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Ren
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[Flashback] Le Jugement Sam 1 Juin - 11:49
Le Jugement

Le jour venait de se lever sur la capitale akashane et la ville baignait dans une lumière douce et tamisée, encore éloignée des rayons brûlants de l’après-midi. Ebène était resplendissante. Un bijou d’architecture, ses rues pavées et fleuries serpentant sur les flancs de la colline, le lac scintillant à ses pieds, les montagnes prithviennes au loin s’élançant vers le ciel d’un bleu azur. Oui, Akasha était magnifique. Ses villages colorés, ses vignobles et ses moulins étaient un véritablement ravissement pour les yeux qui se posaient pour la première comme pour la millième fois sur la cinquième contrée. Ren aurait pu être du nombre. Posé devant l’une des fenêtres de sa chambre, le regard perdu sur la cité qui sommeillait encore, il aurait pu s’enthousiasmer et s’émerveiller devant la beauté de sa contrée d’origine. Mais son regard était froid, son visage dénué de la moindre expression. Car il savait ce que dissimulait cet esthétisme. Il savait que derrière cette façade parfaite, se cachait un monde de pourriture. Et jour après jour, il faisait tomber un peu plus le masque. Pierre après pierre, il détruisait cette illusion de perfection et de bonheur et révélait au grand jour ce qui sommeillait sous la surface depuis des siècles. La tranquillité de la matinée avait suivi les cris dans la nuit tandis que plusieurs arrestations avaient eu lieu. Des hommes et femmes tirés de leurs lits, mis à bas du piédestal sur lequel ils s’étaient hissés en pensant être intouchables. Leurs rêves réduits à l’état d’illusions tandis que leurs méfaits se rappelaient à eux. Ils avaient voulu suivre leur Dieu. Ils l’accompagnaient dans sa chute.

Oui, le jour venait juste de se lever sur la belle cité d’Ebène, joyau d’Akasha. Et cette journée, comme les autres avant elle, serait la dernière pour certains habitants. Ren sortit de ses appartements et se dirigea vers la salle du trône où avait été installé le tribunal provisoire, sa garde rapprochée l’entourant, mains sur le pommeau de leurs épées. Le nouveau Souverain avait les traits tirés, le regard cerné par manque de sommeil. Cela faisait à présent presque une demi-saison qu’il avait pris le pouvoir, qu’il avait tué Seren et Sohan et qu’Isil était mort dans ses bras. Une demi-saison qu’il était devenu le Souverain d’Akasha et que le Vide avait remplacé les Astres. Une demi-saison qu’il peinait à trouver le sommeil car à chaque fois qu’il fermait les yeux, il revoyait le visage de Seren au moment où la vie quittait son corps.

Lorsqu’il arriva dans la vaste salle du trône, les murmures se turent et les regards convergèrent tous vers le jeune homme. On s’inclina à son passage, respectueux ou effrayés et seul le bruit de ses pas sur le marbre brisait le silence qui s’était installé, résonnant en écho contre les hauts murs et colonnes qui habillaient l’endroit. Le trône était massif, presque intouchable. Un large escalier permettait d’y accéder et comme à chaque fois qu’il posait le pied sur la première marche, un frisson de dégoût parcourut son corps. Les Souverains avant lui aimaient cette supériorité, cette invulnérabilité qu’ils pensaient posséder et le trône akashan en était la preuve. Ren s’assit sur le siège royal, austère et froid, contrastant étrangement avec la dorure et la marbrure exubérantes qui l’entouraient.  Ses gardes se tinrent debout à ses côtés, immobiles et aussi inexpressifs que leur Souverain. Les conseillers récemment nommés étaient assis sur des fauteuils qui formaient comme une allée menant au trône.  Derrière eux, sur des bancs, étaient installés les membres de la noblesse qui avaient prouvé leur allégeance, qui venaient pour témoigner, défendre ou accuser. Au centre de cet espace, une estrade en bois, avec un simple anneau en fer en son milieu. Ren hocha la tête et le signal fut donné. Les portes s’ouvrirent et le premier condamné entra.

Cela faisait plusieurs semaines à présent que Ren avait entrepris de nettoyer les geôles d’Ebène, bien trop remplies par Seren et sa suite. Des hommes, des femmes voire même des enfants emprisonnés par caprice ou par simple amusement pour la plupart. Des procès injustes, souvent inexistants. Beaucoup d’innocents s’étaient retrouvés derrière les barreaux pour avoir simplement croisé le regard du Souverain déchu. Certains n’avaient pas survécu aux conditions et aux sévices. D’autres en revanche, avaient eu le temps d’attiser leur haine envers les Astres. Il semblait bien que c’était le cas de l’homme qui entra dans la salle, enchainé, le pas trainant à cause d’une blessure que Ren ne pouvait voir. Mais s’il semblait particulièrement affaibli et amoindri, son regard était alerte et vif, perdu au milieu d’un visage défiguré par des blessures qui n’avaient pas encore pu cicatriser.

Il monta sur l’estrade et tomba à genoux tandis qu’on attachait ses chaines à l’anneau. Mais rien dans son attitude n’exprimait la moindre trace de soumission. Une lueur d’intérêt s’alluma dans le regard du Souverain devant l’aura que dégageait le prisonnier et il continua de l’observer tandis qu’on ouvrait son procès. Il entendit son nom, entendit le crime pour lequel on l’avait accusé et quelle avait été sa sentence. Il hocha la tête et prit la parole, sa voix, posée et tranquille, contrastant comme toujours avec ce qu’il dégageait.

« - Vous vous appelez bien Fearghas ?
-Oui.
-Et quel est votre nom ?
-Je n’en ai pas.
-Savez-vous qui je suis Fearghas et pourquoi vous êtes ici ?
-J’ai entendu des rumeurs en prison. J’ai vu beaucoup de visages familiers disparaître des geôles et beaucoup de visages inconnus arriver. »


Un sourire fissura le masque de Ren. Son regard se promena sur l’assemblée, sur le tribunal et ses spectateurs. Oui, beaucoup avaient été innocentés et presque autant avaient été condamnés. Tous ici le savait et certains visages trahissaient la peur, d’autre la détermination et d’autres encore la satisfaction.

« -Je suis le nouveau Souverain d’Akasha. Seren est mort. Et vous êtes ici car votre procès n’était ni équitable ni juste. Voilà plus de dix ans, vous avez été jugé pour le meurtre d’un baron dans une maison close où vous travailliez. Que plaidez-vous ?
-Coupable.
-Vous reconnaissez l’avoir tué ?
-C’était un accident mais oui, la finalité est restée la même. Il est mort. »


Des murmures se firent entendre dans la salle. Ren continua d’observer Fearghas, intrigué par cette envie de vivre qu’il voyait briller dans son regard. Il n’avait pas baissé les yeux en apprenant la mort de Seren, n’avait pas réagi à la mention de son nouveau Souverain. Il n’avait pas cillé en reconnaissant ses actes. Il était resté aussi droit que le lui permettaient les chaînes qui l’entravaient. A nouveau, le regard de Ren se dirigea vers l’assemblée et surtout vers les membres du public.

