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Ishüen
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Braises et brasier [Seylim] Ven 28 Sep - 20:16
 
Braises et brasier


Cela ne s’était pas fait aussi rapidement que prévu. Il est facile de s’éclipser d’une fête pour deux jeunes amants fougueux, n’ayant à se soucier de rien d’autre que de leur passion toujours inassouvie, toujours renouvelée. Il n’en va pas de même pour un couple marié nanti de responsabilités politiques et de deux jeunes enfants encore avides de découvrir tout ce que la nuit et les réjouissances le long des rives du lac ont à leur offrir. Au final, le Seigneur et la Dame des Chevaux mirent au moins une heure après leur danse devant la table de ses souverains à quitter les lieux, et encore une demi-heure pour que leur calèche parvienne à se défaire de la foule qui se presse sur les routes, dans un sens ou dans l’autre. Sur le chemin du retour, les filles parlent toutes les deux à la fois pendant dix minutes, se remémorant sans fin cette soirée magique à leurs yeux, puis elles s’endorment sans demander leur reste. Tylim appuyée le flanc de son père, Shensheïla allongée sur les genoux de sa mère, les deux enfants se laissent bercer par le cahot du véhicule et ignorent tout ce qui se joue entre leurs parents pendant leur sommeil. Durant tout le reste du voyage, mari et femme ne prononcent pas un mot. Ils se contentent de se regarder, de plonger dans les yeux l’un de l’autre et de cultiver le désir qui les a saisi, les a unis comme deux flammes se confondant l’une en l’autre le temps d’une danse. Ils font revivre la mélodie lancinante de l’oud et la percussion sauvage de la darbouka, ils se reposent les questions qu’ils se sont murmurées.

N'ai-je jamais dansé avec ton corps ? N'est-ce pas l'une des plus belles danses que nous avons faites ?
Plus précieuses à mes yeux que toutes les autres...  


Ils regagnent le palais d’Ébène et ce dernier, malgré l’heure tardive, fourmille d’agitation pour accueillir au mieux leurs prestigieux invités et leurs suites la plus proche. Seylim, en tant qu’ambassadrice, dispose de sa propre suite et pour l’occasion, elle y loge mari et enfants. C’est là qu’ils se rendent dans les couloirs au marbre poli. Portant Shensheïla toujours endormie dans ses bras, Ishüen marche aux côtés de son épouse qui a passé un bras autour des épaules de leur aînée. Cette dernière les suit les yeux fermés, titubant de sommeil, et se rendort presque aussitôt lorsqu’elle se recouche quelques minutes plus tard aux côtés de ses frères et sœurs. Le Seigneur des Chevaux laisse sa fille aux bons soins de Najat pour qu’elle la déshabille et la mette au lit, embrasse le front de ses enfants qui dorment tous ensemble sous les draps de soie et les couvertures brodées, blottis comme des chatons parmi les oreillers. Repoussant du doigt une mèche brune sur un visage rond, il se laisse aller à sourire en contemplant leur sommeil paisible. Ses quatre enfants, sa vie, ses astres… Puis il se redresse, prend la main de sa femme et l’entraîne en silence dans la pièce attenante, la chambre conjugale. La porte est à peine close que sa prise se fait plus ferme sur les doigts fins de son épouse. D’un mouvement vif et souple, il l’attire à lui, l’emprisonne entre ses bras et enfouit sa main dans l’océan de sa chevelure d’ébène pour capturer sa bouche de la sienne.

« Ta danse était merveilleuse... »

Ses doigts sur sa nuque incline sa tête en arrière, offre sa gorge à ses baisers et le Seigneur des Chevaux y plonge pour boire à la source le parfum de sa peau.

« Je veux la poursuivre ici... »

Lentement, il la guide vers le large lit qui les attend sans que jamais ses lèvres ne la quittent.
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Re: Braises et brasier [Seylim] Mar 2 Oct - 3:45

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Le silence de la calèche avait quelque chose de calme et reposant. Les deux aînées du couple avait échangé – si l'on pouvait appeler le capharnaüm qu'avait duré la discussion – leur avis commun sur la fête du Lac. Toutes deux s'en extasièrent jusqu'à s'éteindre rapidement. Et c'est à cet instant que, dans un autre contexte, nous aurions pu trouver un couple exténue, pressé de se reposer et profitant de la douceur nocturne qui les entourait. Cela aurait parfaitement pu être le cas. Néanmoins pas ce soir-là. Que cela soit pour le Seigneur ou bien pour sa Dame, il était assez clair que la danse n'avait que commencée.

