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Anne-Marie

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le Lun 3 Sep - 19:51

Rencontre fortuite, non moins propice

J'étais encore sur le cul de ma visite à Agni.

Mes rêves et espoirs avaient pris une sacrée claque, mais je n'escomptais pas m'arrêter sur ce cuisant échec. La vérité était donc telle : les esclaves préfèrent rester tels quels... Je ne pouvais pas les forcer, mais mon moral était clairement atteint. Trop triste pour prendre quoi que ce soit, je poursuivais mon chemin plus triste que jamais. J'avais donc apprêtée une diligence, mis quelques domestiques à cheval, et repris la route direction Prithvi.

J'eus l'affreuse mauvaise idée de vouloir peindre durant le trajet. Vous voulez un conseil ? Ne faites jamais ça. Jamais. Heureusement, le voyage était très long, j'eus donc maintes occasion de m'en occuper la nuit, alors je dormais au cours du trajet qui me semblait interminable. Mes servants semblaient satisfaits de ce voyage, explorant pour la première fois un lieu autre que Blanchecolline. Ainsi, chaque soir un nouveau tableau me rejoignait. Heureusement, une de mes malles était remplie de toiles vierges et de peintures. Pour les pinceaux, je n'en avais besoin que d'un, que je lavais rarement - oui oui je sais ce n'est pas bien.

Ma diligence eut tôt fait d'être remplie des portraits de ma douce et belle Rose. Je dormais avec elle, l'observait jour et nuit, plongeait mon regard dans le sien. Que j'aurais aimée qu'elle soit réellement là. Mes tableaux étaient tristes, mornes, livides. Un jour seulement j'en eus assez. Avec un brin d'herbe, j'ai créé le plus beau tableau de tous ceux qui m'entouraient. Vif, plein de couleurs et de vie, il trônait au milieu de tous les autres. Il affichait une Rose souriante, douce, aimante, en plein éclat de rire. Qu'est-ce qu'il peut me manquer, son rire.

Mes domestiques me sortaient le plus souvent de là, souhaitant que je prenne l'air, me lave et mange. Mais je n'avais pas envie de tout cela. Je me laissais faire, ne réagissait pas, seulement pour me nourrir et m'abreuver ils devaient me forcer. Je crois les avoir insultés par moment, puis je pleurais dans leurs bras en m'excusant. La blessure encore fraîche, je n'avais pourtant aucune excuse pour les traiter de la sorte. Il y avait juste cette servante, Calice, qui ne lâchait jamais l'affaire. Je me calmais plus facilement en sa présence, aussi les autres décidèrent de nous laisser ensemble. Son cheval attaché à la diligence, elle restait constamment avec moi et me consolait, me faisait rire. Je m'en suis voulue maintes fois de rire alors que ma Rose devait souffrir. Mais Calice avait un véritable don pour me soulager.

Elle roulait aussi très bien les feuilles, et m'en fit une. Juste une. Elle disait que je dois apprendre à me doser, combattre mon addiction. Quelle addiction ? Je vais très bien, je peux arrêter quand je veux ! On a donc fait le pari, à notre retour à Blanchecolline, que j'arrêterais. Je lui ai aussi joué du didgeridoo, les larmes toujours coulantes, et lui ai expliquée. Elle apprend vite je dois avouer. Je crois que c'est une amie, peut-être même la seule. Le voyage aura au moins eu ça de bénéfique, nous rapprocher toutes les deux. N'ayez craintes jamais je ne tromperais ma douce, mais de la compagnie ne fait jamais de mal, juste une amie, sans plus.

Ainsi le voyage dura plusieurs jours. Jusqu'à ce qu'enfin la diligence cesse son avancée. Je crus que nous étions arrivés, et j'entendis des voix à l'extérieur. Calice s'était redressée, la couverture encore sur elle. Pour ma part, je couvris mon visage de la mienne. Quelques minutes à peine après le début des discussions, quelqu'un ouvrit la porte en grand, baignant mes peintures d'une lumière aveuglante.

Ne voyant rien à cause de ce maudit soleil, les cheveux en pagaille et le visage blême suite à mes jours de jeûnes, je me suis redressée d'un coup.