« Y en a-t-il parmi vous qui souhaitent s’exprimer en faveur ou contre le prisonnier ? »

Il ne le montrait pas, mais son intérêt pour cet homme enchaîné grandissait de minute en minute. Il avait lu les grandes lignes concernant son arrestation mais il n’y avait aucun détail sur ce qui s’était passé le jour où il avait été arrêté. Son procès avait été expédié et aucune trace écrite n’avait été gardée. Ren ne savait pas s’il avait face à lui un assassin ou un homme innocent. Et il espérait bien le découvrir dans les minutes qui suivraient.
lumos maxima
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Re: [Flashback] Le Jugement Jeu 6 Juin - 2:52
Il fait nuit noire dans la Cité et je tourne en rond à l’entrée du palais. Voilà ce que je suis devenue, M. Enard. Moi, Katheryn De Lys, assez informée pour briser psychologiquement et professionnellement bien des hommes, je tourne en rond au pied du palais royal. Katheryn De Lys, au pied de son souverain, à la merci de ses lèche-bottes. Mais ce n’est pas vers Seren que ce porte mon attention cette fois-ci. Le nouveau souverain est juste et bon dit-on. Il libère les hommes injustement enfermés et compatit à la douleur de ses sujets, dit-on. En tout cas, ce sont ces rumeurs-là que j’ai décidé d’écouter, M. Enard, car on raconte aussi qu’il est effrayant, sans pitié, que son jugement est faussé. On dit qu’il n’a rien à envier à Seren.

Des flashs du premier procès me reviennent en tête. Mes muscles se crispent malgré moi à cette pensée. Je me laisse bien trop hanter par ce souvenir, je sais. Mais tout cela, c’est à cause de lui… Ce stupide, stupide... sans coeur, sans âme... ce souverain de malheur. Ce chien. Je les hais, cet exécrable souverain sur son trône d’or et ses serviteurs médisants dont la langue a connu le goût de l’hypocrisie avant le lait de leur mère.

Respire.

Nogga m’aurait sûrement lancé un regard accusateur. “A ton âge, Katheryn, la haine n’a plus sa place. Tu dois te soigner.”
Avant de partir j’ai passé quelques heures devant le portrait de Fearghas, celui qui est accroché dans le couloir du deuxième étage. Il avait tellement de mal à se tenir le jour-là ! Le peintre était à bout, mais ça, Fearghas il en avait que faire ! Pourtant, sur la peinture finale, son visage a cette expression très sérieuse qu’on ne lui connaît pas. Comme s’il s’agissait d’une porte ouverte vers les profondeurs de son âme, ou comme un aperçu de l’homme droit et responsable auquel sa mère et moi le destinions.
Evidemment, qui sait dans quel trou à rat on l’oblige à dormir maintenant.

Je n’ai pas le temps de ruminer plus. Les portes s’ouvrent enfin. J’entre dans le palais tout en me souvenant de ma bonne résolution. Je ne dois pas me laisser porter par la haine. Vous n’auriez pas agi de la sorte M. Enard, je le sais. Alors que je pensais retrouver Fearghas dans la salle, je ne vois personne, si ce n’est quelques visages familiers… visages dont les yeux fuient les miens. Oh ils ont raison de me fuir ainsi M. Enard, cela fait bien longtemps que je ne suis plus la petite Katheryn d'autrefois. Ma vue s’est affinée, ma vision me porte au-delà de l’horizon, j’ai vu l’invisible...
Assez pour les sous-entendus douteux M. Enard, voilà qu’entre un homme étrange.

Je compris bien vite qu’il s’agissait de Ren, le nouveau souverain d’Akasha. Aussitôt, un frisson me parcourt. L’espoir que je portais en moi fut balayé. Je ne m’attendais pas à voir apparaître un homme aussi glacial. Je me dis qu’il est surement plus jeune que Fearghas. D’une certaine manière c’est ce qui m’effraie le plus chez cet individu. Il ne m’a pas paru terrible à cause de sa corpulence ou de son rang, mais bien à cause de cette expression étrange, grave et splendide pour quelqu’un d’aussi jeune.

On fit entrer Fearghas. Par où commencer M. Enard ? A quoi bon vous dire que mon cœur manqua quelques battements ? Ou que comme chaque fois que je le vois, chacune de ses blessures se matérialise sur mon corps, que mes os me brûlent et que l’air me manque… mais même alors que mon corps est au bord de l’évanouissement, j’ai envie de courir et d’attraper mon petit. J’ai envie de le serrer dans mes bras et de le protéger.
J'entends Fearghas dire : “C’était un accident mais oui, la finalité est restée la même. Il est mort.”
Peut-être suis-je trop vieux jeu mais le culot de Fearghas me glace le sang. Que dites-vous M. Enard ? Bon sang, le “serrer dans mes bras” et “le protéger” ?! Et puis quoi encore. Cet impertinent mérite que je lui tire les oreilles ! Je ris. “Coupable” qu’il dit. Pourquoi m’inquiéter pour ce gamin s’il s’est déjà condamné, dites-moi M. Enard ? Plus de TRENTE ans que je le prépare au monde et voilà que tous mes enseignements sont balayés au moment où il aurait le plus besoin d’humilité. Ah non, il n’est pas mon fils celui-là, pas avant que je le corrige.
Son impertinence m’arrache un rire. Alors que j’écoute la conversation du seigneur et de Fearghas, je ne peux m'empêcher de lui dicter sa conduite par la pensée et d’observer les réactions du souverain Ren. Peut-être est-il royalement calme pour ne pas s’emporter contre son prisonnier ?

Je dois dire que malgré tous les sentiments contraires qui gravitent en moi, je suis soulagée. Si je n’avais pas en face de moi le Fearghas que je connais j’aurais sûrement flanché. En fait, je ressens la même chose que j’ai pu ressentir chaque fois que j’ai vu Fearghas en prison. Il n’a plus la même légèreté qu’avant mais lorsqu’il ouvre la bouche, j’ai l’impression de revenir 10 ans en arrière. Je le retrouve tel que je l’ai connu et j’en suis soulagée.

« Y en a-t-il parmi vous qui souhaitent s’exprimer en faveur ou contre le prisonnier ? »
Je lève bien évidemment la main. Mon regard se pose sur le souverain. On me demande de m’avancer. Je salue le souverain, puis jette un regard à Fearghas pour lui faire comprendre que c’est ce genre de comportement que j’attendais de lui. Mais il fait semblant de ne pas avoir saisi le message.

“Mon seigneur, je suis Katheryn De Lys, Fearghas travaillait pour moi lorsque les meurtres se sont produits.”
Je choisis mes mots car je sais qu’au moindre écart on utilisera mes erreurs contre lui. Mon ennemi principal est M. Azur Dimétri.
“En effet, il s’agit de deux morts que je porte sur ma conscience aujourd’hui. Ce soir-là, un grand fracas s’est fait entendre au premier étage de mon établissement. Fearghas qui travaillait comme garde et moi sommes entrés dans la chambre qu’avait réservée le regretté M. Asmar Dimétri.”
Je fis une pause, pour couper ma voix monocorde. Je croise le regard de ce Azur. Il garde le silence pour respecter la mémoire de son frère, mais je sais qu’il n’en pense pas moins.
“Dans un accès de colère que nous ne pouvons expliquer M. Dimétri avait brisé un bol en porcelaine et avait utilisé l’un de ces bouts comme arme pour agresser Maria, l’employé qui était avec lui à ce moment-là.”
Ma voix ne s’est pas brisé mais je prends tout de même une grande inspiration. Cette fois-ci, je vois Azur lever les yeux au ciel. Il n’y croit sans doute pas.
“Le rôle de Fearghas lorsque l’une de nos employées est en danger EST d’intervenir.” dis-je en me tournant à nouveau vers le nouveau souverain.
“Mais il était jeune et inexpérimenté. Il n’a pas pu empêcher M. Dimétri de donner des coups à la jeune fille. M. Dimétri a… porté un coup fatal à Maria. Mais cela, nous nous en sommes rendu compte plus tard.”
C’était faux, lorsque Fearghas a vu le sang gicler de la gorge de ma pauvre fille, il est devenu incontrôlable.
“La priorité de Fearghas et des autres étaient de désarmer ce client... dangereux. M. Dimétri ne s’est pas laissé faire malheureusement.”
C’était faux aussi, lorsque Asmar s’est rendu compte de son geste, il a tout de suite lâché son arme, il était horrifié.
“Fearghas fut dévoué à son devoir comme aucun autre.” Je le regarde. “Il a su contrôler une bête enragée sans peur alors que nous le craignions. C-”
“Une bête enragée ? C’est de mon frère dont vous parlez, Mme. De Lys !” cette voix s’est élevé, claire comme un cristal.
Ren
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Re: [Flashback] Le Jugement Jeu 27 Juin - 12:56
Le Jugement