Les regards qu'ils échangeaient valaient chacun un millier de mots, malgré le silence ambiant qu'ils ne semblaient prêt à rompre. Elle voulait danser pour lui. Elle voulait chanter pour lui. Une chanson qui porterait son nom. Une danse où l'un et l'autre abandonneraient corps, cœur et âme à l'autre. Les mots lâchés plus tôt semblaient suffisant pour que l'envie et le désir ne fasse que s'intensifier sous les longues minutes du trajet.

Sûrement trop tôt pour leur ange, Seylim entreprend de réveiller faiblement sa fille aînée qui marche encore dans les limbes de Morphée, suivant en silence la pression qu'exerce sa mère sur sa frêle épaule. L'ambassadrice suit sa servante jusqu'à retrouver ses trésors. Imrani dort paisiblement et aussi profondément que son frère, bientôt rejointe par Tylim qui ne se fait pas prier. Najat s'incline face au couple, avec le respect qu'elle ressent à leur égard, lorsque le Maître lui confie sa cadette et que Seylim patiente derrière son compagnon pour embrasser chaque petit être endormi, d'un amour évident. L'instant est tendre, l'attention des parents dévouée à leur progéniture. Lorsqu'elle sent les doigts de son époux se lier lentement aux siens, la Dame du désert le suit, son ventre chauffant bien trop vite alors qu'ils se retirent dans la chambre conjugale. C'est à cet instant précis que le désir semble exploser. Ishüen l'attire vers lui, s'emparant de ses lèvres avidement.

Elle ne résiste pas. Elle s'avance d'un demi-pas, pour se lover contre lui, le laissant déguster sa peau. Elle soupire, langoureusement, venant d'elle-même chercher plus de baisers de sa moitié.

(Ishüen) ▬  Je veux la poursuivre ici.
(Seylim) ▬  Alors danse pour moi Ishüen...

Ses pas se décalent avec la lenteur qui caractérise le couple prêtant plus d'attention au contact de leurs lèvres que de leurs mouvements. Seylim sourit. Avec l'agilité de la danseuse qu'elle sait être, elle laisse son compagnon atteindre le lit en premier. Ses mains se relèvent doucement, retirant un à un les divers ornements qu'elle porte. Jusqu'à ne porter que sa robe . Elle a prit son temps, pour attiser son Seigneur mais aussi pour se défaire de chaque facette qu'elle n'utiliserait pas. Au revoir l'ambassadrice. Au revoir la Dame des Cheveux. Au revoir la Mère. Au revoir la Bin Shil. En l'instant, Ishüen fait face à Seylim. La femme. L'amante.

Elle se rapproche toujours aussi lente. Elle ne veut pas juste combler le désir qui emporte son corps. Elle veut qu'il en tombe amoureux. Elle veut le séduire. Qu'il ne voit qu'il. Qu'il murmure son nom comme jamais elle ne l'avait entendu. C'est sûrement trop désirer. Mais si elle s’enorgueillissait de petites choses, les grandes victoires n'auraient aucune intérêt. Elle rapproche leur corps jusqu'à échanger un nouveau baiser, qui lui coupe la souffle sous l'intensité qu'elle y met.

(Seylim) ▬  Ishüen... Je pourrais croire que tu n'as pas aimé que je danse face à si grand public. Mon époux serait-il jaloux d'autrui ?

Aucune pique, aucun sarcasme, aucune malice. Une simple question, curieuse, douce, pendant que ses lèvres se décalent sur sa gorge avec la lenteur qu'elle veut garder. Ses lippes dégustent sa peau, chaque inspiration la comble de son odeur, et sa voix reprend, murmurée.

(Seylim) ▬  Tu es une vile tentation mon époux... Mon corps te désire ardemment. Il veut s'unir avec le tien, impatient, avec la fougue d'une diable. Et je veux te voir. Je veux observer ton regard. T'entendre chanter. Te voir danser. Sur. Sous moi...  