- Oh ! C'est quoi ce bordel ? »
Prithvi
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Emrys

Prithvi
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le Mar 11 Sep - 23:06
Une rencontre fortuite, non moins propice



Il y a longtemps que nous n’avons rien fait. Les derniers mois ont été difficiles pour tout le monde, entre la nourriture qui se fait parfois rare, les descentes de gardes sur nos repaires qui elles se font de plus en plus fréquentes… Il a été décidé d’un commun accord de faire profil bas un temps, se faire oublier. J’ai des doutes sur cette stratégie : se faire oublier c’est relâcher la pression, et c’est s’éloigner de notre but, à savoir l’abolition de l’esclavage à Prithvi. Cependant mes camarades ont raison sur un point : morts ou en prison, nous ne servirons plus à rien. Alors nous nous sommes repliés, nous avons rejoint les plus bas quartiers d’Ambre et avons fait ce que nous faisons le mieux : survivre en attendant la fin de la tempête.

Cependant le temps de l’hibernation touche à sa fin, l’heure est venue de reprendre du service. Arno qui mendie souvent près des portes m’apporte un soir une nouvelle qui sonne le clairon pour moi : une riche Aapienne devrait arriver dans les prochains jours, et cette femme est connue pour posséder au moins un grand entrepôt d’esclaves. Nous ne nous en prenons que rarement aux convois en provenance de sa contrée, peu portée sur le commerce d’êtres humains, mais c’est pour moi un argument de plus en faveur de cette action : ils ne si attendront pas et nous pourrons peut-être tuer dans l’oeuf une activité naissante à Aap, ou au moins la ralentir. La décision est prise.

***

Nous sommes six en embuscade au détour de la route, à un endroit où elle passe au fond d’une gorge étroite, à quelques heures de la ville. Le lieu idéal pour ce type de traquenard, mais également celui où les gardes des caravanes sont le plus alertes. C’est un pari que j’ai fait, qu’ils ne seraient pas trop sur le qui-vive. Après tout, ce ne sont pas leurs marchands qui sont les cibles les plus fréquentes. Avec un peu de chance, pour pourrons les prendre au dépourvu.

Comme prévu le convoi arrive. C’est un bien grand mot pour l’équipage qui s’approche : une diligence, et quelques serviteurs à cheval l’encadrant, aucun d’entre eux ne semblant être un soldat. Certains sont armés mais ils ne paraissent pas se méfier outre mesure : leur première erreur.
Lorsqu’ils nous ont légèrement dépassés nous sommes prêts. Deux coups de frondes partent, faisant tomber les deux chevaux de l’arrière. Le temps que les autres se retournent nous sommes sur eux. Ce sont des domestiques, pas des guerriers, même probablement des esclaves : autant que possible nous essayons de n’en blesser aucun, préférant nous en prendre à leurs montures. L’affaire est vite pliée : chevaux enfuis ou tombés, cavaliers rassemblés dans un coin et tenus en respect, le tout n’a pas pris plus d’une minute. Je confie à Jodie la tâche de mener la diligence un peu plus loin, où nous risquerons moins d’être surpris, pendant que je m’occupe de la maîtresse.

Lorsque j’ouvre la porte, le spectacle qui s’offre à moi me surprend. Il n’y a que deux femmes à l’inérieur, rassemblées sous une couverture. Je n’ai aucun mal à différencier l’esclave de la propriétaire et fait signe à la première.

Sors de là.

Elle s’exécute immédiatement, terrifiée. Je referme la derrière elle, et prend place sur la banquette face à l’autre femme. La calèche se met en branle quelques secondes plus tard.

Ce bordel, c’est moi. Sais-tu pourquoi je suis ici ?

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Anne-Marie

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le Lun 17 Sep - 19:38

Rencontre fortuite, non moins propice

Deux minutes.

J'ai besoin de deux minutes de réflexion. Encore la tête dans le cul, je regarde l'homme qui se présente devant moi. Je me frotte les yeux. Une fois. Deux fois. Trois fois. Non, il est toujours là. Je ne rêve pas. Ce gars s'est permis d'entrer dans ma diligence, dégager mon amie, et m'embarquer comme ça. Trop d'informations là. Encore une fois je me frotte les yeux. Un petit soupir. Là, ce qu'il me faut, c'est de quoi me réveiller un peu. En me grattant la tête d'une main, ma coiffure totalement défaite, je glisse l'autre derrière un tableau de Rose et en extirpe ma boîte magique, celle où je garde mes herbes si douces. En sortant tout cela, je lève les yeux vers mon "visiteur".

