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Gris
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Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Dim 19 Mai - 18:39
Gris
Généralités
• Nom:
• Prénom: Gris. Ce n'est pas vraiment un prénom, plutôt un sobriquet – tu ne mérites pas plus, tu es moins qu'humain après tout. Ce sont les dresseurs qui l'ont choisi, allusion peu subtile à tes cheveux, à ta peau. Avant ça, tu n'étais personne, tu ne répondais à aucune désignation. Maman ne t'appelait pas. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Tu n'étais qu'un de plus, un parmi la multitude.
• Age: 32 ans.
• Genre: Mâle.
• Origines: Né à Agni – dans le Pavillon des Chiens. Ta mère était prithvienne. Et ton père, on ne sait pas vraiment, trop de possibilités.
• Lieu de vie: De-ci, de-là. Tu vagabondes et colles Coyote comme une sangsue. Si seulement tu pouvais passer ta vie accroché à son dos, ce serait parfait. Sinon, vous avez une cabane à Aap. Un truc fait à la va-vite, avec quelques rondins de bois et suffisamment près d'un lac pour que tu puisses pêcher. Tu adores pêcher.
• Métier: Chien envers et contre tout, malgré tout. Chien jusque dans le comportement. Chien, pas même humain. Sorti du Pavillon, t'as été gladiateur. Ensuite remisé au rang de protecteur pour l'héritier clinquant et ronflant d'un Seigneur Marchand. Aujourd'hui esclave en fuite. Mercenaire en devenir. Mais surtout, chiot à tout faire de Coyote.
• Avatar: Master © Aenaluck
• Règlement:
• Chemin: J'ai des contacts, qu'est-ce que vous croyez ?
• Commentaire: Je veux faire des bb vikings. Sinon, plus sérieusement. J'ai fini l'histoire de façon un peu abrupte (mea culpa) parce que je veux développer directement inrp la suite des aventures de Gris avec son chéri  Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 4157423808. J'ai envie de voir leur évolution se faire naturellement au fil de l'écriture, pas de l'inclure dans la présentation. Est-ce que c'est bon pour vous ?
Bagarre sous mes cernes
Parfois tu te demandes ce qu'il reste de toi, en dehors de ton corps. Finalité un brin déprimante mais tellement évidente. En dehors des cicatrices et des muscles, peintures de guerre, frise tangible de ta vie, tu n'es rien. Et ce fardeau au goût amer, tu le portes fièrement.

Parce que c'est qui tu es.
Parce que c'est ce que tu es.
Parce que ça te le rappelle.

Monstre.
Meurtrier.
Esclave.
Chien.

Tu fais peur. Et pourtant t'es beau. C'est que tu la portes bien ta monstruosité, léger fard sur ta peau pâle. D'ailleurs, elle crie que tu viens d'autre part, cette peau, de loin, de très loin. D'un endroit où les femmes sont plus nombreuses et les hommes des géants de la nature. D'un endroit où la montagne se substitue au sol et au ciel en même temps, où le froid est comme l'étreinte de l'amante. D'un endroit que t'as jamais connu. Toi, t'es né à Agni. Au milieu des peaux basanées, éclaboussées, entachées par le soleil. Au milieu de la violence et du sang. Regarde-toi. Ça t'a forgé.

Une silhouette massive. Un nez qui serait droit s'il n'avait pas été cassé – combien de fois déjà ? tu as perdu le compte, pour ce que ça importe. Des fois, tu te dis que tout ton corps a été brisé, qu'aucun de tes os n'a été épargné. Et qu'ils se sont réparés pour devenir plus forts. Parce que, regarde-toi. Une mâchoire solide, autant que tes poings crispés aux jointures blanchies. Rien ne sert de te tendre, mais tu n'as encore jamais appris à te détendre. Comment aurais-tu pu de toute façon ? Comme beaucoup d'autres, t'es sorti de Fosse avec un corps de gladiateur, des muscles durs comme du roc, denses et saillants, se contractant avec toute l'agilité de celui qui est habitué à les utiliser. Une paire d'épaules solides, liées à des bras puissants. Des jambes longues vigoureuses, à la démarche lourde et cadencée. Il y a de la lassitude, de la fatigue dans tes pas – peut-être à cause de cette blessure, là, à ta jambe gauche, qui te fait boiter et hésiter parfois. Un dos sculpté qui s'arrête sur des hanches marquées et des fesses fermes. Ça plaisait, quand t'étais plus jeune. Plus malléable. Plus facile à pencher pour qu'on puisse te baiser.