Dans la faiblesse de l'instant, elle poursuit, aussi franche et les mots choisis de la jeune mariée qu'elle avait été.

(Seylim) ▬  Je souhaite prendre ton cœur. Que tu me l'offres. Je veux que tu prennes le mien. Mon époux. Je veux que tu m'enlèves. Que ton regard me voit, me dévore et qu'une passion sans limite t'embrase. Ishüen... Mon seul Seigneur... Laissez-moi vous aimer comme la première fois où vous avez fait de moi une femme.

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Re: Braises et brasier [Seylim] Dim 7 Oct - 19:03
 
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Re: Braises et brasier [Seylim] Jeu 11 Oct - 18:12

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Re: Braises et brasier [Seylim] Lun 15 Oct - 11:55
 
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Re: Braises et brasier [Seylim] Mer 17 Oct - 2:31

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Re: Braises et brasier [Seylim] Ven 2 Nov - 8:45
 
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Re: Braises et brasier [Seylim] Sam 8 Déc - 15:19

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Re: Braises et brasier [Seylim] Jeu 27 Déc - 9:24
 
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Plusieurs secondes de silences et de soupirs frémissants s’écoulent alors que la tension retombe, les laisse pantelants et fébriles sur le matelas. Puis le Seigneur des Chevaux se défait de l’étreinte dans un dernier baiser pour allonger sa Dame, la recouvrir du drap, embrasser encore une fois son visage.

« Couvre-toi. N’attrape pas froid... »

Pour sa part, il quitte le lit et se lève, nu, pour marcher jusqu’à la table non loin du lit. Un pichet et deux gobelet d’or finement ciselés y attendent. Il s’en saisit pour les remplir d’eau fraîche, délicatement parfumée de quelques gouttes de sirop de rose à la mode agnienne. Tandis qu’il revient vers son épouse, ses yeux se perdent un instant par les fenêtres encore ouvertes sur les lumières de la ville, de la fête qui s’éloigne. C’est ici que sa faute est née, à quelques rues à peine du palais. Il pourrait en retrouver le chemin sans peine, en quelques minutes de marches. Quelques minutes et plusieurs années le séparent du berceau de sa trahison et, même s’il s’en veut d’y penser, l’ombre en pèse légèrement sur son regard alors qu’il rejoint Seylim entre les draps, lui tend l’une des coupes avec un sourire silencieux qui la remercie de ce qu’ils viennent de partager.
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Re: Braises et brasier [Seylim] Mar 19 Fév - 17:05

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Avec des gestes à la douceur plus qu'évidente, il l'allonge et la couvre d'un drap et de baisers. Quelques mots tendres s'inquiétant de sa santé et il sort du lit. Le regard de la dame du désert se décale pour l'observer, détaillant muscles et stature. Que Liekki en soit témoin, elle pouvait attester qu'il n'existait d'homme plus sensuel et attirant que lui.

Ceci, ma Dame, est le dernier baiser que je m'autorise à vous donner. Mes lèvres ne vous toucheront plus que lorsque vous m'en jugerez de nouveau digne, lorsque mes actions auront suffisamment rachetées mes fautes.


Son regard s'ouvre rapidement alors qu'elle se redresse. Lui avait-elle pardonné ? Avait-il racheté sa faute ? A-t-il déjà...

(Seylim) ▬  T'es-tu déjà demandé pourquoi j'étais partie à cheval, cette nuit-là ?  

Sa voix était faible, encore empreinte du plaisir qu'elle vient d'avoir. Dans son ton, il n'y a nul jugement, nul colère. Peut-être que le Seigneur des Chevaux entend la curiosité naissante. Elle lui sourit, le regard perdu, absent. Elle semble le voir, mais ne pas le voir. En l'instant elle revoit un homme las et fatigué, celui qui avait passé les portes de la demeure de sa sœur. Seylim, s'assied, souriante. Elle ne veut pas se battre. Comprendre. Juste comprendre... Elle hoche le visage sous la coupe qu'elle attrape, le remerciant à son tour. Elle l'aime. Et malgré son amour, les mots ne demandent aucune autorisation pour sortir.