Petit et maigrelet, les quelques rayons de lumières qui percent me permettent de distinguer quelques beaux bijoux de fortune, mais surtout ses yeux d'un vert pétillant, ravageurs. Je m'arrête un petit moment dessus. Rose elle a des yeux plutôt vert-gris, mais un regard tout aussi étincelant, tout aussi grand. Je la retrouve presque là-dedans. Mais elle a de petites tâches de rousseur sur les joues, et la peau bien plus pâle. Penser à elle me rend si triste, je me sens seule. Je ne peux m'empêcher de me perdre dans ce regard, alors qu'il n'a en commun que cette étincelle qui brille de mille feux. J'en oublie ma situation, mes compagnons qui se retrouvent perdus au milieu de nulle part.

Pour tout vous dire, je ne me suis même pas rendue compte que j'ai tendue la main vers son visage, voulant caresser ce faciès pourtant si différent. Je ne l'ai pas même frôlé, comme s'il était inatteignable. Je n'avais pas un inconnu devant moi, j'avais Rose.

Le bruit de ma boîte qui s'écrasait au sol dans un bruit sourd me sortit de ma torpeur. Merde ! Tout renversé... D'un revers de la main, j'essuyais une larme qui avait coulée sur ma joue. L'herbe ne serait donc pas mon refuge aujourd'hui.

Je me remis à regarder l'homme qui se tenait devant moi, évitant avec soin son regard brillant. Remettons les choses à leur place : il m'a kidnappée, dans ma propre diligence, et laissé mes compagnons – ainsi que ma nouvelle amie – se démerder. On se reprend ! Que veut-il déjà ? Ah oui. "Sais-tu pourquoi je suis ici ?"Ah bah non, je n'en ai fichtrement aucune idée. Je n'avais pas même fait attention à son tutoiement. Mais je repense à mes compagnons de voyage, mes employés. Il veut qu'on cause ? Aucun soucis, tant qu'ils sont en sécurité, le reste m'est égal.

- Je veux bien écouter tout ce que t'as à dire, mais dis-moi juste ce que tu as fais à mes employés. »

Prithvi
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le Lun 24 Sep - 20:30
Une rencontre fortuite, non moins propice



Assis face à elle je l'observe avec dédain. Elle met un temps qui me semble infini à se redresser et à reprendre ses esprits. Son attention s'attarde longtemps sur moi, trop longtemps. Est-ce que par un coup du hasard elle me reconnaît ? Son visage ne me dit rien mais l'intensité de son regard me fait m'interroger. Je lui laisse un instant pour apparemment se réveiller. Quel genre de personne faut-il être pour se prélasser ainsi en plein après-midi ? Je suis presque déçu. Elle n'est pas du tout la femme que je m'attendais à trouver. Je pensais faire face à du répondant, éventuellement des convictions. Celle que j'ai devant moi pourrait se laisser pousser dans un sens comme dans l'autre sans opposer de résistance.

Abasourdi je la regarde tirer de sa couverture une petite boîte ouvragée, qu'elle n'ouvre même pas, concentrée qu'elle est sur moi. Je ne peux que rester figé en regardant sa main se rapprocher de ma joue. Elle va vraiment me caresser le visage ? Elle est sérieuse ? Sans être un expert, je n'ai pas l'impression que sa réaction soit bien adaptée à sa situation. Ma main se crispe sur le manche de la petite lame que je garde dissimulée dans les plus de mes vêtements. Si elle ose me toucher je suis prêt à la remettre à sa place, et fissa.

Heureusement elle échappe sa boîte et le bruit rompt le charme. Devant sa mine déconfite je suis son regard vers le contenu qui s'est répandu sur le sol de la diligence. Des herbes. Une droguée. Super. Ceci dit, cette découverte explique beaucoup de choses sur son comportement et tout ce qui m'avait paru bizarre prend un sens. J'espère juste qu'elle est suffisamment lucide pour entendre ce que j'ai à lui dire : aucune envie d'avoir fait tout ça pour des clopinettes. Je chasse du pied la boîte et ce qu'elle contient tout en rentrant à nouveau dans le champ de vision de la demoiselle pour me rappeler à son attention.

C'est pas le moment pour ça. Je te parle.

Sa réponse une nouvelle fois me prend au dépourvu. Je ne m'attendais pas qu'elle s’enquiert de son entourage. Jusque là elle m'a plutôt donné l'impression de quelqu'un plus porté sur son propre bien-être que sur la sécurité de ses suivants. Je ne doute pas cependant de la question cachée derrière se mots : “pourquoi ne m'ont-ils pas protégée et comment vont-ils assurer ma sécurité à présent ?” J’écarte ses inquiétudes d’un geste désinvolte.