La première main à s’élever était celui d’une femme d’un certain âge, assise bien droite parmi les rangées de nobles. Un des gardes s’approcha et murmura quelques paroles à l’oreille de son Souverain. Katheryn de Lys. Noble mariée à l’oncle de Seren, restée veuve après son décès et tenancière de la Fleur de Lys, établissement réputé dans la contrée. Et établissement où le dénommé Fearghas vivait et travaillait avant d’être emprisonné. Donnant son assentiment d’un signe de tête, on invita la Dame à se lever et à s’exprimer. Elle s’inclina devant le nouveau Souverain et jeta un regard à Fearghas, resté de marbre, le regard fixé devant lui. Puis, elle commença à parler. L’écoutant, le regard fixé sur elle, Ren remarqua également l’agitation qui commençait à régner parmi les rangs, notamment de la part d’un homme qui regardait Katheryn, le regard luisant de haine. L’ignorant pour le moment, il se concentra sur le récit de la femme, réfléchissant en même temps. Deux morts en l’espace de quelques secondes dans un établissement qui se targuait d’être irréprochable. Disait-elle la vérité ? Ou défendait-elle l’homme enchainé, minimisant ses actions ? La fin de son récit fut cependant interrompu par le dénommé Azur Dimétri, frère de l’homme tué par Fearghas.  Ren haussa un sourcil. Son intervention avait permis de laisser éclater la bulle de tension qui régnait dans la pièce depuis l’arrivée de Fearghas sur l’estrade. Plusieurs personnes se levèrent et tous y allèrent de leur intervention, criant et hurlant au visage des autres.

« Silence ! »

La voix de Ren s’était élevée, se répercutant sur les hauts plafonds de la salle du trône. Aussitôt on se tut et tous se rassirent. Le regard sombre, Ren observa les spectateurs du procès avant de venir se reporter sur Katheryn de Lys et sur Azur Dimétri.

« Vous semblez tous deux avoir à cœur de défendre les intérêts de personnes qui vous sont proches. Comment dans ce cas déceler la vérité du mensonge ? Vous ne me connaissez pas. Pas plus que je ne vous connais. Aussi, avant que nous continuions, il y a une chose qu’il faut impérativement que vous compreniez à mon sujet. Je déteste le mensonge. »

Sa voix était froide et implacable, presque menaçante et ses paroles se dirigeaient à l’intention de toutes les personnes présentes dans la salle. Toute sa vie, on lui avait menti, lui avait dissimulé la vérité. Le mensonge avait régi sa vie et avait régi Seele toute entière pendant des centaines d’années sous couvert de l’équilibre. Plus jamais il ne pourrait tolérer l’absence de vérité.

« Bien. Maintenant que cela est clair pour tous ici, je vous invite à continuer Madame de Lys. Ensuite, j’écouterai votre version Monsieur Dimétri. Mais je vous demanderai de ne plus nous interrompre comme vous venez de le faire. Vous aurez droit à la parole une fois le témoignage de madame terminé. »

lumos maxima
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Akasha
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Re: [Flashback] Le Jugement Jeu 4 Juil - 23:55
“Fearghas a simplement agi avec sang-froid. Je lui dois la prospérité de mon établissement au prix de sa liberté. Je peux même affirmer qu’aucun de mes employés ne se sentirait plus en sécurité que si Fearghas était présent.”


J’étais bien trop lancé dans mon personnage pour faire attention aux paroles du souverain. Mais lorsque j’ai repensé à ce qu’il nous a dit, je me suis demandé à quoi Ren pouvait bien jouer. On n’a jamais vu un souverain parler de la sorte avec ses sujets, comme s’il était un ami du peuple, comme si du haut de son palais royal il pouvait comprendre. Je n’ai jamais été souveraine, M. Enard, mais lorsque… après votre décès, j’ai décidé de reprendre ma vie en main, lorsque je me suis rapproché pour la deuxième fois de la mère de Fearghas j’ai compris à quel point nos mondes étaient différents. J’ai fait des efforts considérables pour abandonner mes préjugés de petite sotte gâtée. Alors, comment ce personnage qui sort de nulle part et prend le pouvoir par la force peut-il nous parler de manière si décontractée ? C’est tout à fait contraire à ce que l’on attend d’un souverain. Je pense que vous apprécieriez cela chez lui, M. Enard.

Les rumeurs tournent dans ma tête, j’essaie de faire le tri. Dois-je revoir ma stratégie ? Une bonne femme d’affaire doit savoir se remettre en question, n’est-ce pas ? Du coup, je ne fais même plus attention au discours de Dimétri, à qui on a donné la parole :


“Mon bon souverain, j’espère que vous aurez la bonté d’excuser mon geste de tout à l’heure. Je m’excuse auprès de vous aussi Mme. De Lys pour vous avoir coupé dans votre récit. Cela était déplacé de ma part mais vous devez comprendre que cette histoire me touche au plus profond du coeur. J’ai perdu mon seul et unique frère, le dernier représentant de ma famille. Je ne peux vivre aisément en sachant que celui qui lui a ôté la vie jouit d’un quotidien paisible sous la surveillance d’une marraine aussi influente que vous, Mme. De Lys.”
Azur me sort de mes pensées. Je dois rester concentrer sur ce qui est important maintenant, c’est vrai.
“Il est vrai que je n’étais pas présent sur les lieux lorsque cet accident s’est produit. Mais je connais mon frère, il n’aurait jamais levé la main sur qui que ce soit. Or, on ne peut dire cela de M. Fearghas.”
M. Dimétri marque une pause. Je constate qu’il a bien travaillé son discours. Il sait qu’à ce moment, toute l’attention revient sur mon fils et l’expression sur le visage de Fearghas ne joue pas en sa faveur, évidemment…
“Nombreux sont ceux qui subirent des actes violents de la part de ce jeune homme (il le pointe du doigt avec un geste éloquent.) et cela depuis des années ! Les témoignages ne manquent pas d’ailleurs ! J’ai avec moi quelques témoins qui pourront témoigner en cela.”


Dimétri continue avec ardeur son plaidoyer contre Fearghas en évoquant notamment la violence de ce dernier. Je profite de ce moment pour prendre du recule sur la situation.

J’ai posé une carte sur la table, lui en a posé deux. Il a vu clair dans ma stratégie et a choisi la manière la plus courte de contre-attaquer. Il ne reprendra pas son souffle avant d’avoir enterré Fearghas. Lorsqu’il aura fini, ses témoins reprendront le flambeau. Je n’ai aucun témoin de mon côté, et il le sait. Je ne pourrais pas répondre seule de toutes ses histoires qui montrent Fearghas sous son plus mauvais jour. Ma parole n’est que la parole d’une citoyenne qui plus est, la marraine du détenu. Mon avis sera considéré comme faussé par mon lien affectif fort avec Fearghas. Il pense que, consciente de tout cela, je vais céder à cette pression et que le procès tournera court, avec le retour au cachot de Fearghas.