Mais ça, c'était avant.
Plus maintenant.

T'as grandi, t'es devenu plus fort. Le plus fort. Et tu fais peur, tu sais ? De toi, il émane comme une puissance violente, si terrible et brûlante qu'elle en devient palpable. Mais sous tes airs de rustres, t'as la peau douce. Même là où il y a des bosses. Même là où il y a des creux et des accrocs. Plus ou moins lisse mais douce et chaude. T'as toujours eu la peau chaude, d'ailleurs. Comme si le feu de la marque au fer rouge, là, sur ton dos, s'était dilué dans tes veines. Des flammes et de la lave sous la peau. Gravure ancrée, c'est ton collier et ta laisse, ton identité et ta déchéance. Gris, le Chien. Chef d’œuvre de Raasfalim.

Oui, tu fais peur. Mais pas que.

Ce qu'on remarque en premier, chez toi, ce sont tes sourires. T'es un peu du genre à te pâmer devant chacune des choses que tu vois alors ils sont monnaie courante. De grands, de larges sourires. Qui fendent presque douloureusement tes joues en deux et plissent un peu tes yeux. Une joie exubérante, que t'es incapable de garder pour toi et qui adoucit tes traits rudes, efface les rides de colère et d'inquiétude qui te marquent partout. Vieilli avant l'âge, tu es gris jusque dans tes cheveux un peu trop longs, un peu trop négligés, jusque dans ta barbe plus ou moins bien taillée. Les cendres de ton enfance brûlée, la poussière de ta vie volée, envolée, qui se sont posées sur toi et ne t'ont jamais quitté.

Tu portes bien ton nom, Gris.

Même tes yeux le sont. Ils ressemblent à un ciel de pluie un peu délavé, un peu fatigué. Mais il y a comme des centaines de milliers de paillettes jusqu'au fond de tes iris, autant de minuscules étoiles qui brillent, brillent, brillent si fort. Ils ont essayé de les éteindre. De les étouffer pour les faire taire. Ils ont bien failli réussir. Ils ont réussi, en fait. Rien qu'un instant, tout juste un court moment. Puis la vie, là, dehors, les a rallumées une à une et Coyote les a raccrochées sans même le vouloir.

La liberté te va bien.
Mais le cœur plein de rêves
Gris. Sale chien, ferme ta gueule et obéis. Gris. Sale chien, ferme ta gueule et obéis. Gris. Sale chien, ferme ta gueule et obéis. Obéis, obéis, obéis. C'est ce que tu fais. Obéir. C'est ce que les dresseurs t'ont appris, les bleus couleur du ciel qui s'explosent sur ta peau, les dents qui s'entrechoquent sous tes poings. C'est ce que les Maîtres t'ont martelé, les ordres qui claquent, secs, impitoyables et sans vergogne. Obéir. Obéis, Gris. Sale chien, ferme ta gueule et obéis. On t'a broyé les os, on a arraché ta conscience, piétiné toute morale, mélangé la douleur et la solitude, la souffrance de tes crocs dévoilés sur un grognement désespéré. Oh, Gris. Tu obéis. Et tu prends ton pied à le faire. Peut-être que c'est de naissance. Peut-être que c'est la faute au conditionnement. Peut-être que t'es juste comme ça.

T'es pas gracieux ou élégant, t'as rien d'un gentleman. En fait, t'as rien d'un homme. La violence est l'air que tu respires et tu pourrais probablement te nourrir des cadavres que tu laisses derrière toi. On t'a jamais traité que comme un animal, alors tu ne sais pas faire autrement, t'as des manières de bête. Tu grognes quand t'es pas content et tu mords tout ce qui s'approche trop près.

Brave bête.
C'est un bon chien, ça, hein ?
C'est un bon chien, oui.

T'aimes ce que tu fais, parce que c'est tout ce que tu sais faire et t'es bon à ça.  T'as un don pour te battre et tuer, pour frapper au meilleur endroit, au meilleur moment, mettre à terre un homme et lui arracher toute dignité, lui ôter son dernier souffle. L'éthique, la morale, tout ça, tu connais pas, ça te fait pas tiquer. Le bien, le mal, c'est quoi, ça se mange ? Personne t'a jamais rien enseigné de tout ça.

