Seigneur des Chevaux
avatar
Messages : 356
Inscrit.e le : 01/03/2018

Ishüen

Seigneur des Chevaux
Voir le profil de l'utilisateur
le Ven 28 Sep - 20:16
 
Braises et brasier


Cela ne s’était pas fait aussi rapidement que prévu. Il est facile de s’éclipser d’une fête pour deux jeunes amants fougueux, n’ayant à se soucier de rien d’autre que de leur passion toujours inassouvie, toujours renouvelée. Il n’en va pas de même pour un couple marié nanti de responsabilités politiques et de deux jeunes enfants encore avides de découvrir tout ce que la nuit et les réjouissances le long des rives du lac ont à leur offrir. Au final, le Seigneur et la Dame des Chevaux mirent au moins une heure après leur danse devant la table de ses souverains à quitter les lieux, et encore une demi-heure pour que leur calèche parvienne à se défaire de la foule qui se presse sur les routes, dans un sens ou dans l’autre. Sur le chemin du retour, les filles parlent toutes les deux à la fois pendant dix minutes, se remémorant sans fin cette soirée magique à leurs yeux, puis elles s’endorment sans demander leur reste. Tylim appuyée le flanc de son père, Shensheïla allongée sur les genoux de sa mère, les deux enfants se laissent bercer par le cahot du véhicule et ignorent tout ce qui se joue entre leurs parents pendant leur sommeil. Durant tout le reste du voyage, mari et femme ne prononcent pas un mot. Ils se contentent de se regarder, de plonger dans les yeux l’un de l’autre et de cultiver le désir qui les a saisi, les a unis comme deux flammes se confondant l’une en l’autre le temps d’une danse. Ils font revivre la mélodie lancinante de l’oud et la percussion sauvage de la darbouka, ils se reposent les questions qu’ils se sont murmurées.

N'ai-je jamais dansé avec ton corps ? N'est-ce pas l'une des plus belles danses que nous avons faites ?
Plus précieuses à mes yeux que toutes les autres...  


Ils regagnent le palais d’Ébène et ce dernier, malgré l’heure tardive, fourmille d’agitation pour accueillir au mieux leurs prestigieux invités et leurs suites la plus proche. Seylim, en tant qu’ambassadrice, dispose de sa propre suite et pour l’occasion, elle y loge mari et enfants. C’est là qu’ils se rendent dans les couloirs au marbre poli. Portant Shensheïla toujours endormie dans ses bras, Ishüen marche aux côtés de son épouse qui a passé un bras autour des épaules de leur aînée. Cette dernière les suit les yeux fermés, titubant de sommeil, et se rendort presque aussitôt lorsqu’elle se recouche quelques minutes plus tard aux côtés de ses frères et sœurs. Le Seigneur des Chevaux laisse sa fille aux bons soins de Najat pour qu’elle la déshabille et la mette au lit, embrasse le front de ses enfants qui dorment tous ensemble sous les draps de soie et les couvertures brodées, blottis comme des chatons parmi les oreillers. Repoussant du doigt une mèche brune sur un visage rond, il se laisse aller à sourire en contemplant leur sommeil paisible. Ses quatre enfants, sa vie, ses astres… Puis il se redresse, prend la main de sa femme et l’entraîne en silence dans la pièce attenante, la chambre conjugale. La porte est à peine close que sa prise se fait plus ferme sur les doigts fins de son épouse. D’un mouvement vif et souple, il l’attire à lui, l’emprisonne entre ses bras et enfouit sa main dans l’océan de sa chevelure d’ébène pour capturer sa bouche de la sienne.

« Ta danse était merveilleuse... »

Ses doigts sur sa nuque incline sa tête en arrière, offre sa gorge à ses baisers et le Seigneur des Chevaux y plonge pour boire à la source le parfum de sa peau.

« Je veux la poursuivre ici... »

Lentement, il la guide vers le large lit qui les attend sans que jamais ses lèvres ne la quittent.
Codage par Libella sur Graphiorum
Agni
avatar
Messages : 89
Inscrit.e le : 09/05/2018

Seylim

Agni
Voir le profil de l'utilisateur
le Mar 2 Oct - 3:45

Braises et brasier

[feat. Ishüen]



"Danse : frustration verticale d'un désir horizontal"
L'alphabet selon Desproges

=>85e jour de Liekki, an 1000.
Le silence de la calèche avait quelque chose de calme et reposant. Les deux aînées du couple avait échangé – si l'on pouvait appeler le capharnaüm qu'avait duré la discussion – leur avis commun sur la fête du Lac. Toutes deux s'en extasièrent jusqu'à s'éteindre rapidement. Et c'est à cet instant que, dans un autre contexte, nous aurions pu trouver un couple exténue, pressé de se reposer et profitant de la douceur nocturne qui les entourait. Cela aurait parfaitement pu être le cas. Néanmoins pas ce soir-là. Que cela soit pour le Seigneur ou bien pour sa Dame, il était assez clair que la danse n'avait que commencée.

Les regards qu'ils échangeaient valaient chacun un millier de mots, malgré le silence ambiant qu'ils ne semblaient prêt à rompre. Elle voulait danser pour lui. Elle voulait chanter pour lui. Une chanson qui porterait son nom. Une danse où l'un et l'autre abandonneraient corps, cœur et âme à l'autre. Les mots lâchés plus tôt semblaient suffisant pour que l'envie et le désir ne fasse que s'intensifier sous les longues minutes du trajet.