(Seylim) ▬  Dis-moi, Ishüen, as-tu compris pourquoi …

La fin de la question se meurt alors que les réflexions se déroulent à une vitesse folle. Une simple question de conjugaison. " pourquoi je t'en voulais ? " ou " pourquoi je t'en veux ? ". Lui en veut-elle encore... ? Oui. Mais sûrement pas pour les raisons qu'il imagine. N'est-il pas temps de percer cet abcès ?

(Seylim) ▬   … pourquoi je t'en ai voulu ? termine-t-elle en le portant silencieusement la coupe à ses lèvres, dégustant le liquide frais et fleuri.

Elle réalise que sa gorge est sèche, sa bouche profitant de ce liquide paraissant presque divin. Cependant ce n'est pas ce qui trône dans l'esprit de l'agnienne. En l'instant, les mots de son époux sont plus importants qu'une coupe, peu importe son contenu.

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Re: Braises et brasier [Seylim] Mer 6 Mar - 8:03
 
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Le Seigneur des Chevaux sait de longue date que le hasard est aussi capricieux, tortueux et malicieux que les djinns qui tracent les routes dans le désert, sans jamais passer plus d’une fois au même endroit. C’est donc peut-être de façon totalement fortuite que son épouse lui pose cette question à l’instant précis où lui aussi s’est intérieurement retourné vers le passé, le surprenant doublement par son audace et la similitude de leurs pensées. Cependant il sait aussi que le hasard, à l’égal des djinns, aime emprunter ses tours aux imperceptibles fulgurances de l’esprit qui se rejoignent sans le savoir, en tisser des liens invisibles qui relient les êtres et les font se rencontrer en des lieux impromptus, imprévus, où tout ce qui peut arriver n’est pas nécessairement bon. En un battement de cœur, un regard échangé avec Seylim par-dessus la coupe d’eau parfumée, Ishüen sait qu’ils se trouvent dans un de ces lieux frontaliers où le voile se lève et qu’il doit y avancer avec prudence. Un mince sourire se glisse sur ses lèvres.

« Oui. Sans arrêt durant les quatre jours qu’il m’a fallu pour te retrouver. »

Et bien des nuits sans sommeil par la suite mais il n’ajoute pas ces mots. C’est inutile. Il voulait simplement lui signifier qu’il accepte de s’aventurer sur ce terrain périlleux, fragile avec elle. Mieux que personne il sait les embûches qui peuvent les attendre dans les replis obscurs de leurs propres cœurs, ceux qu'ils ont tu et sur lesquels ils reviennent aujourd’hui mais la fuite n’est pas envisageable dans l’immédiat. Refuser de parler reviendrait à creuser l’écart et il n’en éprouve pas le désir, pas si vite après avoir joui en elle et perdu son souffle dans ses longs cheveux noirs. Prenant une gorgée de sa coupe, il sourit à nouveau, l’ombre d’un rire dansant brièvement dans sa gorge.

« Les dieux me foudroient si j’arrive un jour à voir clair dans les méandres de ton esprit, femme. Mais puisque je te dois une réponse… »

Le Seigneur des Cheveux laisse de nouveau son regard glisser vers la fenêtre ouverte, cherchant ses mots dans le ciel nocturne où se meuvent les derniers échos de la fête. Bien des fois depuis ces sept années, il a rejoué les différentes scènes une à une dans son esprit, traquant ses erreurs, tentant de les disséquer pour en percer le mystère. Dans le secret de son âme, il a longuement pesé le poids de ses fautes car il y a des enseignements à tirer de toutes les batailles perdues, peu importe le terrain sur lequel elles se sont déroulées. Et puisque son épouse lui demande aujourd’hui quelles leçons il a pu tirer de cet affrontement où il a failli perdre des choses si précieuses, peut-être a-t-il également quelque chose à gagner sur cette nouvelle lice qui se dessine...