Je dois reconnaître plusieurs choses, M. Enard : j’ai énormément sous-estimé le lien qui unit les frères Azur et Asmar. N’ai-je pas été déchiré lorsque j’ai quitté Vaata ? Lorsque je vous ai perdu ? J’aurais dû prendre en compte cette donnée capitale dans mon analyse. Deuxièmement, j’ai peut-être surestimé la bonté de Ren. Je me suis laissé avoir par de belles histoires à son sujet mais je n’ai pas joué de mes relations pour essayer d’en savoir plus à son sujet. Ce que Azur n’a pas hésité à faire en effet. Il a l’air d’avoir compris à quel genre d’homme il s’adresse alors que je baigne dans un flou morbide. Troisièmement, j’ai peut-être été trop confiante en pensant pouvoir défendre seule Fearghas aujourd’hui. Ma fierté mal placée n’aurait pas dû avoir sa place dans cet événement. Je ne m’en remettrais pas, si Fearghas retourne en prison par ma faute. Je me mords la lèvre.


Je constate trois éléments qui peuvent par contre jouer en ma faveur : un, les témoins que je vois auprès de Dimétri ne m’inquiètent pas. Certains sont des clients avec lesquels Fearghas s’est crêpé le chignon. Mais il n’y a jamais eu d’acte de violence physique de la part de Fearghas envers aucun client autre que Asmar. Les autres, je les connais car je connais le visage de chaque ennemi : des nobles par dizaines. Mais je ne vois pas par quel miracle ils auraient pu croiser Fearghas puisque je ne les ai jamais vu près de la Fleur de Lys et que Fearghas n’a jamais assisté à aucun évènement proche de l'aristocratie. Je remarque cependant que certains sont venu avec leurs servants, bonnes, valets. Ce point noir me perturbe. Je regarde Fearghas. Les connaît-il ?

En parlant de Fearghas, il est le deuxième point qui peut jouer en notre faveur. C’est un enfant débrouillard qui saura se défendre. Mais est-ce qu’il se défendra de la bonne manière ? Est-ce qu’il saura se faire apprécier par le souverain ? Depuis qu’il est petit Fearghas brûle d’une énergie si passionnée qu’il a souvent du mal à se faire accepter.

Enfin, le dernier élément qui peut m’aider serait le jugement de Ren. Eh oui. Vous, M. Enard, vous le trouveriez bien barbant ce souverain au visage de marbre, à l’expression si énigmatique, mais pour moi, il est ma dernière lueur d’espoir. Il est comme ce petit bout d’espoir qui vous pince le coeur mais qui est si beau par sa gravité. Je ne peux détacher mes yeux de lui tant que je continuerais de croire qu’il m’est possible de tenir Fearghas dans mes bras avant la fin de cette journée.
Ren
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Re: [Flashback] Le Jugement Mar 23 Juil - 22:13
Le Jugement

Si Ren n’avait pas été capable d’exercer un contrôle parfait sur lui-même et sur ses expressions, il aurait très certainement levé les yeux au ciel en entendant Dimétri prendre la parole, se confondant en excuses mielleuses. Bon Souverain, vraiment ? Ren doutait très fortement que ce soit cette image qu’il dégageait. Il avait assassiné un Souverain, son Gardien et leurs deux héritiers – du moins officiellement – et menait une chasse sans merci contre les fervents suivants des Astres. On ne le connaissait pas, ou peu et on ne pouvait le juger que sur ses actes qui pour l’instant ne peignaient pas une image glorieuse de sa personne. Cela lui importait peu. Son regard passa brièvement sur Dimétri et sur Katheryn de Lys avant de revenir se poser sur Fearghas, objet de toute son attention. Il l’intriguait véritablement. Il restait stoïque, de marbre et ne réagissait ni aux paroles de soutien ni aux accusations. Tout en continuant de regarder Fearghas, il leva une main, mettant fin au babillage incessant de Dimétri qui l’exaspérait de plus en plus. Par les Dieux, qu’il exécrait la noblesse. Il finit par regarder à nouveau le noble bafoué et son regard brillait étrangement lorsqu’il reprit la parole.

« Si vous n’étiez pas présent sur les lieux lorsque Fearghas fut arrêté, cela ne m’intéresse pas. Je ne suis pas là pour juger les actes ou réactions de cet homme dans sa vie passée. Je suis là pour essayer de comprendre pourquoi il fut enfermé par Seren il y a dix ans sans aucune forme de procès. Ce que vous appelez un quotidien paisible se traduit par dix ans d’enfermement sans jugement équitable et des sévices et tortures qui vous feraient très certainement frémir. Vous pouvez donc garder vos témoins. Car si nous devions juger tous ceux ici qui ont commis des actes répréhensibles sous le règne de Seren, je doute que beaucoup sortirait de cette pièce. Et je serais le premier à être jugé car, au cas où vous l’auriez oublié, je suis également un meurtrier. Si vous n’avez aucun élément supplémentaire à ajouter sur la mort de votre frère, je vous demanderai donc de vous asseoir. »

Son ton s’était fait glacial et tranchant tandis que l’impatience qu’il ressentait commençait à se voir sur son visage. Il avait parfaitement compris que le seul but de Dimétri était de faire en sorte que Fearghas ne revoit jamais le jour. Son frère était mort et que cela ait été voulu ou non, Fearghas en était responsable. Mais en tentant de l’incriminer pour des faits autres ne l’aiderait pas. Ren serait inflexible. A nouveau, il reporta son attention sur le prisonnier, toujours silencieux et une lueur de curiosité anima son regard face à cette attitude.

« -Fearghas, n’avez-vous rien à dire de plus ? Deux témoins se sont empressés de prendre la parole pour et contre vous et vous n’avez pas cillé une seule fois. On vous a refusé la parole il y a dix ans. A présent, je vous la donne. Qu’auriez-vous souhaité dire, lorsqu’ils vous ont arrêté ?
- Beaucoup de choses… Que j’ai tué un homme et que pas un seul jour ne se passe sans que je ne regrette mon action. Que la douleur et la haine m’ont poussé à commettre l’inimaginable en découvrant le corps de Maria, injustement tuée, juste parce qu’il a eu un accès de colère. Mais parce qu’il était mort, on lui a pardonné. Parce qu’il était baron, et qu’il était fidèle à Seren, on m’a enfermé sans rien dire, sans me laisser la chance de parler. J’ai payé le prix de mes erreurs en prison, j’en porterai les marques à vie. J’ai payé pour le crime que j’ai commis et pour toutes mes mauvaises décisions qui ont mené à cet instant fatidique. J’ai payé parce que j’étais pauvre et que je ne jouissais pas de la protection de Seren mais si vous saviez ce que j’ai pu voir chez Mme de Lys et qui est resté impuni, alors ma peine ne serait rien comparé à ce que d’autres auraient mérité. Et certains sont ici même dans cette salle et osent s’indigner ! »


Des hurlements d’indignation résonnèrent en écho, répondant au cri de colère de Fearghas. Des cris, des injures retentirent et plus personne ne sembla pouvoir se contenir, comme si Fearghas, par sa déclaration, avait levé le voile sur la vérité. Et face à ce spectacle, Ren ressentit une profonde et sombre satisfaction. Il se leva et son mouvement mit à nouveau un terme à la colère qui se déchainait dans la salle du jugement. Il se leva et descendit les marches qui menaient au trône. Il descendit et se retrouva au pied de l’estrade, plus bas que Fearghas, obligé de lever la tête pour le regarder. Les gardes le suivaient, tendus, main sur la poignée de leur épée. Ren s’approcha alors des bancs où se trouvaient les témoins et son attention se reporta sur la tenancière. A nouveau, son regard brillait lorsqu’il s’adressa à elle, brillait de l’assurance de celui qui sait pertinemment comment se terminera cet échange.