Détends-toi, ils sont en un seul morceau. Je ne suis pas là pour blesser tes esclaves. Mes camarades sont en train de leur proposer un marché, à l’heure qu’il est. Quant à toi… ton trafic d’êtres humains s’arrête ici.

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Anne-Marie

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le Jeu 4 Oct - 20:59

Rencontre fortuite, non moins propice

J'en reviens pas. Il a donné un coup de pied dans ma boîte.

C'était un des objets auxquels je tenais le plus – étant donné sa contenance – et il avait donné un vulgaire coup de pied dedans. Non mais... oh ! Ce geste m'a étonnée, je n'ai su comment réagir tant j'étais outrée.

Mais la suite était bien trop intéressante pour m'y attarder. Devant ses propos, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Un rire franc et bien trop bruyant pour une "dame". Les mains sur le ventre, j'avais mal tant je m'esclaffais, mes joues aussi se firent douloureuses. J'en pleurais ! Je crois ne pas avoir ainsi ris depuis la disparition de ma Rose. Il croyait que les personnes avec moi sont des esclaves et que je faisais du trafic. Il était tellement loin de la réalité.

J'eus grand mal à me reprendre, soufflant fort pour tenter de me calmer. Lorsque enfin je parvins à stopper ce rire, je pus lui répondre d'une voix fort enjouée.

- Merci, je n'avais pas ris comme ça depuis longtemps ! »

Au moins, ils étaient en sécurité. Si ces hommes étaient là pour libérer des esclaves, alors ses compagnons ne sauraient trop tarder, lui annonçant qu'ils se sont trompés. En attendant, nous aurons de quoi discuter. Je savais mes gens fidèles, je les traite bien et ils sont heureux, mais j'avais tout de même peur qu'ils ne décident de s'en aller. Je n'avais plus qu'eux, et je comptais sur eux.

- Au risque de te décevoir, je n'ai aucun esclave. Et, crois-le ou non, je lutte contre l'esclavagisme. »

Je pris une autre boîte cachée derrière un des tableaux que je posais ensuite sur mes genoux, je n'allais certainement pas ramasser mon herbe à même le sol. Je sais que j'en suis accro, mais tout de même... Cependant, cette boîte ne contenait rien de telle, il y avait à l'intérieur des biscuits au chocolat. J'en tendis un à mon "invité".

- T'en veux un ? Ils sont au chocolat, j'espère que tu n'y es pas allergique, ils sont délicieux ! »

La main toujours tendue, attendant sa réponse, j'en pris un autre dans ma main libre pour venir le croquer. Qu'ils sont divins. Je sens le chocolat fondre dans ma bouche et réchauffer tout mon corps d'un bonheur inexplicable. Et si je me droguais plutôt au chocolat ?
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le Mer 17 Oct - 17:20
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Elle se met à rire, en plus. Elle se fout de moi ou quoi ? Ou alors, hypothèse tout aussi probable, elle est complètement intoxiquée à cause de ses plantes et ne se rend pas compte de sa situation. Elle vient de se faire séparer de sa troupe et kidnapper, je ne vois pas bien comment elle peut trouver matière à rire. Je retiens à grand peine mon bras, que l'envie de lui faire passer l'envie de rire démange. Je ne suis pas là pour exercer de la violence. Pas aussi directe en tout cas. On verra lequel de nous deux rira le dernier.

Je reste sur le cul lorsqu'elle arrive enfin à se calmer et à parler. Elle pense vraiment que je vais croire à ça ? Comme si c'était la première fois qu'on me servait un mensonge similaire. “Ils sont libres”, “je vais les libérer si tu me laisses en vie”, “je ne les ai achetés que pour les libérer”. C'est toujours la même rengaine, et surtout c'est toujours du flan. Je la regarde avec dédain. Je m'apprête à répondre lorsque j'entends un sifflet à l'extérieur. Ça ressemble à un oiseau, mais je sais que ça n'en est pas un. C'est la signature de Shayn, elle veut m'avertir de quelque chose.

J'écarte légèrement le rideau qui couvre la porte de la diligence et jette un coup d'œil derrière nous. Une troupe de cavaliers nous suis à faible distance. Ils n'ont pas l'air de gagner de terrain pour l'instant, et je reconnais parmis eux mes amis. Les chevaux ressemblent à ceux qui formaient le convoi avant qu'on l'interrompe, je devine que ce sont les domestiques de la demoiselle qui nous suivent. Et s'ils sont accompagnés de mes camarades… Je réfléchis rapidement mais l'explication la plus simple et la plus probable semble être qu'elle dit vrai. Merde. Foutus informateurs en paille.