Juste les coups.
Juste le sang.
Juste la mort.

Puis tu t'es enfui.
Puis, tu t'es libéré.

Et les choses ont changé – pas toutes, mais beaucoup.

Maintenant tu souris, alors que tu sais pas faire. Tu ouvres grand les yeux et tu contemples ce monde que tu ne connais pas, que tu découvres tout juste. Tu grimaces, fais la moue, te mords les lèvres. Ta bouche se crispe, y a le coin qui remonte. Et tu finis par sourire. Encore et encore. Presque à t'en fendre les joues, à en remonter jusqu'à tes yeux pour les fermer. T'es beau quand tu souris, Gris. Et y a quelque chose qui pétille. Dans le gris de tes iris. Mais aussi, surtout, dans ton cœur. Un truc effrayant qui t'enivre et te donne le goût de vivre. Toi qui ne savais que grogner, mordre, frapper, tuer, tu n'es plus le même.

Merci le monde, oui.
Merci Coyote, aussi.

Aujourd'hui, tu traînes tes pieds partout il veut bien te guider, tu refuses de le lâcher d'une semelle. Théoriquement, on pourrait dire que c'est parce que tu es son prisonnier. Ce ne serait pas faux. T'es obligé de rester. Ne pas le quitter, ne pas trop t'éloigner. Mais à force, t'y as pris goût, pas vrai ? Il t'a appris de nouvelles choses. Il t'a montré comment pêcher, comment chasser, comment parler normalement aux gens. Le truc, c'est qu'il a beau penser qu'il est mort de l'intérieur, Coyote, il t'a appris à vivre.

C'est un peu grâce à lui que t'as toujours ce sourire aux lèvres maintenant. Ce sourire qui te mange le visage. Et tes yeux qui brillent tellement fort qu'on dirait presque que tu vas pleurer. Ah, Gris. Le monde est beau, pas vrai ? Le monde est magnifique, même, quand on peut le regarder sans contrainte. Loin de la Fosse. Loin de l'obscurité et des monstres qui grouillent dans le noir pour vous attraper les chevilles et vous les ronger. Le monde est beau et tu apprends à en profiter. Tu regardes tout, tout le temps. Parfois, tu bouges même la tête trop vite pour voir de nouvelles choses et alors, tu as le tournis. Coyote se moque de toi. Mais toi, tu veux juste en voir plus, en découvrir plus, en apprendre plus. Tu ne savais pas ce que c'est d'être humain. Toi, t'étais un esclave, moins même, rien qu'un Chien. Dressé, éduqué. Forgé pour devenir une arme des plus performantes. Tu t'es oublié en chemin pour servir tes Maîtres.

Maintenant, tu as le droit d'apprendre.
Maintenant, tu as le droit de vivre.
Maintenant, tu as le droit de devenir humain.

Et t'es avide d'en savoir plus sur les hommes. Sur les coutumes, les traditions. La vie de quelqu'un qui n'est pas esclave. La vie de quelqu'un.

Ah, Gris. Tu as des rêves plein des yeux et le cœur.
Malgré tes fêlures, tes grosses fissures.
Même si tu es fait de failles et de bosses, de creux et d'accrocs.

T'as peur. T'as pas envie d'y retourner, d'être enchaîné à nouveau. Tu comprends pas tout à ce qui t'entoure. Alors t'as peur. Et puis, tu sais pas trop t'occuper de toi-même, t'as jamais appris à suivre ton propre chemin, à tracer ta propre voie. Tu laisses les autres choisir pour toi. Tout le temps. Surtout maintenant, tu laisses Coyote tout faire, tout décider à ta place.

Tu crois plus à lui qu'au reste.
Le temps d'un instant

24è jour de Nagar — l'an 999 — quelque part en Agni

Tu t'accroupis près d'y feu, ta main plaquée au sol. Un appui. Un pivot. Prêt à t'éjecter aussitôt. Tu es trop tendu, trop brusque dans tes mouvements alors que tu le suis simplement du regard. Il te fait peur. C'est la première fois depuis longtemps, tu n'es même certain de te rappeler de quand date la dernière fois. Peut-être bien quand ton frère est mort à tes pieds et que tu t'es retrouvé seul, vraiment seul. A moins que ce soit lorsque le Maître t'a annoncé qu'il ne voulait plus de toi – trop estropié, plus bon à te battre. Un esclave inutile entend bien vite sonner le glas.

