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le Sam 10 Mar - 17:15

Il n'y a pas d'amour qui résiste à l'absence



Elyn tendit son bras pour attraper une fleur présentée sur un étal. Dans un mouvement lent et dirigé, une main lui passa devant, saisissant la tige du Pancratium à sa place « Madame, puis-je vous l'offrir ? » Bien qu’elle reconnu sa voix entre mille, la femme eut un mouvement de recul instinctif avant de simplement tourner la tête. A côté d'elle se tenait un grand homme à la peau tannée. Sa barbe élégamment taillée de près commençait à blanchir sur les mâchoires mais elle concordait avec le noir de ses cheveux. Quasiment comme à son habitude, il était vêtu d'une tunique couleur sable arborée d'une très fine ceinture de cuir. Des braies de couleur plus naturelles s'approchant du marron, s'arrêtaient à ses genoux laissant entrevoir la fin d'un tatouage à l'encre noire sur le mollet.
Elyn esquissa un léger sourire, levant fièrement le menton « Bonjour Issam. » Sa jolie main vint cueillir la plante qu'elle rapprocha de son nez « Avec plaisir... » La femme laissa traîner ses paroles et appuya seulement quelques syllabes. Le visage de l'homme était particulièrement charmant. Carré, légèrement anguleux à cause de ses pommettes, il avait les lèvres charnues qui appelaient à la tentation. De même, ses yeux verts faisaient ressortir son regard perçant, relevant avec piment et exotisme ses airs de prince du désert.

Issam donna quelques piécettes au vendeur avant de sectionner une partie de la queue florale, pour y glisser le reste du segment dans la coiffe de la femme. Celle-ci, bien plus exposée aux regards de la foule et des habitants de Calib, ferma l'expression de son visage, n'affichant qu'une neutralité sévère « Marchons un peu veux-tu... Erhn ! » Un petit bout de chou de deux ans fendit la foule et arriva en courant, prenant la main que sa mère lui tendait. Issam gardait ses mains dans son dos, sa stature d'ancien militaire encore robuste et droite « Me permettrai-je de vous inviter boire un thé dans un khan ? », « Bien sûr. Laissez-moi déposer cela chez moi avant et... " Le brun lui prit le panier pour la soulager « Je vous suis madame. » Alors qu'ils passaient dans l'ombre d'un arbre, il lui offrit un sourire sincère et radieux. Cela enchanta la journée d'Elyn qui du garder une mine contrite.

« Vous êtes sûre que vous ne souhaitez pas entrer ? », « Dame Elyn, vous me gêneriez. », « Très bien. Erhn ! On y va mon chéri ! » La femme avait quitté sa robe simple et ample qu'elle arborait pour faire quelques courses. Elyn laissa Issam bouche bée lorsqu'elle se présenta dans l'embrasure de la porte, vêtue d'un ensemble d'ocre et de marine, qui relevait à merveille mais sans découvrir son buste et ses vieilles courbes. Pour l'œil d'un homme plein d'expérience, elles étaient appétissantes « Elyn vous êtes... » Ce ne fut qu'un chuchotement qu'elle stoppa d'une main en l'air « Issam. Pas maintenant. » Encore cachée dans l'ombre de son couloir, elle le fit se ressaisir. Ils traversèrent la rue principale avant de se perdre, au bout de plusieurs minutes, dans des ruelles et des chemins de traverse de moins en moins fréquentés.

Arrivés au khan situé dans une partie de la ville assez discrète, les adultes entrèrent dans le lieu de repos. Le natif salua le tenancier avant de se diriger vers un coin isolé et dissimulé derrière des voilages. Elyn le suivit, Erhn dans ses bras, le port altier et la posture fermée à tout échange. Le petit garçon une fois posé à terre, alla de suite jouer dans une zone dédiée mais à portée de vue de sa mère. C’était bientôt la fin de l’après-midi et les deux personnes burent ensemble un thé désaltérant. Au début, la conversation était, basse, lourde, feutrée. Issam dévorait Elyn des yeux et cela faisait naître des papillons dans le ventre de la belle rousse. Elle ressentit des arcs électriques parcourir son corps à chaque fois qu’il détaillait son être de ses jambes à son visage. Dès qu’il parlait, le son de sa voix rauque faisait vibrer son âme et elle se rappelait ses râles amoureux qu’il lui annonçait lorsqu’elle était perdue dans ses bras virils. Mais ça, c’était avant Hornes. Dès qu’elle fut mariée, elle ne revit plus Issam. A aujourd’hui, ça faisait trois ans qu’elle n’avait plus vu son visage et bon sang, ce qu’il lui avait manqué !