Admettons que je te crois.” Je tente de rattraper le coup sans perdre la face. Son rire me vrille encore les entrailles. “Quel est ton intérêt là-dedans ? Pourquoi maintenir cette image ?

La diligence brinquebale sur la route irrégulière. Il est temps de s'arrêter quelque part pour pouvoir discuter en paix. Je donne un coup sur la cloison avant à destination de Jodie. Il ne lui faut pas longtemps pour faire opérer un virage serré à l'attelage puis tout s'arrête. Le bruit infernal des roues sur les cailloux cesse enfin, à mon grand soulagement. J'ouvre la porte et saute à terre.

Descends, il faut qu'on parle.

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Anne-Marie

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le Mar 30 Oct - 18:53

Rencontre fortuite, non moins propice

Je n'ai vraisemblablement pas l'habitude d'avoir les idées claires.

Mes herbes n'ayant pour l'heure aucun effet sur ma tête, je me libère peu à peu du brouillard épais qui m'entourait à mon réveil forcé. L'homme face à moi semble perturbé par ma révélation. Et oui, je ne suis pas une de ses pourritures d'esclavagistes. Mes domestiques ne sont pas de malheureux esclaves qu'il faut à tout prix affranchir.

Lorsqu'un oiseau babille au loin, mon invité forcé regarde à l'extérieur, repoussant le rideau. Droguée, je n'aurais certainement pas remarqué ce détail qui pourtant me frappe alors.

Coïncidence ? Je ne crois pas.
Hasard ? Je m'y prépare.
Mystère ? Peut-être.

Alors il se retourne vers moi, et me pose cette ultime question : pourquoi maintenir cette image ? Mais m**** ! Je cherche justement à la briser ! Duchesse depuis bien trop de temps, je n'ai pas encore eu l'occasion de prouver que je ne suis pas la digne fille de ma mère, cette horrible mégère qui asservissait et vendait des innocents. Il m'a énervée là. Prête à taper du poing sur la table, dommage qu'il n'y en ai pas, j'ouvre grand la bouche pour exprimer mon mécontentement lorsque... il me coupe la parole sans même que je n'ai pu l'ouvrir.

Suivant les instructions – je sens que je n'ai guère le choix – je descends donc de la diligence. Un temps éblouie par le soleil qui se dressait bien tôt, je ne pus que me protéger du dos de la main. Lorsque enfin mes pupilles s'y furent habituées – un temps qui me parut abominablement long – je vois Calice, ma nouvelle amie, descendre d'un cheval pour venir à ma rencontre.

Sans plus attendre, je me précipite à sa rencontre et saute dans ses bras. Nous n'étions certes par encore arrivées à ce type de relation proche et ambiguë, mais la revoir me faisait un bien fou. Je n'avais pas pensé au fait que je ne la reverrais plus jamais, j'aurais certainement dû y penser. Mais ce n'est plus l'heure d'y réfléchir, la revoilà.

Lorsque je la lâche, je vois mes autres domestiques. Notre petit groupe se reforme enfin. Et ils vont pouvoir lui démontrer que mes dires sont vrais. Ayant retrouvée ma joie, je me retourne vers l'homme qui m'avait retenue, un grand sourire toutes dents dévoilées, remontant jusqu'aux pommettes, s'affichant à sa vue.

- Voici donc mes domestiques, ancien esclaves aujourd'hui affranchis, et je les espère heureux, bientôt d’autres suivront. L'êtes-vous aussi maintenant ? »
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Prithvi
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le Lun 19 Nov - 18:02
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En descendant de la diligence, je prends Shayn un peu à l’écart. Le pli mécontent de sa bouche m’indique qu’elle n’attend que ça pour m’en mettre plein les oreilles, mais tant pis. De toutes façons il faut qu’on discute de ce qui vient de se passer, et ce qu’on doit faire maintenant. J’ai l’impression d’être coincé dans une situation que je n’avais pas prévu, et une fois sa colère passée je pense – j’espère – qu’elle aura de bonnes idées à proposer. On ne sera pas trop de deux à réfléchir pour se sortir de là sans perdre la face, et si possible en tirant quelque chose de bon de ce malentendu.