« Ma Dame j’ai quelques questions après la déclaration de Fearghas. La première est la suivante ; avez-vous emmené d’autres témoins qui pourraient confirmer vos propos concernant la nuit du meurtre ? La deuxième ; que s’est-il passé lorsque Fearghas fut arrêté ? Avez-vous tenté de témoigner en sa faveur tout comme vous le faites aujourd’hui ? Et ma dernière question est la suivante ; est-ce vrai que des clients de votre établissement ont abusé de leur position auprès de Seren pour sortir impunis de fautes qu’ils auraient commises ? »


lumos maxima
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Re: [Flashback] Le Jugement Lun 2 Sep - 12:36
Allié du peuple. Le souverain Ren reste ancré sur ses positions. Ses paroles sont crues et directes. D’une certaine manière, en le voyant s’approcher de Fearghas, en les voyant tous les deux, je réalise qu’ils ont sûrement vécu des vies semblables. Je note cette information. Cela me conforte dans l’idée que nous pouvons nous en sortir. Dimétri a hésité mais je le vois déjà se tourner à sa droite, il prépare quelque chose.

Néanmoins je suis moins inquiète que tout à l’heure car lorsque Fearghas parle, Ren boit ses paroles. Lorsque l’on essaie d’adoucir les angles, il revient à la charge. Le souverain m’a l’air d’avoir compris bien des choses qui n’ont pas été dites. Je me dis que je devrais peut-être laisser tomber mon rôle de patronne et admettre qui je suis vraiment pour Fearghas. Je n’aurais jamais pensé devoir abandonner ma stratégie dans un moment pareil mais que puis-je faire d’autre, M. Enard ? Lorsque Ren écoute Fearghas, je voie dans son regard que je ne me suis pas trompé. Il sait. Jouer un rôle ne m’aidera plus dans cette situation parce que ce n’est pas nos attitudes, nos rangs qu’il a décidé de juger mais la personne qui se cache derrière.


La dernière question de Ren m’étonne. De quoi parle-t-il ? La précision de la question m’amène à croire qu’il pense à quelque chose en particulier. Je reste la tête haute, à regarder devant moi. Qu’est-ce qu’il veut savoir ?
Les messes basses autour de moi ne m’aident pas à réfléchir. Je dois reconnaître à ce nouveau souverain qu’il sait divertir son public, M. Enard. Si ce procès ne concernait pas Fearghas, je m’y amuserais beaucoup.
Mais quand même... la question me laisse bouche-bec. Alors je décide de reprendre du début.

“Non, je suis venue seule. Mais, au premier procès, nous étions tous présent, amis, familles, collègues, voisins, tous. Nous avons défendu... Fearghas du mieux que nous le pouvions, mais (mes doigts se crispent malgré moi) tous nos efforts… ont été vains…. Le sou-... l’autre souverain, n’a même pas daigné regarder Fearghas. C'était un cirque, c’était irréel. Le procès s’était transformé petit à petit… en.. en….” Je refuse d’en dire plus. C’est beaucoup trop douloureux. “Tout ce que je peux vous affirmer, c’est que Fearghas n’a pas été traité avec dignité cette fois-là. Pas comme vous le faites aujourd’hui. M. Dimétri ici présent…lui-même, ne peut nier cela.”


En un clin d’oeil, les regards se sont retourné vers ce dernier. Il discutait à voix basse avec Mme. la comtesse de Gallhi. Il se raidit d’un coup et afficha un sourir rayonnant.

“Mon bon souverain, dit-il, nous discutions avec Mme. la comtesse ici présent. De la dernière question que vous avez adressée à Mme. De Lys. Ne… pensez-vous pas qu’elle soit… comment dire…”
“hors de propos.”
finis-je. “Pourquoi, cela vous pose-t-il un problème, M. Dimétri ?”
Je suis soulagée d’avoir pu rebondir sur cela pour aborder le sujet.
Je ne comprends pas les raisons qui pousse Ren à poser cette question à vrai dire. Est-il un allié ? Cela reste à prouver. Mais surtout, je ne comprends pas ce que cette question a à faire ici.


Dimétri reprend la parole.
“Vous voulez punir les hommes gâteux, riches, ignobles de ce pays. Je comprends. Et pour avoir été auprès du souverain Seren pendant bien des années je peux vous dire que j’en ai vu, des comportements répréhensibles…”

Ou est-ce qu’il veut en venir ? Tout ce que dit Dimétri est vrai. Il en sait surement beaucoup plus que moi sur les faits et gestes de la noblesse. Mais de là à se retourner contre eux, pourquoi ? Quel est son motif ?
Je regarde Fearghas. Il n’apprécie pas du tout le ton de Dimétri, il doit être en train de bouillir à l’intérieur. Je dois le calmer. Je comprends en quoi Fearghas commence à perdre son sang-froid devant cet homme. Lors du premier procès, Azur n’a même pas eu besoin d’intervenir. Tout était déjà joué. Mais sa manière de se démener aujourd’hui est inquiétante.


Il a décidé de reprendre l’avantage. Il a toujours une longueur d’avance en ce qui concerne le nouveau souverain. Tout à l’heure, il lui a coupé la parole mais maintenant… ? Si on considère que Azur essaie d’entrer dans les bonnes grâces du seigneur, alors il doit lui donner ce qu’il veut vraiment. Est-ce que, comme le suppose sa question, Ren veut rétablir l’ordre chez la noblesse ? Cela semble irréel… Mais ça colle aussi parfaitement à l’image qu’il renvoie depuis tout à l’heure. Alors en lui donnant de réelles informations, il gagne sa confiance à coup sûr !

“Je ne vous permets pas de me couper dans mon temps de parole, M. Azur Dimétri.
-Oh excusez-moi, Madame Katheryn De Lys. Je pensais que vous aviez fini.
-Je ne vois pas pourquoi vous devriez répondre à cette question à ma place, Monsieur.
-Peut-être parce que vous ne pouvez y répondre vous-même, Madame.
-Hah, et on peut savoir ce qui vous fait croire cela ?
-Sûrement votre absence du palais, je dirais même, de la cité entière 11 mois dans l’année. Comment diable sauriez-vous qui fait quoi entre les murs de ce palais ?
-Vous savez très bien que j’ai le bras plus long qu’il n’y paraît.
-Moi, c’est autre chose que j’ai de long.”
Ren
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Re: [Flashback] Le Jugement Mer 18 Sep - 14:11
Le Jugement

Le regard de Ren passait de Katheryn de Lys à Dimétri en les écoutant dans leur échange. Il était presque stupéfait de la tournure que prenait la conversation et surtout, qu’elle ait lieu en cet instant, en cet endroit. Son agacement était palpable et il posa un regard noir sur Dimétri à sa dernière réplique. Par les dieux, qu’il était idiot. Il n’y avait pas d’autre mot pour le décrire.