Il bouge.

Tes pensées se taisent, le murmure de la peur s'estompe. Ne restent plus que les instincts, primaires. Tu bandes les muscles et tu te prépares.

« C'est quoi ton nom ? »

Drôle de question. Le nom d'un esclave importe peu, n'est-ce pas ? Tu n'es rien, qu'un objet, un consommable. Bon à être utilisé puis jeté. Tu penches la tête sur le côté, un peu, et tu plisses les yeux. Toi, tu t'en fous de ton nom, de ceux des autres comme toi, ça n'a pas d'importance. Mais l'autre, là, il t'a demandé. Est-ce que tu dois lui répondre ?

« Gris. » Ta voix s'élève, usée et désabusée, trop peu usitée. T'avais presque oublié comment formuler ton prénom. Alors c'est laborieux, vacillant, rien qu'un grognement à peine humain. Mais tu n'as jamais vraiment été humain, de toute façon, alors ce n'est pas bien grave. « J'm'appelle Gris.

- Faux. Ce n’est pas ton prénom. C’est une étiquette. Une chaîne que tu ne pourras jamais ôter. »


de 970 à 977 — Enclos des Chiennes

Tu es né, un jour.
Tu es né, un jour, sans l'avoir décidé.
Tu es né, un jour, pris au piège sans rien avoir demandé.
Tu es né, un jour, et tu as bravement commencé à mourir.

Ils ont une façon particulière de concevoir les familles, dans les Haras de Raasfalim. C'est tout ce que tu as connu alors c'est ta normalité, banalité bien ancrée, dûment acceptée.

Il y a les Chiens.
Il y a les Chiennes.
Et ils font des Chiots.

Désacralisation de l'humain. Tu n'es qu'un parmi ta portée. Pas même assez important pour mériter un nom, de toute façon tu pourrais mourir à tout instant – c'est ce qu'ils disent.

Ils, c'est tous ceux qui t'entourent, les humains en charge de l'enclos, en charge de vous. Les Chiennes et les Chiots. Tu fais partie des Chiots. T'es né dans la fange du Pavillon et t'y grandiras, c'est comme ça.

Ils, c'est les gardes. Ils sont nombreux et ils sont partout. Ils se baladent avec leurs armes et vous surveillent de près, de très près. Parfois, ils doivent intervenir. Rarement. Les mamans maintiennent l'ordre ici, elles doivent se serrer les coudes pour espérer survivre quelques temps de plus. Les plus récalcitrants, c'est les petits, qui ne savent pas encore très bien tenir en place. Mais on vous apprend. Tais-toi. Ne bouge pas. Ne les regarde pas dans les yeux. Ne les regarde pas tout court. Baisse la tête. Attention. Arrête Gris, sois sage. Ne pleure pas. Tu n'as pas le droit de pleurer, c'est compris ? Chut. Tais-toi, tais-toi, tais-toi.

Ils, c'est aussi la cantinière qui passe toujours aux mêmes heures. Tu as essayé de lui prendre la main, une fois. Tu voulais la toucher, voir ce que ça fait, la peau d'un humain comparé à celle d'un Chien. C'est que tu ne voyais pas la différence. Trop jeune. Trop stupide. Tu as appris que la main d'un humain, elle frappe et elle mord quand on la touche, et ça fait mal. Tu ne t'es plus jamais approché après ça.

Tu commences à comprendre, à apprendre.
Tu ne seras jamais comme eux.
Tu es à peine plus qu'un outil, un animal, sale clébard destiné à la fange.

Un Chien.


de 977 à 983 — Cage aux Chiots

Tu as un nom maintenant. Tu n'es plus seulement l'un des Chiots de l'enclos.

Tu es Gris.

C'est le nom qu'ils t'ont choisi, oui. Pas ta mère mais un des dresseurs, lequel, tu n'as jamais su – quelle importance ? Gris. Une syllabe à peine. Rien qu'un son un peu chuintant. Comme un souffle qui percute.