Qu’est-ce que tu fous, Emrys ?! Comment t’as pu ne pas savoir qu’ils étaient libres ? On passe vraiment pour des cons maintenant. C’est la dernière fois que je te fais confiance sur un truc comme ça si t’es pas foutu d’avoir les bonnes infos !
On en parlera plus tard, si tu veux bien.
Je jette un oeil autour de nous. La noble est dans les bras d’une de ses domestiques – bizarre, mais guère plus que ce à quoi elle m’a habitué jusqu’à maintenant. Personne ne semble faire attention à ce qui se dit entre nous.
Il faut qu’on arrive à tourner ça à notre avantage. Des idées ? Je sais que tu as un don pour ça.
Elle fait la moue, peu convaincue par mon compliment, et reste silencieuse. Je sais qu’elle est en train de réfléchir.
Son entourage nous a dit qu’elle ne possédait aucun esclave. Je me demande à quoi servent les entrepôts dont on t’a parlé, du coup. Si tant est qu’ils existent. Qu’est-ce qu’elle t’a dit, elle ?
Pas grand chose. Elle était bien trop occupée à me rire au nez…” Je vois que Shayn se retient de ricaner elle aussi. “Elle m’a simplement dit qu’elle “luttait contre l’esclavagisme”. On pourrait peut-être …
Se servir de ses ressources ! Si elle est riche, et qu’on arrive à s’en faire une alliée… On sera plus efficaces, on pourra se payer de vraies infos, et peut-être qu’elle accepterait même de recevoir ceux qui ne peuvent pas rester à Ambre !
Tu es parfaite Shayn.

Nous nous dirigeons tous deux vers Anne-Marie, qui semble peiner à se séparer de sa servante.

Heureux, je ne sais pas. Satisfait, oui, pour l’instant en tout cas.” Je lui fais signe de me suivre. Je m’assieds sur un rocher, Shayn s’installe à côté de moi et Jodie nous rejoint, préférant rester debout. “J’ai l’impression que nous avons beaucoup de choses à nous dire, si tu veux bien.”  

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Anne-Marie

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le Mar 27 Nov - 20:27

Rencontre fortuite, non moins propice

Trop de joie.

Je la sens m'envahir, se répandre en moi. Je suis de nouveau entourée d'êtres qui me sont proches. Enfin, le mot peut sembler un peu fort. Disons plutôt de ceux qui me sont le plus proches après ma Rose que j'aime tant. Étant donné que je ne connais pas grand monde, cela colle plutôt bien.

Par chance il nous laisse un moment pour aller discuter avec ses comparses. Je peux ainsi profiter des miens. Je m'enquéris aussitôt de leurs nouvelles, désireuse de savoir si le moindre mal leur a été fait.

Mais je peux être heureuse, rien ne leur ai arrivés. D'après leurs dires, ils ont simplement discutés après leur avoir expliqués qu'ils ne sont en rien des esclaves. Aurais-je eu la vie sauve grâce à ce simple détail ? Je crois bien ! La chance tourne peut-être enfin en ma faveur.

Lorsque mon ravisseur revient vers nous, ses amies ne semble pas de très bonne humeur. Je leur aurais bien proposé un peu d'herbe, mais quelqu'un – que je ne citerais pas – à tout jeté par terre !! Je suis donc simplement son invitation et vient m'asseoir auprès de lui. Mais pas sur un rocher, à même le sol.

Calice toujours dans mes bras, je refuse de la lâcher. Après tout, si je suis bien ici, pourquoi l'y enlever ? Et puis, cela n'a pas l'air de la déranger. Elle s’assoit d'ailleurs juste à côté de moi et pose sa tête sur mes jambes. Dire qu'il y a peu je la connaissais à peine.

J'ai l'impression de revenir auprès des feux de camps que je faisais avec Rose, mais sans elle et sans feu. On a déjà un bon début, je m'en contente donc.

Pour l'heure, cette nouvelle rencontre semble vouloir enfin parler. Lui qui refusait de m'écouter, je rigolais en mon fort intérieur face à ce retournement de situation. Du coin de l’œil je vis mes domestiques s'installer eux aussi, attendant patiemment la suite de cette histoire.

- Avant toute chose, j'aimerais me présenter. Je m'appelle Anne-Marie, et voici Calice. Et vous êtes ? »

Je les balayais tous du regard, impatiente de savoir à qui je m'adressais alors. Moi, simple duchesse assise à même le sol, prête à écouter quelques brigands. Voilà qui en ferait rire plus d'un.

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