« Gardez donc vos remarques pour vous Dimétri, elles n’ont pas leur place ici et je ne tolérerais pas le moindre manque de respect. Peut-être qu’aux côtés de Seren vous pouviez tout vous permettre. Ce n’est plus le cas. Vous n’êtes en aucun cas en position de remettre en question mes propos ou ceux de Mme de Lys. J’ai ce pouvoir. Comme celui de vous envoyer quelque temps dans une cellule. Ou pire… Je vous serais gré de ne pas l’oublier. »

Il régnait un silence de mort dans la salle. Le ton de Ren s’était fait glacial, menaçant et toute son antipathie pouvait se lire sur son visage. Son regard s’était assombri et Dimétri, suffisamment près, pouvait voir une lueur sombre danser dans ses prunelles. Il l’avait véritablement énervé. Se détournant de lui, ne lui accordant plus la moindre attention, Ren observa alors la tenancière, un sourcil haussé. S’était-il donc mal exprimé à ce point pour que le procès ait pris une tournure de règlement de compte ? Il avait si peu l’habitude de côtoyer la noblesse qu’il oubliait que la franchise pouvait parfois être déstabilisante. Pourtant, il avait entraperçu cette lueur dans le regard de la tenancière. Il avait vu ce moment où elle avait arrêté d’être une patronne pour redevenir une femme, inquiète pour le sort d’un homme qu’elle semblait affectionner. Mais sa dernière question semblait l’avoir déstabilisée. A lui donc, de réparer cette erreur et de s’assurer qu’il était bien compris.

« Ma Dame, en aucun cas je ne vous demande de me parler de nobles ayant vécu dans l’enceinte de ce palais. Que vous y ayez vécu ou non, cela m’est égal et j’aurais même trouvé cela surprenant d’entendre que vous faisiez partie de la Cour de Seren. Contrairement à ce que Dimétri semble penser,  je ne cherche pas à punir les hommes… comment était-ce… ah oui… riches gâteux et ignobles…  Je me doute bien qu’il en a vu et qu’il en fait sûrement parti... »

Il vit du coin de l’œil Dimétri rougir avant de pâlir. Parfait. Qu’il ait peur… C’était bien ce que Ren voulait qu’il ressente. La peur de savoir qu’à tout moment, d’un simple claquement de doigt, il pouvait tout perdre. Le reste de l’assemblée se faisait toujours silencieuse et Ren se retourna vers Fearghas.

« - Mais peut-être ai-je mal interprété vos propos…  Vous avez assuré avoir été témoin de comportements indécents dans l’enceinte de la Fleur de Lys. Est-ce bien cela ?
- Oui.
- J’ai alors supposé que, l’enseigne de la Fleur de Lys étant réputé et attirant une clientèle aisée, nombreux suivants de Seren devaient s’y rendre. Ai-je bon jusqu’à maintenant ?
- Oui.
- Et que donc ces mêmes suivants, parce qu’ils étaient protégés par leur Souverain, auraient pu se permettre de maltraiter, d’une façon ou d’une autre, toute personne travaillant pour Mme de Lys. C’est cela que j’ai conclu en entendant vos propos Fearghas. Etait-ce cela que vous vouliez dire ?
- C’est bien ça. Le frère de Dimétri a été le premier à tuer… mais certainement pas le dernier à malmener un des employés de la Fleur de Lys… Et jamais justice ne fut rendue. Si les victimes tentaient de d’obtenir justice, on leur riait au nez. »


A présent, le silence s’était transformé en murmure presque inaudible. On pouvait sentir l’inconfort, la peur suinter par tous les pores en se demander comment ce procès allait-il finir. Serait-il l’élément déclencheur, le détonateur qui engendrerait ensuite une vague de purge comme on pouvait le supposer. Ren avait repris chaque procès dans l’ordre, chaque personne enfermée avait été jugée à nouveau. Mais nombreux savaient qu’une fois cela terminé, alors ce serait au tour de ceux encore en liberté. Certains avaient déjà été arrêtés, leurs exactions bien trop voyantes pour qu’on puisse douter de leur innocences. Mais nombreux se cachaient dans l’ombre, ne faisant pas de vagues, essayant de passer entre les mailles du filet. Un filet que Ren avait bien l’intention de resserrer. Il se retourna à nouveau vers Katheryn, le regard grave.

« Madame, vous avez affirmé que le procès de Fearghas à l’époque avait été une farce, un simulacre. J’aurais souhaité que vous emmeniez d’autres témoins avec vous pour confirmer vos dires mais ce n’aurait été qu’une mesure supplémentaire pour me confirmer ce que je sais déjà… Cet homme a été traité comme s’il en était pas un. Mon verdict est déjà rendu. Mais il y a également autre chose… Ma question précédente était donc la suivante : confirmez-vous les propos de Fearghas concernant des actions répréhensibles perpétuées dans votre établissement ou à Timéra au fil des ans par des hommes ou femmes protégés par Seren ? Peut-être trouvez-vous ma question hors propos mais je peux vous assurer que de votre coopération pourrait découler beaucoup de chose. De la votre et de celle de Fearghas. Tout est lié madame. Et je suis là pour m’assurer que rien n’échappe à la justice. »


lumos maxima
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Re: [Flashback] Le Jugement Lun 23 Sep - 0:10
Ce procès m’en fait voir de toutes les couleurs… Toute cette agitation, ces jeux, ce n’est plus de mon âge. Je commence à fatiguer. C’est une bonne chose. Toute la tension que je ressentais en moi depuis ce matin, m’a enfin quitté. Je suis de plus en plus convaincu que Ren est un bon souverain. Il est jeune, froid mais aussi maladroit. Cela me rassure. Fearghas aussi me rassure.

Au début du procès le calme de mon fils m’avait étonné. Mais je commence à comprendre. Il fait preuve d’une telle maîtrise de soi, d’une telle maturité. Enfin, son esprit d’enfant rebelle ne l’a pas encore quitté mais il est marqué par l’expérience. J’ai comme l’impression que je dois remercier le seigneur Ren pour cela. Lorsque sa mère et moi lui rendions visite, nos sourires étaient toujours figés et nous parlons de choses et d’autres, mais la question de la vie à la prison ne faisait pas partie de nos sujets de conversation. Nous faisons comme si cette situation malheureuse était normale. C’est la première fois que Fearghas accepte de parler de tout ce qui a avoir avec l’incident... en ma présence du moins. C’est comme s’il s’ouvrait enfin. Il ne se plaint de rien, mais il ne reste pas silencieux pour autant. C’est ça qui a changé. Il avait tant hurlé, il s’était tant débattu la première fois… Aujourd’hui, la passion qu’il y a en lui s’exprime autrement… Il s’exprime autrement. Le simple fait qu’il accepte de répondre à Ren et qu’il provoque certaines personnes ici présentes, prouve qu’il a encore l’envie de se battre.

Et Ren lui fait confiance. J’en suis certaine, M. Enard. “Cet homme a été traité comme s’il en était pas un. Mon verdict est déjà rendu.” c’est beaucoup trop beau. Ces mots m’ont donné des frissons. Je ne rêve pas ? Fearghas va être libéré ! Oh le soulagement et la joie mais aussi la tristesse se mêlent en moi. M. Enard. L’espoir que représentent ces mots pour moi est indescriptible. Le regard de Fearghas brille. En est-il venu à la même conclusion que moi ?

Evidemment je tente de ne rien montrer de ce qui se déroule en moi. Je relâche mon souffle.
La question de Ren tourne en rond dans ma tête : Bien entendu, des hommes, des femmes, des gens de tous âges ont joué avec la justice sous Seren ! Protégé par Seren ? Je crois plutôt que c’est lui-même qui les envoyait, oui ! Est-ce qu’ils ont abusé de leurs positions ? Chaque fois que l’occasion s’est présenté ! Est-ce que j’aurais des preuves à avancer ? Je pourrais revenir demain les bras chargés.
Oui, j’aurais adoré lui donner cette réponse claire, j’aurais adoré enterrer mes ennemis le jour même où Fearghas quittera la prison. Ce serait trop beau, trop délicieux.
Mais c’est impossible. Je ne peux me retourner contre eux de manière si ouverte et risquer d’entacher la réputation de la Fleur. Je ne peux pas condamner sa clientèle.
Est-ce que ma réponse condamnera Fearghas ? Après tout, il n’y a pas de raison. Si mes soupçons sont bons, Ren le laissera partir. Mais peut-être qu’il a une autre idée derrière la tête. Je n’arrive pas à déchiffrer ses plans.