Sûrement trop tôt pour leur ange, Seylim entreprend de réveiller faiblement sa fille aînée qui marche encore dans les limbes de Morphée, suivant en silence la pression qu'exerce sa mère sur sa frêle épaule. L'ambassadrice suit sa servante jusqu'à retrouver ses trésors. Imrani dort paisiblement et aussi profondément que son frère, bientôt rejointe par Tylim qui ne se fait pas prier. Najat s'incline face au couple, avec le respect qu'elle ressent à leur égard, lorsque le Maître lui confie sa cadette et que Seylim patiente derrière son compagnon pour embrasser chaque petit être endormi, d'un amour évident. L'instant est tendre, l'attention des parents dévouée à leur progéniture. Lorsqu'elle sent les doigts de son époux se lier lentement aux siens, la Dame du désert le suit, son ventre chauffant bien trop vite alors qu'ils se retirent dans la chambre conjugale. C'est à cet instant précis que le désir semble exploser. Ishüen l'attire vers lui, s'emparant de ses lèvres avidement.

Elle ne résiste pas. Elle s'avance d'un demi-pas, pour se lover contre lui, le laissant déguster sa peau. Elle soupire, langoureusement, venant d'elle-même chercher plus de baisers de sa moitié.

(Ishüen) ▬  Je veux la poursuivre ici.
(Seylim) ▬  Alors danse pour moi Ishüen...

Ses pas se décalent avec la lenteur qui caractérise le couple prêtant plus d'attention au contact de leurs lèvres que de leurs mouvements. Seylim sourit. Avec l'agilité de la danseuse qu'elle sait être, elle laisse son compagnon atteindre le lit en premier. Ses mains se relèvent doucement, retirant un à un les divers ornements qu'elle porte. Jusqu'à ne porter que sa robe . Elle a prit son temps, pour attiser son Seigneur mais aussi pour se défaire de chaque facette qu'elle n'utiliserait pas. Au revoir l'ambassadrice. Au revoir la Dame des Cheveux. Au revoir la Mère. Au revoir la Bin Shil. En l'instant, Ishüen fait face à Seylim. La femme. L'amante.

Elle se rapproche toujours aussi lente. Elle ne veut pas juste combler le désir qui emporte son corps. Elle veut qu'il en tombe amoureux. Elle veut le séduire. Qu'il ne voit qu'il. Qu'il murmure son nom comme jamais elle ne l'avait entendu. C'est sûrement trop désirer. Mais si elle s’enorgueillissait de petites choses, les grandes victoires n'auraient aucune intérêt. Elle rapproche leur corps jusqu'à échanger un nouveau baiser, qui lui coupe la souffle sous l'intensité qu'elle y met.

(Seylim) ▬  Ishüen... Je pourrais croire que tu n'as pas aimé que je danse face à si grand public. Mon époux serait-il jaloux d'autrui ?

Aucune pique, aucun sarcasme, aucune malice. Une simple question, curieuse, douce, pendant que ses lèvres se décalent sur sa gorge avec la lenteur qu'elle veut garder. Ses lippes dégustent sa peau, chaque inspiration la comble de son odeur, et sa voix reprend, murmurée.

(Seylim) ▬  Tu es une vile tentation mon époux... Mon corps te désire ardemment. Il veut s'unir avec le tien, impatient, avec la fougue d'une diable. Et je veux te voir. Je veux observer ton regard. T'entendre chanter. Te voir danser. Sur. Sous moi...  

Dans la faiblesse de l'instant, elle poursuit, aussi franche et les mots choisis de la jeune mariée qu'elle avait été.

(Seylim) ▬  Je souhaite prendre ton cœur. Que tu me l'offres. Je veux que tu prennes le mien. Mon époux. Je veux que tu m'enlèves. Que ton regard me voit, me dévore et qu'une passion sans limite t'embrase. Ishüen... Mon seul Seigneur... Laissez-moi vous aimer comme la première fois où vous avez fait de moi une femme.

#iwhae pour epicode
Seigneur des Chevaux
avatar
Messages : 356
Inscrit.e le : 01/03/2018

Ishüen

Seigneur des Chevaux
Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 7 Oct - 19:03
 
Braises et brasier



Codage par Libella sur Graphiorum
Agni
avatar
Messages : 89
Inscrit.e le : 09/05/2018

Seylim

Agni
Voir le profil de l'utilisateur
le Jeu 11 Oct - 18:12

Braises et brasier

[feat. Ishüen]



"Danse : frustration verticale d'un désir horizontal"
L'alphabet selon Desproges

=>85e jour de Liekki, an 1000.
S
#iwhae pour epicode
Seigneur des Chevaux
avatar
Messages : 356
Inscrit.e le : 01/03/2018

Ishüen

Seigneur des Chevaux
Voir le profil de l'utilisateur
le Lun 15 Oct - 11:55
 
Braises et brasier



Codage par Libella sur Graphiorum
Agni
avatar
Messages : 89
Inscrit.e le : 09/05/2018

Seylim

Agni
Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 17 Oct - 2:31

Braises et brasier

[feat. Ishüen]



"Danse : frustration verticale d'un désir horizontal"
L'alphabet selon Desproges

=>85e jour de Liekki, an 1000.
S
#iwhae pour epicode
Seigneur des Chevaux
avatar
Messages : 356
Inscrit.e le : 01/03/2018

Ishüen

Seigneur des Chevaux
Voir le profil de l'utilisateur
le Ven 2 Nov - 8:45
 
Braises et brasier



Codage par Libella sur Graphiorum
Agni
avatar
Messages : 89
Inscrit.e le : 09/05/2018

Seylim

Agni
Voir le profil de l'utilisateur
le Sam 8 Déc - 15:19

Braises et brasier

[feat. Ishüen]



"Danse : frustration verticale d'un désir horizontal"
L'alphabet selon Desproges

=>85e jour de Liekki, an 1000.
L
#iwhae pour epicode

Contenu sponsorisé

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum