Akasha
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Lexane

Akasha
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le Mar 13 Nov - 20:50

~Who's gonna die ?~

Lorsque l'ombre t'est refusée, choisis la lumière puisque être visible est souvent le meilleur moyen de ne pas être vu.




Tu as froid Lexane, et ton souffle récurrent sur tes doigts gelés ne parvient pas à les réchauffer. Cela fait plus d'une heure que tu attends, et le temps se fait long. Trop long. Tu guettes au loin pour voir si tu n'aperçois pas ne serait-ce qu'une ombre fugitive, mais rien ne se révèle au loin. La forêt et ses abords demeurent obstinément vides.  Tu resserres les pans de ta cape autour de toi et abats ta capuche sur tes paupières. Puis tu souffles longuement.

Tu dois juste intercepter un message Lexane, alors pourquoi est ce que tu hésites ? Est-ce le fait de révéler un message peut-être important à des gens dont les intentions sont sûrement peu honorables ? Non, ce n'est pas le problème.

Tu te sens juste fatiguée. Et ça de plus en plus.
Jusqu'à ce que je vienne te chercher Lexane.

Faisant rouler dans tes pièces les quelques pièces données en guise d'avance pour ton travail, tu te remémores les caractéristiques de ton messager. Pas de cheveux, peau basanée... Tu le reconnaîtras. Et ton informateur était formel : l'homme doit passer par là. Il faut donc attendre. Tu fermes brièvement les yeux, pour te remémorer ce que tu as à faire. La phrase s'impose dans ton esprit :

Agir en primitif mais prévoir en stratège.

Ton maître mot. Ce qui guide toutes tes actions, toutes tes réflexions. Est ce que le fait de tuer un homme probablement innocent te rend proie du scrupule qui te rongerait ? Non. La Rouille te ronge bien elle, et personne ne s'en insurge. Soudain, tu l'aperçois. Forme fugitive avançant rapidement, le galop du cheval engendre un bruit mat et sourd. Cette sonorité encore ténue tout tes sens en alerte. Te ramassant sur toi même, le corps tendu comme un ressort, tu guettes le bon moment. Perchée, dans l'ombre, sur une branche d'un chêne qui semble centenaire, tu retiens ta respiration.

Efficacité. Propreté. Rapidité. Autrement dit, vite fait, et bien fait.

Puis, le moment vient. Tu hésites pendant quelques instants à abattre le destrier qui porte le messager, mais les chevaux se vendent bien. Ton choix est fait : la bête vivra.
D'un coup de reins tu t'élances en avant, parcourant les quelques mètres de hauteur te séparant du sol en une courbe épurée, et tu percutes l'homme chauve au niveau du torse, le plaquant sur le sol sous ton poids, en une explosion de terre mouillée. Le cheval continue sa course encore quelques temps, puis s'arrête en hennissant. Mais alors que tu dégaines ton poignard pour égorger le messager, tu sens sous tes cuisses le métal dur d'armes dissimulées sous la tunique ample.

Puis tu croises son regard.

Tu réalises.

Ca ne va pas être facile, hein Lexane ?

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Vaata
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Vipère

Vaata
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le Jeu 15 Nov - 9:40
Pas aujourd'hui.

Eira. Vent froid, humide. Pluie glaciale et lourde. Soleil hâve, de temps en temps.
Je ne déteste pas cette saison.

Cela sonne toujours étrange aux oreilles de la part d’un agnien, ce n’est pourtant pas très difficile à comprendre. Quand j’ai froid, je peux me couvrir, m’abriter au coin d’un feu ou d’une peau amicale. Quand la chaleur m’accable, je ne peux pas retirer ma propre peau. Le froid s’insinue partout mais on peut plus facilement le maintenir à distance. La chaleur étouffe, assèche, épuise, rend fou et rend seul. Et puis, dans les forêts de Vaata, le vent est moins coupant car il est trop occupé à faire chanter les branches des arbres. Écoute…

Le cylindre de métal bat légèrement contre ma hanche au rythme des pas de Graine sur le chemin boueux. Il est solidement attaché mais je vérifie régulièrement qu’il s’y trouve toujours. À l’intérieur, une feuille de papier. J’en connais le contenu. Ce n’est pas toujours le cas. Les messagers de la Guilde doivent toujours connaître et ignorer à la fois. Si l’on me demande, je ne sais rien. Ni le message, ni les chemins dérobés à emprunter pour le délivrer. Nous avançons, c’est tout. La route d’aujourd’hui est silencieuse et humide comme elle l’est toujours entre Azura et Aray. Je ne l’aime pas car elle est monotone et dangereuse. Il ne fait jamais bon s’aventurer seul dans la forêt pendant la saison froide. La faim pousse tout le monde sur les sentiers…

Graine s’agite, renâcle, je tire sur les rênes pour l’arrêter et observer les arbres. Seulement le vent et la lumière maussade entre les branches dénudées. Je fais confiance à mon cheval. Mieux vaut prendre un autre chemin.

Tu m’atteins en pleine poitrine au moment même où je tourne bride.

Choc. Les pierres sous la terre molle, dans mon dos. Graine hennit et s’éloigne d’un bond, apeurée. Tes cuisses enserrent mon torse, ton genou bloque l’un de mes bras. Encore surpris, je cherche la prochaine menace.
Je vois la dague et ton visage.
Tu es jeune. Tu hésites une fraction de seconde.
Le feu familier m’envahit.

Poussant violemment de mes pieds contre le sol, je projette mes deux genoux dans le creux de ton dos. C’est suffisant pour que tu desserres ta prise, que je te fasse rouler sur le côté. Je roule avec toi sitôt après, dégainant ma dague dans le mouvement pour la planter sans pitié là où se trouve ta gorge. La lame ne mord que la terre. Je la retire aussitôt pour me redresser, bondir hors de portée, tirant le cimeterre de son fourreau sans te quitter des yeux.

Graine hennit toujours un peu plus loin, terrifiée. Si je fuis et bondis sur son dos, je te donne trop d’ouvertures. Tu es rapide. Pour le moment, tu es seule mais ça ne veut rien dire. Il y a peut-être un complice quelque part derrière un arbre, avec un arc bandé en direction de mon dos. Je ne dois pas rester immobile.

Sans un mot, sans un cri, je cours au contact. Tu n’as qu’un poignard pour l’instant. Moins d’allonge, des parades plus difficiles, peu de choix à part l’esquive. Or, je ne te laisse pas de répit. Là où le cimeterre te manque de peu, la dague t’attend toujours pour te ramener dans son sillage.
Tu es vive et souple. J’ai l’habitude. Je suis ainsi fait, moi aussi.

La lame accroche ton vêtement, déchire le tissu, attaque la peau de ton épaule. Du sang tombe sur le sol, boueux comme s’il avait plu dans l’arène.
Pendant un instant, nos regards se croisent à nouveau.
La blessure est superficielle, mais le premier sang m’appartient.
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Akasha
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Lexane

Akasha
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le Sam 24 Nov - 10:14

Complication


L'homme et l'ours se disputent un territoire. Qui a raison ? Le chat qui les observe.




Tu portes ta main à ton épaule, puis tu serres les dents. Erreur de débutante Lexane, et déjà tu enrages.

Mais tu es encore une débutante Lexane.
La douleur lancinante est un cuisant rappel de ton incapacité à avoir fait ce qu'il fallait. Maintenant, il faut passer outre, et l'écraser.

Tu lances prestement ta lance, sachant pertinemment que ton adversaire va l'éviter, et tu te jettes sur lui. C'est alors une véritable avalanche de coups : Lexane frappe, l'homme pare, Lexane perd.

Tu te sens légèrement dépassée, et sais que tu vas perdre. Tu souris presque malgré toi, tes coups se font plus rudes, tes passes plus agiles.

Tu me frôles un peu plus avec le temps qui passe et l'épée qui repasse, et tu t'en repais. Tu vas perdre, et tu t'en délectes. Comment vas tu perdre ? Quel sera le coup qui te clouera au sol, qui remplira ta bouche de sang, qui te fera vomir tes artères et ramper comme un chien ? Ta dernière vision sera-t-elle celle d'un cheval s'éloignant au galop , et le goût de l'échec au fond de la gorge. Comment devras tu expliquer que tu as perdu ? Iras tu au moins t'expliquer, ou continueras tu de t'entraîner pour tous les écraser un jour ?
Mais il ne faut pas que tu te déconcentres, et malgré les blessures superficielles que tu as infligé à ton ennemi, il mène toujours la danse.
Il serait temps de passer de partenaire à guide, dans cette valse infernale. Et tant pis pour les conséquences. Tu sens déjà certaines parties de ton corps te brûler, comme anticipant la douleur à venir.

Alors que tu t'apprêtes à te jeter sur lui, à te saisir du message et à essayer de t'enfuir avec cette improvisation qui fait ta force, un grognement guttural te fait te retourner.

Apparition de cauchemar et frissons qui en découlent, sous tes yeux se dressent un ours qui n'a de bête que le nom, tant sa taille est gigantesque. Le poil pelé, écume aux lèvres, il se dresse, monstre impressionnant de majesté, devant vous. Puis c'est la charge. Les yeux encore rouge, il lève la patte pour essayer de vous déchiqueter, mais tu esquives en roulant sur le côté. D'un rapide coup d’œil, tu évalues la situation.

Qu'est ce qu'un monstre pareil fait ici ? Tu savais que les terres de Vaata était réputées pour leur chasse, mais tu ne pensais pas que le gibier était si...Vigoureux. La bête attaque de nouveau , les yeux fous. I charge, et pendant quelques instants tu t'émerveilles, puis tu passes à l'action. Lance en main, tu la projettes sur les flancs de la bête. Elle s'y enfonce mollement, mais sans avoir l'air de l'affecter plus que cela. C'est un véritable monstre d'une taille fantastique, qui pourrait faire d'énormes dégâts dans de simples villages de paysans, et encore plus contre deux abrutis qui se castagnent en pleine forêt. Il faudrait la tuer, pour peut-être sauver la vie d'éventuelles victimes, mais le sauvetage ne fait pas vraiment partie de tes compétences ? Le combattre ? Infaisable seule. La fuite promet d'être intéressante. Même si plus rapide que toi, le monstre, occupé, devrait te perdre de vue pendant que.... Tu jettes alors un regard à celui qui, d'adversaire mortel, et devenu allié d'infortune. Allié, rien n'est moins sûr, et peut-êter que ce type préfère mourir ici. Mais ça ne coûte rien d'essayer. Et puis si il veut combattre, elle combattra aussi. Mais hors de question de se faire cette monstruosité seule.

-On sacrifie ton cheval, et on se casse !

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Vaata
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Vipère

Vaata
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le Ven 7 Déc - 14:47
Pas aujourd'hui.

Le sang pâlit sur la neige, j’ai essayé une fois. Il tombe en gouttes qui ressemblent à un murmure, aux pétales d’une fleur dessinée comme dans un tableau. Il n’y a que sur la neige que la mort peut sembler douce.
Il n’y a pas de neige ici.
Le sang se mêle à la boue qui couvre ta blessure. Quelque part dans la terre et l’eau à nos pieds, il se mélange au mien. C’est aussi une rencontre, tu sais ?
Tu es habile. Tu as réussi à dégainer ta lance alors que mes attaques ne te laissaient aucun répit. Dans le Pavillon des Chiens, on t’aurait félicitée. Dans l’arène, on t’aurait applaudie. Moi je me contente de repérer les nouvelles failles de ta garde. Je sais comment abattre un adversaire avec une meilleure allonge.
Je sais tuer les bêtes aussi.

Ne pas quitter l’ennemi des yeux ni des oreilles, c’est l’une des premières choses que l’on nous apprend chez les chiens. Je te voyais. Je savais que tu allais frapper et j’aurais sans doute réussi à esquiver, venir tout contre toi là où la longueur de ta lance ne t’est plus d’aucun utilité et puisqu’il n’y a pas de neige ici, ta mort aurait juste été boueuse et triste.
Le rugissement nous fige, retarde le dernier acte.
Silence et stupeur. Les ours ne sont pas censés être réveillés en cette saison. Ils hibernent. Nous devons ressembler à deux enfant pris sur le fait. Nous sommes tous des enfants face à un tel monstre, fragiles comme à la sortie du nid, si vulnérables devant la charge.
Le sol tremble sous le poids de l’ours. Vision de cauchemar. Mes appuis restent fermes.
Moment propice. Le signal claque sur ma peau. J’esquive et roule à même le séisme, me rétablis sans attendre. Emporté par son poids, la bête ne s’arrête pas tout de suite.
Toi aussi tu es encore en vie. Je ne t’ai pas perdue de vue.

Tu parles, un cri bref sous les branches humides, et je fronce les sourcils, te regardant sans comprendre. Pourquoi dis-tu cela ? Ou plutôt, pourquoi le dis-tu comme si cela allait de soi ? Ça ne va pas de soi.
C’est stupide.
Graine hennit un peu plus loin, apeurée. Les rênes se sont prises dans des branches basses. Les ours ne sont pas des chasseurs, ils ont une trop mauvaise vue. Mais une jument prisonnière est une proie plus facile et plus conséquente pour un ours qui n’hiberne pas.
Je te jette un regard froid, affermissant ma prise sur mes lames.

« Sacrifie ce qui t’appartiens. »

Je pars à l’assaut, seul. Je n’ai pas beaucoup de chances de l’emporter. Tant pis. Graine est mon amie. Je la connais depuis bien plus longtemps que toi, nous prenons soin l’un de l’autre quand nous sommes sur les routes. Elle ne me tuera pas pour voler un message qui ne lui est pas destiné et je lui fais confiance.
Tu ne peux, en ce qui te concerne, prétendre à rien de tout cela.
Toi, tu es humaine. C’est tout ce que nous avons en commun. Autant dire rien.
J’arrive derrière la bête. Le premier coup glisse sur toute la longueur de la lame, fouaille la fourrure, entaille la graisse et la chair, tranche les tendons. L’ours hurle, se retourne et griffe l’air de son énorme patte. Je bondis hors d’atteinte.
Il faut être vif pour combattre un animal, ou un homme plus fort. Suffisamment pour l’empêcher de bouger. Les tendons, les articulations, l’amplitude de mouvement, il faut le priver de tout cela si l’on veut survivre. Seul, c’est plus dur.
Mais même si je dois faire attention aux griffes et à la gueule de cet ours furieux alors que je tourne autour de lui, que je le blesse à nouveau à l’épaule, je garde toujours un œil et une oreille sur toi...

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