puis-je vous remercier ?
(Tavernier) ▬  Ma Dame, puis-je vous servir autre chose ? Il serait inconvenant que cette demoiselle ait une mauvaise vision d'Agni n'est-il pas ?  

La Dame du désert ferma les lèvres qu'elle avait ouverte pour une pique sur sa proximité. Elle frissonna et son buste se tourna lentement vers le tavernier. Il les connaissait bien trop, Sanila et elle. Elle se mordit la lèvre avant de soupirer lentement avant de prendre un verre, le buvant avec la grace qu'elle se connaissait. Néanmoins elle ne le reposa que vide, soupirant une nouvelle.

(Tavernier) ▬  Je vous en apporte un autre Ma Dame.  

Oui, il les connaissait presque autant que leurs servants. C'était un peu effrayant. Enfin, non. Il connaissait Sanila. Elle buvait moins qu'elle. En temps normal. Quand on ne l'importunait pas par trop de proximité...

(Anne-Marie) ▬  Que suis-je bête ! Je ne me suis pas présentée... Je m'appelle Anne-Marie.
(Seylim) ▬  Seylim Bin Shil, répondit l'agnienne avec son maintien fier qu'elle arborait sans gène. Vous êtes arrivée dans notre belle Contrée depuis longtemps très chère ? Peut-être cherchez-vous à visiter et découvrir ? Ou avez-vous un but un peu plus précis ? Je connais ces terres parfaitement, ou assez pour le prétendre. Si je puis vous aider, je vous invite à formuler vos besoins ma Dame.  

Son regard s'abaissa sur les mains qui tenaient ce visage enfantin. Et elle les plissa en observant la chevalière que la jeune femme portait.

(Seylim) ▬  Sans vouloir vous manquer de respect, vous devriez engager quelques gardes lorsque vous arborez de si beaux ornements. Personne n'est à l’abri d'un pillage ou d'une agression malheureusement... Puis-je avoir votre nom complet ma Dame ?

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Anne-Marie

Aap
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le Mar 30 Oct - 18:53

Juste un verre...

Le tarvernier eut la grande sympathie de nous proposer d'autres nectars divins qui sauraient me donner une toute autre vision d'Agni.

Qu'il est gentil.

Attendant notre boisson, la conversation fut lancée. Qu'elle est belle, avec sa posture de grande dame. J'en viendrai même à l'admirer. Elle a le ton de ceux qui sont sûrs d'eux et de leurs propos. J'adore ! Mais comme il est étrange de voir une femme de son envergure ici dans un coin à poivrot, à venir se saouler comme n'importe qui. En plus, elle doit y venir bien souvent pour qu'on la reconnaisse aussi facilement.

Seylim Bin Shil. Un nom bien agnien ça, le genre que jamais je ne retrouverais à Blanchecolline. Oooh et quand elle parle, on croirait entendre papa et maman lorsqu'ils discutaient avec des hauts dignitaires. Je me sens importante, c'est fou. J'étais attentive à la moindre de ses paroles, subjuguée par sa personne, m’abreuvant de chaque mot qu'elle prononçait. Elle doit être sacrément intelligente pour sûr.

- Mon cheval m'a amenée ici, je viens d'Aap, Blanchecolline plus précisément, je ne sais pas si vous connaissez. On l'appelle comme ça parce que la culture de coton et l'élevage de mouton rendent la colline toute blanche lorsqu'on la voit de loin.»

Papillonnage quand tu nous tiens ! La dame m'avait posée des questions, je devais lui répondre simplement et non pas étaler ma vie, non mais dit donc ! Revenons à nos moutons, euh à mon cheval.

- J'en étais où... ah oui ! Mon cheval m'a amenée ici, alors je suis juste entrée me saouler un peu. Mais j'aimerais beaucoup visiter ! L'endroit à l'air fort beau. Il paraît qu'ici vous aimez vous enfermer dans des salles remplies de vapeur chaude. »

Comme il serait génial que ma nouvelle amie et moi-même allions dans un de ses endroits dont j'ai tant entendu parler. J'adorerais c'est certain. Mais avant d'aller plus loin elle remarqua la bague que j'avais et me fit soulever un point important. J'ai vraiment eu de la chance qu'on ne s'en soit pas pris à moi, ou peut-être était-ce mon apparence de roturière, personne ne m'avait vraiment détaillée jusqu'à présent. C'est qu'elle fait attention à tout Seylim. Face à cela je lui fis un petit sourire et mit le doigt devant ma bouche, un petit rire accompagnant ce mouvement.

- On a rien vu. »

Sur ce, je lui fis un clin d'oeil et éclata de rire. Ma sottise m'amusait tant alors qu'elle devrait m'alarmer. Pour la suite de sa demande, je pris la posture hautaine qu'arborait souvent maman et prit le ton des gens qui se sentent au-dessus de tout le monde, une main balayant une mèche rebelle, avec une pointe non subtile de moquerie.

- Dame Anne-Marie de la Jacasserie, duchesse de Blanchecolline, pour vous servir. »

Je voulus me lever afin de faire une révérence, mais me cogna brutalement contre la table. Coupée dans mon élan, je me rassis sagement, entraînée par un nouveau fou rire qu'avait amené cette bourde. Encore une ! J'allais très certainement me retrouver avec bien des bleus et des bosses un peu partout lorsque j'aurais désaoulée.
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Seylim

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le Jeu 8 Nov - 1:07

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"Les petites pluies sont longues, les tempêtes soudaines sont courtes"

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=> 37ème jour de Ruwa, année 999
Seylim l'écouta avec le sérieux qu'elle avait l'habitude d'arborer. Blanchecolline disait-elle. Ce nom lui disait vaguement quelque chose. Ishüen n'aurait pas déjà commercé avec cette famille ? Il devait en avoir, des familles non-agniennes. Certains de leurs meilleurs acheteurs de chevaux étaient prithvien ou vaatiens. Et quand on sait ce que les agniens commerçaient... Peut-être que cette famille avait été de celle que l'on tait pour les autres Contrées ? Peu importait. Les affaires passées avaient été closes, le sujet du jour n'étant pas l'historique potentiel des accords commerciaux entre les Blanchecollines et les Bin Shil. Elle fut ravie d'apprendre l'origine du nom. C'était de la culture et cela lui donnait envie d'aller observer par elle-même cette blanche colline. Son côté commercial retint les possibles échanges de coton et de moutons qu'il pouvait y avoir avec cet endroit. Néanmoins elle aurait le temps d'y réfléchir bien plus tard, pour l'heure, la discussion s'axait sur cette aapienne perdue en plein désert.

Elle assumait vouloir se saoûler comme une ivrogne sans nom ce qui surprit l'agnienne. Elle semblait... libre. Mais dans le mauvais sens du terme. Elle était bien trop libre, comme une âme en peine qui cherchait à oublier le monde dans lequel elle était forcée de rester. Oui c'était l'effet que faisait la demoiselle à la peau albâtre à l'épiderme hâlé. Cette dernière nota que la blanche connaissait au moins de nom les hammams que l'on trouvait par endroits à Agni. Et l'interlocutrice changea les traits de son visage en quelque chose de plus enfantin, effectuant le même geste que ses filles pouvaient faire.

(Tylim) - Chuuuuut ! Najat c'est un secreeeeeet !

La voix malicieuse de son aînée résonna dans son crâne alors que l'espace d'une seconde, sa posture avancée et son index sur ses lèvres altérèrent la vue de l'agnienne. Une seconde le visage de l'aapienne se superposa à celui de sa fille, déconcertant l'impassible ambassadrice. Seylim observa la demoiselle rire, entendant le rire de ses enfants. Quelque chose lui rappelait une enfant perdue. Perdue... certes. Enfant... Plus vraiment non. Pourtant l'échine de Seylim frissonna et son dos se redressa, son regard se glaça alors que la demoiselle répondait à sa question. La posture, la voix, l'intonation. Elle les connaissait. C'était son travail d'être entourée de cela. Et à ce comportement, Seylim adopta celui qu'elle avait gardé. L'éclat d'alcool donnait un peu de vie au regard perçant de la Dame du désert qui retenait le nom qu'elle lui offrait.

Dame Anne-Marie de la Jacasserie. Duchesse de Blanchecolline.

L'information se grava en elle. Elle n'oublierait pas. Pourtant son éducation reprit, ignorant sa maladresse et son fou-rire. Elle attendit qu'elle finisse de s'esclaffer pour s'incliner respectueusement, tout aussi altière et digne que son éducation lui avait inculqué. Sa voix résonna avec une puissance contrôlée alors que l'endroit semblait se calmer autour d'elle, les habitués dirigeant leurs regards sur les deux femmes.

(Seylim) ▬ Je suis honorée de vous rencontrer Dame Anne-Marie de la Jacasserie, duchesse de BlancheColline. Permettez-moi de me présenter à nouveau. Je me nomme Seylim Bin Shil, fille de Shil Ben Ismäl, épouse d'Ishüen Ben Iphraïm, Seigneur des Chevaux au sein de la Guilde des Princes Marchands, nièce du Seigneur des Palmeraies, ambassadrice d'Agni pour Akasha, pour vous servir ma Dame.  

Elle se redressa, sa voix ayant sortie sa tirade d'une traite, d'une intonation neutre et sans fourcher. Elle était habituée après tout. Pourtant, malgré ses gestes qui les resservaient toutes deux, l'agnienne sentit ses membres effectuer ses actions plus calmement, plus douce. Plus ambassadrice. Elle ne pouvait se permettre de donner le mauvais exemple. Et le barman ricana en se rapprochant un peu plus.

(Tavernier) ▬ Allons allons mes Dames, ne soyez pas si officielles. Nous sommes ici entre amis. Peu importe qui vous êtes non ? Buvez donc sans vous soucier de l'étiquette. Vous aussi Dame Seylim. Vous travaillez trop, votre sœur vous le répète souvent...
(Seylim) ▬ Je sais mon cher. Néanmoins on ne se défait pas aussi facilement d'années entourées de nobles et de souverains.  

Il ria faiblement avant de se tourner vers l'aapienne et s'inclina de nouveau avant que l'agnienne se mette à reprendre la parole.

(Seylim) ▬ Si vous le souhaitez ma Dame, je puis vous présenter quelques établissements qui combleront votre curiosité à propos de notre chaude Contrée. Que ce soit un hammam, les fameuses salles remplies de vapeur dont vous me parlez, ou bien le marché agnien. Ou les paysages de certaines oasis si vous le désirez.  
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Anne-Marie

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le Mar 27 Nov - 20:27

Juste un verre...

Seylim Bin Shil, fille de Shil Ben Ismäl, épouse d'Ishüen Ben Iphraïm, Seigneur des chevaux au sein de la Guilde des Princes Marchands, nièce du Seigneur des Palmeraies, ambassadrice d'Agni pour Akasha.

Sacré nom à rallonge tout ça.

Mais comment a-t-elle fait pour retenir tout cela ? Et d'une traite, sans hésitation. Ouah. J'en suis restée bouche bée un bon moment, sans comprendre ce qui venait tout juste de m'arriver. Cette femme m'éblouit, m'impressionne au plus haut point. J'aurais bien voulu qu'elle remplace ma c**** de mère, au moins j'aurais eu un bon exemple à suivre. Je la fixais donc ainsi, bêtement, lorsque le tavernier revint à notre table.

J'ai à peine entendu la moitié de ce qu'il a eu à nous dire tant j'étais obnubilée par ma nouvelle amie. Je ne sais pas même si je suis parvenue à cligner des yeux. Lorsque l'homme s'est tourné vers moi pour s'incliner, je lui ai fais un simple signe de la main. Il comprit aisément qu'une nouvelle tournée était tout à fait opportune.

Pendant ce temps, ma compagne reprenait la parole, tandis que j'étais toujours scotchée à ses lèvres. Oh oui oui oui, je veux tout ce qu'elle propose ! Mais j'étais toujours incapable de parler. Alors lorsque notre aubergiste ramena la bouteille de whisky pour remplir de nouveau nos verres, je lui l'ai pris des mains afin de boire directement depuis le goulot. Le gosier arrosé, je pus de nouveau parler, non sans la voix rauque des alcooliques qui ont dépassés leur dose.

- J'adorerais ! Tout ! Je veux voir tout ! »

Mais elle devait être fort occupée pour une si grande dame. Cette pensée m'acheva, me laissant triste sur ma chaise. Je me laissais m'affaler dessus, tenant la bouteille telle un biberon, et m'exprima d'une voix involontairement enfantine.

- Vous devez être très occupée... je veux pas vous déranger... Quand vous aurez le temps vous n'aurez qu'à me faire signe ! »

J'avais tant envie de visiter tout ce dont elle me parlait que cette joie et cette excitation eut tôt fait de me requinquer, retrouvant mon bonheur ivre. Je lui tendis alors la bouteille, n'attendant que qu'elle la prenne, et parla d'une voix haute et forte, emplie de bonheur de vivre.

- À nous ! »

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