« Je dirai que c’est parce que je t’ai menti. J’ai nié la vérité en te regardant droit dans les yeux alors que nous savions tous les deux que tu avais raison. »

Son regard revient sur elle sur ces mots, pour appuyer la phrase :

« Est-ce la bonne raison, ma Dame ? »
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Re: Braises et brasier [Seylim] Sam 9 Mar - 19:57

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Dans l'esprit de Seylim, une petite enfant réagissait à une bonne réponse de sa servante. Souriante, applaudissant des mains avec enthousiasme et hochant de la tête. Malheureusement, l'adulte qu'elle était devenue ne pouvait se permettre une réaction si enfantine, si candide. Surtout pas dans la situation qu'elle vit actuellement. La fatigue qui survient après la fougue, son corps qui sent encore les baisers chauds et lascifs de son mari, son envie de recommencer qui égale la curiosité s'installant en elle. Lorsque sa voix résonne, elle se surprend à ne pas avoir réalisée qu'il l'avait cherché si longtemps. Le connaissant il n'avait pas dû dormir des heures pendant sa traque. Son esprit avait dû être harcelé de questions, de réflexions. Et se rendre compte de cela attise sa satisfaction. Elle ne minimise pas sa douleur. Néanmoins elle a parfaitement conscience que d'eux deux, la souffrance était surtout sa partenaire et non l'inverse.

Elle aimerait lui demander ce à quoi il a pensé lorsqu'elle était introuvable. Elle aimerait entrer dans sa tête, savoir, passer les barrières mensongères, les hontes et les peurs, comprendre. Elle aimerait. Elle en sourit, de ses pensées candides. Elle ne pourra jamais faire cela. Elle n'était qu'humaine. Les histoires de mages, de djinns, de vœux exaucés... Ce ne sont que des contes pour enfants. Elle doit penser comme une adulte, respectable, respectueuse, respectée.

(Seylim) ▬  Liekki te punit déjà en t'ayant offert une épouse telle que moi. Les Dieux n'ont pas à te foudroyer, je suis là pour cela mon aimé.

Quelques mots chuchotés alors qu'il regarde de nouveau vers l'horizon. Elle se demande ce qui tourne sous ce masque de douceur et de fermeté. Sous ses traits qu'elle apprécie sans se remettre en question, sous ce caractère, sous sa plastique gracieuse et attrayant. Et bientôt, il lui répond. Il répond bon. Lorsqu'il se retourne pour l'observer, pour appuyer sa question, Seylim reste silencieuse quelques secondes. Elle réfléchit. Est-ce qu'il n'y avait que son mensonge qui l'avait blessé ? Pas vraiment... Elle cherche ses mots, désireuse de lever le voile sur ce qui la ronge depuis tant d'années. Finalement, sa voix finit par l'élever, plus tendre encore qu'elle ne l'était ; quelques minutes plus tôt.

(Seylim) ▬  Il serait honteux que d'affirmer que ce n'est pas une bonne réponse. Néanmoins, ce n'est pas la seule.

Elle se lève, lentement, se dirigeant vers une commode d'où elle sort une robe de chambre, légère et ouverte, qu'elle enfile rapidement. Elle reprend en main sa coupe, posée sur le meuble, dégustant une nouvelle gorgée avant de se laisser éclaircir les pensées de son époux.

(Seylim) ▬  Je t'en ai voulu d'insinuer que j'étais une enfant que tu n'avais pas réussi à éduquer. Je t'en ai voulu de me mentir, effectivement. Si toi, ma moitié, tu me mentais alors en qui pouvais-je avoir confiance ? Je t'en ai voulu de me voir comme un contrat commercial. Le même ton, les mêmes mots, la même réserve. J'étais ta femme. Ne devais-tu pas me considérer comme telle ? Ne pas m'aimer est une chose. Nous ne nous sommes pas liés par amour, je ne suis point assez stupide pour le croire. J'ai appris à t'aimer. Je pensais sincèrement que c'était réciproque. Force était de constater que non.  

Elle s'arrête pour boire une gorgée, utile pour qu'elle garde son intonation et pour réfléchir aux mots suivant, reprenant quelques secondes plus tard.

(Seylim) ▬  Peu importe. J'ai enterré depuis des années la possibilité que mon amour soit réciproque. Néanmoins... Hors ton mensonge, grossier de surcroît, j'ai mal vécu le fait que tu m'expliques, calmement, que j'étais une bonne épouse. Assez pour te soutenir, pas assez pour avoir ta confiance. Ce jour-là, tu as brisé l'enfant que j'étais encore, la femme et l'épouse. Je doute d'avoir retrouvé toute la confiance que j'avais avant cette sata... Hum. Avant cette nuit-là.  