Gris, qu'ils t'ont appelé. C'est un peu étrange d'appeler un Chien comme ça. Trop doux. Presque tendre. Peut-être qu'ils étaient à court d'inspiration. Ou peut-être que ça les amuse juste, qu'ils en profitent pour se moquer de vous.

Maintenant, ils, c'est aussi des gens qui viennent jeter un regard et qui, tu ne le sais pas encore à ce moment-là, évaluent chacun d'entre vous pour estimer le pesant d'or que vous pourrez rapporter – si vous survivez. Eux, ils sont plus gentils que les gardes. L'indifférence est sympathique après tout, elle ne blesse pas, elle ne crie pas, elle se contente de passer et disparaître sur sa lancée.

Ce sont les premières empoignades, les premiers combats. Tu te retrouves à devoir grogner et frapper pour protéger ta pitance. On vous apprend à vous battre, et vous devez mettre ça en pratique dans la Cage. Le monde n'est plus aussi doux, les jours ne sont plus aussi tendres. Maman te manque, même si tu n'as jamais été très proche d'elle, elle était le centre de ta vie, ton rempart et ton réconfort. Où est-elle ? Pourquoi n'as-tu pas le droit de la voir ? La colère qui monte monte monte. Elle court la colère, elle s'agrippe à ton cœur d'enfant, le mord et l'empoisonne comme un serpent. Tu veux maman. Tu veux qu'ils te laissent tranquille, tous.

Brave Chiot.


de 983 à 988 — Fosse des Chiens

Ces années t'ont fait, défait, construit, déconstruit - jusqu'au fiasco. Le manuel torturé de cet entraînement exalté entre dépravés. T'y as laissé quelques plumes. Dans de tous petits angles, t'as disparu. A se battre, bel et bien à mains nues. A s'étrangler, se pousser, s'écraser. Pour un peu plus de nourriture. Pour pouvoir dormir. Puis parce que les Maîtres l'ordonnent. Apprenez à combattre. Apprenez à utiliser des armes. Soyez les meilleurs. Oh oui, les meilleurs des chiens. T'es un parfait exemple du meilleur élève. T'apprends vite. Au début, y a eu des coups en douce, des cicatrices qui te creusent encore aujourd'hui. Y a même eu des choses saliveuses qui glissent sur toi, des choses dures trop dures à des endroits jamais explorés. Mais ça, tout ça, c'était avant.

Et avant, c'est fini.

C'est les combats, c'est le sang. C'est la violence, le goût de fer rance. Regarde. T'es devenu ce qu'ils ont planifié. En mieux, encore. Regarde. T'es devenu le même monstre que les autres, t'as été à bonne enseigne. Un bon toutou, une brave bête. Oh, Gris. Mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?

T'es fier.
Putain, c'que t'es fier.
Parce que t'es l'un des meilleurs, et ça, ça n'a pas de prix dans cet univers ouaté.


de 988 à 999 — un peu partout

L'arène et le sable chaud. Le sang qui jaillit et coule. Odeur de fer rouillé, familière et rassurante. Tu entends encore les cris, le bruit des armes, tes poings qui explosent des os. Ah, Gris. Tu étais un bon Chien, l'un des meilleurs éléments du Haras. Rien d'étonnant à ce que tu aies été vendu rapidement.

Maître Abd El-Kader est très satisfait de toi. Tu fais un parfait gladiateur. Un monstre avide de violence et de combat - on ne t'a appris que ça, après tout, tu ne connais rien d'autre, rien qui te fasse plus plaisir, qui te fasse plus vibrer. Tu sais, t'es fait pour ça. Tu te bats à outrance, tout ça te met en transe. D'autres gladiateurs, des combats qui tournent pas bien rond, dans des arènes trop grandes sans lueur d'élégance. T'es un animal, Gris. Un chien parfaitement éduqué, brave bête. Les mâchoires tremblantes et zélé de coups aux couleurs du ciel, c'est le bal de ta vie, c'est la danse de ton cœur.

Et puis le coup de trop.
Et puis le genou en moins.
La douleur, autant vive que ivre.

T'es fini, Gris.

Personne ne miserait sur un gladiateur estropié, incapable de marcher, plus vraiment adapté. T'as beau t'ajuster pour que tes boitements ne soient pas trop apparents, tu trébuches et tu vacilles, tu tombes et tu t'écroules. Tu ne sers plus à rien. Ton Maître n'a plus besoin de toi. T'es fini, Gris.