Je réfléchis pendant beaucoup trop longtemps. Ma tête est haute et je soutiens le regard de Ren mais rien ne sort de ma bouche. Derrière lui, Fearghas ne comprend pas mon silence. Il a encore beaucoup à apprendre, M. Enard.
Mais les chuchotements autours rendent ma réflexion plus difficile. La colère monte en moi à nouveau. Je ne vois pas d’autre solution, je vais devoir abandonner Fearghas sur ce coup. J’ai l’impression de perdre ma dignité et de me rabaisser au niveau de ces chiens mais je n’ai pas le choix.

“J’ai bien peur, seigneur, de ne pas comprendre à quoi Fearghas fait allusion. Fearghas a été un adolescent très… créatif dans sa jeunesse. Peut-être cela explique-t-il ses propos. Je n’ai rien à signaler concernant qui que ce soit.”
Ren
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Re: [Flashback] Le Jugement Dim 13 Oct - 23:03
Le Jugement

« Oh vraiment… ? »

Un simple murmure, presque inaudible tandis qu’il fixait Katheryn, une expression songeuse sur le visage.  Il semblait ailleurs, perdu dans ses pensées, tandis qu’il observait la femme face à lui. Puis, comme si elle n’avait jamais rien dit, il se retourna et son regard se porta sur le prisonnier dont le teint avait blêmi aux paroles de la tenancière. Il s’était très certainement attendu au soutien sans faille de sa mentor et alliée. Pas à ce qu’elle réfute ses paroles et le fasse passer pour un menteur pendant son procès. Les lèvres du prisonnier étaient serrées et il fuyait le regard du Souverain qui observait ses réactions avec intérêt. Remarquant les épaules de l’ancien garde s’affaisser d’abattement, Ren ne dit rien et remonta jusqu’à son trône où il se rassit, avant d’observer la foule. Un hochement de tête de sa part et le garde à ses côtés frappa sur le sol de sa lance. Deux coups. Il allait rendre son jugement. Tout le monde se leva et Fearghas garda le regard rivé à ses mains enchainées.  Lorsque Ren prit à nouveau la parole, sa voix était claire et résonnait dans la vaste salle tandis que tous écoutaient.

« Fearghas, vous avez été condamnés il y a dix ans pour le meurtre d’Asmar Dimétri par le Souverain des Astres à présent déchu. Vous avez été condamné à l’emprisonnement à vie sans aucune forme de procès et vous avez subi privations, sévices et tortures pendant dix ans. Aujourd’hui, vous vous êtes exprimé et vous avez été entendu, ainsi que les témoins plaidant contre ou pour vous. Et voici votre jugement ; vous avez payé pour vos crimes passés et à partir de ce jour, vous êtes libre. Nul ne pourra vous porter atteinte pour ce qui s’est passé il y a dix ans et l’affaire est définitivement close. Et cela prend effet immédiatement. »

Parmi les cris de protestation des nobles et les exclamations du peuple, Ren ordonna qu’on retire les chaines du prisonnier et qu’on l’escorte jusqu’à un médecin où ses blessures seraient examinées. A l’annonce du jugement final, Fearghas avait relevé le regard, n’en croyant pas un traitre mot. Mais le visage de Ren était indéchiffrable. Sur un nouvel ordre de sa part, l’assistance fut dissoute et invitée à sortir. Le procès était terminé.

Une fois sorti de la salle du trône en dernier, Ren envoya un domestique chercher Katheryn de Lys, avec qui il désirait à présent s’entretenir en privé. Il prit la direction de son bureau et une fois la porte refermée derrière lui, il prit enfin le temps de souffler. Epuisé au-delà de l’imaginable, il se laissa tomber dans son fauteuil, trônant derrière le vaste bureau sur lequel étaient étalés tant de parchemins qu’il fut saisi d’un vertige simplement en les regardant. Enfin seul, il laissa tomber son masque et ferma les yeux, las.

Quelques minutes, ou peut-être des heures, s’écoulèrent lorsqu’on frappa à la porte de son bureau. Il rouvrit les yeux et se recomposa un visage de marbre. Il dissimula les parchemins qui trainaient dans un des tiroirs de son bureau et enfin, il fut prêt à accueillir son invitée.

« Entrez. »



lumos maxima
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Re: [Flashback] Le Jugement Dim 17 Nov - 21:38
“Comment notre souverain a-t-il pu autoriser la liberté de ce fou furieux ?” “Ce jeune homme aura enfin la vie qu’il mérite” “C’est à cause d’elle, elle surement préparé quelque chose!” “Le souverain Ren est si bienveillant!” “Qu’il m’énerve ce Dimétri!” “Je ne comprends pas que vous ayez pu perdre ce procès, Dimétri, il y a anguille sous roche, j’en suis certain.” “Vous devriez faire appel, voyons, cette décision est indigne d’un souverain.”

J’ai couru, je suis monté sur la plateforme et je suis tombé à genoux devant lui, le prenant dans mes bras. “C’est fini, tout est fini, ça va aller, tout va rentrer dans l’ordre…” dis-je.
Lorsqu’un garde a retiré ses chaînes, Fearghas répondit à mon étreinte. Je sens ma tunique se mouiller au niveau de mon épaule, nous ne bougeons plus. “Chhhh, chh, c’est fini maintenant.” Mes larmes à moi ne viennent pas, M. Enard.


Les gardes qui entourent Fearghas restent planté devant nous pendant quelques minutes, mal à l’aise.
“Il n’est plus prisonnier, voyons, laissez-le donc tranquille !” leurs cris-je.
“Excusez-nous Madame, nous devons l’emmener voir un médecin, ordre du roi.”

La salle s’était presque entièrement vidé maintenant et je fus saisi de vertige en voyant à quel point elle était immense. Je ne m’en étais pas rendu compte avant. Son plafond haut et sa décoration luxueuse me dégoutent.

“Viens, on va s’occuper de toi maintenant.”

Je laisse à mon protégé le temps de se remettre puis nous rattrapons la foule à la porte. Certaines personnes donnent une tape dans son dos et le félicitent, un homme lui serre la main, quelqu’un me félicite pour ma ténacité, une autre me reproche quelque chose mais je ne sais plus trop ce que c’était. Un jeune homme me rejoint pour m’informer que le souverain souhaite me voir et, enfin, les lourdes portes de la salle d’audience se ferment.


“Pourquoi tu lui as répondu ça ?! Tu aurais pu lui donner les noms de Farymor et de Guila au moins ! Ils étaient dans la salle, je les ai vu ! C’était le moment parfait! Le souverain voulait des aveux de ce genre, pourquoi tu as tout nié !?
-Chhhhut, Fearghas, on n’entend que toi dans toute l’infirmerie ! Et puis je t’ai déjà répété cent fois de ne pas élever la voix contre moi, petit impertinent !”
Je voulais lui tirer les oreilles mais je me retins, il n’avait plus 10 ans à présent.