Elle sourit. D'un sourire douloureux. Elle n'a retrouvé qu'une petite partie de son ancienne confiance en elle. Elle jouait en d'autres circonstances... Elle se souvient d'une grosse part de leur « discussion » qui n'en était pas une. Et elle ne lui en tient pas rigueur. Liekki l'épauler. Ils finiront par surmonter tout ça. Mais pour l'heure, ce qu'elle avait caché, elle devait lui dire. Que ça lui fasse mal ou non. Elle n'aurait probablement pas d'autres chances de tout dire...

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Re: Braises et brasier [Seylim] Mar 26 Mar - 8:59
 
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La peau de Seylim prend des reflets de bronze à la lueur des bougies lorsqu’elle se lève. Ishüen en admire sans un mot les nuances, songe à l’artisan fiévreux qu’il était il y a quelques minutes lorsqu’il faisait fondre ce métal sous ses caresses, le modelait à l’image de leur désir. Bientôt, la soie légère et transparente la dérobe à son regard et ses yeux reviennent d’eux-mêmes sur son visage alors qu’il écoute ses paroles, lui laisse deviner toutes les fêlures que le temps n’a pas encore reforgées.

« Je te présenterai de nouveau mes excuses si cela pouvait contribuer à effacer le mal que je t’ai fait. Hélas, rien de ce que je pourrais dire aujourd’hui ne peut effacer les fautes que j’ai commises hier. »

Reposant sa coupe sur la table de chevet, le Seigneur des Chevaux imite son épouse et se rhabille d’une robe de chambre légère pour chasser les frissons semés sur leurs peaux par la fenêtre ouverte et revient auprès d’elle. Ses mains se posent sur ses hanches généreuses, cherchent à lui faire oublier la douleur passée, présente, dans la dévotion de leur pèlerinage.

« Seylim, ma tendre… Tu n’es ni une enfant, ni l’un de mes biens, cela je peux te l’accorder. Mais je suis au regret de devoir réaffirmer que tu es une bonne épouse, la meilleure que j’aurais pu souhaiter. Bien meilleure que ce que je peux mériter. »

Aujourd’hui encore, il comprend et ne comprend pas comment que son compliment ait pu se revêtir d’épine, à quel point la satisfaction d’être la femme dont il a besoin à ses côtés peut sembler bien pâle en regard de la joie de se savoir adorée par un époux aimant. Il aurait voulu que ses sentiments pour elle soient ce qu’elle en attendait. Il aurait voulu que son affection soit torrent et flammes, mourant et renaissant sans cesse dans ses regards et ses baisers. Il aurait sincèrement souhaité lui offrir autre chose que le profond attachement, l’estime indéfectible qu’il lui porte depuis des années. D’autres qu’elles trouveraient sans doute que ces sentiments sont bien plus précieux, plus rares et plus fiables qu’une passion imprévisible. Lui-même en est convaincu, pour avoir goûté aux deux, pour avoir vécu dans sa chair les dégâts et brûlures que l’on récolte à s’aventurer dans la demeure de l’amour en laissant la raison sur le seuil. Humblement, avec presque une ombre d’hésitation pour faire frémir ses cils, Ishüen baisse les yeux et soupire avant d’avouer à son tour ce qu’il a sur le cœur depuis temps d’années :

« J’ai… j’ai aimé ce garçon, il serait vain de le nier à présent. Je l’ai aimé et je n’ai rien pu y faire même si je savais que rien de bon ne pourrait advenir de tels sentiments. Mais cet amour a failli me coûter des choses bien trop précieuses pour que cela puisse durer, pour que je ne finisse pas par m’en défaire d’une façon ou d’une autre. J’aurais simplement aimé que tu n’aies pas à souffrir de mes faiblesses. »

L’une de ses mains quitte sa hanche pour plonger dans ses cheveux, caresser son visage, en recueillir la courbe au creux de sa paume alors qu’il dépose un baiser sur l’ourlet de sa lèvre.