Et qu'est-ce qu'un Chien s'il ne sert plus à rien, hm ?



début 999 — Oasis d'Agadir en Agni

Vendu. Revendu. Encore une fois. La dernière probablement, parce que t'es plus rien maintenant. Objet défaillant, outil endommagé. Tu es refourgué au plus offrant pour servir de main d’œuvre sur les chantiers, pour aider à transbahuter des pierres et autres tâches ingrates. C'est ta vie. Non. C'était supposé être ta vie.

Puis y a eu des cris. Un caprice et des plaintes. Un enfant trop gâté qui t'a vu et t'a voulu. T'as pas tout compris, si ce n'est que ton Maître t'a donné à son fils, histoire que tu fasses le protecteur. De gladiateur à garde du corps, c'est bien plus intéressant il faut le dire.

On dit merci à Kathir al-Mansur.
Héritier du Seigneur des Palmeraies.

C'est rien qu'un gamin, un enfant insupportable, et toi, t'es là pour le protéger - surveiller serait plus juste en vérité. Tu le gardes, comme les nourrices gardent les bébés. Tu le suis partout. Il s'occupe de toi. Mieux, bien mieux que tous les autres Maîtres avant lui. Tu as même le droit à un genre de lit cette fois, plus seulement à la terre battue, au sable ou à une paillasse inconfortable. Et puis, tous les soirs, tu avais un morceau de jabuticaba ou un quartier de salak, selon son humeur. T'avais jamais goûté des choses pareilles. Tu as découvert à quel point le sucré, c'est bon. Et t'en redemandes. En silence, mais t'en redemandes.

C'est là que ça a commencé.
Ton envie de plus.
Ton envie d'autre chose.


1er jour de Nagar — l'an 999 — Oasis d'Agadir en Agni

C'est la dernière fois que tu marches ici, dans cet endroit qui ne t'a jamais donné le doux sentiment d'être chez toi, à la maison. Exactement où tu dois être. Contrairement à la Fosse. Contrairement à l'Enclos. Contrairement à Maître Abd El-Kader.

Tu te sens mal. A l'étroit. Pas à ta place, tu es bien trop en face à face avec toi-même et les chimères de ta vie, les cadavres de tes souvenirs. Et ça fait mal, oh oui ce que ça fait mal. Tu ne sais pas. Tu ne comprends pas. Tout ça, c'est ta vie, mais plus vraiment. Plus seulement.

Ce n'est pas de la faute de Maître Kathir. Pas vraiment. Ou peut-être que si.

Il t'a fait goûter à des choses, il a tout gâché en voulant bien faire. Tu aurais dû rester à ta place. Tu aurais dû rester à ses pieds. Esclave trop gâté, te voilà les tripes à l'air, le cœur à l'envers, tu ne sais plus ce qu'il est bon de faire.

Alors ce soir tu vas partir.

Le Maître n'est pas là.
Les gardes ne sont pas là.

Il n'y a personne pour garder ta carcasse fêlée et amochée, pour surveiller que ne s'en aillent pas les lambeaux de chair épuisée.

Ce soir, Gris, tu vas partir.
Et mourir un peu pour mieux vivre.

Être libre.


24è jour de Nagar — l'an 999 — quelque part en Agni

T'as été attrapé, Gris.

T'as essayé de fuir, t'as réussi – t'y as cru. Vraiment. T'y as cru très fort. T'as croisé les doigts et t'as espéré. Tu as reculé, tu ne t'es même pas pris les pieds dans le tapis. Plus de vingt jours se sont écoulés. Tu le sais, tu as compté. Une entaille sur un morceau de bois, dans ta besace.

Vingt-trois entailles.
Vingt-trois journées.

Mais t'as été rattrapé. Toi, t'étais persuadé que si on te récupérait un jour, on te reconduirait auprès de Maître Kathir. Ou dans les Haras, pour te corriger, te réprimander. Recommencer le dressage, si seulement tu en vaux le coût. Oui, tu pensais sincèrement que c'était là ce qui t'attendait.

Mais.
Il y a un mais, parce que tu l'as vue, pas vrai ?

La marque.
Les marques.