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le Dim 11 Mar - 22:56

Il n'y a pas d'amour qui résiste à l'absence



Lorsque la journée toucha à sa fin, ils décidèrent de quitter le khan. Repus autant de paroles que de mets, Issam paya pour les deux, sous les gros yeux de la rousse. Elyn appréciait bien sûr se faire offrir quelques présents, mais elle ne souhaitait pas passer pour une profiteuse. En tous les cas pas ce genre de profiteuse. Erhn, son fils, s'étant agité toute la journée, dormait dans les bras du guerrier alors que le couple était sur le chemin du retour. La ville commençait à voir ses habitants quitter les rues pour rentrer chez eux. Malgré tout, des danseurs et différents chanteurs parsemaient les allées, enchantant la ville d'une mélodie permanente.

Ce fut donc naturellement qu'Elyn invita le grand à entrer. Elle coucha le petit à l'étage avant de redescendre au salon où l'attendait Issam « Tu es heureuse Elyn ?  » Les orbes noisettes de la belle se levèrent sur le visage du natif. Assit dans deux canapés opposés, elle le jaugea un moment avant de lâcher « Non. » Attrapant un jouet à Erhn non loin d'elle, elle le trifouilla de ses longs doigts assez fins « Non Issam. Disons que... La mort de mon mari n'a rien arrangé. », « Avant Hornes je te sentais accompli. Peut être pas dans la ville de tes rêves, mais assumée. Depuis un moment, à chaque fois que je te croise, tu es l'ombre de toi-même. », « Tu m'observais ? », « Je te croisais. Sans que tu ne me vois... », « Je... La danse me manque. Je pensais qu'avoir un mari me permettrait d'ouvrir une nouvelle porte à ma vie, de faire autre chose, d'y apporter de la diversité... Mais je me suis vite rendu compte que non. Je dois faire face à la mort d'Hornes vis à vis d'Erhn. », « Je ne m'attendais pas à ce que tu aies un enfant. Bien que ce soit la suite logique du mariage... », « Veux-tu réellement aborder de tels sujets barbants ? Tu es venu pour parler de ma vie ? », « Non, pour savoir qui tu es devenue. », « Et celle que tu vois te plait ? », « Elle manque un peu de piment mais elle est déjà bien comme elle est. » Chacun afficha un petit sourire qui voulait en dire long « Hornes te comblait ? Le connaissant... », « Non. Non, rien à voir avec toi si tu as peur de cela. Avec lui, je faisais mon devoir de femme, voilà tout. Et toi, as-tu... », « Peur ? Je ne crois pas non... » Un petit rire plein de confiance émana d’entre ses lèvres « Et non, je n’ai trouvé personne. La seule que je souhaitais revoir à aujourd’hui c’était toi. », « Oh Issam... » Elle chuchota son prénom, empourprée par sa dernière phrase. Bien qu’elle savait qu’elle n’était pas la seule dans son lit, du moins avait-il été toujours discret à ce sujet, elle préféra lâcher le jouet pour se concentrer sur lui, droite comme un I. Leurs regards respectifs se jaugeaient avant de descendre progressivement, déshabillant petit à petit chaque parcelle de leur corps. Le brun s’était bonifié en trois ans et Elyn le trouvait plus qu’à son goût. D’ailleurs, elle avait hâte de passer aux choses sérieuses.

« Mais dis-moi Elyn... » Issam s'assit confortablement entre les coussins, étalant ses bras de part et d'autre. La rousse, elle, sortie de ses pensées, sursautant à l’évocation de son prénom. Elle le dévorait du regard et s’imaginait sans mal à cheval de ses cuisses à cet instant « Oui ? », « Danse. Danse pour moi, Elyn. » La rousse fut parcouru d’un venin qui mordit sa peau. C’était une déclaration d’intention qui la surpris. Issam n’était pas un grand bavard et il fallait lire entre les lignes. Elle lui manquait. Irrémédiablement « Je... Je n’ai plus le même corps... », « Certes. Tu es encore plus désirable. » Dehors, inlassablement, les rythmes engageant de musiques lancinantes, agrémentées de tabourins, accompagnaient la discussion du couple. Sous les mots langoureux d'Issam, Elyn afficha un sourire qui mêlait malice, gêne et tension. Si c'était pour lui, alors oui, elle était prête à enfiler à nouveau ses voilages en soie...