« Tu as le droit de ne plus me croire. Je continuerai donc de te le dire : c’est toi que je veux auprès de moi, Seylim. Nulle autre. »
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Re: Braises et brasier [Seylim] Lun 6 Mai - 16:36

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C'est un instant compliqué. Seylim le sait et encaisse les propos de son conjoint. Il ne lui dit rien qu'elle ne sache, qu'elle ignore mais l'agnienne taît la douleur ressentie. Après tout, il est une chose de se douter, une autre de savoir et une autre encore d'entendre. Seylim tente d'oublier la douceur de ses courbes, le brun de sa peau... Elle essaie, vraiment, de ne pas voir ce qui l'a charmé quelques heures plus tôt... quelques années plus tôt... à défaut d'y arriver, elle se rend compte que jamais elle n'arriverait à le détester. Pas depuis cette nuit-là. Il faut croire qu'elle avait déjà puisé ses réserves de haine à son égard. Il recouvre son corps trop parfait pour un simple mortel, se rapprochant d'elle. Et il lui dit ne pas la voir comme une petite fille – ce qui lui arrache sourires et rires.

(Seylim) ▬  À l'époque si. Tu n'y voyais pas ce que tu vois maintenant. J'assume être en partie en tord. Si je n'avais pas caché mon caractère, serais-tu rester à mes côtés ? J'ai beau y penser depuis huit ans, je n'ai toujours de réponses.

Elle semble réaliser ses mains sur ses hanches, son regard presque inquiet. Se serait-elle énervée s'il avait réagit de la sorte ? Oui sûrement. Mais là n'était pas le problème. Ses oreilles écoutent, retiennent. Elle pensait avoir enterré l'idée d'un couple amoureux. Visiblement, non seulement elle s'était trompée mais il semble construire à coup d'arguments une pelle métaphorique.

Ah... Il n'y a rien de bon à aimer un homme qui ne vous offre que du respect.

Elle reste contre lui, profitant de ses gestes alors que ses paroles détruisent les quelques doutes qui subsistaient à la raison. Il lui tend l'objet fini, un peu comme une demande non formulée pendant qu'il lui explique ne jamais l'aimer. Non. Il lui dit ce qu'elle veut entendre. Mais dans son intonation elle entend le respect et la loyauté. Pas l'amour qu'elle cherche tant. Le silence les observe, eux, enlacés, lui, sincère, elle, toute fierté envolée. Lentement, ses mots l'atteignent et la lancent alors qu'elle ne prononce une plainte.

(Ishüen) ▬  J'aurais simplement aimé que tu n'aies pas à souffrir de mes faiblesses.

Il continue de tendre la pelle invisible, forgée et l'embrasse chastement. Sa faible étreinte fut rendue. Et l'agnienne empoigne l'objet sans s'en rendre compte.

(Seylim) ▬  Je ne te laisserais pas seul. Tu es mon époux. Le seul. L'unique.

Et maintenant qu'il ne sera jamais mien tel que je le désire... Que vais-je faire... ?

Creuser. Un peu plus longtemps, plus fort, plus vite. Ça la blesse, pourtant, elle creuse encore.

(Seylim) ▬  Je n'ai souffert que de ma propre naïveté. L'amour n'était sûrement pas pour nous. Vraisemblablement, nous n'en avions pas besoin. Toi et moi ne sommes pas doués pour offrir nos cœurs.

Lui a un autre qu'il ne pouvait avoir. Elle aussi. Il ne serait jamais sien. Il était son mari et ne lui appartenait en rien. C'était douloureux. Triste. Elle est, sentimentalement, seule. Elle observe le trouve qu'elle a elle-même creusé. Profond. Irrégulier. Comme elle.

Et maintenant ?

Maintenant ? Rien. Plus d'amour. C'est plus simple ainsi. Moins douloureux. Supportable.

(Seylim) ▬  Je ne crois que l'époux. Avec le temps je finirais par me détacher de l'homme.

Ses propos sont douloureux. Blessants. Pour eux deux. Mais elle n'oublie pas qu'elle n'a qu'une chance. Alors elle poursuit, bien vite rattrapée par ses sentiments et les larmes qui naissent de ses propres mots.

(Seylim) ▬  Je l'ai dis, nous ne sommes pas liés par amour. Si tu n'arrive pas à m'aimer... C'est que c'est à moi d'arrêter.

Je ne veux pas. Je n'ai pas le choix. C'est dur. J'ai mal...

Et les larmes coulent lentement aors qu'elle enterre un amour impossible. Son amour. Son visage se baisse avant qu'elle ne conclut doucement.

(Seylim) ▬  Ça ira Ishüen... C'est juste un peu plus... difficile que ce que j'imaginais.

#iwhae pour epicode
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Ishüen
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Re: Braises et brasier [Seylim] Mer 22 Mai - 16:34
 
Braises et brasier

Le rire de Seylim est doux, délicat, et pourtant il recouvre tant de douleur qu’Ishüen sent soudain ses mots perdre tout leur pouvoir. C’est le rire dont elle accueille les charmantes bêtises de leurs enfants, avec lequel elle ôte leur importance aux choses qui l’atteignent. C’est le rire de toutes les filles de Shil ben Naash, l’une de leurs armes les plus cruelles. Le Seigneur des Chevaux en supporte la brûlure avec humilité tandis qu’elle se coule dans ses bras avec la tendresse d’une épouse pour le poignarder droit au cœur avec ses propres souffrances, tout ce que ses actes d’autrefois ont causé. Sa main quitte la lourde draperie de ses cheveux, enlace ses épaules ronde, glisse le long de son dos alors qu’il tente vainement d’apaiser la douleur dans le cheminement de sa paume. Il a bien conscience qu’il pourrait voyager des années dans chaque recoin de son corps sans que jamais cela ne lui permette de remonter le temps jusqu’à la source de ses erreurs mais c’est la seule chose qui lui reste. Cela, et les questions sans réponses qui les accablent tous les deux, comme un rideau de pluie.

Les choses auraient-elles pu être différentes ? Aurait-il pu se laisser charmer par le tempérament de feu de son épouse s’il l’avait découvert plus tôt ? S’il ne l’avait pas découverte si jeune et si vulnérable lors de leur nuit de noces ? Cela ne leur appartient plus désormais. Ce n’est que cendres et braises qui finiront par mourir comme le prophétise son épouse. Avec le temps, elle se détachera de lui. Et même si cette perspective le blesse plus qu’il ne saurait le dire, Ishüen ne dit rien. Nulle protestation, nulle excuse, nulle nouvelle promesse ne franchit ses lèvres. À quoi bon ? Cela serait inutile et de toute manière, il n’en a pas le droit. Même si cela devait advenir, ce ne serait que la juste conséquence de ses actes. Pourtant, bien qu’il ne puisse pas s’opposer à ce triste présage, le Seigneur des Chevaux étreint plus fortement sa femme, pressant son front et son corps contre les siens comme pour la retenir encore. Il ne peut pas lui rendre son amour qu’elle ne peut pour l’instant s’en défaire et il sent presque physiquement les liens de ce piège qui les enchaîne l’un à l’autre sans leur laisser le loisir de s’atteindre. Peut-être est-ce du au fait de se retrouver ici, cerclé de souvenirs doux-amers alors que les lanternes de la fête marquait quelques heures plus tôt le début d’une nouvelle ère, mais leur étau lui semble soudain insoutenable. Il ne peut être juste qu’ils soient tous les deux condamnés à une vie sans amour, de se trouver si seuls dans les bras l’un de l’autre. Alors, comme en réponse à cette cruelle fatalité, les gestes d’Ishüen se font soudain plus impérieux tandis qu’il revient surplomber le corps de son épouse, qu’il capture de nouveau sa bouche et laisse se mêler leurs chevelures. Sa voix est un murmure rauque, lent et pressé à la fois lorsqu’il roule sur la peau fine de sa gorge, précédent de peur le baiser :

« J’ai envie de toi... »

Que leur reste-t-il à part l’ivresse des sens pour se sentir en vie ? Pour tenter de s’approcher de celui qui, jamais, ne leur appartiendra...
Codage par Libella sur Graphiorum


HRP:
Terminé pour moi ! Merci encore pour ce rp, ma femme adorée :3
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Re: Braises et brasier [Seylim]
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