Fearghas continue en murmurant : “Qu’est-ce qu’il t’as pris ?! Mettons de côté le fait que tu as sous-entendu devant le pays entier ET le souverain que j’étais un détraqué mental qui voit des licornes en plein jour, tu as-
-Oui et j’en suis désolé mais ce sont des affaires qui ne te concernent pas Fearghas !
-Mais je suis concerné ! Ca aurait brisé toute la crédibilité de Dimétri et j’aurais été libre ! Le souverain nous aurait rappelés pour témoigner au procès de cette putain d'aristocratie.
-Surveille ton langage, jeune homme ! Et puis, qu’est-ce qui te fait croire qu’il nous aurait crus ?
-J’en suis convaincu ! Il n’est pas comme les autres, et encore moins comme Seren, je le sais !
-Et bien épouse-le, ton souverain ! Le fait qu’il ait accepté de te libérer ne nous dit rien sur ses intentions !
-Excusez-moi ?
c’est le domestique de Ren, il ne m’avait plus quitté depuis que nous étions sorti de la salle d'audience. Sauf votre respect, vous ne pouvez parler de la sorte de notre souverain, Madame.
Je murmure à l’oreille de Fearghas : "Attention Fearghas, tu as de la concurrence on dirait."

Je vous ai imaginé me donner une tape dans l’épaule avant d’exploser de rire, M. Enard. Fearghas leva les yeux aux ciels, je sais qu’il a été énormément blessé.

-Ecoute, j’avais mes raisons, je t’expliquerais tout ça plus tard. Pour le moment, tu dois te reposer, d’accord ? Je te retrouve tout à l’heure.

Je lui fais un long bisou sur le front avant de partir. Je n’ai aucune envie de le quitter avant de retourner à Timéra. Fearghas… tu es encore si jeune… J’aurais voulu t’apprendre à gérer la Maison, alors tu aurais compris que certaines décisions ne peuvent être prises impulsivement.


"Vous souhaitiez me voir, votre majesté ?” dis-je en entrant.
Ren me fait signe de m’approcher.


Je dois dire, que je suis assez gênée de le voir de si près, et en tête à tête, M. Enard. Ces dans ces moments-là où j’aimerais vous avoir encore avec moi et pouvoir vous tenir la main. Je ressens un vide si froid à ma droite, comme si votre fantôme ne voulait plus me quitter. C’est sûrement cela qui m’a déstabilisé car en s'asseyant je ne puis m'empêcher d’exprimer tout mon soulagement et de demander :

“Comment puis-je vous remercier, Seigneur ?”
Ren
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Re: [Flashback] Le Jugement Mar 10 Déc - 20:25
Le Jugement

La porte s’ouvrit et dévoila Katheryn de Lys qui, sur un geste de Ren, referma la porte derrière elle et s’approcha avant de prendre place de l’autre côté du bureau, face au Souverain. Le jeune homme s’enfonça un peu plus dans son fauteuil, croisant ses longues jambes, les mains posées sur les accoudoirs, tapotant du doigt le tissu du meuble, scrutant la femme face à lui.

Il avait du mal à la cerner, il ne pouvait pas le nier. Son comportement dans la salle d’audience avait été particulièrement surprenant et Ren ne s’était pas attendu à ce qu’elle réagisse ainsi aux propos de Fearghas. Elle l’avait humilié devant une pièce remplie de la noblesse et du peuple akashan. Devant l’homme qui tentait de lui gâcher définitivement la vie. Et devant son nouveau Souverain qui tentait de le sauver de la prison. Il ne savait pas ce qu’elle avait cherché à faire par là. Et c’était bien ce qu’il escomptait découvrir à présent qu’ils étaient seuls.

A sa question, il sourit. Ce n’était pas un sourire agréable, loin de là. Plutôt un petit rictus, aussi froid que son regard tandis qu’il ne quittait pas la tenancière du regard, tentant de percer à jour jusqu’à son âme.

« Ne me remerciez pas. Je n’ai pas fait cela par bonté de cœur ou par charité ou encore parce que votre histoire m’a ému. »

Non, il n’était pas homme à s’émouvoir. Loin de là. Tout ce qu’il faisait avait un but. Il y avait une stratégie derrière chacune de ses actions, chacune de ses paroles. Il observait tout, analysait tout. Akasha était dans un état pitoyable. Il était temps de la laver de la saleté qui jonchait ses rues.

« Si vous souhaitez réellement faire quelque chose pour moi, peut-être pourriez-vous me dire ce qui s’est passé en salle d’audience ? Pourquoi avoir menti ? A moins que Fearghas soit le menteur et dans ce cas j’aurais relâché un homme malhonnête, ce qui ne me plairait pas… »

lumos maxima


HRP:
Désolé c'est assez court [Flashback] Le Jugement 1150397739 Je ne voulais pas trop en dire ou trop m'avancer avant d'avoir eu la réponse de Katheryn !
Katheryn
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Re: [Flashback] Le Jugement Jeu 16 Jan - 21:39
« Si vous souhaitez réellement faire quelque chose pour moi, peut-être pourriez-vous me dire ce qui s’est passé en salle d’audience ? Pourquoi avoir menti ? A moins que Fearghas soit le menteur et dans ce cas j’aurais relâché un homme malhonnête, ce qui ne me plairait pas… »

Eh bien, eh bien… j’étais venu lui tirer les vers du nez mais il semblerait que le jeune souverain souhaite en faire de même avec moi ! La fougue de la jeunesse coule encore dans les veines de celui-là, M. Enard même s’il se garde bien de le montrer !
C’est un personnage vraiment intéressant. Je dois dire que je l’aime bien. Oh oui, je ne sais pas jusqu’où vont cet intérêt et cet amour de ma part mais efforçons-nous déjà d’avoir des réponses pour l’instant.
Le nouveau souverain est… plus curieux que je l’aurais cru. Un homme de son rang, on s'attendrait à ce qu’il utilise tous les moyens à sa disposition pour obtenir ces réponses sans se compromettre. Mais il ne cache pas ses intentions, même s’il ne les exprime pas non plus. Très intéressant.


Alors voyons… Je suis consciente qu’il fait usage de son cerveau plus qu’un autre et qu’il est prêt à m’écouter pour une raison obscure. Mais j’ai des années d’expérience derrière moi et je ne laisse jamais échapper une information sans en obtenir une autre en échange. Un jeune souverain ne saurait échapper à cette règle.
Mon visage se durcit, ce ne sera pas facile.


“Vous êtes certain que j’ai menti, Seigneur. Je peux vous dire pourquoi.” Je marque une pause.
Je me penche en avant et tape sur mon dos avec le poing. “Oh excusez-moi, ces sièges n’arrangent pas mes problèmes de dos. Hum, hum.. Concernant les propos de Fearghas tout à l’heure… Ils n’étaient pas totalement dénué de sens, en effet. Je me suis montré un peu sévère dans mon jugement. Mais le monde est plein d’hommes bons et mauvais. Il n’y a rien d’étrange là-dedans.” dis-je en haussant les épaules.


Le regard du seigneur est intense. Je sais aujourd’hui que cela ne lui suffira pas, je l’ai vu en action pas plus tard que ce matin après tout. Je soupir.

“Oui, nous avons eu des clients difficiles voire même… violents à la Fleur de Lys. Cela vous intéresse tant que ça...”

J’essaie de capter tout signe qui pourrait m’indiquer que j’ai ou que j’aurais pu franchir une ligne, une limite mais Ren est fidèle à lui-même : grave et splendide. Pauvre garçon.

J’ai envie de savoir si mon intuition est bonne. Je ne cache plus ma peine en le regardant : “Combien, direz-vous, de personnes comptent vraiment sur vous, Seigneur ?”
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Re: [Flashback] Le Jugement
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