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le Dim 1 Avr - 22:51

Il n'y a pas d'amour qui résiste à l'absence



« Dix pièces d'or ? Non Issam, tu ne te rends pas compte, mais à ce prix là, je ne le vendrai jamais ! », « C'est pourtant un beau joyau. » Elyn haussa les épaules. A genoux devant la baignoire, elle s'acharnait à laver Erhn qui avait de la mousse jusque dans les oreilles. Ses petits jouets en bois flottaient, ce qui le distrayait assez pour qu'elle le nettoie copieusement « Comment tu as pu te mettre du sable jusque là... ? » Alors qu'elle murmurait cette phrase, Issam, adossé à la porte, ne lâchait pas l'affaire « Je te le demande comme un service. Si tu arrives à le vendre, je t'en devrai une. », « Au lieu de me proposer de t'acheter des objets invendables, tu ne préfères pas que je me rende utile à autre chose ? Je ne sais pas... Je me sentirai presque bien plus capable de séduire un riche prince marchand que de vendre ta babiole ! », « Oh, eh bien puisque tu en parles... » Elle arrêta de frotter et se tourna légèrement vers l'homme « Oh non... Ne me dis pas que... » L'homme s'accroupit à côté d'elle. Les adultes furent éclaboussés par le petit qui s'agitait en babillant, mais aucun n'en prit cas. Issam attrapa une mèche de cheveux roux qui s'échappait du chignon mal fait, la portant à son nez, puis contre ses lèvres. Ce geste reflétait tant de délicatesse et de sensualité, qu'Elyn devint rouge comme un rubis « Je pense qu'il est temps pour toi de te reconvertir... »

Il n'était pas treize heures quand Erhn fut placé dans son parc, pour jouer en sécurité. Sa mère en vue, discutant avec le bel homme dans le salon, il ne s'en faisait nullement. Ce gosse était si facile à vivre... ! Le type se tenait en face de la marchande « Bien, essaye de me séduire. » Elyn croisa les bras, ce qui fit légèrement ressortir sa poitrine mais fut coupée avant même de sortir un mot « Mmh... C'est pas mal... » Elle laissa ses bras retomber en levant les yeux au ciel « Je ne me prêtais pas à ton petit jeu je te signale. Non, Issam, j'ai besoin que tu m'en dise un peu plus sur cette organisation. Je ne veux pas mettre Erhn en danger pour de l'argent. » Le mat de peau la jaugea un moment, ses traits devenant de plus en plus sévères « Bien. Comme tu le sais, j'ai été militaire et également mercenaire. Lorsque l'on change de profession pour mettre son épée à la solde d'un souverain ou simplement d'une personne plus fortunée qu'une autre, on rencontre tout un tas de personnes en effectuant nos tâches. », « Votre sale besogne tu veux dire. », « Tu devrais savoir qu'il n'y a pas de sous-métier. Les danseuses aux bijoux en toc valent autant que nous. » Piquée au vif, la rousse croisa à nouveau les bras, le visage contrit « Je t'en prie continue. », « Jelil Al Subem, un de mes employeurs récurent, m'a mis sur la voie il y a maintenant plusieurs années. », « Subem ? Subem Ibn Toufik ? Le précepteur réputé ? », « Lui-même. Il est très instruit, sois en sure, mais il a aussi énormément de contacts. Disons qu'il m'a chaudement recommandé. » Remise de sa surprise, Elyn porta son poids sur son autre pied et mis une de ses mains sur sa hanche rebondie « Et donc ? Il te demande de tuer pour son petit bonheur ? », « Allons. Aucune barbarie. Nous sommes un peuple civilisé. Non, c'est simplement une recherche d'informations. Je prends contact avec des rivaux, des émissaires, des gens influent. Je met parfois ma lame à leur service, et ils finissent par me faire assez confiance pour se livrer. » Elle releva le menton d'un air provocateur « Je ne sais pas me battre. », « Non bien sûr, mais dis moi... » Comme pensif, il mit la main sur sa joue, levant les yeux vers le plafond dans une moue réfléchie « Tu ne connaîtrais pas une danseuse ? Une danseuse qui pourrait amadouer les hommes et perpétrer leur chute ? », « Il suffit Issam ! » Erhn sursauta, levant la tête sous la peur. Sa mère était fachée « Je ne souhaite pas participer à ton association de voleurs. Je veux protéger mon enfant, pas le mettre en péril. Risquer d'être accusée de traîtrise me vaudrait l’échafaud à coup sur. Et tu sais combien le souverain de ces terres n'aime guerre cela ! » Issam finit par s'appuyer à l'une des deux banquettes en ricanant « Je vois que la campagne de répression fonctionne bien sur toi. Tu n'es et ne sera pas une traîtresse. Nous nous battons à armes égales. De toute manière, tu ne travaillerais pas à Calib, les gens te reconnaîtraient trop facilement. », « Donne moi ton joyau, j'irai le vendre dès demain. », « S'il part de ton étal en moins de deux jours, c'est que j'avais raison... Et des comme cela, tu pourrais en avoir plusieurs si tu officiais pour nous. » La rousse haussa les épaules « Je m'en moque, je ne vis pas mal tu sais. », « Mais ton pauvre défunt mari ne t'a laissé aucun héritage, non ? » Elyn se gratta le bras, regardant ailleurs « Je ne me suis pas mariée avec lui pour cela. » Issam se rapprocha d'elle et, les yeux plein de feu, elle se tourna vers lui « Sache que si j'avais un harem, tu serais ma favorite. » Il lui saisit le menton et le corp de la rousse s'arc-bouta « Et je t'aurai tué avant que tu ne puisse poser un doigt sur moi. » Les lèvres effleurant dorénavant les siennes il murmura « Intéressant... »



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