Tu pourrais le dénoncer, lui faire connaître la même misère que toi s'il essaie de te ramener au chenil. Tu pourrais tellement. Tu le feras s'il te ramène. C'est ce que tu lui dis. C'est ce que tu lui cries quand il t'attache et te passe le mors. Parce que tu ne veux pas y retourner, jamais, non, jamais. Tu le menaces, Gris. Alors tu penses qu'il va te tuer.

Il aurait dû, vraiment.

A la place, il préfère te garder. Un esclave comme nouveau Maître, n'est-ce pas ironique ? Tu en rirais volontiers si tu n'étais pas si inquiet. Accroupi, tu te balances sur tes talons. Tu ne le quittes pas des yeux, curieux, suspicieux. Du bout des doigts, tu dessines quelque chose dans le sable à côté de toi. Un trait, puis un autre. Pour t'occuper. Te distraire et te détendre. Parce que tu ne comprends pas, tu ne saisis pas.

« T'façon, les présentations, on s'en cogne pas mal. Qu'est-ce que tu comptes faire de moi, maintenant ? »
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Llyn
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Dim 19 Mai - 18:45
Bienvenuuuuuuuuuuuuuue Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 3828281359

Olala, je sais pas encore ce que vous nous préparez, mais va falloir que je lise tout ça avec grande attention Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2528907821
Bon courage pour la suite Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 818887424
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Ishüen
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Dim 19 Mai - 18:52
Aaaaaah... Quel joie et quelle tristesse à la fois. Une si belle création qui gâche son potentiel dans la nature.... *soupir*

Bienvenue ! Ca fait trop plaisir de te voir parmi nous ! Ta fiche a l'air de toute beauté, les premières lignes des descriptions me ravissent déjà =w= Bonne continuation pour ta fiche, amour et cookies habituels Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2948957117
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Gris
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Dim 19 Mai - 18:56
Oh la la, le Maître en personne. Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 1126897386 Gris ne mérite pas d'attirer votre attention. Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 1126897386
Merci à vous deux en tout cas Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2952387263
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Coyote
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Dim 19 Mai - 21:01
Mon adorable PupPup. ♥♥♥
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Gris
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Lun 20 Mai - 0:20
Le plus beau. Viens me faire des bébés. ♥
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Lun 20 Mai - 10:35
Bienvenue à toi ! Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2735931684 On s'est croisé très brièvement hier sur la cb avant que ça bugue complètement donc on a pas vraiment eu le temps de discuter !

Bon courage pour le reste de ta fiche et n'hésite pas si tu as la moindre question ! À très vite ! Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2948957117
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Anne-Marie
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Lun 20 Mai - 19:00
Bienvenue !!

J'adhère déjà, quelle merveilleuse idée, viens donc boire un verre à l'occas' !
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Gris
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Mar 21 Mai - 12:32
Owi une bonne pinte Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2320701080
Merci à toi en tout cas o/
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Mer 5 Juin - 11:15
Up. C'est quasiment fini Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 1052986790
Me reste deux petits passages à compléter et on est bon. Désolé pour le retard Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 4211656393
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Llyn
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Llyn
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Jeu 13 Juin - 13:15
Analyse de fiche

Me voilà Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 3828281359

Le physique
✗ Il manque la mention de sa marque d'esclave Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2528907821 Une marque au fer avec le sceau de Raasfalim.

Validé ♥

Le caractère
Validé ♥

L'histoire
- Tu à peine

Validée ♥

>Conclusion
Pas de souci pour faire la suite avec Coyote en rp, mais j'ai hâte de la lire parce que je reste sur ma faim quand même là Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 1126069131
Je n'ai rien à dire de ta fiche, c'est bien écrit (comme d'hab), y'a deux-trois petites coquilles ici et là, mais ayant lu sur tel, j'ai eu la flemme de relever Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 1126897386 donc c'est pas bien grave Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 3403948460 Il n'a pas eu une vie facile ce petit (en même temps, Raasfalim quoi...), donc j'espère que ça ira mieux maintenant Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2993150826

Amuse-toi bien !  Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2066688234




Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, ta fiche est validée !

Tu peux maintenant aller...
• ... recenser ton avatar.
• ... faire une demande de rp pour démarrer ton aventure dans le Royaume de Seele.
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Gris
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris Jeu 13 Juin - 17:32
Merci Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 2066688234
C'est corrigé et j'ai ajouté la marque Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris 1126897386
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Re: Look to the sky for one day soon, the dawn will come || Gris
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